L’hypnose éricksonienne est une méthode qui permet, par des techniques spécifiques, d’amener l’accompagné.e en état modifié de conscience, au coeur de son monde intérieur, en la·e dissociant du monde extérieur et de sa logique habituelle (faite de représentations), de façon à ce qu’iel récupère des ressources et trouve des solutions inédites pour résoudre un problème, répondre à une question…
L’hypnose éricksonienneest centrée sur la personne accompagnée, qui conserve tout son libre-arbitre pour son parcours, ses choix, ses transformations. L’accompagnant.e est quant à iel considéré.e comme une boite-à-outils humaine.
A quoi sert l’hypnose éricksonienne dans la création?
concentration, focus
augmentation des sensations, des émotions
compréhension profonde, par le corps (épiphanie, insight, éclair, eurêka)
changement de paradigmes, création de nouveaux liens, transformations
synesthésie
intuition, laisser-faire
autoprogrammation
installer les ressources de confiance, d’ancrage, de puissance, de joie, d’immobilité…
dépasser des peurs, traverser des difficultés (comme monter en scène ou présenter son travail à un.e commissaire)
trouver des issues à une problématique de création
…
Attention, les hypnoses ne se valent pas
Je vous déconseille fortement de monter sur la scène de Messmer ou de tester des techniques de Youtube…
Lorsque l’on parle d’hypnose, il est important de déceler de quelle hypnose il s’agit: permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire (ou la manipulation totale: vol en rue, drague de porcs…), faite par un.e professionnel.e / réalisée par un.e amateur.trice de vidéos… car l’hypnose n’existe pas au singulier.
Autohypnose à la Roche du Chat (Sainte-Cécile, Belgique)
Le REAH
Qu’est-ce que c’est?
Le rêve éveillé dirigé est né dans diverses civilisations à diverses époques. Je l’ai rencontré à travers la méthode RED de Robert Desoille et à travers le néo-chamanisme.
Au fur et à mesure des séances, j’ai mêlé le RED à l’hypnose éricksonienne, à des notions de néo-chamanisme, à des techniques de voix et à des inventions personnelles et voilà le REAH, que j’utilise aussi bien en individuel qu’en collectif (et que j’enseigne)
Finalement, il s’agit d’un voyage au coeur de soi, narratif, évolutif, où l’on rencontre des parts de soi, des facettes, des représentations, des dividus, des symboles… sous diverses formes (paysages, dimensions, êtres, énergies).
Là, à nouveau l’accompagnant.e est une boite-à-outils, mais aussi un guide de voyage de l’accompagné.e, qui mène la personne là où elle le désire, en assurant sa sécurité, en lui désignant des points de vue à contempler et en la faisant passer par des sites incontournables. En gros, je ne connais pas vos montagnes ni vos mers, mais j’ai énormément baroudé et je suis super équipée pour traverser les paysages intérieurs. Explorer, c’est mon métier. Vous ne connaissez pas encore votre « imaginal » et vous avez besoin d’apprendre comment y circuler en sécurité et y trouver ce que vous cherchez. Nous voyageons ensemble. Peu à peu, vous acquérez des outils et avancez de plus en plus autonome. Youpi!
A quoi ça sert?
explorer ses paysages intérieurs
nettoyer, arranger, transformer sa machine à sons, à couleurs, à phrases…
rencontrer une facette de soi et danser, chanter, jouer avec / à travers elle
bOa, rêve éveillé radiophonique que j’ai réalisé avec l’aide du Fonds d’aide à la création radiophonique (FACR, CFWB, Belgique)
Fantasmes, création radiophonique en rêve éveillé, que j’ai réalisée avec l’aide du Fonds d’aide à la création radiophonique (FACR, CFWB, Belgique)
Accompagnement du groupe en hypnose dans la nature, lors du stage « Se connecter à soi, au cheval, au monde », au Centre Imala, été 2018
L’espace transitionnel
Qu’est-ce que c’est?
L’espace transitionnel peut être un objet, une image, un lieu, une odeur, un son, un geste… qui devient une partie de moi hors de moi par la projection de mon monde intérieur. Il me permet dès lors de transformer mes émotions, sensations, actions et autres réactions.
Un exemple? Quand j’étais adolescente, Billy, le chien de ma mère, a ramené de la forêt un bois de daguet (tombé quand il change de ramure). Ce cadeau est resté dans les tiroirs de la maison familiale pendant pas mal d’années… jusqu’à ce que mon imaginal le reconnaisse et lui donne le statut d’objet transitionnel. Depuis, il m’accompagne en atelier et performance et me permet de trouver mon positionnement juste, instantanément, quel que soit l’état dans lequel je me trouve avant. Il est en quelque sorte un « doudou de voyage dans l’imaginal en tant qu’accompagnante d’un groupe », formé à la fois d’un objet choisi-trouvé et de ma projection-création. Il ne m’est pas indispensable mais c’est un « raccourci » pratique et rassurant pour attiser ce que je me représente comme le pouvoir du cerf.
A quoi ça sert?
L’espace transitionnel peut servir d’outil pour aller vers mon espace de création (fluidité, concentration, flou, clarté, vitesse…), en tant qu’ancrage, par exemple.
Il peut aussi être au coeur de la création. Car l’objet, l’espace, le son, le geste « chargé » d’une projection, qui attise et concentre une représentation, est déjà une création en soi, seul.e ou en lien.
Voici nos 3 traversées 2019, avec la médiation par le cheval, l’hypnose le rêve éveillé, le rituel… dans un lieu naturel magnifique en Lozère.
du 29 juin au 1er juillet
du 3 au 5 août
du 15 au 18 août
Il y aura minimum 6 et maximum 8 participant.e.s dans chaque session de 3 jours (6-10 dans celle de 4 jours)
Les inscriptions sont ouvertes (il y a déjà des inscrit.e.s)
Notez qu’en vous inscrivant 4 mois avant, vous gagnez 20 pourcents sur le prix du stage.
Accompagnement d’un training hypnotique de groupe dans la forêt, août 2018 (au centre Imala, assistée par Zen It)
Nathalie Bletterie, trois chevaux médiateurs, un chien assistant et Marie Lisel (rêve éveillé et hypnose) vous accueillent à nouveau pour deux séjours de trois jours et un séjour de quatre jours, au Centre de médiation par le cheval Imala, pour une traversée accompagnée par la médiation par le cheval, le rêve éveillé, l’hypnose et par ce lieu naturel où des arbres centenaires et une rivière participent à vos mises en actions et rituels.
L’hypnose et le rêve éveillé sont des voies directes vers les mondes intérieurs, vers d’autres dimensions, vers des ouvertures des possibles inouïes.
Dans la sphère des arts contemporains français, voici quelques créatrices.teurs qui mêlent l’outil hypnotique et l’art, que ce soit dans la transmission et/ou dans la création. Si vous avez d’autres noms-oeuvres, faites-moi signe que je complète cette page, à lisellesil@gmail.com
Juste en-dessous, vous trouverez les liens spécifiques à mes propres créations et participations à des créations d’autres artistes.
J’ai choisi de ne reprendre ici que les créations des arts contemporains (et non du divertissement), qui utilisent l’hypnose en tant que technique (et non ceux qui ont des « effets hypnotiques », comme des oeuvres stroboscopiques, par exemple).
Je ferai l’historique prochainement. Work in progress!
Jérôme Poret, résidence d’artiste à Issoudun, 2011.
Quelques artistes contemporains qui utilisent l’hypnose dans leurs créations
Catherine Contour
Pionnière dans l’outil hypnotique (l’expression est d’ailleurs d’elle), Catherine Contour transmet une méthode pour les créateurs.trices et chorégraphie des Plongées sous hypnose.
Joris Lacoste a réalisé des installations, performances, créations radiophoniques, avec l’hypnose, dont le merveilleux Au Musée du sommeil.
Vous les trouverez rassemblées dans ses « Hypnographies », sur son site
«Le vrai spectacle» / photo Joris Lacoste
Vincent Epplay
Vincent Epplay a créé un disque vinyle 25cm, « Le disque contre l’insomnie ».
« Le disque contre l’insomnie » (Hypnose) « Méthode douce pour choisir son niveau de réalité en période d’intense propagande démocratique », Disque vinyle, 25cm, Ed. PPT Stembogen 2007 et Le104 cent quatre. Graphisme et textes : Denis Chevalier.
Violaine Lochu, HypnoQueen, « Lors d’une résidence d’un an à l’école préparatoire les Arcades à Issy-les-Moulineaux financée par la DRAC Île de France, Violaine Lochu a mené une recherche sur l’hypnagogie – état modifié de conscience qui a lieu au moment de l’endormissement – avec une hypnothérapeute et une sophrologue. Lors de ces séances, elle a traversé des sensations, images, souvenirs qui ne lui appartenaient pas directement. Selon l’époque, la religion ou la culture à laquelle on appartient, on les appellera troubles sensoriels, archétype ou inconscient collectif, vies antérieures… A partir de cette expérience, Violaine lochu construit une performance mettant en scène les différents états traversés. Son corps devient tour à tour minéral, animal, végétal, machinique, hermaphrodite… remettant en question le principe d’une identité unique, de certains dualismes (nature / culture, masculin / féminin, humain/ animal), lui préférant l’interstice et le tremblement. »
Les soeurs Wilson Louise et Jane, artistes britanniques, se sont fait hypnotiser ensemble en performance (Hypnotic Suggestion 505, 1993).
Daniela Pellaud installe au mur des dessins, qui passent aussi sur l’écran d’un téléviseur, transposés en vidéo dont la bande-son est constituée des commentaires de l’artiste revenue de son expérience hypnotique (1992).
Untitled (Matt Mullican under Hypnosis: Zurich) est une vidéo d’une performance réalisée par Matt Mullican en 2003 à Zurich mettant en scène le double de l’artiste, That Person.
Pascal Rousseau, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, a été commissaire d’une exposition Sous influence. Résurgences de l’hypnose dans l’art contemporain (Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, 2006)
Marie Lisel: créatrice hypnotique, mais aussi accompagnatrice de projets au service d’un.e créatrice.teur, coach de training hypnotique de groupe sur plateau (théâtre, danse, performance, cirque…), enseignante en workshops en école supérieure d’art. Le détail de mon travail en rapport avec l’art est ci-dessous.
Avec Valérie Vivancos, au FRAC Lorraine, « La voix disait à peu près: écarte les plis »
Accompagnement hypnotique au service d’un projet d’un.e artiste
Fabrice Cazenave : performance de dessin sous hypnose de Fabrice Cazenave dans le cadre du programme de recherche DDD « Dessein, Dessin, Design : fabrique médiatique de l’histoire » d’Agnès Callu (Voir l’article sur la performance privée du 19 mars 2018 et le film sur le site de Fabrice )
Léa Drouet Vaisseau : 2 journée d’intervention sur plateau dans le projet Boundary Games de Léa Drouet (2018, Théâtre Les Tanneurs dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts),
Marion sage : 1 journée de travail de recherche sur plateau pour les débuts d’une création de Marion Sage (Le Vivat, Armentière)
Théâtre de la mesure : une séance longue avec la comédienne (séance préparatoire à « Je suis une poule », dans « Animalogies: Les animaux sont partout », mise en scène de Benjamin Abitan, production 2019, expliquée ici sur France Culture)
Travail en cours avec Jérome Poret : en préparation d’une collaboration pour une expo de septembre-décembre 2019 (divers niveaux de collaboration, rôles techniques et créations)
Travail en cours avec Guldem Durmaz, pour la genèse d’écriture scénaristique
Travail artistique hypnotique personnel (autrice et coautrice)
bOa (44’33s, 2016, production ACSR, avec l’aide du Fonds d’aide à la création radio de la communauté-française-wallonie-Bruxelles -> FACR)
Agogies(16’50s, 2017, co-autrice avec Daniel Martin-Borret, autoproduction, mention au Prix Phonurgia 2017)
Fantasmes (52’41s, 2018, Halolalune Production, avec l’aide du FACR).
Voyage en quadrangle (Halolalune Production avec l’aide de la subvention Gulliver, en partenariat avec la RTBF (Par Ouï-Dire), la RTS (Le Labo) et France Culture) arrivera en 2019.
Stéphane Blanquet a gravé l’une de mes miniatures électroacoustiques hypnotiques sur un vinyle à mixer dans son exposition Goudron Pressage Sillon Tympan(immersion sonore et visuelle, exposition personnelle, Centre Georges Pompidou, Paris 2016).
Participation en tant que performeuse sous hypnose à Acoustique de l’érotisme, création de Franck Thoraval, en écoute sur le site de France Culture, 2015
Autrice de texte sous auto-hypnose, dans un catalogue « Frictions et cri de soie » (2017), de João Vilhena
Performances participatives au FRAC Lorraine à Metz, avec Valérie Vivancos, le 26/01/2017: La voix disait à peu près: écarte les plis
Ma demande est de me sentir plus libre dans mon activité professionnelle, de davantage oser « me lâcher », m’autoriser à m’amuser.
Je ferme les yeux tout de suite je sens quelque chose qui me sert la tête sur les côtés, comme un étaux en métal
Et il y a quelque chose qui pousse entre les deux yeux pour me faire reculer, retenu par quelque chose à l’arrière et en bas de la tête.
En explorant, je me rends compte que c’est une barre qui appuie. Et un mécanisme de chaque côté qui serre.
J’ai la sensation d’être coincée, prisonnière…
Marie me questionne : Coincée où ?
Je me retrouve dans une boite transparente en plexiglass, qui entoure mon corps, avec la sensation d’être à l’étroit. A l’extérieur de la boite c’est noir, mais l’intérieur où je me trouve est bien lumineux comme si les parois renvoyaient de la lumière. Et c’est une lumière très vive, blanche et oppressante.
Je veux sortir de cette boite. Marie me propose de remercier cette boite pour ce à quoi elle a servi jusque-là, peut-être me protéger, et qu’on va lui trouver une utilité. La boite s’agrandit. Puis je ressens le besoin d’allumer à l’extérieur. Je vois que je suis dans une pièce ancienne, avec des vieux meubles, une bibliothèque. L’ambiance et la lumière y sont plutôt chaleureuse. Alors je décide de sortir par une porte qui s’est dessinée sur la paroi. La boite me dit qu’elle peut être là à la demande si besoin.
Puis je me retrouve dans une forêt, la nuit tombe et il y a un petit écureuil roux. Il commence à partir comme si il me faisait signe de le suivre, ce que je fais. Il me conduit à une grosse pierre, qui ne me semble rien avoir de particulier. Marie me propose alors de faire le tour, de voir si il y a quelque chose de spécial. Et en effet de l’autre côté, il y a un trou qui descend dans le sol, comme un terrier. Je dois rétrécir pour descendre voir dedans. L’écureuil me fait comprendre qu’il m’attend là, à l’entrée.
Plus je m’enfonce et plus c’est sombre et je ressens le besoin de mettre de la lumière. Il y a pas mal d’insectes, de petites bêtes qui grouillent dans la terre et entre des racines. Et une coccinelle se distingue par ses couleurs très vives. Elle me dit de continuer à descendre, qu’il y a quelque chose en bas.
J’arrive alors dans une caverne, où il y a un plan d’eau et une voûte magnifique verte et brillante. Je me penche au-dessus de l’eau et je vois mon reflet. Une émotion monte… C’est moi mais avec beaucoup plus de liberté et de gaieté… celle que je voudrais être… C’est beau et touchant et ça fait mal à la fois car ça me rappelle que je me sens prisonnière.
Je dois plonger… et j’arrive dans une immense pièce qui ressemble à une salle de bal très luxueuse. Il n’y a personne, mais je sens qu’il y a quelque chose à trouver alors j’explore. Je tombe sur une petite boite en bois toute simple, qui renferme une mèche de cheveux, avec un ruban rose. Cette mèche je la connais !! C’est une mèche de cheveux de quand j’étais petite. Je comprendre instantanément que j’ai besoin de libérer une part enfant de moi, plus libre. Grosse émotion !
Marie me propose de chanter, laisser sortir un chant, ma voix… Je ne suis pas très à l’aise mais je sens que ça fait partie de mon processus de libération… Je me sens apaisée au fur et à mesure que je chante.
Je prends le temps d’intégrer et je commence à remonter et à revoir tous les éléments de mon rêve à qui Marie me propose à chaque fois de demander une action concrète :
Marie me propose de chanter régulièrement
Mon reflet dans l’eau me demande de retrouver cette mèche de cheveux, et de me connecter à elle le plus souvent possible.
La coccinelle me dit qu’il faut que je tienne mon engagement de faire ça tous les jours.. elle me connaît plutôt bien.. et elle dit « il te suffit de décider ! ».
L’écureuil me dit que pour m’engager dans ces tâches, j’ai besoin de les définir dans le temps. On négocie et nous arrivons sur 3 semaines.
Marie me propose un câlin avec cet écureuil. Il me dit qu’il s’appelle Spinkle. Il me glisse aussi à l’oreille d’être douce avec moi-même, de me dire « je t’aime », de faire ce que je fais avec les autres avec moi. Je lui demande si il a besoin de quelque chose et il me répond « des noisettes ».. ce qui me fait rire. Marie me propose de manger des noisettes régulièrement et de penser à lui.
Je retrouve alors ma boite, qui est devenue une amie, une compagne. La porte est ouverte, et je ne ressens pas le besoins d’y rentrer. C’est simplement bien qu’elle soit là.
Suite à ce rêve, je me suis mise à sentir plus d’Amour pour moi, à faire plus de choses pour prendre soin de moi, à mieux respecter mes besoins… après quelques semaines à commencer à faire les choses pour moi en priorité, pour ce qui est bon pour moi. Et je sens que la route continue chaque jour.
Boîte en Métal et Plexiglas par Gabriella Crespi, 1970
Je pratique et j’enseigne le RED classique, selon la méthode de Robert Desoille, uniquement en atelier de recherche ou de formation.
En séance individuelle ou de groupe, je mêle le RED à l’hypnose et à d’autres outils, dans le REAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose).
Le RED est une très belle base 🙂
Tentative de définition du RED
Le Rêve Eveillé Dirigé est une méthode créée par Robert Desoille dès les années 30’(sur base de méthodes oniriques existantes, notamment la rêverie dirigée, en Asie), qui consiste à inviter l’accompagné.e à mettre de côté le contrôle exercé par la raison pour aller à la rencontre de son monde intérieur imaginaire, de façon à stimuler les potentialités inexploitées qui contribueront à faire évoluer sa personnalité. Ce travail repose sur la découverte qu’en agissant sur les représentations, les symboles, on agit sur la structure-même du psychisme.
ARTHUR TRESS Adam in the Park New York, 1982
Ce qu’en dit l’Encyclopédie Universalis
La méthode dite du « rêve éveillé » est une psychothérapie fondée sur l’approche des processus psychiques par l’imaginaire. Elle fut élaborée par Robert Desoille (1896-1966). Étant d’abord un chercheur, il n’hésita pas à présenter des appellations diverses (rêve éveillé, rêve éveillé dirigé, etc.) et des modèles explicatifs successifs qui ont donné naissance à des écoles différentes. Ses travaux avaient été particulièrement remarqués par Charles Baudouin et Gaston Bachelard.
Trois courants ont émergé de l’œuvre de R. Desoille. Ses élèves français, réunis dans le G.I.R.E.D.D. (Groupe international du rêve éveillé dirigé de Desoille), ont stabilisé la méthode psychothérapique, tout en donnant des interprétations différentes des processus mis en cause et en se divisant à propos de la place à accorder à l’inconscient, au transfert, à la directivité et à l’activation dans la cure des névroses. Un courant homogène, composé de la majorité des formateurs, s’en est détaché pour constituer le C.I.P.A.R.E. (Collège international psychanalytique et anthropologique du rêve éveillé). Il situe la cure « rêve éveillé » comme une psychanalyse spécifique : prenant également en compte la dynamique inconsciente et transférentielle, il insiste sur l’éclairage fourni par le rêve éveillé à la métapsychologie (théorie du fonctionnement psychique) et à l’anthropologie ; de là, ses travaux sur le rêve éveillé dans les différentes cultures et dans la modernité. Un troisième courant met en œuvre des techniques dérivées du rêve éveillé ; il s’est surtout développé aux États-Unis (daydream) avant de se diffuser en Europe et en Amérique latine sous forme de psychothérapies brèves et intermittentes ou de sessions appliquées à la créativité et au développement psychologique personnel.
Image: Marie Juliette Verga
Memento du RED
RED = Rêve Eveillé Dirigé. “Dirigé” peut avoir deux sens: dirigé par l’accompagnant.e / Dirigé vers l’intention de l’accompagné.e
Méthode élaborée par Robert Desoille (ingénieur puis psychothérapeute, 1890-1966)
Ouvrage de référence: “Le rêve éveillé en psychothérapie”, 1945. Les ouvrages de Desoille sont répertoriés sur le site de la BNF
Technique : « Le sujet est invité à faire une rêverie. Pour faciliter celle-ci, il est bon de soustraire le patient à tout effort musculaire ainsi qu’à toute excitation lumineuse et sonore. La position horizontale, dans une pièce semi-obscure et loin du bruit, sera donc meilleure. Le sujet allongé se met en état de relaxation et ferme les yeux pour créer un scénario imaginaire dont il est lui-même le héros principal (ou unique). Le thérapeute intervient parfois pour faire préciser une partie de l’espace imaginaire ou une bifurcation possible du scénario.» (R. Desoille)
L’A/nt.en’influence pas et n’interpréte pas le rêve. Iel accompagne et demande des descriptions, pose des questions avec le moins possible de présupposés.
L’A/é.e vit son parcours onirique selon une proposition de départ (un synopsis en étapes simples), iel vit ses insights et recadrages, que l’A/nt.e accueille.
L’imagination parle autrement qu’avec des mots. L’imaginaire est un langage. Ne pas tenter de tout “dire” verbalement. Accueillir les symboles sans les décortiquer
Proposition de départ : synopsis
R Desoille a mis en évidence des éléments récurrents. Ex: 1: une prairie / 2: trouver la rivière / 3: la suivre en amont pour trouver la source / 4: entrer dans une cavité et descendre / …
C’est aussi jouable en poursuivant la lecture que Cyrille Champagne nous (groupe d’hypnologie) a fait d’Alice au pays des merveilles, de Lewis Caroll, dont les chapitres ressemblent étrangement aux habituels du RED. Par exemple: « 1: trouver l’accès et descendre / 2: dans le monde du bas, il y a une salle, avec une ou des portes fermées. / 3: Le moyen de passer de l’autre côté est dans la pièce. / 4: Et de l’autre côté…).
Principes théoriques:
Veille paradoxale (terme de François Roustang)
Entrer dans le monde intérieur par la mise entre entre parenthèse de la partie habituellement en veille restreinte (contrôle exercé par la raison, logique de veille restreinte nourrie de représentations, qui croit à ses certitudes)
Autre termes: expansion de conscience, hyperéveil, EMC…
Dissociation: conscience de rêver et conscience de parler à l’A/nt.e
Il n’y a pas d’induction. Seulement une relaxation préalable. Le rêve s’approfondit au fur dans son déroulement.
Initiative du côté du sujet
L’A/ant.e propose (avec tact et parcimonie), l’A/é.e dispose. C’est à iel de construire sa solution!
Imaginaction
Repose sur la puissance de l’imaginaction (imagination + action), travail intérieur qui tient du voir et de l’agir (néologisme d’Eric Fottorino, journaliste du journal Le Monde, 1998)
Par un travail sur les représentations internes
Les réalités psychiques se transposent en représentations.
Les transformations des représentations entrainent une modification de la structure même du psychisme.
En RED, l’accompagné est invité à aller explorer ses systèmes de représentations et à les faire évoluer en stimulant les potentialités inexploitées pour réorganiser sa personnalité
Responsabilisation
L’A/nt.e est mis.e face à sa responsabilité, en découvrant ses représentations et leurs conséquences. Iel est seul.e responsable de son destin, quoi qu’il se soit passé avant. Les représentations concentrent le passé (introjections, traces d’événements qui limitent), le présent et le futur (désirs, peurs). Maintenant, vers quel cap aller? Quelle direction donner à sa vie? Avec ce tout qui la.e constitue, comment choisir ce vers quoi iel va.
C’est un aussi moyen de mieux se connaitre et de réaliser le meilleur de soi-même (meilleur selon des critères personnels choisis), qui ne s’adresse pas seulement aux personnes souffrant de pathologies
Robert Desoille, Exploration de l’affectivité subconsciente par la méthode du Rêve Éveillé (1938), Le Rêve Éveillé en psychothérapie (1945), Théorie et Pratique du Rêve Éveillé Dirigé (1961). Tous les ouvrages de Robert Desoille sont répertoriés sur le site de la BNF
Gaston Bachelard lui consacre un chapitre intéressant dansl’air et les songes, Corti, 1943, chap IV (pdf en ligne)
Si vous désirez organiser une formation de 2 à 4 jours dans laquelle j’interviens (il suffit d’une dizaine d’hypnopraticien.ne.s et d’une salle), je me déplace avec plaisir pour partager le RED et le REAH dans votre région. Ecrivez-moi pour convenir des conditions.
J’anime également un stage de rêves pour des passionnés. Il suffit d’un groupe, d’une salle et d’une invitation (n’importe où en Europe). Voyez la page « Réapprendre à rêver »
La créativité de l’accompagnant.e dans ses outils et dans le rapport avec l’accompagné.e participe pleinement au travail, à condition de rester entièrement centré.e sur l’autre, ses besoins, ressentis, représentations… et non de créer un spectacle auto-centré.
L’hypnose et le rêve éveillé libèrent la créativité de l’accompagné.e pour lui permettre de transformer et de réorganiser ses représentations et processus de façon inédite.
Or, bien des accompagnant.e.s travaillent en modifiant à peine des protocoles (un protocole est un travail rédigé ou pensé en étapes, imaginé par des thérapeutes ou des écoles), tout en copiant le ton, le regard, les tics de langages de leurs modèles. Et ça fonctionne déjà – en partie – (c’est le côté magique de l’hypnose!).
En dehors de cette technique verbale basée sur des modèles plus ou moins bien imités, qu’en est-il de la modélisation de la créativité? Autrement dit, comment proposer un élan vers l’inventivité, quand on se cantonne soi-même à travailler de façon scolaire?
Pour libérer et amplifier la créativité de la personne que l’on reçoit ne faudrait-il pas en avoir au moins un échantillon dans son cabinet?
La base: l’hypnose post-éricksonienne et le rêve éveillé
L’hypnose post-éricksonienne et le REAH font partie des méthodes qui permettent de transformer la subjectivité en passant par un état modifié de conscience, de mettre en mouvement les représentations intérieures, de transformer la façon de s’envisager soi, avec les autres, dans le monde… ils prônent la transformation du sujet, l’invention des possibles, l’utilisation inouïe des ressources et des solutions internes.
La boite à outil des hypnos et accompagnants de rêve éveillé est vaste. De nombreux chercheurs – théoriciens et de terrains – ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances.
Mais comment rendre la pratique en cabinet (ou en forêt! en atelier!) plus créative tout en respectant le monde de l’accompagné.e?
Martin Hill
Créativité par la contributions d’autres champs
aux séances d’hypnose éricksonienne et de rêve éveillé
J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».
Les arts contemporains (je suis moins immergée dans les arts anciens) sont très proches du travail hypnotique. Ils sont dès lors les premiers à enrichir ma palette créative. D’emblée j’ajoute à cela le monde queer (comment s’inventer?), les rituels et la connexion animale. Et d’autres, tours à tours, s’ajoutent à la liste.
Finalement, de nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance et permettent à la créativité de s’épanouir naturellement. Pour être créatif.ve, il suffit de travailler avec ce que l’on est et d’enrichir ce que l’on est quotidiennement.
A chaque accompagnant.e ses domaines! La liste est loin d’être exhaustive…
Littérature
Voix, chant, sons
Espace transitionnel
Prescription de tâche à la façon des thérapies brèves et aussi à la façon psycho-magique
Néo-chamanisme
Energétique
Danse
Yoga, méditation
Art contemporain
Médiation animale
Rêve éveillé dirigé et rêve lucide
Cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans)
Tantra
Anthropologie, sociologie
Sciences
Explorations sensorielles (comme la synesthésie)
Psychanalyse
Réalités virtuelles
Univers queer
Méthodes pédagogiques
Linguistique
PNL…
Ces champs d’investigation s’intègrent à la pratique hypnotique de façon diverse et variée, pour créer des leviers de créativitédans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern, créer sa vie? »)
L’allusion métaphorique spécifique recadre
Le travail avec les objets transitionnels approfondit et autonomise
L’intervention des chevaux révèle
Les prescriptions de tâches prolongent
La voix (chant-cri-râle) induit, emmène, trace un fil
Les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail par le corps.
L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits.
Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur.
…
La créativité grâce à d’autres champs augmente aussi la pratique de l’accompagnant.e.
Donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement
Privilégie la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e
Augmente sa motivation par l’intégration de la matière hypnotique dans le quotidien (du jeu, du sens, des liens!)
Invite, par l’exemple créatif, l’accompagné.e à inventer ses propres outils d’émancipation.
Lygia Clark, Arquitetura fantástica bichos (Fantastic architecture critters), 1963. Gelatin silver print, 4 1/8 x 5 13/16 in. The Museum of Modern Art Archives, New York
Utiliser sa créativité au service de la transformation de la personne que l’on accompagne est quasiment un outil en soi.
Il demande de l’entrainement (nourrir ses rebonds), une mise en place des processus et territoires par l’hypnose et le rêve (utiliser ses propres outils sur soi et en jouer), de la confiance en l’autre (qui va trouver en iel ses solutions) et surtout un positionnement propre et bien ancré.
Voilà un joli programme, que je commence tout juste à transmettre en formation!
L’atelier « Questions Queer » d’EFiGiES, en décembre m’accueille pour une présentation intitulée : « Exploration queer sous hypnose ». Maison des Initiatives Étudiantes (MIE), 15/12/18.
Descriptif: « L’hypnose et le rêve éveillé augmenté par l’hypnose emmènent l’accompagné.e à l’intérieur d’iel-même, de ses processus internes, de ses automatismes, du monde complexe qui constitue son identité, en partie consciente et en partie immergée. L’intervention de Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice) présente ces outils et leurs applications à l’exploration des genres.
Elle sera suivie dans les mois suivants d’un atelier pratique. »
L’atelier aura lieu le samedi 15 décembre 2018, de 15h à 17h, au Labo 6, 76 bis rue de Rennes, 75006 Paris, salle Stockolm et Copenhague. Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/299230377362067/
Pour rappel :
Cet atelier vise à ouvrir un espace à des chercheur·e·s et militant·e·s pour présenter leurs recherches/travaux s’inscrivant dans une perspective queer et/ou féministe.
Cet atelier est transdisciplinaire. L’accent sera mis sur les sciences humaines et notamment l’histoire de l’art, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, les lettres, etc.
Il s’inscrit également dans une perspective transpériodique.
La priorité sera d’ouvrir un espace de dialogue autour du sujet proposé.
Cet atelier s’adresse à des personnes militant·e·s, masterant·e·s, (post)-doctorant·e·s, docteur·e·s, chercheur·e·s sans statuts. Les personnes en poste (MCF/professeur·e·s, etc.) sont les bienvenu·e·s sous couvert de bienveillance. Il leur est demandé notamment de prêter attention aux questions de dominations induites par ce statut.
Les comportements cisnormatifs masculins oppressifs ne seront pas tolérés dans le cadre de cet atelier (notamment sur des questions de prise d’espace).
Cet atelier vise à construire un cadre safe pour échanger avec bienveillance. Ainsi, tout propos/sous-entendu/comportements oppressifs (raciste, sexiste, homophobe, lesbophobe, bi/panphobes, ace/arophobes, transphobe, validiste, psychophobe, classiste, intersexophobe, body shaming, islamophobe, pro-culture du viol, putophobe, etc.) ne sera pas toléré.
On veillera aussi à une distribution équitable de la parole.
Le langage inclusif est fortement encouragé.
Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter les personnes coordinatrices
L’histoire de l’hypnose a longuement oscillé entre le champ médical et le champ de l’ésotérisme, du magique, du spectaculaire. Aujourd’hui, cette opposition continue à diviser.
L’hypnose a refait son entrée dans les hôpitaux, en tant qu’outil pour gérer l’anxiété et la douleur. Elle est aussi utilisée dans les tribunaux en Belgique. Dans ces deux domaines, de nombreuses cautions – universités, hôpitaux, association de médecins et de dentistes, experts judiciaires, recherche en neurosciences, associations légales, congrès internationaux… valident son sérieux et lui permettent d’être acceptée comme une discipline scientifique maniée par des spécialistes au sein d’institutions.
A l’autre extrême des champs d’application de l’hypnose se trouve le spectacle télévisuel de fascination et de manipulation, mais aussi le développement personnel qui mêle hypnose et croyances ésotériques. En fait tout ce qui pourrait être rassemblé sous le tampon « magie », avec un curseur plus ou moins poussé.
Entre les deux, différentes hypnoses, revendiquant tantôt des croyances spirituelles, tantôt le rapprochement avec l’hypnose institutionnalisée, cherchent leur place.
Ainsi, une grande partie des praticien.ne.s en hypnose éricksonienne se rallient à la tentative de respectabilité d’une hypnose non médicale, par:
l’intégration à des institutions par le biais de collaborations (universités, hôpitaux, recherche scientifique officielle, système pédagogique…)
le développement d’une recherche privée sur l’hypnose : l’hypnologie, en collaboration avec les neurosciences et avec des professionnels institutionnalisés
le développement d’événements qui nourrissent l’institutionnalisation, comme des congrès, avec des invités reconnus par le champ des thérapies. Pour celui de l’Arche en 2017: Giorgio Nardone Directeur du centre de Thérapie Stratégique d’Arezzo / Stanislav Grof Psychiatre, pionnier de la psychologie transpersonnelle / Ernest Rossi Docteur en psychologie, enseignant-chercheur en Neuroscience / Fabrice Midal Philosophe, directeur de l’école occidentale de méditation / Philippe Miras Docteur en chirurgie dentaire, praticien en hypnose ericksonienne / Michel Bitbol Directeur de recherche CNRS aux Archives Husserl, Ecole Normale Supérieure / Mathieu Landry Docteur en neurosciences, chercheur à l’Institut Neurologique, Université McGill, Montréal / Renaud Evrard Maitre de conférence en psychologie clinique / Paul Pyronnet Fondateur et gérant du Paul Pyronnet Institut / David Dupuis Docteur en ethnologie – anthropologie sociale, EHESS. / Valérie Algrain Médecin psychiatre, praticienne en hypnose ericksonienne / Mohamed Aïdi Infirmier, praticien et formateur en hypnose ericksonienne / Denys Coester Médecin anesthésiste-réanimateur formé à l’Hypnose intervenant au bloc opératoire, / Thierry Gallopin Docteur en neurophysiologie, maitre de conférences en Neurophysiologie / Claire Petitmengin Docteur en sciences cognitives, enseignant chercheur sur les méthodes micro-phénoménologiques, / Peter Shuck Médecin psychiatre chef de secteur, praticien en hypnose ericksonienne / Dario Hampi Pakari Psychologue italien, Homme-Médecine de la tradition du Feu Sacré d’Itzachilatlan (FSI) / Hugues Gouzenes Médecin-chercheur, chargé d‘enseignement en psychophysiologie du yoga et de la méditation, chargé d’enseignement en psychomotricité /Alexis Karacostas Psychiatre, Psychothérapeute et Praticien hospitalier.
l’intégration de la PNL à l’hypnose éricksonienne (patterns, vocabulaire), ce qui rapproche la matière hypnotique de la culture d’entreprise et de la culture universitaire
l’adoption des habitus des universités, des entreprises et des laboratoires de recherche (costume, codes de communication « corporate » et/ou universitaires, conceptualisation sur des modèles scientifiques, création d’un vocabulaire propre sur le modèle du vocabulaire scientifique)
mise à distance de tout ce qui peut apparaitre comme ésotérique, magique, mystique… ne pouvant être vérifié
création d’un syndicat des hypnothérapeutes qui vérifie le sérieux de ses membres en demandant des diplômes qui sont reconnus comme valables par les pairs
la mise en place par les réseaux sociaux de systèmes de validation (et d’invalidation) par les pairs (clin d’oeil au groupe Facebook « Hypnose », qui compte plus de 8700 membres)
Peu à peu, un nouveau champ se crée, celui des hypnopraticien.ne.s qui n’ont pas de diplôme médical ni de titre de psychologue, mais qui ont suivi un cursus reconnu comme valable par leurs pairs et par des associations qui sont en voie d’institutionnalisation.
Ce champ tend à se distinguer des écoles d’hypnothérapie et des praticien.ne.s qui donne une place à l’ésotérisme dans leur pratique hypnotique (comme l’hypnose spirituelle, qui permettrait de « contacter les morts« ) et/ou qui pratiquent une hypnose autoritaire.
Ceci est écrit sans jugement… car je fais partie de ce champ de l’hypnose éricksonienne qui cherche la reconnaissance des institutions, étant affiliée au SNH, diplômée par l’Arche, qui enseigne une hypnose éricksonienne PNListe, assidue au cours d’hypnologie, aux colloques, aux rencontres, aux échanges de pratiques et de concepts… et étant défiante à l’égard des croyances mystiques.
Bien sûr, l’utilisation des codes hurluberlus de l’art contemporain, de la connexion avec la nature, voire du néo-chamanisme décalent un peu mon positionnement vers le « pôle magique », même si mes explications sont rationnelles (lisez, par exemple, mon article sur les espaces transitionnels et celui sur les prescriptions de tâche). Comme le fait que travailler en hypnose d’exploration (créer son monde) et en création hypnotique artistique (créer son oeuvre) en plus de l’hypnose pour un mieux être (créer sa vie) colore ma pratique d’un voile de fantaisie… Cela a d’ailleurs été brièvement discuté lors de mon admission au syndicat.
Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:
Longtemps considérée comme un élément à la frontière de la science et de l’occultisme, l’hypnose a mis du temps à se débarrasser des préjugés qui l’entourent pour se refaire une place dans le milieu hospitalier.
L’hypnose à l’hôpital et en cabinet de dentiste permet de réguler l’anxiété et la douleur des patients (par exemple lors des changements de pansement pour les grands brûlés, en cas de douleur chronique, en cas de douleur dentaire…), mais aussi d’opérer sans ou avec moins d’antalgiques.
Certaines opérations se font uniquement sous hypnose, sans anesthésie.
La plupart du temps, l’hypnose est utilisée en combinaison avec une anesthésie locale et éventuellement une légère sédation intraveineuse, pour aider le patient à se détendre sans pour autant le faire dormir. Cette technique est appelée hypnosédation. Pendant l’intervention, l’opéré est surveillé comme pour une anesthésie générale et peut être endormi à tout moment si cela s’avère nécessaire.
Les opérations communes sous hypnosédation sont la chirurgie du sein chez la femme (retrait d’une petite tumeur, amputation du sein, chirurgie esthétique), ablation de la thyroïde, suite d’accident (recoudre une plaie ouverte ou encore enlever une broche placée après la fracture de l’os), chirurgie dentaire… L’opération sous hypnose ne peut pas encore se faire pour un triple pontage.
L’hypnosédation ou l’hypnoalgésie évite les effets secondaires de l’anesthésie classique. Cette méthode est bénéfique à plusieurs niveaux. L’hypnose a pour vocation de calmer l’anxiété due à l’opération et de créer une cohésion entre le patient et le soin apporté. Aussi, lors d’une opération, l’anesthésie peut freiner la circulation sanguine ou encore la cicatrisation. La chirurgie sous hypnose permet de mieux contrôler ces mécanismes et agit même jusqu’au niveau de la salivation. Après l’opération, elle permet aussi une meilleure récupération au patient. Enfin, elle donne un rôle actif au patient.
Notons en effet que le processus hypnotique ne peut se faire sans la collaboration du patient. ll s’agit d’une hypnose permissive et non autoritaire. Marie-Elisabeth Faymonville: « l’hypnose ne remplace pas la médecine classique, mais elle peut être un outil extrêmement utile pour que le patient amène ce qu’il a en lui comme ressources pour améliorer sa situation. Cette participation active, c’est très valorisant pour lui. On lui donne de la force, « empowerment » comme on dit en anglais : on lui donne du pouvoir. Et ça, c’est utile, et peut-être largement sous-estimé dans l’approche classique de la médecine. » Extrait de « Belgique : patients sous hypnose », un reportage diffusé dans « Avenue de l’Europe » le 12 avril 2017.
