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Auteur/autrice : admin

  • Des rêves éveillés fantasmatiques

    « Des rêves éveillés fantasmatiques » est le thème d’une création sonore radiophonique, sur laquelle je travaille actuellement, produite par Halolalune Production et l’ACSR et pour laquelle j’ai reçu une aide du FACR (Fonds d’Aide à la création Radiophonique) de la CFWB (Communauté Française Wallonie Bruxelles).

    CONTRIBUTIONS

    Vous êtes invitéEs à y contribuer, par envoi et par enregistrement sur rdv.

    Pour la première étape, je rassemble des témoignages de fantasmes, en état expansé de conscience ou non. Chacun peut m’adresser un enregistrement audio ou un message écrit, sur la boite mail revesfantasmatiques AT gmail.com, avec « contribution au projet radiophonique » en objet de mail. Ces matériaux seront utilisés (ou non, car je choisis librement), soit en intégrant une réécriture littéraire enregistrée ultérieurement par un(e) acteur/actrice en studio, soit pour un approfondissement sous la forme d’une interview enregistrée de l’auteur(e) de l’envoi, soit sous la forme d’une séance d’exploration par l’hypnose enregistrée. Il est évidemment possible de modifier les voix de façon à conserver l’anonymat des personnes qui le souhaitent (vive la technique, c’est bluffant!). Vous ne serez cité/reconnaissable que si vous le désirez. La création sonore finale fera environ 50 minutes et mêlera de nombreux rêves fantasmatiques, des textes poétiques, de la musique électroacoustique et des techniques hypnotiques.

    Seconde étape: je commence les enregistrements de fantasmes qui me parlent (selon les écrits et audios reçus) à Paris et à Bruxelles en cette rentrée 2016 (septembre-novembre).

    FANTASMES

    Les fantasmes sont relatif au désir, au plaisir, à l’émotion et surtout à l’imaginaire. Comme dans le dessin de Mirka Lugosi qui illustre cet article, dans un rêve, tout est possible car aucune limite de « faisabilité » (ni dans le réel, ni dans une réalisation cinématographique) n’entrave le récit. Les personnages peuvent n’être qu’énergie sans corps, se transformer, vivre l’ubiquité, être purs concepts ou habitants d’un lieu qui n’existe que dans une tête. La communication peut passer par d’innombrables canaux… Tout est à inventer! Après, il ne reste plus qu’à traduire le voyage en mots, avec autant d’hésitation, de poésie, de trouble, voire d’incohérence qu’il sera nécessaire.

    Les critères des fantasmes de l’étape 1 qui m’intéressent de prime abord:

    • entre 30 secondes et 10 minutes d’enregistrement ou entre 3 lignes et 2 page A4
    • avec la forme, le langage qui vous correspond (c’est une base de travail, que nous pouvons éventuellement développer dans l’interview ou l’exploration hypnotique)
    • singulier, inédit, original, décalé, poétique, bizarre, saugrenu… en tout cas pas extrait des films, magazines, pubs et autres lieux communs
    • étroitement lié audésir
    • lié au plaisir (par soulagement de la tension)
    • ce plaisir semble étrange (voire étranger), décalé, à quelqu’un d’autre
    • chargé (important pour le/la participant(e), puissant, amenant une émotion chez celui/celle qui le raconte)
    • avec une mise en scène, une ambiance, même résumée en une ligne
    • avec un scénario, une action, même résumé en une ligne
    • dans lequel le/la participant(e) est présent(e), en tant qu’humain, seul ou pluriel, ou animal ou oeil ou énergie ou eau ou métempsychose…)
    • se suffisant à lui-même, en tant que rêverie éveillée. Il s’agit d’un film intérieur lié au désir qui soulage une tension et donne du plaisir en tant que matière imaginaire. Donc, sans véritable possible de passage à l’acte.
    • réalisteou oniriqueou symbolique ou fantastique ou…
    • contenant des détails sensoriels (vue, audition, sensation kinesthésique, odorat, goût), des impressions, des associations libres (« ça me fait penser à… »), des comparaisons ou métaphores…

    Bienvenue en séance!

    © Marie Lisel

    Images: ©  Mirka Lugosi

  • Applications de l’hypnose

    L’hypnose ericksonienne est un outil d’amélioration de nos fonctionnements quotidiens autant que d’exploration de nos mondes intérieurs et de création, artistique ou non. En nous connectant avec nous-mêmes, en apprenant à nous servir avec souplesse, sécurité et efficacité de tous nos potentiels, nous allons mieux et nous allons ailleurs que là où nous mènent les habitudes et les peurs: bienvenue au pays qui se révélera le meilleur pour vous et pour votre Moi profond!

     

    Image: travail de l’artiste Laurent Pernot

     

    THERAPIE ET DEVELOPPEMENT PERSONNEL

    Formée en académies d’hypnose (Arche Paris, Antoine Garnier Paris, INH Bruxelles) et certifiée praticienne en hypnose par l’Arche, je pratique des séances d’hypnose éricksonienne  :

    • Gestions des addictions: cigarettes, boulimie, alcool, jeu, FB, sexe…
    • Gestion du stress, de la confiance en soi
    • Gestion des émotions, des phobies
    • Préparation à un événement: un casting, examen, compétition, permis de conduire, concert, enregistrement en studio…
    • Perte de poids, image de soi
    • Amélioration de la sexualité
    • Gestion des dépendances affectives
    • Changement de comportement (mauvaises habitudes, réactions irrationnelles, répétition de schémas destructeurs, colères…)
    • Accompagnement dans un changement de vie important
    • Troubles du sommeil, gestion de la fatigue
    • Soulagement de la douleur, des acouphènes, des somatisations
    • Transformation des liens (deuil, relation toxique, corps transformé par un accident, déménagement, divorce, autonomie…)
    • Accélération de l’apprentissage d’une langue
    • Gestion de la procrastination, développement de la réactivité ou proactivité, de la maitrise de soi, de la concentration
    • Résolution d’un conflit intérieur

    EXPLORATION, EXPANSION, CREATION

    Etant moi-même artiste sonore et exploratrice sensorielle et hypnologue, ma pratique singulière est également orientée vers les relations entre l’hypnose et le son, l’exploration sensorielle, la créativité artistique, l’expérimentation onirique, la découverte du fonctionnement de soi et sa perfectibilité, l’utilisation de croyances spécifiques à d’autres champs, l’expérience décalée…

    Chaque séance est unique car elle est littéralement pratiquée sur mesure en temps réel (objectif, intention, processus, fonctionnement habituel de la personne, symboles, précautions, désirs…). 

    Voici quelques exemples, au hasard de ma mémoire :

    • Développer l’écoute synesthésique des sons (un son devient des couleurs ou des sensations kinesthésiques), avec ou sans mouvement spontané, en groupes échangeant des sons spontanés ou carrément en concert.
    • Suivre le fil d’un son électroacoustique à travers un rêve éveillé
    • Visiter l’espace de sa voix, l’organiser, l’arranger, l’admirer, le chanter
    • Visiter sa bibliothèque intérieure, choisir des livres, les contempler, les feuilleter, en découvrir la structure et les personnages
    • Retrouver l’émotion liée à un texte, une scène de danse, une composition musicale (qui peut s’émousser avec les répétitions ou se geler à cause du stress ou se mêler avec les éléments adjacents) et l’énergie d’après échauffement, pour entamer la performance de façon optimum, d’entrée de jeu, sans avoir à passer par l’évaporation du trac et autres limitations.
    • Rencontrer le personnage que l’on a à incarner (théâtre, cinéma), le questionner, l’observer puis modéliser (adopter ses caractéristiques momentanément, quand on le désire)
    • Permettre à son inconscient d’écrire une lettre que l’on recevra dans quelques mois par la poste, en ignorant son contenu car la main a écrit sans conscience
    • Se rencontrer très vieux, se demander des conseils de sagesse et d’expérience
    • Se créer une intimité sécurisante, comme le noyau d’une amande, avant de germer pour s’ouvrir vers la lumière et offrir son feuillage, ses fleurs, ses fruits. Conserver la possibilité de ces différents états par ancrage (noyaux sécurisant, fente qui laisse passer la lumière, germe qui file au soleil, arbre qui offre son tronc, ses branches, ses feuilles, fleurs, fruits).
    • Transférer le pouvoir sexuel d’une main à une autre (le bras-bite lesbien droitier ou gaucher s’inverse) le temps de la réparation d’une épaule abimée
    • Transférer la sensation érotique à un endroit inédit et explorer l’orgasme du coude jusqu’à s’y connecter facilement (ludique et libérateur)
    • Déplacer les zones de plaisir et transformer les stimuli qui agissent sur la sensualité, jusqu’à la jouissance (ou pas) grâce au souffle, aux changements de lumière, aux sons…
    • Pour une transition M>F ou F>M, futuriser et explorer un changement de sexe de façon à apprivoiser cette transition physique et psychique
    • Pour tous, expérimenter la sensation d’être dans un corps féminin ou masculin de façon à comprendre de l’intérieur ce que l’autre peut ressentir (et découvrir son côté queer)
    • Retrouver l’insouciance joyeuse de l’enfant que l’on a en nous en lui rendant visite à différents âges (en régression) et jouer, chanter, rêver en lui
    • Remplir un espace ressenti comme vide avec de l’énergie vitale et la faire monter jusqu’à la sensation de pétillement joyeux, vivifiant.
    • Gérer le flot des données transmises par les nerfs d’une région lombaire au cerveau, pour calmer la douleur
    • Recharger un shakra, grâce aux sollicitations des nerfs par la fraise du dentiste (demander à « Mon autre » de transférer chaque impulsion désagréable dans la bouche en recharge énergétique dans ce que la représentation place au niveau du 1er shakra par exemple)
    • Vérifier l’alignement de sa vie grâce à la futurisation et ajuster mes axes en fonction de ce sur quoi leur orientation peut déboucher (ou se dire que tout va bien et se sentir aligné)
    • Etablir une autre communication, plus confortable, avec son symptôme (qui n’est plus obligé de « gueuler de douleur ou de gêne » pour se faire entendre). Le regarder, s’y connecter, lui faire ressentir la complicité et l’amour. Lui donner envie de communiquer autrement que par la douleur ou la gêne.
    • S’ouvrir de tous ses pores à une relation amoureuse ou amicale, malgré un vécu qui a mis en place des comportements de sécurité
    • Chercher de la douceur dans une vie antérieure et découvrir une version à mille lieux de ce que l’on aurait pu imaginer
    • Intégrer une identité d’aujourd’hui face à une personne que l’on connait depuis longtemps et qui peut nous faire spontanément et désagréablement régresser à cause d’un ancrage inconscient
    • Comprendre un  schéma relationnel et découvrir des solutions grâce au ressenti dans l’espace et au geste spontané
    • Se plonger entièrement dans un état désiré (légèreté, souffle, joie, sérénité, plaisir, flottement, hilarité…) et l’ancrer pour l’avoir à disposition au quotidien (par exemple: ancrer un geste de calme qui apaise instantanément en cas de crise)
    • Ancrer un mot ou un geste d’amplification qui amplifie et réduit les sensations (comme un potentiomètre de 0 à 12 )
    • Jouer avec un acouphène pour apprendre à le faire disparaitre en modulant le volume ou le timbre (à partir d’une certaine fréquence, je ne l’entends-plus même s’il est toujours là), mais aussi le faire venir à la demande si j’ai besoin d’un fil-focus pour me centrer.
    • Apprendre à parler à son estomac pour calmer des nausées ou le faire patienter durant un jeûne
    • Profiter de transpirer pour évacuer les déchets  spirituels et émotionels et autres encombrements (bain, sauna, comme une hutte de sudation hypnotique: le feu entraine l’eau)
    • Se servir des situations inconfortables (gynéco, visite, réunion…), pour apprendre, évoluer, emmagasiner de l’énergie… en instaurant une conversion (comme pour le dentiste) ou en testant des ancrages (comme la sérénité face à l’administration)
    • Ranger les connaissance à la bonne place et les maintenir disponibles sans avoir à les chercher
    • Favoriser les rêves nocturnes thérapeutiques (ce que le travail nocturne peut accomplir à la demande est magique!)
    • Favoriser les rêves lucides
    • Explorer en rêve éveillé l’espace de son sexe (pour établir une connexion plus agréable, créative, joyeuse avec lui), le vol plané prolongé, le meilleur souvenir sensoriel, une situation fantasmée, un souvenir réconfortant (pour moi: l’étreinte de ma grand-mère) et y puiser des ressources à ramener dans l’ici et maintenant
    • Laisser la main écrire spontanément une réponse inconsciente à une question qui  taraude
    • Etablir une communication facile avec « Mon autre » et les sous-personnalités spécifiques de façon à prendre conseil, à rassurer, à demander un accord… au quotidien
    • Remonter la température corporelle (en plaçant une chaleur à l’intérieur, avec un variateur à disposition)
    • Gérer les sas de transition entre deux états (hyperactivité-repos, par exemple)
    • Faire le deuil du corps performant, après un accident (le rendre performant autrement, dans un autre contexte que l’entrainement et les compétitions d’avant)
    • Dénouer des noeuds et habiter l’espace libéré
    • Laisser les pas guider une promenade et profiter d’un rêve éveillé en balade pour explorer l’intérieur par l’extérieur (en tant que sujet, je suis alors dans un état entre Oculus Rift et psychotrope, sans aucun autre addictif que l’hypnose)
    • Etablir une protection souple et modulable pour se rendre à des endroits où il y a une foule, lorsque l’on est vite oppressé
    • Charger un objet de sensations, émotions, vécus positifs et s’en servir pour supporter une opération (infiltration dans la colonne)
    • Enterrer un projet non réalisé, couper le lien de l’attente
    • Entendre la musique d’un paysage, voir la couleur d’une voix, la consistance d’une odeur…
    • Etc. 😉

    ALLER PLUS VITE ET PLUS LOIN

    Apprenez les règles du jeu pour vous en servir pour aller plus vite et plus loin (Albert Einstein).

    L’hypnose nous permet d’oser sortir de la zone de confort (ce que l’on connait et qui nous rassure, même si l’on s’en plaint) pour explorer de nouveaux points de vues, comportements, capacités, représentations, émotions, connexions, inspirations, intuitions, possibilités… et de comprendre que chacun a le pouvoir de créer une bonne partie de sa réalité, en choisissant ses besoins (et en se coupant des autres « faux-besoins » non choisis), ses intentions, ses paradigmes, son degré de convention ou de liberté.

    Il suffit d’oser.

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

  • Host an artist

    Retrouvez-moi dans les artistes, catégorie « autres »

    « Hostanartist est une plateforme en ligne qui permet à des “propriétaires” d’espaces privés ou publics – maisons de vacances, appartements, chambres, ateliers, locaux libres – d’offrir à des artistes des lieux de résidences de création.

    En échange de ces résidences, les artistes offrent à leurs mécènes une œuvre d’art, un texte original, un cours particulier, un concert privé ou toute forme qui permet de créer un lien inédit avec leurs hôtes. »
    J’aime les échanges, le troc de biens ou de services 🙂
    La condition, évidemment, est que chacun soit satisfait. Je me suis déjà fait insultée plusieurs fois, parce que je refusais des échanges qui ne m’intéressaient pas (notamment, un artiste amateur a insisté longuement pour me payer en tableaux à fleurs, qui ne m’intéressaient pas du tout, un autre en séances d’énergie gouroutisées).
    Bref, chacun est libre. Je pratique les échanges ET je choisis ce que je reçois ET mes séances ou workshops sont choisis par l’autre, aussi.
    Sourire.
  • Exploration sensorielle et création artistique

    Lygia Clark définissait l’artiste « comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux ».

    L’hypnotiste pourrait également être défini en ces termes, n’est-ce pas? Comme la pratique artistique, la pratique de l’hypnose et d’autres expérimentations sensorielles donnent des accès éclairés à soi et au monde.

    Y voir plus clair, créer des ouvertures, atteindre un pan de clairvoyance, une épiphanie, un éveil, une compréhension profonde, un déclic… engage à ajuster précisément sa position propre, à laisser de la place pour l’inédit, à libérer son existence mais aussi sa créativité, son écriture, son mouvement, son souffle, sa voix, son trait… en dépassant les habitudes et les anciennes croyances limitantes.

    Pour moi, l’une des façons primordiales d’atteindre la connaissance vient de la simple expérience spontanée d’une situation décalée par rapport à mes situations de conditionnement, ce que l’on peut appeler « recadrage, surprise, décalage, saisissement, déroute ». Si j’accueille cette expérience, dans l’ici et maintenant, en étant simplement là, si je garde le focus sur ce qui se passe pour ne pas me laisser distraire ni embrumer par des éléments de circonstance, si je pose une intention sans rien forcer, sans préciser mes attentes ni présumer d’un résultat, si je prends de la distance en hauteur sans rester calée dans une position de recul conceptuel mais bien en plongeant dans l’expérience… alors j’accède à des pans qui m’étaient jusque-là inaccessibles et j’agrandis le champ de ma liberté. Et plus j’expérimente de situations hors pistes en posant des intentions sans anticiper ce qui est par définition inaccessible avant l’expérience ouvrante, plus j’ajoute des couleurs à ma palette, des degrés à mon élargissement, des possibilités de positionnement, des outils de gestion de troubles intenses, de décalages puissants, jusqu’à inverser le refus-réflexe et transcender l’inquiétude et même l’effroi avec confiance, en toute sécurité, pour en ressortir plus juste et mieux ancrée, moins entravée, plus disponible à soi, à l’invention, à la création, à la relation, à l’autre, au monde.

    D’une autre façon, mon travail de création sonore offre, à sa modeste mesure, des expériences transformatrices à l’auditeur, dans le sens où il permet l’émergence d’une autre représentation (dans le cas du documentaire de création Merci Madame), d’un état modifié de conscience qui ouvre à un rêve dirigé par l’hypnose dans lequel les sensations étranges se succèdent (dans le cas de bOa) ou encore de la participation spontanée à un puzzle fantasmagorique collectif (dans Fantasmes)…

    Je propose également des séances d’hypnose éricksonnienne individuelles oeuvrant dans cette direction (voir les articles traitant de ce sujet).

    Et aussi des workshops (groupes de 4 à 30 personnes), mêlant hypnose, intuition, connexion, exploration sensorielle (notamment la synesthésie ou le questionnement queer) et création artistique, autant en école d’art qu’en académie de développement personnel.

    Mes recherches théoriques et pratiques sur les états modifiés de conscience, sur les effets des sons, sur les passages d’un sens à un autre, sur l’intuition, sur la connexion… rejoignent ce désir d’ouverture, de dépassement des réflexes et habitudes, par l’appréhension de processus divers et variés.

    Vous pouvez avoir un aperçu de mon laboratoire dans des articles ou à travers la création sonore de Franck Thoraval, à laquelle j’ai participé: ici

    Ce travail de déconditionnement et d’exploration est pour moi relié à la nature, aux sens (il y en a bien plus que 5 !) et notamment à notre perception des ondes sonores, aux arts et, enfin, aux pratiques singulières, notamment en matière de genres et de sensorialité ou sensualités. Je désire dès lors développer un travail dans la nature (collaboration: architecte paysagiste? gestionnaire de forêt? botaniste? ), un travail dans les lieux d’art contemporain (collaboration: avec des artistes mais aussi avec des écoles d’art, des galeries), un travail dans les micromondes où s’expérimentent d’autres façons d’être avec son corps,  son intuition, ses canaux de communications.

    Entre mon labo privé, les séances d’exploration individuelles, les workshops en groupe, les écoutes en ligne, les collaborations avec des créateurs… je cherche à développer et à partager les richesses de ces pratiques et à jouer avec ma position aux croisées de différents champs: l’hypnose éricksonienne, l’art contemporain, la création sonore acousmatique, l’exploration sensorielle, les études sur le genre…

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Claude Cahun /

  • Stimuler la créativité

    L’hypnose stimule la créativité et nous permet d’apprendre à nous en servir pour modeler un rapport au réel satisfaisant nos besoins et désirs profonds. Elle est aussi un outil de création artistique, comme si l’art était « augmenté » par l’hypnose (l’expression est de Catherine Contour et fait référence à la réalité augmentée par superposition d’un modèle virtuel).

    Dans la vie courante, les créatifs inventent des concepts, des machines, des histoires, des façons de traverser la ville, de s’habiller, de communiquer, d’être avec l’autre, de gérer le temps, d’accorder des aliments, de se jouer des vicissitudes… car la créativité est un état d’esprit : à chaque fois que nous prenons du recul par rapport à nos croyances, nos habitudes, nos conventions, nos réflexes, que nous ruons dans les brancards du conformisme et que nous faisons une proposition positive de dépassement de la routine, nous enclenchons un processus créateur.

    La créativité n’est pas l’apanage des artistes, même si certains artistes vouent leur vie entière à l’expression de cette attitude intérieure et la pousse donc à son paroxysme.

    Pas mal de magazines et webzines se sont interrogés dernièrement sur ce qui démarquerait les personnes créatives de celles qui se disent non créatives.

     En dressant la liste des caractéristiques relevées dans différents articles grand public, je me suis dit que l’on n’aurait pas parlé des bénéfices de l’hypnose autrement.

     Donc j’ai continué la liste commune (à poursuivre dans les mois qui viennent au gré de mes lectures et de vos propositions), en me restreignant dans mes allusions aux textes de John Cage, l’un de mes « maîtres es créativité », d’où sa photo, en pleine cueillette de champignons, comme illustration de cet article.

     Voilà : cqfd 🙂

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    John Cage

    Le goût de l’aléatoire ? Le fait de se servir du hasard ? Les opérations fortuites ?

    Le goût de l’inquiétante étrangeté ?

    La curiosité ?

    L’invention de réponses, solutions, réactions, représentations du réel, face à une situation nouvelle?

    La capacité à laisser (ad)venir ? à accueillir ce qui vient ? La capacité à laisser faire, à ne pas vouloir tout maitriser ?

    L’adaptabilité ? La capacité à surfer sur la situation qui se présente, même inconnue ou impromptue ? A être comme l’eau vive ?

    La capacité à zigzaguer ? Le fait de privilégier les bifurcations aux chemins présentés comme évidents ? Le fait de ne pas « aller droit » selon la croyance dominante du « droit chemin » ?

    La capacité à rebondir de façon ludique sur les mille et un petits tracas ?

    L’acceptation du risque ?

    La sérendipité – capacité à utiliser des éléments trouvés alors qu’on cherchait autre chose ?

    L’audace ? oser s’ouvrir à l’inconnu, au jamais vu, au jamais pensé

    Le fait de se permettre des tâtonnements, les coups pour rien, des erreurs, plutôt que d’attendre d’être parfaitement prêt pour créer (ce qui n’arrive jamais) ?

    L’utilisation des insatisfactions vers un dépassement ?

    Le fait de rester aux aguets, en recherche d’un au-delà de soi-même ?

    Le fait de se poser sans cesse des questions ?

    La capacité à discuter l’ordre apparemment naturel des choses, à ne pas se satisfaire des conventions, de la routine… de ne pas respecter scrupuleusement des modèles (écoles, parents, médias, croyances des proches)

    La déshinibition (et désobéissance non pas par principe d’être contre mais au cas par cas, pour suivre ses intuitions) ?

    La positivité (critique ET proposition positive) ?

    L’espace-temps désencombré accordé à ce qui pourrait se passer ? L’acceptation du vide vécu et non subi ou fuit?

    L’acceptation d’un temps de latence, où l’on reste en « jachère » sans forcer

    L’état de réceptivité et de sensibilité ? La captation d’éléments a priori cachés, l’amplification des sensations, l’intensification des émotions ?

    La confiance en soi ? L’estime de soi ? le fait de prendre ses décisions par soi-même ?

    L’empathie ? être en connexion avec l’autre, avec son for intérieur (rêverie, fantasmes, intuitions), avec chaque environnement (nature, conversation singulière entendue dans le métro, famille, musique…), comme une éponge qui donne et absorbe des informations très diverses.

    La transformation des éléments captés, leur mélange et leur association entre eux, pour en extraire une création personnelle nouvelle ?

    La capacité à réagir dans l’ici et maintenant, identifié à l’instant présent, sans la restriction du souvenir et de la projection (qui activent des peurs) ?

    La capacité à la rêverie active, au rêve éveillé, aux constructions imaginaires ?

    La connexion à soi ? L’écoute de l’intuition, du sentiment d’évidence, des impressions ? La prise en compte du « regard intérieur » ?

    La levée des contrôles intellectuels et rationnels, vers une sorte de « débranchement » des connexions habituelles, pour laisser émerger des connexions nouvelles qui sont habituellement censurées ?

    L’ouverture aux émotions ?

    L’aptitude à la prise de conscience, à l’épiphanie, au déclic mental, qui révèle ce qui restait caché ?

    La capacité au flottement, à la rêverie floue, à la dérive ?

    Le dépassement ou détournement des limites, des cadres, des codes, des conventions, des habitudes ?

    L’exaltation face à l’ouverture du champ des possibles ?

    Le goût du jeu ?

    L’observation de ce qui semble a priori peu important et qui révèle pourtant un monde ?

    L’originalité dans la manière de faire des liens, des connexions, des imbrications ?

    La faculté de vivre une infinité d’expériences, dans le cinéma intérieur (ce que je me raconte en mots, images, sensations), pour en tirer des réponses, des émotions nouvelles, des apprentissages, des essais… par l’imagination ?

    La capacité à laisser venir le chaos, pour laisser émerger par la suite un nouvel ordre, une nouvelle représentation, construite sur une autre logique que celle qui présidait ?

    La possibilité de changer de façon de fonctionner volontairement (programme personnel de précision, efficacité et confiance pour une tâche, puis lâcher-prise, puis créativité, par exemple)?

    La possibilité de transformer volontairement la représentation subjective d’un événement et l’état émotionnel qui l’accompagne (autrement dit, de changer l’histoire habituelle que l’on se raconte face à tel événement) pour en tirer une nouvelle expérience, découvrir une nouvelle partie du monde et de soi-même?

    La liberté que l’on s’accorde à soi-même?

     

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

  • Réaliser son film sous hypnose

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    Bulle Ogier, par Jacques Rivette

    « QUOI? JE ME FAIS UN FILM?! »

    L’expression « se faire un film » désigne une réaction que l’entourage juge décalée face au réel. La recevoir déclenche souvent un sentiment d’incompréhension et de révolte.

    Pourtant… le film intérieur qui accompagne nos perceptions du monde fait immanquablement naître l’émotion et crée dès lors « notre réel ».

    Certains films intérieurs sont accessibles au conscient, comme la rumination d’une engueulade, la projection fantasmatique dans une soirée amoureuse, la madeleine suggérée par une odeur, l’imaginaire anxieux face à une dispute de rue que l’on « comprend » car les séances sur divan ont souligné l’empreinte des disputes des grands dans notre enfance, l’aménagement mental d’une pièce pour un événement (alors que l’on est assis dans le métro), la crainte de tomber en prenant un ascenseur pourtant neuf, la rêverie qui précède ou prolonge un voyage…

    D’autres films intérieurs passent inaperçus et agissent donc comme des prismes/filtres inconnus et inaccessibles sur notre vie, déclenchant des joies mais aussi des phobies ou des blocages. Notre mémoire traite continuellement les informations, crée des associations entre des éléments synchroniques (son de mastication des chevaux+tranquillité de la sieste, panique dans le bain enfant+forme du jouet présent à ce moment-là) et réalise des liens nouveaux à chaque instant. Les événements puissants de notre passé sont ainsi raccordés les uns aux autres et avec d’autres événements plus récents, relus à leur lumière (et vice-versa). Cet agglomérat est à nouveau relié et relu à la lumière d’un nouvel arrivant dont la perception a elle-même été influencée par des liens etc.

    UN RESEAU DE DISCOURS INTERIEURS, D’IMAGES, DE RESSENTIS, D’EMOTIONS

    Bref, ce que nous avons vécu à différents moments de notre vie et qui nous a marqué, ce que nous avons ressenti lors de ces moments et en les évoquant, ce que nous nous sommes raconté comme histoire, tout cela nourrit nos films qui nous font réagir et agir au présent, qu’ils soient accessibles ou non au conscient. Un immense filtre continue sans cesse de se tisser, entre nous et ce que nous percevons. Le désir et la peur, tournés vers l’avenir (désir ou peur que le passé se reproduise), portent aussi la charge de ce réseau d’émotions, de ressentis et de pensées passés. La résilience est un exemple positif de la façon de regarder le film du passé.

    LA TRANSFORMATION

    Pour sortir de ce réseau de liens, d’habitudes, de croyances limitantes et pour permettre l’ouverture à d’autres champs des possibles, l’hypnotiste propose de faire émerger le film intérieur, de l’observer en le mettant sur pause, de le comprendre en profondeur, d’adapter son contenu, ses liens et les émotions qui l’accompagnent à l’objectif de séance, c’est à dire à ce que désire vraiment la personne sous hypnose.

    SCENARISTE ET REALISATEUR DE SON PROPRE FILM

    Une séance d’hypnose pourrait être comparée à une séance de cinéma, dans laquelle le spectateur serait aussi scénariste, réalisateur, acteur, chef op, décorateur…, alors que l’hypnotiste serait la personne qui offre les conditions de cette réalisation et qui guide l’apprenti réalisateur dans sa création singulière (techniques d’écriture, de mise en scène, de prise de vue et de sons, de montage…), en proposant différentes options, comme un guide propose des destinations et des itinéraires pour s’y rendre, s’arrête à des points de vue, fait remarquer un paysage…

    UN DEPASSEMENT DE SES LIMITATIONS PAR L’EXPERIENCE

    Lorsque l’on va voir un film d’un réalisateur que l’on apprécie au cinéma, après en avoir vu la bande-annonce ou lu des critiques, une partie de nous sait qu’elle est assise dans une salle face à un écran et laisse l’ambiance sonore et visuelle l’envahir jusqu’à ce que l’imaginaire prenne le pas sur le réel, jusqu’à découvrir le personnage et rire, pleurer, espérer, aimer, courir avec lui. Le corps ne bouge plus. La notion du temps se tord. Le mal de tête s’évapore. Et, en accompagnant ce personnage dans le dépassement d’un problème, on en sort enrichit d’une nouvelle expérience.

    Le cerveau ne fait pas la différence entre l’imaginaire et le réel. Le film intérieur et les émotions qui l’accompagnent, que ce soit dans un voyage imaginaire ou dans une interaction réelle, est encodé comme vécu. En travaillant sur le film et sur notre façon de le percevoir, nous transformons notre existence.

    EXPLORATION DES SENS, CREATIVITE ARTISTIQUE, OUVERTURE DE CONSCIENCE

    Ce processus est efficace pour dépasser des blocages (impression de tourner en boucle sans pouvoir en sortir) ou résoudre des problèmes (voir « Applications de l’hypnose », dans « Hypnose éricksonienne »), mais il peut aussi tout simplement générer l’exploration des sens, la créativité artistique, la compréhension profonde de soi, l’ouverture de conscience.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

  • Transformer les liens par l’hypnose

    ATTACHEMENT

    Certaines parties de nous restent attachées à des personnes, des lieux, des états… alors que notre évolution et notre équilibre demanderaient de dénouer ou de transformer ce lien.

    Volontairement, il est possible de prendre la décision de se discipliner pour ne plus alimenter la relation. Mais la souffrance est là. Et une partie de nous parvient toujours à échapper à notre vigilance pour rester fidèle à ce qui nous « tient », comme une addiction.

    Faire son deuil demande du temps. Il ne s’agit pas de court-circuiter cette étape nécessaire au bon rétablissement.

    LES INDICATIONS DE LA TRANSFORMATION DE LIEN

    Le lien à transformer correspondrait plutôt au deuil encore douloureux des années après le décès de la personne aimée, à la relation toxique dont on ne parvient pas à se défaire, à la relation au passé (réactions de l’enfant en soi face à certaines situations ou types de personnes), à un parent dont la seule présence déclenche encore des réactions infantiles chez l’adulte, à un corps en pleine forme qu’un accident ou maladie ou autre a affaibli, à un lieu que l’on a quitté, à un amour passionnel ou amical dont on est séparé, à l’image corporelle ancienne de soi à laquelle on ne correspond plus (après un régime, un accouchement, un arrêt du tabac, un coming out, voire un changement de sexe…), etc., les indications sont multiples.

    LES METHODES

    Pour transformer le lien, la régression dans un passé plus ou lointain est une possibilité efficace, qui passe par l’amélioration de notre perception subjective des événements et personnes qui ont contribué à mettre ce lien en place (les régressions infantiles seront abordées dans un autre article).

    Une autre possibilité est de travailler directement sur le lien:

    D’abord le cerner: comment est-il? couleur, luminosité, forme, texture, matériau, souplesse-rigidité, mouvement, fonctionnement (comme un tuyau? un canal de données informatiques? un cordon ombilical? un pont?) et où est-il situé dans et autour du corps?

    Ensuite tester et mettre en place progressivement des modifications en direct: que se passe-t-il si…? que faudrait-il changer pour… et de modification en modification, de ressenti en ressenti, transformer le lien ou le couper si c’est nécessaire, selon ce que la personne sous hypnose ressent comme favorables, libératrices, en toute sécurité.

    Voici un exemple vécu: le lien qui part du coeur devient de plus en plus ténu et plus transparent, au fur et à mesure que l’élément relié s’élève comme un cerf-volant, planant de plus en plus haut dans le ciel, jusqu’à se confondre avec une étoile…  Et lorsque le lien est devenu aussi mince qu’un cheveu d’enfant et que le cerf-volant-étoile s’est éloigné de milliers de km, alors le jour se lève, le lien se détache naturellement du coeur, l’étoile cerf-volant disparait. Une respiration ample. Réveil. Sensation de libération, la main sur le coeur, le sourire aux lèvres.

    « Où laisseriez-vous quelque chose dont vous voulez vous séparer complètement ? » (John Cage, Silence).

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     Image: Un serpent volant du 15ème siècle. En français le mots « cerf-volant » vient de l’occitan « serp-volaira » ou « serp-volaire » qui signifie « serpent volant ».

    Pour comprendre l’attachement: https://fannys.fr/les-liens-dattachement/

     

     

  • Les séances d’hypnose en musée, centre d’art, galerie

    Je pratique l’hypnose, seule ou en séance individuelle, dans des lieux d’art contemporain, à la rencontre des œuvres ou tout simplement entourée d’elles, qu’elles soient peintures, dessins, sculptures, photographies, installations…

    Pour moi l’hypnose et l’art se marient à bien des niveaux. Je développe d’autres niveaux dans d’autres articles, pour me consacrer ici à la question du lieu entièrement dévolu à l’art, qui consacre dès lors « l’étrangeté », inquiétante ou non et ne la dérange qu’extrêmement rarement.

    UN LIEU QUI POSE QUESTION

    Le public qui se balade dans ces lieux se pose généralement au moins une fois la question du banc (œuvre ou siège ?), du déshumidificateur (œuvre ou déshumidificateur ?), de l’étudiant des Beaux-arts looké qui dessine dans une position particulière (performance ou exercice scolaire ?), de l’abeille posée sur le mur (œuvre ou insecte rentré par la fenêtre ?) et avance avec prudence et respect (voire crainte), de prendre le son d’un radiateur pour une œuvre… ou d’interrompre des performers. Imaginez donc qu’une femme assise ou debout, les yeux ouverts ou fermés, une main en l’air, oscillant légèrement, pendant plus d’un quart-d’heure face à une œuvre ou sur un siège au milieu d’une salle, pourrait être une de ces performeuses qu’il serait insensé de perturber. Le musée ou le centre d’art sont des lieux où je me sens chez moi et où l’on ne me dérange que très rarement. A deux, lorsque je donne une séance, la scène est sensiblement la même. Tino Seghal m’a rendu un sacré service !

    L’oeuvre pose question. L’état hypnotique aussi. L’œuvre appelle à un autre regard. L’état hypnotique aussi. L’œuvre ouvre d’autres possibles… alors imaginez les deux réunis!

    OSER CHERCHER CE QU’IL Y A A VOIR

    Je relève aussi, si je prends l’exemple d’une exposition dans une institution importante (qui accueille entre autres le grand public), que le simple fait de de m’observer (ou de nous observer lorsque je pratique sur quelqu’un) en transe douce, face à l’intérieur d’une coupole d’Anish Kapoor, à un grand tableau bleu d’Yves Klein, au flou d’un Richter, à un mobile de Calder… non seulement pose question (discrètement, sans passage à l’acte), mais aussi permet à certains d’approcher l’oeuvre autrement, d’une façon qu’ils n’auraient sans doute pas envisagée sans la permission que leur donne le fait d’observer la façon de faire de quelqu’un qui a l’air à l’aise, ce faisant. Lorsque je m’éloigne, je remarque souvent qu’une personne s’est placée exactement à la place que je quitte, « pour voir ».

    Car il y a à voir, dans l’œuvre bien sûr mais aussi hors d’elle, à l’intérieur de soi, avec le monde comme miroir.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Wolfgang Laib, “Pollen From Hazelnut”, au MoMA

  • L’état – naturel ou induit – d’hypnose

    L’état d’hypnose est un état modifié de conscience (parmi d’autres) auquel on accède par un procédé qui se nomme « induction », lors d’un accompagnement par un hypnotiste ou en autohypnose.

    LES ETATS MODIFIES DE CONSCIENCE QUOTIDIENS

    Chacun vit des états modifiés de conscience au quotidien, mais naturels ou du moins plus spontanés.

    Quel est le livre ou le film qui vous a embarqué tellement loin que vous avez ressenti un climat particulier, une sensation d’accélération, de vertige, de plongée, de ralentissement, d’étrangeté…, une émotion puissante, une impression d’immensité, une connexion avec le monde, comme avec davantage de clarté ?

    Avez-vous déjà passé en revue une conversation, un souvenir ou un fantasme avec tellement de concentration que vous avez alors eu l’impression de le vivre ?

    Avec quel degré de surprise avez-vous réalisé que vous étiez dans un endroit et dans une position que vous aviez oubliés en focalisant toute votre attention sur une tâche manuelle ou intellectuelle extrêmement précise, jusqu’à ce qu’une personne vous adresse la parole ou qu’un bruit soudain vous « ramène »?

    Quand est-ce la dernière fois que vous avez marché ou roulé jusqu’à votre destination, sans aucune idée du chemin parcouru pendant que vous étiez psychiquement ailleurs que sur la route ?

    Pouvez-vous vous souvenir d’un instant où la musique a fait bouger vos jambes, vos bras, votre corps entier, comme une mer de vagues sans que vous vous contrôliez ?

    Connaissez-vous ces instants où le temps semble se dilater, comme pour laisser à la balle le temps de l’immensité ou à la scène le temps d’être réalisée ?

    Reconnaissez-vous avoir expérimenté cet état d’ici et d’ailleurs, de mouvements spontanés, de commandes laissées au copilote pour laisser votre esprit s’occuper d’autres tâches, de déformation temporelle?

    Les enfants se fabriquent des mondes parallèles avec quelques objets et brindilles, se donnent des superpouvoirs, transforment leur identité… Certains adultes conservent cette faculté à jouer, rejouer, surjouer, déjouer ailleurs les désirs, sensations, manques, tensions, vibrations qui les habitent, grâce à leurs voyages imaginaires, aux jeux de rôles en ligne (testez les oculus rift !) ou IRL, à la création artistique ou simplement grâce à leur attitude et fonctionnement dans la vie.

    L’ETAT MODIFIE DE CONSCIENCE SOUS HYPNOSE

    L’état modifié de conscience sous hypnose est comparable à ces états modifiés de conscience quotidiens, à la différence qu’il n’arrive ni au hasard ni lors d’activités diverses, mais par le procédé de l’induction, qui permet de se connecter avec son moi (très) profond, en vue d’une interaction particulière, d’un apprentissage, d’un changement.

    EN CONNEXION AVEC MA/MES PARTIES INTERIEURE(S)

    Certains parlent d’inconscient, d’autres de copilote, moi profond, mon autre, ma partie cachée, mon intelligence supérieure… Certains l’envisagent comme une entité et d’autres comme différentes entités intérieures, qui cohabitent, prennent plus ou moins de place, émergent ou restent cachées selon les contextes, s’entendent, s’entraident ou se font la guerre.

    Les années 80 ont focalisé sur notre enfant intérieur. Est-il blessé ou explorateur ? Nous pouvons aussi être attentif à la façon dont la partie soignante protège et nourrit nous-même et notre entourage. Comment notre partie filoute (voire parfois légèrement perverse ?), s’amuse à gagner ses jetons. Quel animal nous représenterait lorsque nous nous sentons joyeux, heureux ? Quel animal sommes-nous en chasse, en tant que proie ou prédateur ? Comment serait le ou la sage qui tente de nous faire entendre raison ? Quelle vigie observe tout ce monde et analyse, prend de la distance, crée des liens, commente, voire donne l’alerte ? Quel ado contre tout ou furieusement en vie nous taraude ? Si j’étais des arbres, des fleurs, des animaux marins, des mammifères, des oiseaux, des reptiles, des insectes, des héros et héroïnes de BD, de film, de légendes, de contes, des dieux et déesses ?… si j’étais…

    UNE CONNEXION SANS LES FILTRES DES CROYANCES ET ROUTINES

    Dans une autre façon de concevoir l’état hypnotique, le moi dans l’état ordinaire n’a de contact avec son psychisme, avec son environnement direct et avec le monde qu’à travers des filtres (nos représentations, paradigmes, représentations, habitudes, réflexes, présupposés… selon les contextes et selon les lexiques). La clarté est atteinte grâce un certain état modifié de conscience. Le monde apparaît alors différemment, sans les filtres personnels, familiaux, culturels, émotionnels. Ce serait comme une conscience élargie, une compréhension sensible augmentée, une illumination intuitive, l’impression de toucher là un point central, comme un aboutissement inopiné d’une série de questionnements.

    Dans cet état modifié de conscience, une connexion, à un niveau supérieur, est également possible : non seulement avec soi-même, mais aussi avec ses racines profondes, son environnement, la société, la nature… Il permet d’envisager le monde avec un point de vue inédit, d’explorer ses pays intérieurs, de dépasser les limitations des mécanismes appris et reproduits malgré soi, de quitter le piège de la routine pour avancer librement vers un objectif désiré, à un rythme choisi, par le chemin le plus adapté, d’un pas singulier.

    EN TOUTE LIBERTE

    A chacun sa représentation et ses attentes. L’état d’hypnose n’impose rien de l’extérieur. L’hypnotiste éricksonien, contrairement à l’hypnotiste classique (que l’on peut croiser en spectacle ou sur les plateaux télés), travaille sur et avec les croyances de son sujet. Le contenu lui importe peu. Les processus – la place des émotions, les liens entre un objet et une réaction, les symbolisations de la personne sous hypnose – sont la matière de ses séances, pour permettre l’évolution, la redécouverte de soi, pour davantage d’ancrage, de connexion et de liberté

    LES LIMITES FLOUES OUVRENT LE CHAMP DES POSSIBLES

    Quoi qu’il en soit, en état hypnotique, les limites deviennent floues et malléables. Entre le passé, le présent et le futur. Entre différents contextes. Entre moi et moi légèrement changé, entre le corps et l’esprit, entre la réalité partagée et l’imaginaire, entre moi et le monde, entre une représentation nouvelle et une habitude tellement usée qu’elle semble naturelle, entre la zone de confort et le champ des possibles…

    LE CHANGEMENT

    Cette clairvoyance dans la compréhension sensible et ce flou des limites offrent une palette infinie de possibilités et facilitent le changement.

    L’hypnose donne le moyen à chacun de transformer sa subjectivité, de choisir d’évoluer selon ses intentions et non coincé dans des schémas créés par des trauma-racines (et/ou accumulations de mini-traumas passés inaperçus), des routines, des croyances. il s’agit de réorienter l’esprit de changer de cap, d’apprendre à se servir de son esprit pour aller dans une direction choisie et de gérer les émotions liées à ce changement.

    SOUS HYPNOSE, ON NE DORT PAS

    Dans ce processus, une dissociation est en place. la personne sous hypnose ne « dort » pas. Une partie d’elle reste consciente et peut parler ou agir volontairement, une autre analyse ce qui se passe dans le voyage de façon différente du conscient (libéré des habitudes et réflexes), comme une vigie, un observateur intérieur, qui sait qu’elle est assise en séance, alors que d’autres parties vivent des expériences sous la forme de rêves éveillés, auxquels participent aussi bien le mental, que les émotions, les sensations, l’intuition…

    De nombreuses applications s’offrent à ce processus: l’hypnose à visée thérapeutique… le développement personnel par l’hypnose, l’hypnose d’exploration à visée expérimentale, artistique, ludique… le coaching par l’hypnose… les séances dénouent des tensions qui permettent à certains troubles physiques et psychiques de s’évacuer, ouvrent la créativité artistique, construisent l’innovation singulière au quotidien, transforment un enjeu en jeu, crée le rêve endormi ou éveillé…

    L’HYPNOSE LIBERE DES CONVENTIONS QUI RESTREIGNENT NOTRE VIE

    Dépasser sa phobie (de l’avion, des ascenseurs, de l’eau, de la foule, des démarches administratives…), régler un dysfonctionnement devenu automatique (bégaiement, posture inadaptée face à une personne en particulier…), gérer la douleur, moduler un acouphène, développer la confiance en soi, gérer le stress, être au top en vue d’un moment important (une compétition sportive, une réunion primordiale, un entretien d’embauche, un mariage, une naissance…), arrêter de fumer ou de se goinfrer, dépasser un deuil, développer une compétence (concentration, écoute, calme, délégation, apprentissage…), faire connaissance avec soi en anticipant un changement (changement de sexe, déménagement, tournant de vie), visiter sa bibliothèque intérieure ou la caverne de sa voix, tester un nouveau trait de caractère enfoui jusque-là, nettoyer la fatigue, tracer les émotions liées à un texte de théâtre ou de cinéma, conseiller et câliner l’enfant que l’on est en soi, suivre une mélodie et lui inventer des couleurs, prendre le pli de positiver, rétablir ou atténuer un lien émotionnel avec une personne que l’on a du mal à aimer, à supporter ou à quitter, faire émerger l’envie de se redécouvrir au travers de nouveaux ressentis, inventer un paysage à partir d’un portrait, prendre une décision en toute liberté et l’assumer dans la joie, vivre un rêve éveillé en toute sécurité, transformer les vibrations de la fraise du dentiste en recharge pour le chakra du sexe (inventé, testé et waou !), se projeter dans l’avenir en tant que prolongation de ce qui est mis en place au présent et dialoguer avec son être intérieur plus âgé, pour comprendre, apprendre et s’amuser avec soi, jouir du coude, écrire intuitivement, revivre un souvenir merveilleux, explorer un passage de vie, déprogrammer une association d’idée ou de date ou de lieu, transformer un son en mouvement, entrer dans une œuvre d’art et l’explorer, ressentir ses ailes pousser en chrysalide et puis s’envoler…

    Notre monde intérieur est profond, mouvant … et connecté directement à notre façon de percevoir, de ressentir, de se souvenir, de concevoir, d’agir dans l’ici et maintenant.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Alice Liddell photographiée en 1872 par Julia Margaret cameron

     

  • Quel(le) artiste étiez-vous?

    REALITE ET IMAGINAIRE

    La régression dans les vies antérieures est un phénomène qui divise trop souvent les hypnos en « croyants et non croyants ».

    Or, en hypnose, la croyance du praticien est censée être mise de côté le temps de la séance.

    Et en ce qui concerne le sujet qui la reçoit, tout ce qui est vécu par le psychisme sous hypnose est traité comme la réalité par le cerveau. Quel que soit son degré de « réalité », la régression dans les vies antérieures nous emmène dans un autre monde, qui a un rapport profond avec ce que nous sommes et avec ce que nous avons à explorer, à comprendre profondément ou à dépasser. Que cet univers soit une réalité spacio-temporelle parallèle, une trace subjective d’un réel passé ou une symbolisation présente, cela fait-il une différence par rapport aux bénéfices que l’on peut tirer de ce vécu sous hypnose?

    Pour moi, il n’est pas nécessaire de croire en « les vies antérieures » pour utiliser et pour vivre cette pratique sous hypnose. Ni même de se demander en quoi on croit. Le simple fait d’accepter la vision subjective qui nous est offerte est ouvrant et propice au changement.

    Je vous propose dès lors de quitter ce débat de « vérité des vies antérieures » pour nous recentrer sur la réalité du vécu subjectif en état d’hypnose et de traiter ce vécu comme tout rêve éveillé, c’est à dire avec ouverture, curiosité, enthousiasme et plaisir.

    « Quel artiste étiez-vous? » est l’une des questions qui peut vous emmener  dans votre monde intérieur, quelles que soient vos croyances.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Catarina van Hemessen,- 1528-1587- Peintre flamande Renaissance – Autoportrait.