« Hostanartist est une plateforme en ligne qui permet à des “propriétaires” d’espaces privés ou publics – maisons de vacances, appartements, chambres, ateliers, locaux libres – d’offrir à des artistes des lieux de résidences de création.
En échange de ces résidences, les artistes offrent à leurs mécènes une œuvre d’art, un texte original, un cours particulier, un concert privé ou toute forme qui permet de créer un lien inédit avec leurs hôtes. »
J’aime les échanges, le troc de biens ou de services 🙂
La condition, évidemment, est que chacun soit satisfait. Je me suis déjà fait insultée plusieurs fois, parce que je refusais des échanges qui ne m’intéressaient pas (notamment, un artiste amateur a insisté longuement pour me payer en tableaux à fleurs, qui ne m’intéressaient pas du tout, un autre en séances d’énergie gouroutisées).
Bref, chacun est libre. Je pratique les échanges ET je choisis ce que je reçois ET mes séances ou workshops sont choisis par l’autre, aussi.
Je pratique l’hypnose, seule ou en séance individuelle, dans des lieux d’art contemporain, à la rencontre des œuvres ou tout simplement entourée d’elles, qu’elles soient peintures, dessins, sculptures, photographies, installations…
Pour moi l’hypnose et l’art se marient à bien des niveaux. Je développe d’autres niveaux dans d’autres articles, pour me consacrer ici à la question du lieu entièrement dévolu à l’art, qui consacre dès lors « l’étrangeté », inquiétante ou non et ne la dérange qu’extrêmement rarement.
UN LIEU QUI POSE QUESTION
Le public qui se balade dans ces lieux se pose généralement au moins une fois la question du banc (œuvre ou siège ?), du déshumidificateur (œuvre ou déshumidificateur ?), de l’étudiant des Beaux-arts looké qui dessine dans une position particulière (performance ou exercice scolaire ?), de l’abeille posée sur le mur (œuvre ou insecte rentré par la fenêtre ?) et avance avec prudence et respect (voire crainte), de prendre le son d’un radiateur pour une œuvre… ou d’interrompre des performers. Imaginez donc qu’une femme assise ou debout, les yeux ouverts ou fermés, une main en l’air, oscillant légèrement, pendant plus d’un quart-d’heure face à une œuvre ou sur un siège au milieu d’une salle, pourrait être une de ces performeuses qu’il serait insensé de perturber. Le musée ou le centre d’art sont des lieux où je me sens chez moi et où l’on ne me dérange que très rarement. A deux, lorsque je donne une séance, la scène est sensiblement la même. Tino Seghal m’a rendu un sacré service !
L’oeuvre pose question. L’état hypnotique aussi. L’œuvre appelle à un autre regard. L’état hypnotique aussi. L’œuvre ouvre d’autres possibles… alors imaginez les deux réunis!
OSER CHERCHER CE QU’IL Y A A VOIR
Je relève aussi, si je prends l’exemple d’une exposition dans une institution importante (qui accueille entre autres le grand public), que le simple fait de de m’observer (ou de nous observer lorsque je pratique sur quelqu’un) en transe douce, face à l’intérieur d’une coupole d’Anish Kapoor, à un grand tableau bleu d’Yves Klein, au flou d’un Richter, à un mobile de Calder… non seulement pose question (discrètement, sans passage à l’acte), mais aussi permet à certains d’approcher l’oeuvre autrement, d’une façon qu’ils n’auraient sans doute pas envisagée sans la permission que leur donne le fait d’observer la façon de faire de quelqu’un qui a l’air à l’aise, ce faisant. Lorsque je m’éloigne, je remarque souvent qu’une personne s’est placée exactement à la place que je quitte, « pour voir ».
Car il y a à voir, dans l’œuvre bien sûr mais aussi hors d’elle, à l’intérieur de soi, avec le monde comme miroir.
La régression dans les vies antérieures est un phénomène qui divise trop souvent les hypnos en « croyants et non croyants ».
Or, en hypnose, la croyance du praticien est censée être mise de côté le temps de la séance.