Le pays en pointe est la Belgique, grâce à Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste pionnière dans le domaine, qui travaille sur l’hypnosédation mais aussi sur le soin par l’hypnose, en apprenant au patient à utiliser au quotidien ses propres ressources, par l’auto-hypnose. Plusieurs hôpitaux français réalisent aussi des opérations sous hypnose.
Un cas spectaculaire: Alama Kanté, chanteuse professionnelle a été opérée sous hypnosédation a chanté tout au long de l’opération. Article de Science et avenir et vidéo de l’opération:
Des recherches s’interrogent également sur l’hypnose comme outil complémentaire pour vaincre certaines maladies, dont le cancer (L’hypnose en oncohématologie ). L’hypnose est aussi utilisée en soins palliatifs, en obstétrique…
Notons que seuls les médecins peuvent soigner par l’hypnose. En accompagnement, chaque praticien.ne en hypnose non médecin permettra à la personne suivie de mieux vivre son traitement médical mais ne se substitue en aucun cas à aux prescriptions du médecin.
Les formations en hypnoanalgésie se multiplient en Europe. Elles sont ouvertes au corps médical. Par exemple, la formation de l’AFEHM, Association française pour l’étude de l’hypnose médicale est ouverte aux médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes et étudiants en fin d’études de médecine. le débat actuel porte notamment sur l’accès aux infirmier.e.s. C’est encore compliqué…
Cependant, des expert.e.s praticien.ne.e.s non médecins, sans titre officiel mais avec une reconnaissance de leurs pairs, sont engagés par des hôpitaux de façon officielle, que ce soit pour gérer le stress des familles de personnes qui viennent de décéder, pour enseigner, superviser…. Par exemple, Pierre-Alain Perez a été nommé, grâce à la grande reconnaissance de la qualité de sa pratique et de son enseignement, « Coordinateur et enseignant principal du diplôme interuniversitaire (DIU) en hypnose Ericksonienne à la faculté de médecine de Paris Est Créteil (UPEC) ». Autre exemple, Yan Vervliet, est engagé comme hypnopraticien à l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay sous Bois, en service de réanimation chirurgicale pour travailler avec le personnel et les patients ainsi que leurs familles (gestion de l’angoisse et recherche médicale sur l’hypnose dans un service de réanimation).
La reconnaissance par les institutions de praticien.ne.s expert.e.s est en route… Il s’agira ensuite, pour l’état, d’inventer de nouveaux statuts des hypnos.
Dans un champ complémentaire au champ médical, la méthode AMPR®(Activation Métaphorique des Processus Régénératifs, par Dominique Espaze et Martine Tual) travaille sur les processus internes au corps qui peuvent être facilités par la mobilisation ouverte de l’imaginaire : cicatrisation, force dusystème immunitaire, réparation osseuse, récupération musculaire et bien d’autres peuvent être renforcés ou accélérés par un travail symbolique ou métaphorique.
Alessandro Donaggio – fine art photography
Association française pour l’étude de l’hypnose médicale: AFEHM
Revue « hypnose et thérapie« , numéro sur la douleur (plusieurs articles intéressants)
Caducée: La relaxation permet de réduire la douleur et l’anxiété des patients durant une opération: L’hypnose et une écoute attentive du patient durant une intervention chirurgicale percutanée diminue la douleur, réduit l’anxiété du malade et assure une bonne stabilité hémodynamique. Des médecins américains publient dans le Lancet les résultats encourageants d’une étude réalisée auprès de 241 patients.
Caducée: L’hypno analgésie. : Sous sa forme la plus simple, c’est l’hypnose dite conversationnelle que l’on utilise. Il s’agit de dialoguer avec le patient pendant que l’on intervient, de manière à détourner son attention vers des sujets qui l’intéressent. Cela marche particulièrement bien avec les enfants. Sous une forme plus élaborée, on aura recours à une véritable transe hypnotique, qui permet de réaliser sous hypno analgésie des gestes qui, sans cela, nécessiteraient une anesthésie générale. Cette technique est de plus en plus utilisée, notamment dans la chirurgie thyroïdienne. Quels que soient les artifices utilisés, la clé du succès de l’anesthésie locale est la mise en confiance du patient ; il convient également d’avoir des gestes très doux, et, surtout, de savoir attendre que la technique anesthésique choisie ait atteint son efficacité maximale.
L’hypnose dans le champ judiciaire belge
Voici un article clair et très complet sur L’hypnose judiciaireen Belgique, par Evelyne Josse, expert en hypnose judiciaire. Voici le sommaire et la conclusion:
« Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. Les faux-souvenirs et le risque d’induire des erreurs par suggestion les incitent à vouloir réformer la méthode. Or, ces biais, inhérents au fonctionnement de notre mémoire, existent pour tout recueil des témoignages.
Les entretiens en hypnose judiciaire doivent être menés par des hypnotistes conscients de ces biais. Ils ne devraient être confiés qu’à des experts rompus à l’usage spécifique de cette technique dans le cadre judiciaire.
En conclusion, l’hypnose est sans conteste une méthode utile dans les enquêtes judiciaires si elle est utilisée avec les précautions nécessaires. Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. »
Contrairement à la Belgique, aucun « expert judiciaire » n’est mandaté pour pratiquer l’hypnose en France. Elle n’est utilisée que dans les cas où cela ne change rien au jugement, comme dans l’affaire Fiona: L’audition potentielle de Cécile Bourgeon ne changera rien à la procédure judiciaire, la mère de Fiona ayant déjà été condamnée en appel. « Notre cliente souhaite simplement apporter une sépulture décente à sa fille », affirment ses avocats au quotidien. « Si notre cliente livre sous hypnose des infos précises, nous les transmettrons au parquet général » pour d’éventuelles recherches, ajoutent-ils. Europe 1: L’hypnose peut-elle servir dans les enquêtes criminelles?
Evelyne Josse, experte en hypnose pour les tribunaux, psychologue, hypnothérapeute et formatrice http://www.resilience-psy.com
L’hypnose dans le champ de la thérapie
En nous connectant avec nous-mêmes, en apprenant à nous servir avec souplesse, sécurité et efficacité de nos potentiels (ressources, création de de solutions), nous allons ailleurs que là où nous mènent les habitudes et les peurs, sortons des schémas répétitifs et améliorons notre existence.
Nos problèmes, s’ils ne sont pas la conséquence d’un contexte présent extérieur grave (foyer violent, maladie incurable, etc.) sont les fruits de notre discours intérieur sur le monde, de notre carte personnelle de ce qui nous entoure, de notre façon d’envisager les choses qui nous semble naturelle, universelle et immuable alors qu’elle est personnelle et peut être modifiée.
En laissant nos affects prendre des formes imaginaires, nous les rencontrons, les transformons, les apprivoisons, les dépassons, les libérons… car chaque peur, joie, honte, etc est le fruit de nos représentations et donc de notre façon de concevoir les choses, orientée par notre imagination.
Quelques applications de l’hypnose thérapeutique:
Gestions des addictions: cigarettes, boulimie, alcool, jeu, FB, sexe…
Gestion du stress, de l’anxiété
gestion de la confiance en soi
Traitement des phobies
Préparation mentale: un casting, examen, compétition, permis de conduire, concert, enregistrement en studio…
Accompagnement pour un changement de vie (retraite, changement de poste…)
Perte de poids, image de soi
Amélioration de la sexualité
Gestion des dépendances affectives
Changement de comportement (mauvaises habitudes, réactions irrationnelles, répétition de schémas destructeurs, colères…)
Troubles du sommeil, gestion de la fatigue
Soulagement de la douleur, des acouphènes, des somatisations
Acceptation de la maladie et travail sur le stress et l’optimisme et/ou sur le confort durant la maladie (car le moral et le stress jouent sur l’amélioration de l’état du corps)
Transformation des liens (deuil, relation toxique, corps transformé par un accident, déménagement, divorce, autonomie…)
Accélération de l’apprentissage d’une langue
Gestion de la procrastination, développement de la réactivité ou proactivité, de la maitrise de soi, de la concentration
La préparation mentale sportive utilise l’hypnose, pour la confiance en soi, la flexibilité mentale, la capacité à apprendre un geste, l’état idéal pour une épreuve, le dépassement d’un blocage, la correction d’un automatisme handicapant, la gestion des réactions émotionnelles, la manière de penser l’épreuve…
Par exemple Jonathan Belgroux, coach sportif de haut niveau et auteur de l’ouvrage Autohypnose et performance sportiveraconte sur son blog qu’il est possible de se servir des altérations sensorielles (voir le trou de golf plus grand, ressentir la balle au ralenti…), ou du silence mental. Dans le pdf en ligne « Mental sport », il explique aux côtés de Kevin Finel comment fonctionne la préparation mentale hypnotique pour les sportifs.
Voici un article de la revue « Hypnose et thérapie » sur l’optimisation des performances des sportifs de haut niveau par l’hypnose.
Comme l’accompagnement d’artistes est la plupart du temps réalisé par des praticien.ne.s qui ont iels-mêmes une pratique artistique professionnelle, les praticien.ne.s en préparation mentale sportive sont la plupart du temps des hypnos qui ont pratiqué ou qui pratiquent le sport à haut niveau.
Bénédicte Kolnik, cavalière et préparatrice sportive (des chevaux et des cavalier.e.s) http://equi-mental.fr
L’accompagnement hypnotique dans le champ des arts contemporains
Aujourd’hui, certain.e.s hypnopraticien.ne.s, qui sont la plupart du temps aussi artistes, accompagnent d’autres artistes dans leur création.
L‘hypnose de préparation mentale artistique optimise les performances de l’artiste, surtout en live (comme pour le sportif). Des instrumentistes, acteurs, danseurs, performers… peuvent ainsi venir en séance pour gérer leur rapport au public, au trac, à la scène, à la mémoire, à la fluidité, à la concentration…
L’hypnose pour la création, quant à elle, travaille sur la créativité, l’inventivité, l’exploration de matériaux, la création d’outils, pour construire un monde à offrir à l’extérieur sous une forme matérielle (film, livre, exposition, pièce de théâtre ou de danse, performance, création sonore…).
Catherine Contour est chorégraphe et danseuse, elle a été la première à développer ce qu’elle a parfaitement nommé « l’outil hypnotique pour la création », au service des créateurs, dans le champ de la danse contemporaine. Son travail personnel de chorégraphe est également en lien avec l’hypnose. Je vous conseille son livre « Une plongée avec Catherine Contour » et les vidéos proposées par Mathieu Bouvier sur les plongées.
John Kino est chorégraphe, comédien et pédagogue, il enseigne également l’hypnose.
Marie Lisel (autrice de cet article): hypnopraticienne, pédagogue et artiste, j’accompagne également des artistes (arts sonores, arts visuels, arts de la scène, cinéma, littérature, arts & sciences…) par l’hypnose, en séances individuelles, sur plateau, en atelier, sur banc de montage, en école d’art…, ou directement en performance. Mon travail de création personnel intègre aussi l’hypnose, en création radiophonique, installation sonore et performance participative et en collaboration avec d’autres artistes.
En création, citons encore le travail de Joris Lacoste, pionnier en ce domaine, avec son magnifique « Au musée du sommeil » (2010), ainsi que les films de Gurwann Tran Van Gie.
Nina Santes photographiée par Mathieu Bouvier Cycle de « plongées » de Catherine Contour, à la Gaîté Lyrique – 2014
L’hypnose éricksonienne dans le champ du spectacle tout public
Certains spectacles mettent le public sous hypnose. Dans ce concept, les concerts sous hypnose (éricksonienne) ont été lancés par Geoffrey Secco et sont repris par d’autres praticien.ne.s.
Les concerts sous hypnose sont une invitation à amplifier ses sens dans un seul et même objectif : ressentir la musique et en apprécier chaque vibration. Le praticien en hypnose et musicien alterne les suggestions et les sons, dans un voyage qui utilise les mêmes techniques éricksoniennes que celles pratiquées en cabinet public par Kevin Finel. Geoffrey Secco et Kevin Finel ont d’ailleurs collaboré dans plusieurs concerts et dans un cabinet public.
Antoine Bioy, professeur d’université, chercheur en hypnose et praticien, explique que « L’hypnose est un état d’éveil paradoxal. L’individu est plongé dans deux activités très distantes : l’absorption de l’attention dans une tâche de travail, et la détente. Et ce paradoxe accroît notre concentration et notre capacité de réception de l’art. »
D’autres pratiques publiques, comme les cabinet public par Kevin Finel, font la démonstration d’une séance devant un auditoire qui n’est pas (complètement) en transe (oui, c’est contagieux! 😉 ).
Concert sous hypnose de Geoffrey Secco
L’hypnose directive dans le champ du spectacle tout public: les fascinateurs
A l’opposé des concerts sous hypnose, les shows des hypnos de spectacle utilisent une hypnose autoritaire et déploient l’armada du fascinateur.
La liste des vidéos montrant des célébrités hypnotisées par Messmer est impressionnante.
Hallucinations, perte de connaissance, oubli du prénom ou de la langue… ses effets hypnotiques sont au service de l’audimat, qui aime le spectaculaire, la peur, la magie.
Les hypnos qui font de la scène ont bien sûr des éthiques différentes selon les personnes. Il existe des hypnos faisant des spectacles tout en veillant au bien-être de leurs sujets. Entre les éricksonien.ne.s et Messmer, il y a une large palette d’hypnose permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…
A l’extrême du pôle « fascination », Messmer utilise l’hypnose autoritaire pour obtenir des effets servant uniquement son succès. Ces effets ne sont pas « ce qui convient au sujet » mais « ce qui convient au spectacle ». Il peut donc y avoir des conséquences négatives sur le sujet, comme un trauma d’accident de la route vécu en hallucination, une angoisse suite à la perte d’identité par une amnésie, un problème musculaire suite à une utilisation du corps au delà de ses possibilités, une honte qui perdure d’avoir réalisé un acte filmé difficile à assumer une fois sortie.e de scène, etc. En ce qui me concerne, je vous déconseille fortement de vous livrer à cette activité qui consiste à laisser un fascinateur vous manipuler en hypnose profonde avec des techniques autoritaires et sans tenir compte de ce qui vous convient. De plus, la sortie de transe est bâclée, certain.e.s ne sont pas réassocié.e.s en sortant de salle.
« Tapez dans google « Messmer accident », il y a quelques récits, dont celui-ci (un homme reste « calé » en transe) ou celui-là (un policier est hypnotisé en gardant son arme)
Sous hypnose, nous faisons l’expérience de l’accident (d’avion, de voiture ou autre), ce qui peut laisser un trauma
Comment ça marche?
Des tests de suggestibilité poussés pour sélectionner les sujets les plus enclins à jouer le jeu
Une préparation en hypnose profonde, avant la scène, pour poser des ancrages (« quand je te serrerai la main comme ça tu tomberas dans un sommeil profond »)
L’autorité du fascinateur (ancrage sur sa personne, son regard, sa voix), vu partout à la télé, avec des émissions montrant des « preuves » de son efficacité et avec une position haute (le Maitre qui n’a qu’à poser le regard ou la main pour que…)
Un accompagnement audio-visuel qui appelle le grandiose et le suspens: décor, musique, lumières et des commentaires appelant les croyances magiques
Et… le désir des sujets de faire partie d’une chronique qui va faire des vues sur Youtube ou le désir de vivre « un truc de ouf » ou le désir de réaliser un truc socialement inacceptable sans en endosser la responsabilité (laissée à l’hypno plutôt qu’à l’alcool).
L’hypnose de rue
La street hypnose ou hypnose de rue recèle le meilleur comme le pire.
Le site français de référence relève autant les questions techniques qu’éthiques. Le responsable du site Street Hypnose, Jean-Emmanuel Combe, s’est d’ailleurs formé à la PNL (Programmation Neuro Linguistique), l’hypnose thérapeutique et l’hypnose médicale. Il prône la bienveillance et le respect au détriment du spectacle.
Des thérapeutes se forment aussi en street hypnose pour acquérir des outils rapides de l’hypnose classique ou font de la street hypnose pour promouvoir une association comme les hypnos du coeur.
La street hypnose peut donc être éthique et même devenir un outil pour les thérapeutes.
A l’inverse, certains streeteux sont des brutes sans scrupules qui ont appris des « trucs d’hypnose » sur youtube et qui aiment faire littéralement tomber les filles… C’est une pratique qui peut dégénérer. En Picardie, une lycéenne a par exemple fait des malaises sur la voie publique après une séance mal maîtrisée.
Entre les deux… il y a les maladresses… car l’hypnose est un outil puissant et l’utiliser sans connaissance approfondie n’est pas sans danger.
Autre réflexion : j’ai cherché longtemps une photo de femme street-hypno et je n’en n’ai pas trouvé…
Une émission d’Envoyé Spécial est un éclairage intéressant.
Autres champs?
L’hypnose éricksonienne permet de déployer son potentiel et de vivre une expérience autrement… de nombreux champs gagnent dès lors à faire alliance avec elle.
A nouveau, il est important de déceler de quelle hypnose il s’agit: permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…
Exploration queer (avec un.e représentant.e de la communauté queer et moi)
Fantasme (voyez ma création radiophonique Fantasmes et projet d’installation sonore fantasmatique)
Image: Dominique Goblet
Sexualité: dans ce domaine, l’on trouve autant des fascinateurs autoritaires (majoritairement des hommes qui hypnotisent des femmes qui acceptent d’être manipulées pour le show, notamment dans les clubs libertins, cette discipline est bien plus développée en Allemagne qu’en France) que des accompagnant.e.s éricksonnien.e.s (là, ça se passe en cabinet, avec l’hypnose permissive pour un mieux être et en séance de préparation, pas en action).
Je termine par le pire: la drague (toujours des hommes qui hypnotisent des femmes, cette fois sans les prévenir). Les propos et les formations des Pick-Up-Artists sont au summum de l’utilisation perverse des outils PNL et hypnose. VOMIR!
Le témoignage d’une personne inflitrée chez les machos: https://lisefeeministe.wordpress.com/2013/09/12/temoignage-jai-infiltre-les-pua/
…de nombreux champs sont ouverts… il suffit d’oser… et de bien se renseigner!
Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:
Conférences, exposés, interventions théoriques ou théorico-pratiques (je n’ai pas encore tenté la conférence gesticulée)… complètent les workshops/ateliers.
J’aime parler en public et transmettre ce qui me passionne. Cela n’est pas nouveau, j’ai en effet été enseignante durant pas mal d’années (pour des ados de 16-19 ans), ainsi que personne ressource pour le service pédagogique d’une université ou encore membre du bureau d’associations organisant des événements en art contemporain et en arts sonores.
Les exposés que je présente sont réalisés sur mesure, pour répondre à un contexte et à un public particulier.
Quelques thématiques:
La transe hypnotique: pratiques et questions de recherche
Les hypnoses d’hier et d’aujourd’hui, un peu d’histoire et de sociologie
Des pratiques hypnotiques entre magie et science
La sorcière contemporaine et l’hypnotiseuse: quelles représentations, quels enjeux?
Comment utiliser les croyances tout en restant sceptique?
L’imaginal: tout un monde, entre monde sensible et monde intelligible
Créer sa vie par l’hypnose: comment se réinventer?
Augmenter le champ de la création par l’hypnose: quelques axes
Hypnose & queer: vers la création de soi
Hypnose & art: vers la création d’oeuvre
Hypnose & exploration: vers l’augmentation de mon monde
Hypnose, art & queer: indéterminations, jeux, issues
Rêves nocturnes, rêves lucides, rêveries et rêves éveillés: théorie et pratique
Réapprendre à rêver… pourquoi? Comment?
Pourquoi se connecter à l’état animal?
Comment créer l’état idéal pour une intention particulière?
Communiquer avec son corps? Comment? Pour quoi faire?
Jouer avec les croyances pour aller vers son intention: hasards et synchronicités
Créer la synesthésie par l’hypnose
L’espace transitionnel augmenté par l’hypnose
Association et dissociation (et trissociation…) des dividus de mon individu: hypnose et mondes virtuels
Qui est/sont « je »? L’hypnose au service de l’exploration et de la conciliation de (ses) soi(s)
…
Ces interventions sont soit purement théoriques, soit mêlées à quelques exercices pratiques réalisables en auditoire, soit suivies d’un atelier ou d’une performance participative.
N’hésitez pas à me proposer une intervention dans le cadre de festivals, ateliers, colloques…
De façon générale,l’hypnose continue à se situer dans différents champs dont les extrêmes sont difficilement compatibles. Entre les opérations chirurgicales, les shows télévisés, les transformations thérapeutiques, l’augmentation des performances sportives relatées par les médias et les récits de manipulation racontés par le cinéma, la littérature, la BD… les projections s’entremêlent.
Le champ thérapeutique, lui, occupe le champ intermédiaire entre science et « magie », avec des écoles et des praticiens proches des hôpitaux, de la recherche scientifique, des universités, des écoles, voire des tribunaux… et d’autres plus proches de pratiques spirituelles (ou carrément ésotériques).
L’hypnose éricksonienne est l’une des hypnoses thérapeutiques qui est en voie d’institutionnalisation. Pour davantage de détails, voyez la page consacrée aux champs hypnotiques.
En guise d’introduction, je rejoinsla présentation très claire d’Antoine Garnier, l’un des formateurs en hypnose éricksonienne les plus reconnus en francophonie. N’hésitez pas à vous plonger dans sa chaine youtube.
Et, de façon pratique, voici ma synthèse concernant l’hypnose post-éricksonienne:
dissociation: elle est un moyen de communication thérapeutique qui exploite les capacités naturelles du sujet à se dissocier de la réalité extérieure et à se centrer sur son monde intérieur (a dissociation provoquée est indispensable à l’état d’hypnose: il s’agit d’être là tout en étant ailleurs, sans perdre pour autant le contrôle de la réalité)
EMC: l’état d’hypnose peut être léger ou plus profond (il n’y a pas de corrélation entre la profondeur de transe et l’efficacité de l’hypnose)
ressources: elle facilite l’émergence des ressources et compétences par des expériences inaccessibles à la conscience et permet au sujet de les explorer sans restriction, grâce à la suspension du contrôle de l’état de veille. Le sujet crée sa solution, ce n’est pas le thérapeutique la lui donne. Chacun dispose en soi des ressources nécessaires pour résoudre les difficultés qui l’amènent en thérapie.
recadrage: elle permet au sujet d’effectuer des recadrages de sa perception et de son interprétation de sa situation, de reconsidérer les événements à partir d’autres points de vue, à voir et à ressentir autrement les données du problème, à sortir des automatismes et habitudes, à changer ses croyances, à envisager de nouvelles solutions
présent: elle s’intéresse à la solution actuelle et non au « pourquoi » du passé
suggestibilité: elle met le sujet dans un état élevé de suggestibilité (elle permet au sujet d’expérimenter des suggestions sans le forcer)
liberté: elle est permissive, elle respecte le libre-arbitre du sujet qui peut à tout moment interrompre sa concentration intérieure et ne se trouve jamais sous l’emprise du thérapeute, qui respecte ses choix même s’ils entretiennent les symptômes.
autonomie: le sujet est actif dans sa transformation et acquiert des outils d’autohypnose qui lui permettront de poursuivre le travail ultérieurement
accompagnement: la tâche du thérapeute est d’établir une alliance thérapeutique (établir la confiance et faire équipe) et de s’adapter au monde du sujet (son langage, ses canaux de communication privilégiés, ses représentations, son fonctionnement affectif, ses métaphores) pour répondre à la demande d’aide posée. L’hypnose éricksonienne repose sur la collaboration entre l’expert du problème (le sujet) et l’expert de la technique (le thérapeute)
4 phases: 1: construction de l’alliance thérapeutique et définition de l’objectif (attentes, stratégie de changement) / 2: induction de la transe hypnotique où le sujet atteint un état de conscience modifié / 3: travail thérapeutique / 4: réassociation et retour à l’état de veille + vérification
Autres outils associés: la PNl, la prescription de tâche et autres techniques sont souvent utilisées en association avec l’hypnose éricksonienne
Ma pratique est aussi largement inspirée de François Roustang.
Ensuite, pour tenter d’y voir clair, je vous propose de visiter différentes pages de ce site, chacune pourvue de nombreux liens externes: