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Catégorie : Hypnose

  • Zèbrures à pois & hypnose

    L’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet (entre autres) d’approcher certaines compétences que des atypiques présentent naturellement. Pour les atypiques, elle permet (entre autres) de comprendre en profondeur à piloter ces compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde. Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur nos compréhensions mutuelles. Youhou!

    Quand j’étais petite…

    (ma marmite d’Obélix)

    Pour pas mal de NA (neuroatypiques) de ma génération (né.e dans les 70′), l’enfance-adolescence a été un moment compliqué.

    Pour ma part, en pleine campagne de l’Ardenne belge, j’ai apprécié les longues plages de lecture (j’étais boulimiques de mots, avec le bibliobus itinérant, j’ai vraiment pris mon pied), les balades dans les forêts, les expéditions à l’aveugle dans les prés enneigés baignés de brumes, l’omniprésence de la nature, la liberté de plonger dans des rêveries solitaires en compagnie des veaux ou des abeilles, l’apprentissage du chant accompagné à la guitare (autre rêverie, cette fois à partager!), le tourne-disque du salon et la place pour danser, la contemplation et l’exploration libre (plein de temps à soi – seule ou en bande mais surtout sans adulte – pour simplement être là, pour tester des trucs, pour oser, pour se raconter des théories fantastiques… les enfants d’aujourd’hui en manquent tellement, sans cesse sollicités, surveillés, commentés, limités, rationalisés…).

    Ce fut notamment propice au développement de ma communication animale, de mon intuition et aussi de mon adaptation sociale: chercher comment être intégrée et appréciée par les gens de mon âge, tout en restant moi-même, c’est-à-dire en étant jugée « carrément bizarre » mais aussi « super attachante » et digne de construire des cabanes secrètes ou de faire des soirées à l’étang  avec iels… un joli labo d’explorations sous la forme de sociétés d’enfants puis d’ados, autonomes dans certains espaces-temps.

    En revanche, même si les bandes d’enfants puis d’ados m’ont incluse de bon gré, avec leur coaching maladroit permanent (« mais enfin Marie, c’est pas compliqué, si tu voulais… il suffirait… »), je me suis souvent sentie « toute seule » dans ma façon d’être au monde. Difficile de trouver des interlocuteurisses pour des discussions complexes et profondes. Aujourd’hui, ça a bien changé…

    Du côté des adultes, tout en appréciant mon calme, on me reprochait mon côté « inquiétante étrangeté », et puis d’être « dans la lune », d’être atteinte de « sensiblerie », de « faire semblant de ne pas comprendre », de ne pas adhérer aux codes (des convenances, du féminin, des blagues, de l’autorité…), de ne pas sentir les limites, de ne pas faire d’efforts (cette injonction de devoir sourire et papoter de tout et de rien et aussi de carrément mentir pour faire plaisir, sans parler des bises obligatoires… argh!). Je passais pas mal de temps à essayer de capter comment  réfléchissaient-réagissaient les adultes pour anticiper leurs comportements de façon à délimiter mes plages de liberté totale relativement sécures (certaines sanctions ou réactions ne me faisaient ni chaud ni froid en comparaison avec les bénéfices que je prenais avec le « je m’en fous »)  et pour me barrer à temps quand les contextes me mettaient en insécurité (contact physique trash « pour rigoler », apprentissage de la dureté pour me guérir de ma « sensiblerie », recadrage brutal à propos de règles que je n’avais pas captée car implicites et évidentes pour les autres…).

    Je n’étais pas la seule neuroatypique mais personne ne savait même que cela existait. Quand je repasse au crible les réactions et réflexions des adultes, je me dis que mon père a dû se sentir vraiment perdu, amoureux de littérature et de philosophie dans ce monde rural rude. Tous les soirs de mon enfance, il venait me lire des poèmes. Il ne jubilait qu’en m’amenant un nouveau livre ou en me montrant du doigt un détail caché dans une BD ou dans le paysage, au cours d’une balade (il commençait souvent par « c’est quand même marrant… » sans finir sa phrase et pointait le doigt vers l’oreille en signe qu’il fallait écouter ou vers un point à chercher du regard. Moments magiques!). A ses temps libres, il dévorait les romans et écoutait France Culture. Pourtant, selon lui, « il n’y connaissait rien » et refusait de soutenir la moindre discussion intello. Chacun.e à sa place. Et pour lui, sa place était dans sa bulle (ou dans sa caverne d’ours, en vieillissant), avec un strict minimum d’adaptation sociale et professionnelle, mais réalisée avec beaucoup d’exigence et d’application. La philo, c’était en catimini, uniquement en tête à tête, quasiment en silence, pendant la vaisselle… Il y a quelques années seulement, il m’a téléphoné et m’a annoncé comme une révolution que j’étais hypersensible, suite à l’écoute d’une émission de radio. Il était tellement abasourdi de me reconnaitre dans le propos de l’émission! Ce fut un doux moment. Oui papa… toi aussi. Et puis…

    A la campagne dans les années 80, personne ne parlait de trouble ou de divergence ou de diversité et internet n’existait pas. Il était juste proposé « d’arrêter de faire son intéressant.e, de revenir les pieds sur terre et de faire comme tout le monde ». Contrairement à moi, qui suis devenue hypno et artiste (deux activités rêvées pour un.e NA!), le NA de la génération des années 50 à la campagne avait vraiment peu de chance de comprendre, d’assumer et de faire fructifier ses différences. La fuite ou bien l’adaptation et la bulle étaient les seules solutions.

    Puis, j’ai migré vers la ville pour faire des études. Ce n’est qu’à 18 ans que j’ai rencontré une personne avec qui parler de cet univers qui était le mien. Une révélation: je n’étais donc pas la seule extraterrestre sur cette planète! Son univers était autre mais aussi étrange. Il assistait lui aussi à la vie sociale avec beaucoup de décalage, d’insécurité, le tout baigné de synesthésies incroyables. Je n’étais plus seule. Mais nous ne savions absolument pas que nous étions plus de deux ni comment mettre des mots, comprendre…

    Milieu de la vingtaine, j’ai commencé une psychanalyse, ma première véritable thérapie: 45 minutes 3X/semaine, pendant 7 ans, chez ma psychanalyste freudienne orthodoxe, qui était aussi neuropsychiatre en hôpital à d’autres heures. Après quelques mois de cure, je n’en pouvais plus des remontées de rêves épuisants et d’un début de somnambulisme. Ma psychanalyste me disait de « laisser faire le travail » mais les effets étaient vraiment trop violents. Je suis donc allée voir un hypnothérapeute… en cachette (ouille, le transfert!).

    Nous avons travaillé seulement en trois séances, avec des outils très simples (safe place, ancrage, sous-modalités…). Et là, seconde révélation: il était non seulement possible d’explorer mes process, mais aussi de diriger volontairement ces états qui me « tombaient dessus » sans que je puisse rien y faire. Yeah! Cet hypno pédopsychiatre m’avait fait une fleur en me prenant en consultation juste le temps de résoudre ce souci précis de sommeil, mais n’avait pas de place pour une adulte. J’ai donc interrompu mes expériences hypnotiques, en gardant bien à l’esprit qu’il faudrait y revenir après la cure.

    Et je suis en effet retournée vers l’hypnose à la fin de mon analyse, mais sans succès car l’hypno disponible à ce moment là était dirigiste et fan de scripts. L’hypnose ne s’est développée que ces dernières années, il y avait peu de praticien.ne.s à cette époque. Et celle-là ne me convenait vraiment pas.

    Puis, bien après, quand j’ai eu l’envie de réaliser une création radio hypnotique, j’ai suivi des cours dans une école d’hypnose à Bruxelles (INH), en tant qu’artiste (pas en tant qu’accompagnante de séances) au milieu du corps médical, pour m’immerger à fond. Et là,  outre mes débuts d’hypnose artistique, j’ai vraiment exploré comment  l’autohypnose pouvait m’offrir des outils pour valoriser tout mon matériel intérieur, si encombrant à l’état sauvage. J’évoque notamment ce que j’ai longtemps appelé « l’aquarium », mais aussi le voyage (rêve éveillé profond), l’hyperacousie, la synesthésie, l’hypersensibilité, le fait de ne pas arriver à rentrer dans des conduites de lissage social,  la recherche de compréhension profonde permanente des leviers des comportements normés qui me semblaient si absurdes, le moulinage en arborescence…

    En école d’hypnose parisienne (ARCHE), nouveau but (accompagner en séance), nouvelle méthode (beaucoup de pratique) et nouveau choc: oui, certain.e.s hypnos sont NA, mais non, pas toustes, loin de là! Car il est possible, quand on n’est pas « tombé.e dedans » à la naissance, de s’initier aux voyages qui me semblent tellement ressembler à ce que nous (moi et les NA de mon entourage) partageons de nos expériences. J’ai donc appris, en tant qu’accompagnant.e, à adapter mon accompagnement pour toustes, sans présupposer que c’était évident, puisque beaucoup découvraient tout juste leurs nageoires multidimensionnelles. Là, c’était un peu le monde à l’envers pour moi. A mon tour de me dire « m’enfin, iels font exprès, c’est pourtant si facile! ».

    J’ai assisté à la transformation personnelle (tout le monde est sujet de séance, ça brasse sec! Pour moi aussi…) et à l’apprentissage de la position d’accompagnant.e de beaucoup d’hypnos sans « base sauvage ». J’ai aussi expérimenté le fait d’être un sujet vraiment compliqué à accompagner pour iels, sans pouvoir leur simplifier la tâche (non, je ne fais pas exprès de ne pas proposer la réponse ou la réaction attendue ni de piloter mon vaisseau différemment que le ou la copilote).

    Nous avons donc toustes appris les un.e.s des autres. Chouette!

    Aujourd’hui je poursuis à la fois mes explorations hypnotiques (artistiques, expérientielles…) et mon travail thérapeutique personnel (pour moi, tout.e accompagnant.e se doit de continuer à être accompagné.e pour avancer, nettoyer, aligner…) et je partage mes découvertes en recevant en séances, en enseignant le REAH et la aussi créativité hypnotique dans divers stages et ateliers, pour mes collègues hypnos, pour mes collègues artistes et pour tout public.

    Je précise que la créativité, inventivité, liberté a de nombreuses sources et que, donc, celle que j’évoque ici n’est pas la seule ni l’indispensable. Elle est simplement la mienne. Celle que je partage avec des NA. Et aussi celle que je reconnais à l’hypnose. Et elle est transmissible. Ca suffit pour que j’en fasse un article!

    Finalement, l’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet d’approcher certaines compétences que des atypiques ont naturellement (et qui ne sont évidemment pas toutes les compétences de l’hypno, loin de là). Pour les atypiques, elle permet de comprendre en profondeur à piloter leurs compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde.

    Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur la compréhension mutuelle!

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    Photo de Camille Schweickhardt Avec Couscous.

    Envisager sous plusieurs angles, analyser,

    inventer, détourner, reprogrammer…

    L’hypnose exerce différentes capacités, notamment celles de ressentir autrement (hyperesthésie, synesthésie, hyperfocus…), d’atteindre un hyperéveil, de découvrir la psyché (que François Roustang décrivait comme recouverte d’un voile en état ordinaire), d’envisager les choses habituelles différemment, de s’émerveiller devant « l’ordinaire », de jouer concrètement avec des process, de développer l’introspection et l’intelligence intra-personnelle (comprendre de façon à la fois fine et profonde ce qui se passe dans l’esprit de l’autre), de développer la sensibilité, la créativité, l’empathique, d’expérimenter en « dé et re-cablant » ses propres automatismes psychiques, émotionnels et physiques, de créer du nouveau, de déclencher des rêves inouïs et même de sortir de soi…

    Les personnes vivant de façon différente de la norme, autant dans leur façon de se représenter soi-même, sa relation à l’autre, sa position dans la société, son rapport au monde… – plongent dès lors naturellement dans son univers d’exploration et de création.

    (((Oui, je parle de certain.e.s artistes, de personnes ayant conservé une belle part d’enfance et, spécialement ici… des neuroatypiques))).

    Ceci expliquerait cela… les neuroatypiques (personnes qui présentent un fonctionnement cérébral particulier), dits « NA », voyagent comme des poissons dans l’eau hypnotique, à condition que l’accompagnant.e ne tente ni de leur faire suivre un chemin prédéterminé dans la séance (protocoles et scripts) ni de les faire rentrer dans ses normes (« vous êtes une femme, donc… ») ni d’interpréter leur façon de procéder au coeur du rêve (laisser entrer l’araignée dans l’oreille = beurk! >< hébénon pas du tout c’est super elle nettoie), ni d’inventer des métaphores à leur place, ni de projeter leurs propres émotions ou solutions sur leurs situations… La position d’accompagnement ultrabasse est nécessaire (pour ma part, ça m’a conduite à développer le REAH).

    Le fonctionnement NA de façon générale reprend des caractéristiques comme « pensée en arborescence », « hypersensibilité »… (suivez les liens en bas de page pour en savoir plus). Cependant, il existe d’innombrables façons d’être atypique dans sa façon de percevoir et de ressentir le monde, de traiter les informations, de trouver des possibilités de fonctionnement social, de créer… Chaque NA est singulier.e.

    Un point commun est que les NA, confronté.e.s sans cesse aux normes de la société dominante, qui ne leur correspondent pas ou peu, connaissent bien le mouvement de comparer leurs représentations à ce qu’iels perçoivent de celles des autres, de chercher leur positionnement et leur moyen de communiquer (ce qui est appelé « habiletés sociales« ), de se sentir en décalage avec les codes, les règles, les habitudes et… d’inventer des solutions!

    Outre cela, les réactions des autres, la sensation d’être agressé par un environnement censé être « normal » (avec toutes ses lumières, ses sons, sa foule, ses règles illogiques, ses exclusions…) peuvent créer, en plus de la difficulté d’appréhension de la situation, un malaise, une angoisse, un sentiment d’injustice, d’insécurité, de désintérêt…

    Certain.e.s en souffrent et se barricadent, se sentant seul.e.s au monde, d’autres apprennent les normes sociales et s’y adaptent par des compensations (recherche de consensus, invisibilisation de la différence) et/ou s’organisent en affirmant leurs complexités par des associations. Notons aussi qu’une personne peut basculer de l’un à l’autre de ces possibles ou les combiner, selon les contextes. Bref, toujours pas de généralités.

    En ville et sur le web, des familles se forment. Ainsi, iels sont en nombre dans des champs comme le queer (qui réinvente les représentations de genres), le polyamour (qui réinvente les représentations de la relation amoureuse et même de la famille), le sexpositif (qui réinventent la façon de vivre la sexualité), les jeux de rôles (qui invente des mondes), les métiers de niche (ultraspécialité technique, recherche scientifique, recherche indépendante…), les arts contemporains (d’aujourd’hui donc, car l’historien.ne de l’art a déjà classé-étiqueté-normalisé les oeuvres précédentes), la programmation informatique, la création de réalités virtuelles…

    Pour résumer, je dirais donc que, premièrement, les neuroatypiques nagent comme des poissons (toustes différent.e.s) dans l’océan hypnotique, tant qu’iels sont accompagné.e.s en liberté, ce qui demande un positionnement sans mailles de filet et que, deuxièmement, nombre de personnes fréquentant des champs « hors normes » sont atypiques (!j’ai pas dit toustes, hein, vraiment bien loin de là!).

    Je termine cette partie par une conclusion personnelle: l’une des raisons principales pour lesquelles mes collègues m’adressent des accompagné.e.s est simple: je fais partie de la famille des poisson.ne.s libres créateurisses. J’accompagne donc bon nombre d’artistes, de zèbres, de licornes, de chercheurs indépendants, de thésard.e.s, de thérapeutes… et bien autres…  pour en savoir plus, relisez donc mon texte de bienvenue.

    A côté de cela, mon fonctionnement emmène tranquillement mes accompagné.e.s plus normés, neurotypiques, à la découverte de leur imaginaire, de leur créativité et de leur liberté… comme une stagiaire l’a si bien résumé dans la page des témoignages d’hypnos « Avec son sérieux et sa folie, Marie nous ouvre les portes du rêve qui permet d’avancer. »

    Voilà pour répondre aux questions (qui me sont) fréquemment posées.

    Après, on peut aller un peu plus loin… notamment dans la réflexion sur la richesse des différents fonctionnements et sur leurs revendications à exister tels qu’ils sont dans toute leur diversité, VERSUS la volonté de normalisation, c’est à dire que, pour être un sujet déclaré sain, normal, intégré, heureux… il faudrait correspondre à ce qui est édicté comme « normal » et que ce qui n’y correspondrait pas serait traité comme un trouble (psychiatrique, psychopathologique, médical, social…) qui provoque le rejet et/ou le traitement thérapeutique. Là aussi, les zèbres et les licornes ont des points communs!

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    Cet oiseau très rare est mi-mâle mi-femelle
    Ce phénomène est appelé le gynandromorphisme.

    Neuroatypique, Aspi, Zèbre…

    Les mots sont souvent confondus ou employés de travers. De nombreux sites et blogs permettent de s’en faire une idée claire. Voici mon résumé du résumé.

    Pour ma part, je me ressens comme neuroatypique, inscrite dans le large spectre des zèbres. Car – pour moi – la zébritude n’est pas binaire mais spectrale aussi. Il y a tant de singularités zébrées! Le truc étrange, c’est que l’on se reconnait souvent instinctivement vite entre zèbres, même de types très différents, sans pouvoir expliquer comment. Il y a donc – tout de même – des points communs ressentis comme évidents.

    Pour répondre à la sacrosainte question: non, je n’ai pas passé le test. Je n’en vois pas l’intérêt. Les traits sont présents, mais je subodore qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux et intenses chez moi pour que ce soit qualifiable de TSA sur le plan médical.

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    Chloe Finch, par Peter Hujar, 1981

    Neuroatypique

    Il n’y a pas de limitation en matière de droit à se revendiquer « neuroatypique ». L’exigence tacite est que la personne éprouve, dans la vie quotidienne, une sensation de distance avec l’ensemble de la société dite “neurotypique”, reliée à des particularités de nature cognitive, perceptive, sensorielle et / ou neurologique.

    Le terme s’est construit par opposition au terme « neurotypie » (norme dominante en ce qui concerne le fonctionnement neurologique) ou aux « neurotypiques » mot désignant toutes les personnes sans différence neurologique)

    Ces termes sont reliés à la lutte pour la neurodiversité, contre le fait de transformer un comportement humain viable en trouble mental, comme l’ont déjà été l’homosexualité, le genre non-binaire, et comme le subissent encore les autistes avec le TSA (troubles du spectre de l’autisme).

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    L’apparence fantasmagorique de ce mammifère pondant des œufs, à la mâchoire cornée ressemblant au bec d’un canard, à queue évoquant un castor, qui lui sert à la fois de gouvernail dans l’eau et de réserve de graisse, et à pattes de loutre a fortement surpris les premiers explorateurs qui l’ont découvert. En outre, c’est l’un des rares mammifères venimeux: le mâle porte sur les pattes postérieures un aiguillon qui peut libérer du venin capable de paralyser une jambe humaine ou même de tuer un chien.

    Syndrome d’Asperger: diagnostique médical d’un trouble du spectre de l’autisme  (TSA = troubles du spectre de l’autisme).

    • Notons qu’il y a débat sur l’appartenance des Asperger au spectre de l’autisme.
    • Certain.e.s rejettent aussi le classement TSA au nom de la lutte pour la neurodiversité (c’est un fonctionnement différent de la norme, pas une pathologie) et du désir de se débarrasser des étiquettes (qui enferment et reforment une nouvelle norme).
    • D’autres ont soulagé.e.s de mettre un nom sur leurs difficultés, d’échanger avec d’autres aspis, mais aussi de pouvoir partager cette explication officielle (diagnostique médical du syndrome d’Asperger) avec leur entourage. « La reconnaissance du syndrome peut être une étape libératrice qui permet à la personne Asperger de mieux se comprendre, de s’accepter et de pouvoir mettre clairement des limites aux attentes des autres, sans dévalorisation ni culpabilité. » (blog de Philosophine)
    • Les personnes autistes Asperger sont qualifiées d’autistes de haut niveau en opposition à l’autisme sévère (également nommé autisme de Kanner). Haut niveau et Haut Potentiel n’ont rien à voir. Les médias confondent souvent.
    • Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme définie cliniquement en 1981 par Lorna Wing, à partir de la « psychopathie autistique » décrite en 1944 par Hans Asperger. Ainsi distingué d’autres formes d’autisme, le syndrome d’Asperger intègre le DSM en 1994. Il est remplacé au cours des années 2010 par une approche plus évolutive: TSA.
    • Anna Pélut: « Syndrome d’Asperger (SA) T. Attwood et C. Gray (2010) ​proposent des critères diagnostics “positifs” du SA comparativement à la représentation sociale de l’autisme plutôt négative. Les personnes avec SA auraient des compétences cognitives élevées. Un second critère renvoie à l’utilisation d’un langage social (l’«Aspergerois»), caractérisé par une volonté de recherche de la vérité, et d’une conversation sincère sans motivation dissimulée. Ces auteurs ajoutent que leurs interactions sociales sont marquées par une grande loyauté, en raison d’un optimisme dans sa recherche de l’amitié véritable. Cet aspect relationnel et social tend à être problématique pour les personnes Asperger. Toutefois, selon Gena (2001), elles sont désireuses de créer des relations avec les autres, mais se retrouvent en difficulté une fois qu’il est question d’aborder une personne ou de maintenir une conversation avec elle. »
    • Aujourd’hui, en France, le diagnostic de TSA est établi par un docteur en médecine pour une reconnaissance de la MDPH (pour Maison Départementale des Personnes Handicapées).
    • Les diasgnostiques reconnus par la MDMH permettent de commencer des démarches pour recevoir des aides de l’état. La reconnaissance de « travailleur·se handicapé·e » est quasi automatique, dès lors que le dossier MDPH est dûment rempli par un médecin. Cependant, obtenir des aides de l’état (AAH, PCH, etc) est bien plus difficile, surtout pour les personnes autistes. En effet, l’autisme est trop peu / très mal connu des services de la MDPH, si bien que les répercussions du TSA dans la vie courante ne sont pas ou très difficilement reconnues. Ainsi l’ouverture de droits à l’AAH pour les personnes autistes, surtout pour les autistes type Asperger, est un parcours du combattant menant à des recours de décision au tribunal.
    • Voici un dossier en ligne: Troubles du spectre de l’autisme par la CNSA (caisse nationale de solidarité pour l’autonomie)
    • L’ADOS (Autistim Diagnostic Observation Schedule), créé par Catherine Lord en 1989 aux Etats-Unis, permet l’évaluation de la communication, de l’interaction sociale et du jeu ou de l’utilisation imaginative d’un matériel dans le cadre d’un dépistage de l’autisme. Ce test est dans la plupart des cas utilisé pour confirmer un diagnostic d’autisme, pour évaluer aussi l’impact du TSA dans la vie courante. Les résultats de ce test permettront aussi d’étayer le dossier auprès de la MDPH.
    • Le test de QI utilisé pour les grand ados & les adultes est le WAIS (pour Wechsler Adult Intelligence Scale). Notons que ce test est remis en question à bien des égards.
    • Selon les résultats de QI, les tests permettent d’intégrer MENSA, une association de personnes surdouées.
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    Cocon de papillon de nuit sur ma porte de yourte, Lozère, aout 2019.

    Zèbre

    Le « drôle de zèbre » est l’un des seuls animaux sauvages que l’homme n’a pu domestiquer. Son pelage rayé joue avec les ombres et la lumière.

    Le Zèbre est le nom usuel du HPI.

    Il y a aussi des THPI et des TTHPI, des TTTHPI… (T = très).

    Attention, il y a des personnes au QI élevé et neuroatypiques (Zèbres), des personnes à QI dans la norme et neuroatypiques, des personnes au QI élevé neurotypiques et des personnes au QI dans la norme neurotypiques!

    Le zèbre peut s’autoproclamer (en se reconnaissant à travers des lectures, par exemple, c’est souvent un début!), ou être désigné comme tel par des pairs, ou être validé par des batteries de tests. Ou  les deux ou les trois!

    Le zèbre (neuroatypique HPI) est doté de « surefficience mentale », de « douance ». Cela signifie  qu’iel fonctionne avec des capacités naturelles, un mode de pensée, une structure de raisonnement différents. C’est en cela qu’iel est appelé « un.e surdoué.e ».

    L’intelligence du zèbre et sa façon de penser le monde sont donc atypiques. C’est cette particularité qui rend, dans certains cas, difficile son adaptation scolaire mais aussi son adaptation sociale. L’expression de « surefficience mentale »,  illustre bien l’existence d’un potentiel, qui peut parfois se révéler encombrant et qui n’est pas nécessairement source d’efficacité relationnelle ni de bien-être existentiel.

    Rappelons encore que, quel que soit sont QI, chaque NA est singulier.e. Pas de généralisations ici non plus.

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    Zèbre à pois blancs Image: Frank Liu

    Pour en savoir plus sur la neurodiversité

    En plus des sites d’encyclopédies et d’associations, beaucoup d’NA écrivent des blogs.

    Vous pouvez déjà consulter des sites comme Neurodiversité.com, Atypique.orgDouance, MENSA, L’antre de la Chouette (70 articles de qualité), Zatypie, UnfilsAsperger, Tribulations d’une aspergirl, Rayures et stratures, Cahiers d’un zèbre, Philosophine, 52 semaines avec une personne asperger, page FB Zèbres info, Royaume Asperger, Autiste ovh, mais aussi des articles et videos comme « les ambiguïtés de la neurodiversité » sur m/s, intelligence hors norme sur Slate, La neurodiversité et sa relation aux neurosciences sur Inserm, des podcasts de la Chouette sur Soundcloud, des conférences sur les HPI sur la chaine Youtube de Mensa France…

    Des livres : Le Syndrome d’asperger (Tony Attwood), Différence invisible (Julie Dachez), Tribulations d’une aspergirl (Alexandra Reynaud), …

    En ce qui concerne les licornes…

    Pour éviter les amalgames, un mot sur les licornes!

    (j’aurais pu le faire aussi sur les artistes, mais pas mal de pages leur sont déjà consacrées sur ce blog).

    NA & Queer ont souvent bien des convergences (mais pas toujours, j’aurai assez insisté je crois ^^).

    Certaines licornes sont aussi des zèbres. Et d’autres sont neurotypiques.

    Par exemple, vivre une transition, c’est remettre en question la norme dominante genrée, donc être « atypique en terme de genre ». Mais ce n’est pas – nécessairement – relié à la neuroatypie.

    Pour plonger dans l’univers des licornes, voyez les nombreux liens en bas de ma page de présentation queer. Et si vous êtes hypnologue ou sophrologue ou praticien.ne PNL, je vous invite sur le groupe FB « Les représentations de genres dans le champ hypnotique« , où l’on partage des liens, des questionnements et des réflexions autour de la question des genres dans nos pratiques. Désolée, il est réservé aux accompagnant.e.s, je filtre à l’entrée.

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    Pandora Boxx

    Bienvenue

    Et on termine par le début: Licornes, zèbres, loutres, fées, nonnes, none… bienvenue!

    Des réactions? D’autres liens à ajouter?

    Ecrivez moi sur mon email lisellesil@gmail.com

    Sourire

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    Image: Gilles Berquet
  • Ateliers hypnotiques pour la création (3h, champ des arts contemporains)

    En échangeant avec plusieurs accompagné.e.s artistes ravi.e.s d’explorer leurs champs de recherche en séance individuelle, ainsi qu’avec le public lors des présentations de mes propres créations, l’idée a germé de proposer des ateliers d’exploration artistiques de groupe.

    Danse, performance, cirque, arts visuels, arts sonores, littérature, cinéma… ouvrent le champ de leurs possibles grâce à l’auto-hypnose, à l’hypnose, au REAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose) et autres outils

    Après, il ne reste qu’à tisser ensemble les modalités…

    Bruxelles, Paris et ailleurs, vous êtes minimum 10 et/ou vous avez une salle? Construisons ce partage ensemble.

    MODALITES

    Prérequis

    Pour la cohérence du groupe, une pratique artistique professionnelle est un prérequis.

    En revanche, aucune expérience hypnotique n’est demandée.

    Minimum 18 ans.

    Pas d’antécédents psychopathologique (voir les contre-indications de l’hypnose)

     

    Nombre de participant.e.s

    Minimum 10 et maximum 30, selon la salle.

     

    Durée

    Minimum 3h – maximum 2X3h (+ débrief) sur une journée – plusieurs journées d’affilée possibles.

    Donc cela va de 3h/ mois, à un stage de 3 jours de 2X3h en passant par une journée… discutons-en.

    3h = 1 thématique à explorer

     

    Prix

    15 euros par personne pour 3h à Bruxelles (10 personnes minimum).

    Paris et ailleurs, ça dépend si la salle est mise à dispo ou hors de prix…

    Pour les journées et stages, voyons ensemble.

     

    Salle

    Studio de danse ou de yoga.

    Ou salle avec de l’espace pour bouger (y compris au sol)

    En belle saison, j’aime aussi travailler dehors.

     

    Quelques thématiques parmi d’autres

    • jouer avec la synesthésie (son > sensation et mouvement, par exemple)
    • augmenter et transformer la sensorialité (synesthésie mais pas seulement…), avec soi et avec l’autre
    • explorer la concentration-expansion dans différentes parties de l’espace interne-externe
    • ressentir (plurisensorialité) les axes, vertical, horizontal, autres?
    • rendre les limites entre soi, l’autre et le monde poreuses et/ou mouvantes
    • devenir une poule
    • entrer dans une case de BD, en sortir, chercher une autre case…
    • parcourir le monde d’un début de scénario de cinéma
    • laisser une partie du corps ou un.e dividu.e écrire, dessiner, chanter… sans que « la partie qui dit je » intervienne
    • chanter pour l’oreille (l’organe étant alors représenté en tant qu’auditrice et territoire d’exploration)
    • jouer avec ses dividus incorporés (exemple: partie droite du corps: la liberté / partie gauche sécurité ou droite la baleine et gauche la puce ou droite le fimalent et gauche le torrent…)
    • parcourir l’univers caché derrière un tableau, une photo (« porte »)
    • devenir la prolongation d’un objet (et vice-et-versa)
    • danser le doré, l’arbre, l’intersection, la pomme, la constellation, la rate
    • ressentir les territoires (à moi, à nous, à toi, à vous, à eux-elles… mais aussi à certaines parties de moi et de toi, etc)
    • rencontrer sa puissance créative (REAH)
    • cartographier et explorer le territoire du lien, de l’attachement, du délitement, de  l’abandon, du détachement, de la rupture…
    • transférer ses dividus dans des objets et les faire interagir entre eux pour explorer les sensations, émotions, impressions, conceptions du monde
    • … (ma mémoire flanche)

     

    Thématiques au sein de votre projet (solo, compagnie, école d’art…)

    Si vous désirez un atelier sur mesure au coeur de votre projet, c’est envisageable également. Voyez la page, Pour la création, Accompagnement de votre projet sur plateau et workshop en école supérieure d’art.

    Outre l’univers de la création artistique (accompagnement & collaboration, co-création), je suis immergée dans l’univers de la communication animale et végétale (éthologie, médiation animale, Sorqueer), ainsi que dans l’univers queer, dans le rituel et dans le bodywork hypnotique (massage et hypnose, par exemple). Ateliers et stages possibles là aussi.

    Ecrivez moi à lisellesil@gmail.com pour un atelier ou un stage à Paris, Bruxelles et ailleurs!

    Sourire,

    Marie

     

     

  • 8 février, concert hypnotique de Jérôme Poret et Marie Lisel, Théâtre Berthelot, Biennale Nemo

    Les recoins
    Février 2020: Production/ la Biennale des arts numérique Némo / Coproduction / du label phonographique Labelle69/ Avec le soutien du Centre d’art contemporain de la Maréchalerie et du Phonomuseum de Paris.
    Cette expérience artistique immersive s’est déroulée le samedi 8 février 2020, 14h30-16h30, Théâtre Berthelot, dans le cadre de la biennale d’arts numériques NEMO.

    Une proposition ouverte à un public participatif pour une aventure hypnotique et collective d’un REAH (Rêve Eveillé Augmenté par l’hypnose) sous la conduite de l’artiste hypnologue Marie Lisel et la composition lumière et musicale de Jérôme Poret. Annonce sur Sonore Visuel

    Cette proposition peut se renouveler sur invitation.

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    Témoignages des participant.e.s

    I experienced a wonderful performance by Jérôme Poret, a future guest artist of Mayeur Projects Residency and Marie Lisel artist and hypnologist. We spent more than one hour in a collective hypnosis experience in Berthelot Theater in Montreuil, thanks to Marie’s texts and voice and Jérôme’s music. We opened large valleys and tiny houses inside of our minds and bodies. Hypnosis brought me to a flowered valley like the valleys you can follow near Mora, in our beloved Northern New Mexico. After that, my intimate journey made me meet a big wall of a grey massive building as you can find them in Berlin. I went inside and walked through large rooms with some dark corners, but no fear. It was more silent and intimate than scary. Suddenly I felt a big rock cliff moving to me and hurting me. It was the result of a sudden change. Marie’s low voice had been replaced by loud recordings of Jerome’s students telling the story of their dreams under hypnosis. One had become an elk refusing to enter a little house (his Self), another one had travelled in his mouth, squeezing between his teeth, then climbing into his nose… Fantastic experience. Thank you Jerome and Marie. (Mayeur Projects)

    ***

    “L’allée est étoilée, dans les étoiles, éclairée en son centre…

    le bleu dense de l’univers tout autour, aérien, infini.

    L’allée mène à une villa romaine baroque, empesée d’ornements.

    Aucun angle

    Les pièces sont des grottes, des couronnes retournées

    Entre or et indigo

     

    Dans le boudoir

    Les corps de marbre-cire du Bernin, entrelacés.

     

    L’architecture est un archétype

     

    Au cœur de ma maison charnelle, profonde vérité”

    ***

    Merci pour ce voyage en profondeur poétique, cette ouverture intérieure. Bienvenue en soi, en son habitation. Ouverture aux immenses chemins d’un pays infini. Bravo à vous deux!

    ***

    Quand il était question de chemin, j’ai imaginé une foret. Puis quand vous avez évoqué un édifice, j’ai tout de suite vu une grande maison entourée de forêt. Une grande demeure blanche de maître avec quelques marches pour rentrer. je me suis rendu compte que j’étais nue en rentrant. Le sol était en carrelages noirs et blancs, à damiers. il y avait un grand escalier. Et sur les murs des tapisseries anciennes et sombres.

    J’ai vu un orifice anatomique, de chair, mais à une très grande échelle de la taille d’une porte. je suis entrée dedans, ça tournait en rond comme un manège (une roue tournante). Je ne pouvais plus en sortir, alors je me suis laissée aller dans le conduit. C’était comme un intestin, un long tuyau de chair serpentant. Ca a duré longtemps.

    Je voyais des portes sur les côtés, le long des parois mais je n’avais pas le temps de les ouvrir.

    Au bout du tunnel, les parois étaient recouvertes de piquants. Ils m’ont blessée. cela ne me faisait pas mal. Je suis arrivée dans une pièce sombre. j’étais en sang.

    D’autres personnes nues étaient là, dans une sorte de creux d’arbre. Les contours ressemblaient à ceux d’une grotte mais de couler et de texture d’écorce.

    je suis entrée dans une armoire en bois, le seul meuble de l’espace. je sentais son odeur de vernis et mes doigts touchaient  la surface lisse du bois. J’ai vu une ouverture en haut de l’armoire. Je suis montée. Au dessus, il y avait une échelle. Mon corps volait à côté de l’échelle, je montais sans me tenir aux barreaux.

    A ce moment, vous avez parlé de sortir du recoin alors que j’en étais déjà sortie. Alors j’ai essayé de redescendre dans l’armoire. Puis quand vous avez parlé de voler je n’y arrivais plus.

    Je me suis éveillée. J’étais complètement éveillée quand les étudiants racontaient leurs visions.

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    Petit voyage où tout est laissé de côté pour passer un moment en totale déconnexion. C’est assez étrange. Quelque chose d’utile dans ce monde de brutes.

    ***

    Merci ! C’était une très belle expérience..et qui a bien fonctionné pour moi !

    ***

    Quel beau voyage, fabuleux et surprenant. Pensées conduites par les voix et les sons. Parfois déviées par des rêves annexes et des sensations corporelles. Quelle est la limite avant l’endormissement?

    ***

    J’ai assisté à votre performance avec Jérôme Poret samedi au théâtre Berthelot et elle m’a énormément marquée. Je voudrais vous remercier de tout coeur pour cette expérience magnifique.

    ***

    Je suis la maison corps. voyage intérieur, organique, dans des tons grisés, noirs. Les tissus sont durs au toucher. Le corps devient architecture. Je ne sais pas exactement le rapport aux sons. a un moment donné, je suis sortie de la maison et je pouvais la voir de très haut, petite comme une mue abandonnée. je voyageais très vite, dans le cosmos.

    ***

    L’allée était un couloir. C’était tout droit et finalement, il y avait d’autres chemins. des portes ouvertes partout sur des couloirs. Je tombais dans chacun d’entre eux. Il y avait une gravité changeante. Je ne savais pas ce qui était sol ou plafond. je cherchais ce qui était appelé « façade ».

    Finalement, c’était moi la façade. J’étais immense et inerte. Pleine de fenêtres. je tombais dans ma gorge, un tunnel violet sans fond, mou, étroit. je tombais ou j’étais aspire, aucune idée. Pendant longtemps. jusqu’à me retrouver sur mon siège pour écouter les récits des étudiants.

    ***

    Merci pour ce beau voyage!

    Tout d’abord, l’allée s’est matérialisée par un splendide chêne qui découvrait une allée dorée, enluminée, bordée de bambous nimbés d’un halo de lumière jaune, flottant entredeux mondes.

    Je m’attends à voir une facade de maison en bois. Quelle n’est pas ma surprise! L’allée deveint un tunnel de vitraux qui débouche sur une façade gigantesque, e cristal qui scintille tout en me révélant la pureté de sa vibration.

    Le porche n’en est pas un. ce n’est pas une entrée classique. je ne coprends pas ce que je vois, comme des alvéoles, des pièces, des colonnes qui changent de luminosité sans arrêt. je m’avance jusqu’à un fauteuil trône. Je m’y asseois et je ressens toute ma puissance intérieure. C’est mon palais. Il n’y a pas de toit. Je flotte dans l’espace, connectée par des fils énergétiques à la terre, les planètes, l’univers, les autres…

    Tout à coup, je comprends, je suis le commandant de mon vaisseau. mon palais intérieur est un vaisseau qui me permet de ressentir toute ma puissance intérieure. Mille merci pour ce très beau voyage!

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    J’ai vécu un moment d’une rare intensité. C’était une première pour moi et je peux dire que ma curiosité a été satisfaite.

    Durant ce temps, je me trouvais dans la cour intérieure d’un chateau. Seul. Je levai les yeux et vis un couloir. Dans ce couloir, je ressentis un décalage par rapport à l’extérieur. Il semblait infini à l’intérieur alors que j’arrivais à en voir les deux extrémités à l’intérieur.

    J’ignore ce que cela signifie. En tout cas, j’en ressors parfaitement relaxé. Un grand merci!

    ***

    J’ai survolé la mer, je suis devenue un chouca. ce fut un merveilleux voyage. un grand merci!

    ***

    Le noir. Un oeuf. des fils. l’arborescence des branches. L’épaisseur de la vapeur blanche. Et le saut. un flot d’étoiles. la paix. l’orgasme. un voyage.

    ***

    Beau voyage. Je suis entré lentement dans un état second.

    ***

    Se mettre en vision. Prolonger la vallée des songes. L’ensemencer et l’enrichir. Et se laisser envelopper par elle.

    Le couloir communique avec de nombreux mondes, ouvrant sur la façade noble.

    La crypte est blanche et anguleuse.

    Le recoin se joint au sol et aux arches. Il me défracte et me laisse pantois, flottant dans des sons qui faisaient mots.

    L’accepte l’aphasie, la perte et le flot.

    Puisqu’il est sûr que magies et merveilles tissent la trame des mondes!

    ***

    Expérience intéressante.

    Mais l’enfermement dans ma maison ne m’a pas plu du tout! Encore moins dans le coin et le pli. La blatte m’est alors apparue, le « cafard », dans tous les sens du terme!

    J’ai adoré la musique et le troisième oeil. Les bruits qui m’évoquaient la liberté.

    ***

    Merci pour cette expérience collective, il me semble que c’était un bon moyen de s’initier à la découverte des états de conscience modifiés. je ne crois pas avoir été hypnotisé mais je serais curieux de renouveler l’expérience dans un cadre plus préparé.

    ***

    Je suis navré de vous dire que votre performance m’a surtout permis de faire une des meilleures siestes de ma vie. Elle avait sans doute plus de potentiel mais dans mon sommeil, un tiers éveillé, j’ai eu le temps d’apprécier votre set-up et les récits.

    ***

    J’ai bien aimé ce moment très relaxant, surtout la première partie où j’étais dans un état méditatif. Mais je ne m’attendais pas à être dans un état encore plus « modifié ».

    ***

    Expérience douce et riche. Si dans un premier temps j’ai gardé un état de veille développant un vif imaginaire, je me suis à l’entrée des voix off, plongé dans un vrai sommeil. Merci vivement pour ce moment.

    ***

    Navré, mais je me suis reposé. Je n’ai pas réussi à voyager.

    ***

    C’était super. Un très beau moment bien accompagné. je ne m’attendais pas à voir des images aussi précises! Merci.

    ***

    Une expérience formidable à point nommé. Méditation. Sérénité. recharge d’énergie comme après 8h de sommeil profond. Restructurée. Regénérée.

    ***

    J’ai fini par ressentir une forte hallucination: j’ai vu un dragon me raconter des concepts éloignés et incohérents, avec une intention de lourdeur, comme si elle me racontait un traumatisme.

    ***

    Sommeil profond et calme. Maison familière avec inquiétude jusqu’au coin. puis noir complet. Réveil par les voix des étudiants. trou temporel, spacial. Quand Marie est-elle partie? lanterne magique.

    ***

    Merci pour ce beau voyage. J’étais dans un lieu secret, mon antre baobab sous la terre, avec ses racines. Souvenir de l’allée de bougies du 31 décembre, au sortir de la hutte de sudation. Une courbe dans la demi-foret par temps glacial.

    Le coin m’a amenée à la chouette, au musée de la chasse et de la nature.

    Expansion, condensation et repos profond.

    ***

    Une tente, en Iran, avec son sable chaud et ses tissus colorés.

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  • Stage: « L’autohypnose pour développer la conscience de soi et le mieux-être », Saint-Germain de Calberte (Cévennes), 4-5 mai 2019

    Apprendre l’autohypnose

    Ce stage vous permet de construire pas à pas vos propres techniques d’autohypnose (à poursuivre chez vous dans les mois à venir), en alternant des moments d’explication des notions de base, des exercices courts d’apprentissage technique, des exercices longs (exploration et modelage) guidés, des exercices d’intégration en solitaire et des moments de partage sur des questions de mise en place.

    Lors de ces deux journées, vous abordez différents outils de façon à ce que chacun.e se connecte en profondeur avec soi, à sa manière, tout en suivant un fil commun utilisant l’hypnose éricksonienne. Les exercices et constructions des outils se font à partir des mêmes matériaux, mais singularisés et autour d’objectifs individuels différents.

    Marie Lisel (Maitre praticienne en hypnose éricksonienne, Arche), vous accompagne pas à pas dans la construction de vos outils adaptés à vos besoins et ajustés à vos processus intérieurs.

    Grâce à l’autohypnose, il est possible d’élargir le champ de sa liberté!

    Dreaming about freedom (Rêver de liberté) © Mahmoud al-Kurd.
    Dreaming about freedom, © Mahmoud al-Kurd.

    Les notions abordées (théorie et exercices)

    Mettre à jour les croyances, valeurs, représentations… et dogmes: notre façon de penser le monde influence nos émotions, nos réactions, notre posture, nos connexions aux autres… choisir de garder, de transformer ou d’abandonner une croyance limitante et de préciser une croyance aidante peut changer la vie. D’autre part, mettre le cap sur des activités et des relations en accord avec nos valeurs les plus profondes équilibre et allège. Une première étape est de sortir de la prison du dogme et de la vérité personnelle pour laisser émerger d’autres voies. A lire: Réaliser son film sous hypnose

    Penser en positif: si je vous dis « ne pensez surtout pas à un poisson orange », « n’imaginez en aucune façon que des poux pourraient avoir rejoint votre crâne », « ce n’est pas encore le moment de laisser la respiration devenir plus profonde, jusqu’au bâillement »… la suggestion passe sans la négation n’est-ce pas? Voilà pourquoi nous travaillons en exercices sur le fait de positiver!

    Accueillir ce qui nous constitue et ce qui nous traverse (pensées, émotions, sensations, compulsions, répulsions…), observer, laisser s’exprimer, apprivoiser (plutôt que de rejeter, combattre, chercher à anéantir… ce qui déplace les problèmes), laisser faire… A lire: Etablir une communication confortable avec son symptôme

    Modifier son état de conscience (et le piloter). Chacun.e fait l’expérience d’états modifiés de conscience, en étant immergé.e dans un livre, en contemplant une oeuvre d’art ou un paysage, en respirant l’odeur d’un être aimé, en dansant longuement, en relisant un texto émotionnellement fort… C’est un peu comme se plonger dans une bulle, en-dehors du monde extérieur. Apprendre l’auto-hypnose, c’est apprendre à utiliser les états de conscience pour se libérer, se ressourcer, se booster, se concentrer… bref, pour créer sa vie et son monde (nous ne disserterons pas sur la création artistique cette fois). A lire: L’état naturel ou induit d’hypnose

    Comprendre les processus intérieurs en profondeur (par le corps, les sensations, impressions, différents sens) et les faire évoluer selon le cap que le « je » désire mettre en place.

    Mettre en place les conditions optimums et le cap idéal (réaliste, positif, clair). A lire: Créer l’état idéal

    Différencier les instances: ce qui veux en moi / ce sur quoi porte mon attention / ce qui agit en moi. Ex: « je veux que ça s’arrête, ce truc qui me pousse à… » ou « Quand ça me prend, je me sens si légère et si confiante, c’est comme si… ».

    Jouer avec ce qui dit « je » (toujours en partie conscient, commente, prend des décisions, actif), déplacer le point d’assemblage, clarifier, intégrer.

    Développer la position Meta pour prendre de la hauteur sur une situation.

    Découvrir les représentations de différentes facettes en soi, accueillir ces représentations symboliques intérieures, leur permettre de délivrer leurs besoins et de trouver leurs place dans l’ensemble (discussions, arrangements, constructions entre parties). A lire: Mon autre, mes autres et Faire la paix avec soi

    Mettre en mouvement, en transformation, en plasticité ce qui peut l’être à chaque ici et maintenant, à son rythme et en douceur. A lire: Créer sa vie

    Récupérer des ressources des expériences passées. A lire:  Rechercher des ressources et lâcher du leste

    Dénouer, délester, dissoudre, détendre, nettoyer ce qui encombre, alourdit, ne circule pas…

    Créer un lieu de ressourcement (safe place) et des processus qui réénergisent.

    Jouer avec des objets transitionnels naturels et avec les rituels en autohypnose. A lire: L’imaginal de Ma Soeur

    Tester différents types d’hypnose et autohypnose pour construire l’outil qui vous convient le mieux: directive (ordre à un automate), sujet passif / permissive (ma voix accompagne, c’est vous qui pilotez, sujet actif) / …

    Synthétiser, améliorer, clarifier vos séquences d’autohypnose ajustées par vous et sur vous pour les ancrer (leur donner des portes d’entrée faciles) et les réutiliser chez vous après le stage.

    Mettre en place un programme d’entrainement 😉

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    En pratique

    Dates: samedi 4 et dimanche 5 mai 2019 

    Lieu: Saint-Germain de Calberte, cévennes, département de Lozère

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    L’espace mis à disposition est magnifique, en pleine nature, donnant sur la vallée, c’est un endroit des plus ressourçants!

    Organisation: Graines d’humanité

    Voir ce stage sur le site de Graines d’humanité

    Voir Saint-Germain de Calberte sur Destination Cévennes

    Saint-Germain-de-Calberte, une terre d’accueil en plein cœur des Cévennes. Du Moyen Age à la Seconde guerre mondiale, ce village témoigne de l’histoire d’une vallée cévenole. Entouré de paysages façonnés par les habitants au fil des siècles, le hameau des Calquières en constitue l’un des sites les plus remarquables. Au centre du village, un monument rend hommage aux Cévenols et à tout peuple qui vit en harmonie avec la nature.

     

     

    Horaire approximatif: samedi 10-13h, 14-18h, 20-21h /// dimanche 9-13h, 14-17h

    Coût: Entre 95 euros et 195 euros pour deux jours, selon vos moyens, en pleine conscience (envoyez-nous un email ou appelez Christine, pour en discuter)

    + adhésion à Graines : prix en conscience et obligatoire

    Hébergement: 25€ la nuitée en chambre ou 12 euros en dortoir au grenier et 5 euros d’adhésion à l’association « Graine d’humanité » qui nous accueille (suivre le lien sur « Hébergement » pour voir le lieu).

    Repas: cuisine équipée tout confort. Repas partagés (en auberge espagnole) ou non, selon les désirs de chacun.e. Merci de ne pas apporter de viande ni poisson.

    S’inscrire: Christine Beau: contact@grainesdhumanite.org

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    Bienvenue à tou.te.s

    Se renseigner:

    Adresse mail: lisellesil@gmail.com

    Tel: 07 82 56 52 06

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    Photo: Gilles Berquet
  • Pour un accompagnement créatif

    Libérer la créativité par la modélisation?

    La créativité de l’accompagnant.e dans ses outils et dans le rapport avec l’accompagné.e participe pleinement au travail, à condition de rester entièrement centré.e sur l’autre, ses besoins, ressentis, représentations… et non de créer un spectacle auto-centré. 

    L’hypnose et le rêve éveillé libèrent la créativité de l’accompagné.e pour lui permettre de transformer et de réorganiser ses représentations et processus de façon inédite.

    Or, bien des accompagnant.e.s travaillent en modifiant à peine des protocoles (un protocole est un travail rédigé ou pensé en étapes, imaginé par des thérapeutes ou des écoles), tout en copiant le ton, le regard, les tics de langages de leurs modèles. Et ça fonctionne déjà – en partie – (c’est le côté magique de l’hypnose!).

    En dehors de cette technique verbale basée sur des modèles plus ou moins bien imités, qu’en est-il de la modélisation de la créativité? Autrement dit, comment proposer un élan vers l’inventivité, quand on se cantonne soi-même à travailler de façon scolaire?

    Pour libérer et amplifier la créativité de la personne que l’on reçoit ne faudrait-il pas en avoir au moins un échantillon dans son cabinet?

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    La base: l’hypnose post-éricksonienne et le rêve éveillé

    L’hypnose post-éricksonienne et le REAH font partie des méthodes qui permettent de transformer la subjectivité en passant par un état modifié de conscience, de mettre en mouvement les représentations intérieures, de transformer la façon de s’envisager soi, avec les autres, dans le monde… ils prônent la transformation du sujet, l’invention des possibles, l’utilisation inouïe des ressources et des solutions internes.

    La boite à outil des hypnos et accompagnants de rêve éveillé est vaste. De nombreux chercheurs – théoriciens et de terrains – ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances.

    Mais comment rendre la pratique en cabinet (ou en forêt! en atelier!) plus créative tout en respectant le monde de l’accompagné.e?

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    Martin Hill

     

    Créativité par la contributions d’autres champs

    aux séances d’hypnose éricksonienne et de rêve éveillé

    J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».

    Les arts contemporains (je suis moins immergée dans les arts anciens) sont très proches du travail hypnotique. Ils sont dès lors les premiers à enrichir ma palette créative. D’emblée j’ajoute à cela le monde queer (comment s’inventer?), les rituels et la connexion animale. Et d’autres, tours à tours, s’ajoutent à la liste.

    Finalement, de nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance et permettent à la créativité de s’épanouir naturellement. Pour être créatif.ve,  il suffit de travailler avec ce que l’on est et d’enrichir ce que l’on est quotidiennement. 

    A chaque accompagnant.e ses domaines! La liste est loin d’être exhaustive…

    • Littérature
    • Voix, chant, sons
    • Espace transitionnel
    • Prescription de tâche à la façon des thérapies brèves et aussi à la façon psycho-magique
    • Néo-chamanisme
    • Energétique
    • Danse
    • Yoga, méditation
    • Art contemporain
    • Médiation animale
    • Rêve éveillé dirigé et rêve lucide
    • Cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans)
    • Tantra
    • Anthropologie, sociologie
    • Sciences
    • Explorations sensorielles (comme la synesthésie)
    • Psychanalyse
    • Réalités virtuelles
    • Univers queer
    • Méthodes pédagogiques
    • Linguistique
    • PNL…

    Ces champs d’investigation s’intègrent à la pratique hypnotique de façon diverse et variée, pour créer des leviers de créativité dans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern, créer sa vie? »)

    • L’allusion métaphorique spécifique recadre
    • Le travail avec les objets transitionnels approfondit et autonomise
    • L’intervention des chevaux révèle
    • Les prescriptions de tâches prolongent
    • La voix (chant-cri-râle) induit, emmène, trace un fil
    • Les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail par le corps.
    • L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits.
    • Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur.

    La créativité grâce à d’autres champs augmente aussi la pratique de l’accompagnant.e. 

    • Donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement
    • Privilégie la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e
    • Augmente sa motivation par l’intégration de la matière hypnotique dans le quotidien (du jeu, du sens, des liens!)
    • Invite, par l’exemple créatif, l’accompagné.e à inventer ses propres outils d’émancipation.
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    Lygia Clark, Arquitetura fantástica bichos (Fantastic architecture critters), 1963. Gelatin silver print, 4 1/8 x 5 13/16 in. The Museum of Modern Art Archives, New York

     

    Utiliser sa créativité au service de la transformation de la personne que l’on accompagne est quasiment un outil en soi.

    Il demande de l’entrainement (nourrir ses rebonds), une mise en place des processus et territoires par l’hypnose et le rêve (utiliser ses propres outils sur soi et en jouer), de la confiance en l’autre (qui va trouver en iel ses solutions) et surtout un positionnement propre et bien ancré.

    Voilà un joli programme, que je commence tout juste à transmettre en formation!

    🙂

    © Marie Lisel

  • Intervention hypnotique à « Question queer », 15 décembre 2018

    Exploration queer sous hypnose

    L’atelier « Questions Queer » d’EFiGiES,  en décembre m’accueille pour une présentation intitulée : « Exploration queer sous hypnose ». Maison des Initiatives Étudiantes (MIE), 15/12/18.

    Descriptif: « L’hypnose et le rêve éveillé augmenté par l’hypnose emmènent l’accompagné.e à l’intérieur d’iel-même, de ses processus internes, de ses automatismes, du monde complexe qui constitue son identité, en partie consciente et en partie immergée. L’intervention de Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice) présente ces outils et leurs applications à l’exploration des genres.
    Elle sera suivie dans les mois suivants d’un atelier pratique. »

    L’atelier aura lieu le samedi 15 décembre 2018, de 15h à 17h, au Labo 6, 76 bis rue de Rennes, 75006 Paris, salle Stockolm et Copenhague. Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/299230377362067/

    Pour rappel :

    Cet atelier vise à ouvrir un espace à des chercheur·e·s et militant·e·s pour présenter leurs recherches/travaux s’inscrivant dans une perspective queer et/ou féministe.

    Cet atelier est transdisciplinaire. L’accent sera mis sur les sciences humaines et notamment l’histoire de l’art, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, les lettres, etc.

    Il s’inscrit également dans une perspective transpériodique.

    La priorité sera d’ouvrir un espace de dialogue autour du sujet proposé.

    Cet atelier s’adresse à des personnes militant·e·s, masterant·e·s, (post)-doctorant·e·s, docteur·e·s, chercheur·e·s sans statuts. Les personnes en poste (MCF/professeur·e·s, etc.) sont les bienvenu·e·s sous couvert de bienveillance. Il leur est demandé notamment de prêter attention aux questions de dominations induites par ce statut.

    Les comportements cisnormatifs masculins oppressifs ne seront pas tolérés dans le cadre de cet atelier (notamment sur des questions de prise d’espace).

    Cet atelier vise à construire un cadre safe pour échanger avec bienveillance. Ainsi, tout propos/sous-entendu/comportements oppressifs (raciste, sexiste, homophobe, lesbophobe, bi/panphobes, ace/arophobes, transphobe, validiste, psychophobe, classiste, intersexophobe, body shaming, islamophobe, pro-culture du viol, putophobe, etc.) ne sera pas toléré.

    On veillera aussi à une distribution équitable de la parole.

    Le langage inclusif est fortement encouragé.

    Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter les personnes coordinatrices

    => questionsqueer@gmail.com

    => Evénement Facebook

    A lire aussi

    A lire aussi, ma présentation d’ateliers queer  et mon rapport aux Licornes

  • Intervention « La transe hypnotique : pratiques et questions de recherche », lors de l’atelier « Etats-limites de l’humain » du jeudi 18 octobre 2018, pour l’IHEST, l’Institut des Hautes Etudes pour la science et la technologie (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)

    Conférences, exposés, interventions théoriques ou théorico-pratiques (je n’ai pas encore tenté la conférence gesticulée)… complètent les workshops/ateliers.

    J’aime parler en public et transmettre ce qui me passionne. Cela n’est pas nouveau, j’ai en effet été enseignante durant pas mal d’années (pour des ados de 16-19 ans), ainsi que personne ressource pour le service pédagogique d’une université ou encore membre du bureau d’associations organisant des événements  en art contemporain et en arts sonores.

    Les exposés que je présente sont réalisés sur mesure, pour répondre à un contexte et à un public particulier.

    Quelques thématiques:

    • La transe hypnotique: pratiques et questions de recherche
    • Les hypnoses d’hier et d’aujourd’hui, un peu d’histoire et de sociologie
    • Des pratiques hypnotiques entre magie et science
    • La sorcière contemporaine et l’hypnotiseuse: quelles représentations, quels enjeux?
    • Comment utiliser les croyances tout en restant sceptique?
    • L’imaginal: tout un monde, entre monde sensible et monde intelligible
    • Créer sa vie par l’hypnose: comment se réinventer?
    • Augmenter le champ de la création par l’hypnose: quelques axes
    • Hypnose & queer: vers la création de soi
    • Hypnose & art: vers la création d’oeuvre
    • Hypnose & exploration: vers l’augmentation de mon monde
    • Hypnose, art & queer: indéterminations, jeux, issues
    • Rêves nocturnes, rêves lucides, rêveries et rêves éveillés: théorie et pratique
    • Réapprendre à rêver… pourquoi? Comment?
    • Pourquoi se connecter à l’état animal?
    • Comment créer l’état idéal pour une intention particulière?
    • Communiquer avec son corps? Comment? Pour quoi faire?
    • Jouer avec les croyances pour aller vers son intention: hasards et synchronicités
    • Créer la synesthésie par l’hypnose
    • L’espace transitionnel augmenté par l’hypnose
    • Association et dissociation (et trissociation…) des dividus de mon individu: hypnose et mondes virtuels
    • Qui est/sont « je »? L’hypnose au service de l’exploration et de la conciliation de (ses) soi(s)

    Ces interventions sont soit purement théoriques, soit mêlées à quelques exercices pratiques réalisables en auditoire, soit suivies d’un atelier ou d’une performance participative.

    N’hésitez pas à me proposer une intervention dans le cadre de festivals, ateliers, colloques…

  • Qu’est-ce que l’hypnose post-éricksonienne?

    De façon générale, l’hypnose continue à se situer dans différents champs dont les extrêmes sont difficilement compatibles. Entre les opérations chirurgicales, les shows télévisés, les transformations thérapeutiques, l’augmentation des performances sportives relatées par les médias et les récits de manipulation racontés par le cinéma, la littérature, la BD… les projections s’entremêlent.

    Le champ thérapeutique, lui, occupe le champ intermédiaire entre science et « magie », avec des écoles et des praticiens proches des hôpitaux, de la recherche scientifique, des universités, des écoles, voire des tribunaux… et d’autres plus proches de pratiques spirituelles (ou carrément ésotériques).

    L’hypnose éricksonienne est l’une des hypnoses thérapeutiques qui  est en voie d’institutionnalisation. Pour davantage de détails, voyez la page consacrée aux champs hypnotiques.

    En guise d’introduction, je rejoins la présentation très claire d’Antoine Garnier, l’un des formateurs en hypnose éricksonienne les plus reconnus en francophonie. N’hésitez pas à vous plonger dans sa chaine youtube.

     

    Et, de façon pratique, voici ma synthèse concernant l’hypnose post-éricksonienne:

    • dissociation: elle est un moyen de communication thérapeutique qui exploite les capacités naturelles du sujet à se dissocier de la réalité extérieure et à se centrer sur son monde intérieur (a dissociation provoquée est indispensable à l’état d’hypnose: il s’agit d’être là tout en étant ailleurs, sans perdre pour autant le contrôle de la réalité)
    • EMC: l’état d’hypnose peut être léger ou plus profond (il n’y a pas de corrélation entre la profondeur de transe et l’efficacité de l’hypnose)
    • ressources: elle facilite l’émergence des ressources et compétences par des expériences inaccessibles à la conscience et permet au sujet de les explorer sans restriction, grâce à la suspension du contrôle de l’état de veille. Le sujet crée sa solution, ce n’est pas  le thérapeutique la lui donne. Chacun dispose en soi des ressources nécessaires pour résoudre les difficultés qui l’amènent en thérapie.
    • recadrage: elle permet au sujet d’effectuer des recadrages de sa perception et de son interprétation  de sa situation, de reconsidérer les événements à partir d’autres points de vue, à voir et à ressentir autrement les données du problème, à sortir des automatismes et habitudes, à changer ses croyances, à envisager de nouvelles solutions
    • présent: elle s’intéresse à la solution actuelle et non au « pourquoi » du passé
    • suggestibilité: elle met le sujet dans un état élevé de suggestibilité (elle permet au sujet d’expérimenter des suggestions sans le forcer)
    • liberté: elle est permissive, elle respecte le libre-arbitre du sujet qui peut à tout moment interrompre sa concentration intérieure et ne se trouve jamais sous l’emprise du thérapeute, qui respecte ses choix même s’ils entretiennent les symptômes.
    • autonomie: le sujet est actif dans sa transformation et acquiert des outils d’autohypnose qui lui permettront de poursuivre le travail ultérieurement
    • accompagnement: la tâche du thérapeute est d’établir une alliance thérapeutique (établir la confiance et faire équipe) et de s’adapter au monde du sujet (son langage, ses canaux de communication privilégiés, ses représentations, son fonctionnement affectif, ses métaphores) pour répondre à la demande d’aide posée. L’hypnose éricksonienne repose sur la collaboration entre l’expert du problème (le sujet) et l’expert de la technique (le thérapeute)
    • 4 phases: 1: construction de l’alliance thérapeutique et définition de l’objectif (attentes, stratégie de changement) / 2: induction de la transe hypnotique où le sujet atteint un état de conscience modifié / 3: travail thérapeutique / 4: réassociation et retour à l’état de veille + vérification
    • Autres outils associés: la PNl, la prescription de tâche et autres techniques sont souvent utilisées en association avec l’hypnose éricksonienne

    Ma pratique est aussi largement inspirée de François Roustang.

    Ensuite, pour tenter d’y voir clair, je vous propose de visiter différentes pages de ce site, chacune pourvue de nombreux liens externes:

    Je vous souhaite de belles découvertes!

    Marie Lisel

     

  • L’espace transitionnel

    L’espace transitionnel

    L’espace transitionnel peut être un objet, une image, un lieu, une odeur, un son… qui devient une partie de moi hors de moi par la projection de mon monde intérieur. Il me permet dès lors de transformer mes émotions, sensations, actions et autres réactions.

    Comme l’imaginal se situe entre le réel sensible (monde que je perçois avec mes sens) et le réel conceptuel (monde des idées), l’espace transitionnel est une aire entre le monde extérieur (perçu par différentes personnes, « objectivement ») et le monde intérieur (conçu subjectivement).

    Un exemple? Quand j’étais adolescente, Billy, le chien de ma mère, a ramené de la forêt un bois de daguet (tombé quand il change de ramure). Ce cadeau est resté dans les tiroirs de la maison familiale pendant pas mal d’années… jusqu’à ce que mon imaginal le reconnaisse et lui donne le statut d’objet transitionnel. Depuis, il m’accompagne en atelier et performance et me permet de trouver mon positionnement juste, instantanément, quel que soit l’état dans lequel je me trouve avant. Il est en quelque sorte un « doudou de voyage dans l’imaginal en tant qu’accompagnante d’un groupe », formé à la fois d’un objet choisi-trouvé et de ma projection-création. Il ne m’est pas indispensable mais c’est un « raccourci » pratique et rassurant pour attiser ce que je me représente comme le pouvoir du cerf.

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    Daguet

    Autre exemple, d’un lieu cette fois: un rocher plat dans la rivière, toujours au coeur de la forêt, constitue lui aussi un espace transitionnel. C’est un endroit où je vais me (dé)poser quelques heures pour trouver de la clairvoyance après avoir laissé partir ce qui a besoin de descendre avec le courant. J’y trouve finalement la paix et reconstitue mon axe vertical. A nouveau, il ne m’est pas indispensable mais je sais qu’à cet endroit un processus bienfaisant se met en place automatiquement à l’intérieur de moi.

    Je travaille également grâce à une odeur, au chant partagé avec une amie qui me ramène, seule, à nos états particuliers d’expérimentation, à une phrase psalmodiée… et je change selon mes découvertes et mes intentions, non seulement pour ouvrir ma palette, mais aussi pour ne pas devenir dépendante d’un élément extérieur dans mon alignement.

    Lors des séances individuelles, à chacun.e ses choix d’objets et phénomènes choisis-trouvés qui rassemblent le dehors partagé et l’intérieur imaginé, pour créer un état particulier (nettoyage, clairvoyance, tranquillité, énergie, focus, créativité, ouverture, douceur, confiance, joie…).

    Lors d’un stage, la construction collective d’un espace transitionnel est aussi un outil que je mets souvent en place pour que chacun.e trouve progressivement sa place en soi, en relation avec les autres et au coeur de la nature, du monde.

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    Construction collective à partir d’objets transitionnels, stage 2017

    L’objet transitionnel: une aire intermédiaire d’expérience

    Pour tenter d’expliquer ce phénomène, partons de ce que Winnicott a mis en lumière, dans Les objets transitionnels, 1969.

    Winnicott a soulevé l’importance du doudou, une petite chose que l’enfant transporte avec lui et qui apporte une réassurance. C’est la première « non-moi possession » (ce n’est pas moi mais c’est à moi et ça fait partie de moi, comme un moi détachable). L’objet est fourni par l’extérieur (peluche, drap) mais c’est l’enfant qui le crée par son empreinte (odeur, notamment). En outre, le nom est créé par l’enfant en déformant le mot des parents. Voici donc l’objet « trouvé-créé » de la petite enfance.

    Dès la naissance, l’être humain est en butte à la question de la relation entre perception objective basée sur l’épreuve de réalité et créativité. Les objets et phénomènes transitionnels (que nous regroupons sous le terme « espace ») forment une aire intermédiaire d’expérience où la réalité intérieure et la vie extérieure contribuent l’une et l’autre au vécu de l’individu. Autrement dit, dans cette aire, je fais l’expérience d’une réalité qui se situe entre ce qui existe en dehors de moi et ce qui existe en moi. L’équilibre psychique consiste à maintenir la réalité intérieure et la réalité extérieure à la fois distinctes et reliées l’une à l’autre.

    La mise en rapport de la réalité intérieure et de la réalité extérieure occasionne des tensions au quotidien, qui sont relâchées dans les aires intermédiaires d’expérience, comme l’art, la religion, le jeu inventé et… les espaces transitionnel de travail hypnotique, chamanique et autres moyens de transformation de la subjectivité.

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    Annette Messager, Les Restes (1998)

    L’objet transitionnel des adultes

    Les théories de Winnicott ont en effet été prolongées dans des études sur le jeu en tant qu’invention (par opposition au « jeu de société » dont on apprend les règles), le fétichisme, le sentiment religieux, le goût des arts, les rites obsessionnels, etc. (on peut aussi mélanger tout cela).

    En psychanalyse, n’importe quel objet peut servir d’objet transitionnel. Winnicott parle des anneaux de rideaux comptés par une patiente. Dans mon expérience personnelle, cela s’est cristallisé autour d’un poème « Les seins acryliques » que j’ai écrit en ôde au tableau que je voyais depuis le divan, à la fin d’une tranche de 7 années (notons que le premier objet non-moi est le sein, organe du maternage, du désir de nourrir… bref !).

    En religion, on se rassemble pour former un groupe sur base de l’analogie des expériences illusoires. Les objets transitionnels utilisés pour cela sont reconnus par le groupe entier (comme la valeur tranquillisante du doudou est reconnue par les parents). Il ne s’agit pas que de symboles. L’hostie des catholiques n’est pas qu’un rappel du corps du Christ.

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    Cocktail ou autoportrait en société Dimention variable – 2009 Courtesy Transit Gallery (BE) & Mehdi-Georges Lahlou

    En dehors des religions et pratiques spirituelles, si un adulte exige des autres qu’ils admettent comme objectifs ses phénomènes subjectifs (donc partager une illusion qui n’est pas la leur), la société y voit un signe de folie, qui peut déclencher une procédure d’enfermement.

    Si un adulte trouve du plaisir dans son aire intermédiaire sans exigence pour les autres, il se rassemblera avec des pairs qui ont des aires avec des points communs (comme l’art, la religion, le fétichisme…) ou développera son univers propre.

    En néo-chamanisme autour d’un.e guide s’énonçant comme tel.le, l’objet transitionnel est créé de façon singulière, tout en étant choisi selon des règles communes, selon un code tiré de syncrétismes entre des pratiques ancestrales (pierres, plumes, poils, griffes, peau, dents, bâton, plante odorante, pendule, directions…). J’ai ainsi construit autel, roue de médecine, ongod… au cours d’un parcours initiatique, selon des consignes à la fois précises et laissant de la place à ma créativité.

    L’objet transitionnel est utilisé dans bien des thérapies, sous la forme de jeux, de figurines, de construction, de rituel… en individuel et en collectif.

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    Charlemagne Palestine (expo à BoZar)

    L’espace transitionnelle dans mon travail hypnotique

    Dans le travail (auto-)hypnotique tout terrain que je propose (en cabinet, dans les bois, avec les chevaux, sur le plateau, dans l’eau, chez vous, sur votre lieu de travail…), l’espace transitionnel est un outil « magique » que chacun.e trouve et crée selon son monde et son intention et/ou que le groupe construit ensemble au fur et à mesure des traversées.

    Les (parties d’)objets transitionnels sont la plupart du temps offert(e)s par la nature, par la rue, la brocante, le grenier, les coulisses, le hasard. Dans mon accompagnement, je ne suis attachée qu’aux règles de la bienveillance envers soi, l’autre et le monde (par exemple, enterrer un objet en plastique ne respecte pas la nature). A part cela, ce sont les processus intérieurs qui en dictent la construction et l’utilisation.

    Le rituel personnel (son, chant, phrase, mouvement, action, respiration…), l’objet trouvé-créé, les éléments (l’eau, le vent, le soleil, la terre), le végétal et même l’animal (qui peut faire partie de l’aire transitionnelle même s’il n’est pas que cela!) peuvent être d’une aide considérable, dans les processus de transformation de la subjectivité de l’individu.

    Evidemment, comme bien des éléments utilisés volontairement pour transformer la subjectivité, l’espace transitionnel existe naturellement dans le quotidien. Evoquons en vrac le sacro-saint doudou de l’enfant au pouvoir apaisant, les boots fétish qui transforment en reine de la soirée, le vieux pull qui fait tant de bien que l’on a du mal à le jeter malgré son état catastrophique, l’hostie, le téléphone portable, le lit, l’alliance, la baignoire…

    La différence ? La clairvoyance, le choix, le cap! Car la construction de l’espace transitionnel est au service du changement vers l’intention, que ce soit un mieux-être, une expérimentation ou une création.

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    Hubert Duprat, Slip of the Tongue

    Un cas concret? « L’imaginal de ma Soeur »

    Dans l’article L’imaginal de ma soeur vous pouvez lire l’analyse d’un exemple concret de la relation à objet transitionnel. Car l’objet n’est pas transitionnel en soi. C’est l’utilisation que l’on en fait qui lui fait accéder à cette aire intermédiaire entre le monde extérieur et le monde intérieur.

    J’ajoute dès à présent que cette qualification d’ « objet/espace transitionnel » propose une grille de lecture compatible avec d’autres grilles de croyances. L’article l’illustre avec l’approche de « ce en quoi je crois » face à la statue de la Vierge ramenée des Marolles. Pour être plus claire, quand je m’adresse au chêne pour récupérer de l’énergie et que des glands tombent à mes pieds, je n’ai pas besoin de décider si l’arbre en tant qu’être vivant sensible m’aide de lui-même ou si c’est « seulement » mon espace transitionnel qui l’englobe. Les croyances, des plus rationnelles aux plus ésotériques, peuvent coexister avec la notion d’espace transitionnel, sans rien trancher ni figer. Parce que, finalement… ce ne sont que des représentations, comme cet article, comme tous les systèmes de pensée. La question reste – en ce qui me concerne : cette représentation est-elle favorable ici et maintenant à ce qui est bon pour moi, pour l’autre, pour le monde? « Bon » étant en soi une représentation subjective façonnée selon mes valeurs… eh oui, c’est reparti!

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    Orlan

    Pour les autres outils, voyez la page « Tous les outils« .

  • Connexion en/avec la nature

    Au Bois de Vincennes et parfois aux Buttes chaumont (le parc est moins sauvage mais les vieux arbres sont magnifiques), les séances se font au grand air et en rapport avec les éléments. C’est une façon pour moi de prolonger mes stages en Cévennes et Lozère et pour les parisien.ne.s de se connecter à la nature et à soi-même à travers elle, à 5 minutes du métro 1 (Vincennes) et 6 (Porte Dorée) ou du tram 3a.

    En hiver, il suffit de s’équiper de vêtements adaptés. La nature est tout aussi accueillante et transitionnelle 🙂

    Les séances sont de longueur variable. La plupart du temps, nous partons pour 1h30-2h, au tarif de 1h30 dans le tableau. La balade de 15 minutes avant (prétalk) et après (débrief) nous permettent d’aller dans le bois, plus loin que le parc.

    Hypnose, rêve éveillé, rituel, chant, action, connexion avec la rivière, les arbres…, objets transitionnels naturels, mènent à des transes de transformation profonde et directement intégrées dans le corps.

    Ces séances peuvent varier: soit nous travaillons en déambulant, à la rencontre de miroirs et de déclencheurs, soit assis.e.s sur un tronc, comme en cabinet naturel, soit nous avançons par étapes, avec des arrêts en rêve éveillé ou en hypnose.

    Bienvenue au grand air!

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    Témoignage

    SEANCE EN NATURE

    De notre séance au bois de Vincennes, voici mon retour:

    Tout d’abord, il y a le plaisir d’une promenade dans la nature. Les sens en éveil. L’excitation d’une excursion hors-cadre. Et aussi une douceur. Comme si retrouver un coin de nature c’était pouvoir respirer à nouveau. 

    La séance commence là. Dans notre marche.  Le corps en action libère. Je raconte à Marie où j’en suis dans ma vie. Je me détends. Ce qui m’entoure est si beau. Prête pour de nouvelles perceptions.

    Une première halte devant l’eau. Choisir son endroit, là où je vais me poser, m’enraciner. Un exercice de respiration et un mouvement des bras qui amènent à un état de relaxation. L’eau, les lentilles vertes sur l’eau, les bestioles qui volent, les promeneurs qui discutent. Vont-ils me remarquer, faire un commentaire sur ce que je suis en train de faire? Ces pensées me traversent mais elles sont reléguées au second plan. En cet instant ma priorité est ailleurs. Sur le chant de Marie, sa voix, ses mots percutants, justes, qui me rassurent, sur les sensations de mon corps. 

    Marie me propose un code « mon corps penché en avant est un oui » « penché en arrière c’est un non ». Je me pose alors des questions et je laisse mon corps y répondre. C’est comme un jeu. 

    Puis nous poursuivons notre balade. Choisir un arbre, celui qui va me porter, m’abriter. L’enlacer, le regarder de toute sa hauteur. Je me sens si petite face à lui.  Là mon corps me fait mal, la position est inconfortable. Les bras autour du tronc, je m’étire tête en arrière. Avec le recul, je trouve que j’ai été trop sage dans cet exercice. J’ai appliqué la consigne de départ, sans me laisser vivre avec cet arbre, sans interagir. Une araignée m’a piqué au poignet. Comme pour me réveiller. Je l’ai sentie mais j’ai « tenu bon » sans céder à la douleur.

    Pourquoi « tenir bon » quand tout est possible et qu’il n’y a aucun enjeu, aucune perfection à réaliser?! Avec le recul, je me dis que j’aurais aimé chanter, tournoyer autour de l’arbre. 

    Cette résistance parle aussi de moi, de ma difficulté parfois à ne pas m’affranchir des codes, des consignes. Aussi de ma difficulté à poser mes limites. De ma soumission parfois (ce que je ressens est moins important que ce qui doit être, que ce que je crois devoir être).

    La dernière halte, assise sur un banc face à l’eau, Marie me fait faire un rêve éveillé. Mon regard se perd sur l’eau. Je retrouve les pistes de nos séances habituelles. Avec des ressources à convoquer. A ce moment-là, j’avais besoin de courage et de joie. 

    Je puise dans des souvenirs. Ces souvenirs génèrent une force, une énergie que je sens dans mon corps.L’énergie du courage se traduit en un geste de poings serrés sur les cuisses et ma tête penchée vers l’avant comme une guerrière qui va au combat, les armes serrées dans la main et la confiance sereine. 

    Pour la joie, Marie ne me guide plus, je fais le voyage à mon rythme. C’est un peu plus confus pour moi. En général, la voix de Marie m’aide à ne pas laisser les parasites mentaux prendre le dessus. Livrée à elles-mêmes les pensées divaguent. 

    Pourtant dans le désordre je ressens un bien-être très grand. Je m’attarde sur l’eau. Des associations d’idées me viennent comme ça, sans les forcer. Une réponse arrive venant éclairer une séance précédente. « Tiens c’est vrai, j’avais reçu comme consigne de m’asperger avec de l’eau! Je ne comprenais pas pourquoi. Et aujourd’hui je fais le lien. Ces dernières semaines je ne me suis jamais autant baignée dans la mer. Et j’en ai ressenti une telle joie! »

    Je suis bien, apaisée. Je pourrais rester là des heures. 

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    Entre ciel, terre et eau, j’ai plongé dans la mousse que j’aime tant. I <3 la Semois!