Et en ce qui concerne le sujet qui la reçoit, tout ce qui est vécu par le psychisme sous hypnose est traité comme la réalité par le cerveau. Quel que soit son degré de « réalité », la régression dans les vies antérieures nous emmène dans un autre monde, qui a un rapport profond avec ce que nous sommes et avec ce que nous avons à explorer, à comprendre profondément ou à dépasser. Que cet univers soit une réalité spacio-temporelle parallèle, une trace subjective d’un réel passé ou une symbolisation présente, cela fait-il une différence par rapport aux bénéfices que l’on peut tirer de ce vécu sous hypnose?
Pour moi, il n’est pas nécessaire de croire en « les vies antérieures » pour utiliser et pour vivre cette pratique sous hypnose. Ni même de se demander en quoi on croit. Le simple fait d’accepter la vision subjective qui nous est offerte est ouvrant et propice au changement.
Je vous propose dès lors de quitter ce débat de « vérité des vies antérieures » pour nous recentrer sur la réalité du vécu subjectif en état d’hypnose et de traiter ce vécu comme tout rêve éveillé, c’est à dire avec ouverture, curiosité, enthousiasme et plaisir.
« Quel artiste étiez-vous? » est l’une des questions qui peut vous emmener dans votre monde intérieur, quelles que soient vos croyances.
QUELS LIENS ENTRE L’HYPNOSE ET LES ETUDES SUR LES GENRE?
Lorsque l’on parle de représentation, de croyance, de capacité, de comportement, de construction d’identité, alors l’hypnose a ses raisons d’intervenir, par le recadrage, l’exploration par le rêve éveillé, le changement comme solution, l’anticipation d’un changement, la transformation d’habitudes devenues obsolètes et gênantes…
Au point de vue de l’exploration, découvrir ses sous-personnalités ou ses représentations symboliques (régression après naissance ou dans les vies antérieures, progression, symbolique corporelle, comportement animal…) sans les coincer dans des clichés et attentes étroits permet davantage de possibles. Apprivoiser son être sans a priori genré ouvre la liberté.
Au point de vue de l’exploration encore, comprendre, en le vivant de l’intérieur, ce que signifie incarner un autre genre social (M ou F ou trans M to F ou trans F to M ou…) peut être éclairant et transformateur, pour son rapport à soi ou pour son rapport à l’autre. Je pense ici, notamment, à une expérience en hypnose (j’étais sujet de séance) où j’ai incarné un militaire masculin figé dans une inspection des troupes (je n’ai pas choisi ce cliché loin de mes aspirations, c’est Mon autre qui m’a envoyée là en régression dans les vies antérieures), mais aussi à l’idée d’une version hypnotique qui me vient de l’expérience d’un workshop de Kay Garnellen (artiste et activiste trans qui questionne les thèmes du genre et de la sexualité), qui permettait par des jeux de rôles de vivre ce que ressent une personne trans socialement (en rue, aux toilettes publiques, dans un bar). Par l’exploration, il y a de quoi transformer des croyances et nourrir une compréhension profonde de ce que vit l’autre et de ce que l’on peut ressentir en soi sans en avoir une trouille affolante.
Au point de vue de la résolution d’un problème, intégrer les études sur le genre à la pratique hypnotique (ou l’inverse) peut aider à accompagner dans la justesse et non pas enfermé(e) dans des représentations hétéronormées. Comme demander à l’Etre intérieur de floZif, activiste queer, s’il est disposé à faire passer la puissance du « bras-bite » (main droite plus efficace dans la baise) de la droite à la gauche, le temps de la réparation d’une épaule abimée, afin d’éviter de rester castrée pendant la durée des opérations. Et puis de laisser simplement les mains de floZif s’organiser entre elles, en occupant le conscient.
Au point de vue de l’anticipation (utilisée pour se préparer à n’importe quel changement important), l’hypnose est un outil magnifique: la transition M to F ou F to M, par exemple, gagne à être explorée et anticipée par l’hypnose, de façon à faciliter les connections entre les identités, à résoudre d’éventuels conflits intérieurs et à vivre le passage en toute tranquillité.
Les « gender studies » (traduire: « études sur le genre » et non « théorie des genres » car il n’y a pas de théorie), venues des Etats-Unis, dans les années 1960-1970, forment un champ d’études universitaires interdisciplinaire.
Leur propos est d’étudier la façon dont la société associe des rôles à chaque sexe et traite différemment les individus en fonction d’un genre binaire. Exemple tarte à la crème: masculin > cheveux courts, bleu, camion, rugby, sciences, colère, force, action, carrière, coureur, Scotch… / féminin > cheveux longs, rose, poupée, danse, arts, hystérie, douceur, rêverie, éducation des enfants et tâches ménagères, mère ou putain, kir…
Selon ces chercheurs, la femme et l’homme ne sont pas identiques, mais la construction de leur identité sexuelle doit beaucoup à l’éducation et aux croyances du milieu dans lequel l’individu grandit, qu’il soit doté d’un vagin ou d’un pénis. Ainsi, la dissociation du biologique et du culturel interroge les normes dites « naturelles » (et donc jugées immuables), qui sont liées au sexe biologique.
Quels sont les clichés et mécanismes qui produisent ces inégalités? Notre quotidien en est truffé! De la blague sur les blondes au « pour une femme, c’est quand même mieux de… » en passant par les rayons de jouets, les habitudes inconscientes des parents qui différencient les tâches assignées à chaque enfant selon son sexe, les qualificatifs accompagnant les demandes faites à chacun selon les attentes que l’on a envers une femme ou un homme, les représentations des corps dans la publicité, les rôles dans les films d’action, jusqu’au « best-seller » qui conforte les représentations sexistes en avançant des recettes miracles pour comprendre le mystère de « l’autre »…
Les Américaines Gayle Rubin et Judith Butler montrent que le rapport entre les sexes n’implique pas seulement une hiérarchie entre les genres (domination masculine) mais également une injonction normative à se conformer aux stéréotypes de son genre biologique.
Ainsi, chacun, selon la norme socio-culturelle du binarisme de genre, est censé se conformer à un genre prédéfini et à tous les diktats qui lui sont attachés, y compris celui de l’orientation sexuelle. L’homme serait tourné vers l’action et la culture, il serait courageux et protecteur et ne pleurerait pas (sauf à l’enterrement de son père), il aimerait les femmes d’apparence féminine (et sans poils). La femme serait tournée vers le cocon et la nature, elle marcherait à petits pas élégants prudents et aimerait les hommes grands et forts, ils formeraient un couple qui baiserait dans le noir uniquement à deux et selon les positions et pratiques « convenables » et auraient des enfants. Bien sûr, si l’un d’eux, hermaphrodite, naissait avec les deux appareils génitaux, il serait rapidement mutilé pour n’en garder qu’un et serait éduqué en fille ou en garçon selon le choix du médecin, qui aurait ainsi « tranché », et serait destiné à faire un mariage fructueux comme ses propres parents. Tout le reste ne serait qu’anomalie et déviance.
Comment apporter des modifications aux habitus imposés par la société? Le mouvement queer (issu des études de genres mais ne se confondant pas avec elles) se joue de la multiplicité des identités sexuelles: la masculinité et la féminité ne peuvent expliquer la hiérarchie et la domination, non moins que le sexe n’expliquerait le genre.
En clair, pour le mouvement queerla sexualité et le genre social (être considéré comme un individu masculin ou féminin) d’un individu n’est pas déterminé par son sexe biologique (mâle ou femelle), mais par son environnement.
Il est dès lors important de différencier le sexe (mâle/femelle) et le genre (masculin/féminin) par rapport à une société qui tendrait à considérer comme anormaux les individus qui ne se situent pas dans la normalité d’une hétérosexualité perçue comme naturelle et innée, avec un genre découlant du seul sexe acquis à la naissance.
Quant à la question du « féminisme« , une question qui m’est souvent posée, j’avance deux réponses : 1: il y a plusieurs féminismes, dont certains s’opposent radicalement; par exemple, le féministe queer et le féminisme essentialiste (ou « différencialiste » : qui promeut une égalité M/F mais chacun dans le rôle assigné selon son sexe biologique, qui déterminerait naturellement son genre). Ne pas les confondre, please!!! 2: dans mon entourage, de nombreux individus de sexe masculins, hétéros ou non, sont féministes queer, c’est à dire qu’ils envisagent les individus sans relier leurs présumées qualités ou caractéristiques à leur sexe biologique et qu’ils sont attentifs à ne pas véhiculer de propos ou d’attitudes différencialistes, puisqu’il y a, au centre du queer, une nouvelle manière de rejeter les catégories binaires de sexe, de même qu’une nouvelle problématisation des sexualités qui mettent ces catégories au défi.
Quelques liens glanés sur le web (qui ont inspiré ce « rappel rapide »)
Image: extraite d’eXistenZ, film de David Cronenberg (1999)
Chausser l’Oculus Rift et s’immerger dans un monde virtuel, en incarnant un avatar que l’on a créé, entraine un état modifié de conscience évident.
Le voyage évade, défoule, offre des possibles épatants… mais quid des aventures vécues par cette projection de nous-même lorsque nous sortons de l’univers virtuel pour revenir à la réalité partagée non virtuelle?
Le vécu dans le jeu a de fortes chances d’être traité comme réel dans le psychisme, à l’instar de ce qui est vécu sous hypnose dans le rêve éveillé.
En manque de vraie nature (campagne, montagne, forêt, mer, désert…), malgré mes longues marches dans le bois de Vincennes à Paris ou dans la forêt de Soignes à Bruxelles, je cherche un lieu à peu près facile d’accès (je ne conduis pas), pour écrire, conceptualiser, tester, composer, voyager… de temps à autre.
Je propose un échange en séance(s) d’hypnose ou bien en workshop avec vos proches. Ou bien je peux m’occuper de vos chats, chiens, chevaux, plantes… en votre absence (j’ai de l’expérience, j’ai vécu longtemps au vert entourée d’animaux).
Sourire,
Marie Lisel
PS: il y a une superbe initiative ici: Hostanartist
Cet atelier de 3h invite les participants à transformer les sons en formes et couleurs, en sensations et en mouvements.
Il se fait debout et/ou couché et nécessite une salle confortable et une sono de qualité en 4.1. et une table de mixage.
SYNESTHESIE
La synesthésie (du grec sunaisthêsis : perception simultanée) est une expérience subjective, dans laquelle des perceptions relevant d’une modalité sensorielle (ici : les sons écoutés) sont accompagnées de sensations relevant d’une autre modalité (ici : les sensations kinesthésiques et le mouvement intuitif), en l’absence de stimulation de cette dernière.
Dans ce workshop, grâce à l’outil hypnotique, nous créerons les conditions propices à l’expérience de la synesthésie, dans le sens où la musique électroacoustique fera éclore, dans un premier temps, des sensations physiques et, dans un second temps, des mouvements spontanés.
Autrement dit, en écoutant un objet sonore, puis un montage d’objets sonores, chacun développera ses facultés à transformer cette matière en sensation de température, en tremblement, en expansion, en passage intérieur, en picotement agréable, en flottement… et laissera le corps bouger sans intervention de la volonté et sans le support « mélodie et rythme », habituel dans la danse.
En savoir plus sur la synesthésie, voir le projet Synesthéorie de Vincent Mignerot
L’HYPNOSE COMME OUTIL POUR LA SYNESTHESIE
L’hypnose éricksonienne est un outil formidable pour expérimenter les sensations. En entrant en contact avec les parts non volontaires de nous-même, il est possible de créer des images, odeurs, goûts, sensations, sons, mais aussi de relier un stimulus (ici les objets sonores) à une réaction (ici les sensations corporelles). Le développement de la synesthésie par l’hypnose repose sur la base de ressources présentes en chacun de nous, qui sont rendues disponibles et amplifiées, jusqu’à jouer avec l’état que connaissent les synesthètes spontanés.
Lorsque vous lisez une bande dessinée, des sons apparaissent dans votre esprit alors que le livre en lui-même n’est qu’un stimulus visuel. Idem lorsque vous entendez la fraise du dentiste en étant encore dans la salle d’attente… l’odeur, le goût et les sensations corporelles apparaissent très naturellement. Cette faculté est inscrite en nous mais s’est perdue chez bon nombre d’adultes. Elle ne demande qu’à être réactivée, ce qui est possible grâce à l’hypnose.
UNE EXPERIENCE SINGULIERE
Bien sûr, ce jeu hypnotique, en transe légère, ne donne pas les mêmes effets chez tout le monde. Selon les ressources de chacun, selon les métaprogrammes (façon habituelle de fonctionner), selon l’état du jour, selon le rapport entretenu avec la musique électroacoustique, selon le degré de suggestibilité, selon l’entrainement à la transe et selon le rapport au corps et à la danse… les réponses sont variables en intensité et diverses par leurs formes.
En outre, ce travail avec l’outil hypnotique respecte les limites de chacun. Et toutes les conditions techniques sont mises en place afin que l’état de transe soit orienté vers une synesthésie kinesthésique positive, épanouissante, ouvrante (de nombreuses balises empêchent le « bad trip » 😉 )
LA MUSIQUE ELECTROACOUSTIQUE
La musique électroacoustique est la musique idéale pour ce projet. Tout d’abord, elle repose sur “le son pour le son”, l’objet sonore étant écouté pour ses qualités sonores et non en rapport avec sa source et ses connotations. Ensuite, elle ne donne pas la solution habituelle pour bouger en musique, c’est-à-dire la mélodie et le tempo régulier. Enfin, elle propose des univers singuliers et cohérents, mis en espaces, pour une immersion en 3 dimensions.
Le workshop se cloture sur l’écoute d’une pièce de 10-15 minutes, sans intervention de l’hypnotiste ni coupure sonore, de façon à ce que chacun puisse expérimenter ses découvertes dans une immersion complète. Ensuite, nous débriderons joyeusement 🙂
PREMIERE MUSICIENNE INVITEE: VALERIE VIVANCOS
Dans cette proposition, Valérie Vivancos joue des sons tirés de son projet en cours, “Releasing the Spirit of Objects”, qui explore le rapport primal du corps à l’objet sonnant. Le premier volet de cette série, commande du GRM et de Radio France sera créé en février 2017 au studio 105 de la Maison de la Radio dans le cadre du festival Présences.
Depuis la fin des années 90, Valérie Vivancos (Ocean Viva Silver) explore les modalités du son à la croisée de recherches artistiques et musicales. Après avoir étudié aux Beaux Arts de Londres (Chelsea College of Arts) et San Francisco (SFAI) et navigué 11 ans dans les arts sonores anglo-saxons, elle rejoint Paris et initie des projets éditoriaux et de performance (Double Entendre et OttoannA, avec Rodolphe Alexis), travaillant ponctuellement pour des structures de recherche musicale dont le GRM. Son corpus évolutif débute par une table rase, l’expérience relative du silence (Em direção ao silêncio – Rio, 2001), pour s’acheminer vers les rythmes naturels du corps (Sleep in Opera – Copenhague, 2002 / Stockholm 2016) jusqu’aux timbres communicants (Echolalia – Paris, 2014). La série en cours,“Releasing the Spirit of Objects” explore le rapport primal du corps à l’objet sonnant. Le premier volet de cette série, commande du GRM et de Radio France sera créé en février 2017 au studio 105 de la Maison de la Radio dans le cadre du festival Présences.
Cet atelier de 3h (possible en 2h) invite les participants, au nombre de 8 à 50, à transformer les sons en sensations et en mouvements spontanés. Il se fait debout et/ou couché.
Il nécessite une salle confortable, un micro-casque sans fil, une table de mixage et une sono de qualité en 4.1.
PUBLIC
Il s’adresse d’abord aux musiciens, aux danseurs et aux autres artistes du champ des arts contemporains, ainsi qu’aux chercheurs, professionnels et amateurs, en synesthésie, en hypnologie, en arts…
ADAPTATION POSSIBLE
Pour une initiation avec un public plus large, c’est-à-dire pour un groupe non initié à l’acousmatique, la musique électroacoustique peut être remplacée par une musique présentant un tempo et une mélodie, sans aller toutefois vers une musique trop familière, qui risquerait d’emporter les participants vers ce qu’ils connaissent déjà (la danse sur une musique dansante avec un rythme régulier, un refrain, des attentes comblées…).
LE RECADRAGE, UN POINT COMMUN ENTRE ART ET HYPNOSE
Documenta de Kassel 2012: des courants d’air provoqués par des souffleries invisibles traversent un énorme espace vide, accueillant ainsi le visiteur dans le bâtiment principal, le Fridericianum. L’oeuvre de Ryan Gander, sélectionnée par l’une des plus importantes manifestations d’art contemporain au monde, est en fait… de l’air.
L’art interroge nos croyances, nos attentes, nos évidences, nos paradigmes, nos représentations, nos théories (le mot dépend des champs). Un événement aussi pointu que la Documenta peut, dès lors, se permettre un immense espace a priori vide, qui devient totalement plein, dès que/si le spectateur comprend qu’il respire l’oeuvre et se fait caresser par elle.
C’est pour moi l’un des points de rencontre les plus fort entre l’art et l’hypnose: le recadrage. Car s’ils le permettent de façon différente, l’intention reste en partie la même: bousculer les certitudes, faire évoluer notre façon de voir le monde, nous sortir de nos zones de confort, de nos habitudes de percevoir, de ressentir, de penser, de fonctionner… pour permettre de se construire une réalité libérée.
Dans ce groupe Facebook, des liens à partager :
* création radio/sonore * installation/expérimentation sonore * musique expérimentale, improvisée, bruitiste * musique électroacoustique * poésie sonore * field recording * articles scientifiques sur l’ouïe, la voix, les effets du son, la recherche musicale et radiophonique…
Bienvenue à tous. N’hésitez pas à publier, à commenter, à aimer, à inviter, à inventer sur La croisée des sons
« Merci Madame », documentaire de création radiophonique est disponible à la vente, à prix libre, sur Bandcamp (l’écoute est gratuite si vous êtes fauchés 😉 )
J’invite mes collègues hypnos et les curieux à expérimenter le recadrage par le documentaire de création radiophonique.
Le recadrage est une technique de PNL et d’hypnose, qui permet de changer de cadre (donc de voir différemment, avec un autre point de vue) et de faire évoluer des croyances et des comportements qui nous limitent.
Lorsque j’ai rencontré Michael et Madame, dans une soirée freaks organisée dans un squat parisien (fermé depuis), je n’avais jamais assisté à une séance SM, et encore moins sur un homme atteint d’un handicap et habillé en robe… Ma première réaction a été la pitié et la révolte. La seconde a été de contempler et de mettre de côté ma réaction totalement étriquée, pour chercher à comprendre ce qu’ils vivaient ensemble et ce qui les faisait sourire et plaisanter entre deux raclées. Malgré mes appréhensions, je me suis alors approchée.
Ce processus d’autorecadrage spontané est long à mettre en place, c’est une discipline de l’esprit. Mais il ouvre tellement la vision du monde et donc le champ des possibles! Encore une fois, l’hypnose peut en faciliter l’apprentissage.
Marie Lisel
Voici le synopsis:
« Madame, je vais vous confier un secret. Je voudrais bien qu’un jour vous arriviez à me punir pour une véritable raison, que vous considériez que je mérite sincèrement de l’être et non par ce que c’est moi qui vous le demande. Je vous implore la prochaine fois de me punir véritablement pour des raisons fondées et méritées, à vous de voir pourquoi en réfléchissant un peu, vous trouverez sûrement. »
A 39 ans, Michael, infirme moteur cérébral, attend toujours que la vie passe. C’est alors qu’il rencontre Madame et son martinet préféré. Grâce à cette relation singulière, il entreprend une cure sévère de remise en forme physique et psychique, intègre un réseau social et réalise quelques pas – pour la première fois de sa vie – sans aide et sans béquilles. « Merci Madame » nous invite à partager ce processus étonnant de naissance à soi.
« Merci Madame », de Marie Lisel
Durée: 28 minutes
Mise en ondes: Sébastien Schmitz
Musique: Emilie Patate
Image: Dominique Goblet
Générique: Tristan Trémeau
Une production du fond Empreinte de l’ACSR, avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles