22 janvier: par visio, pour le WIELS (Bruxelles): « La dernière table ronde d’Eden Studies propose une soirée d’exploration des notions d’effet de présence et d’expérience limite. Anaïs Chabeur et Laure Cottin Stefanelli interrogent dans leurs pratiques les relations entre conscience et enveloppe, fiction, enchantement et projection. Leurs invité.e.s Emmanuel Grimaud et Marie Lisel proposeront des interventions pour aller plus loin dans cette quête des frontières. »
Printemps: ouverture de l’exposition Magies au Museum de Toulouse: j’y propose, en collaborationa avec Valérie Vivancos, un parcours hypnotique audio au coeur de l’exposition.
3 mars 2021, 18h30: conférence au Museum de Toulouse, avec Céline du Chene: « Sorcières contemporaines: Du mouvement spirituel Wicca en plein essor aux USA, aux pratiques activistes féministes, la sorcière est devenue une figure du féminin contemporain. La sorcellerie s’entremêle avec de nouvelles spiritualités, luttes politiques et combat LGBTQI+. Source de fierté et réappropriation de la puissance féminine. »
2 avril: soirée poésie, à Lille, performance avec Florentine Rey (reporté, covidtime)
24 avril: ISELP (Bruxelles), invitation de Lucille Calmel: festival international de performance trouble (reporté, covidtime)
Prochain projet radiophonique, La 6ème dimension (avec l’aide de la subvention Gulliver, en partenariat avec la RTBF (Par Ouï-Dire), la RTS (Le Labo) et France Culture), 2020.
Stage de danse co-animé avec Lise Casazza, juin 2021
Participation à l’exposition MagieS au Museum d’histoire Naturelle de Toulouse (A partir du 18 décembre 2020) par l’installation d’un parcours hypnotique au coeur de l’exposition. REPORTE
Participation à Bruxelles, automne 2020, aux rencontres autour des recherches de Lucille Calmel, sur la performance avec-pour-par des animaux et de la communication inter-espèces, « l’animal que donc je suis. Art de la performance & animaux, » recherche soutenue par le fonds national de la recherche scientifique / fonds de recherche en art – Belgique en collaboration avec l’ESA Le 75 et l’ENSAV La Cambre, 2019-2020 REPORTE
Participation aux recherches hypnotiques sur plateau (La Balsamine, Bruxelles, septembre 2020), pour le projet « The Edge », de Gaétan Rusquet.
Performances participatives « Sorcières » au Festival Mondes Possibles, de SPEAP aux Amandiers (le 13/05/2018)
Intervention conférence « La transe hypnotique : pratiques et questions de recherche », lors de l’atelier « Etats-limites de l’humain » du jeudi 18 octobre 2018, pour l’IHEST, l’Institut des Hautes Etudes pour la science et la technologie (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)
Création sonoreFantasmes (52’41s, 2018, Halolalune Production, avec l’aide du Fond d’Aide à la Création Radiophonique de la CFWB)
Performance de dessin sous hypnose de Fabrice Cazenave, dans le cadre du programme de recherche DDD « Dessein, Dessin, Design : fabrique médiatique de l’histoire » d’Agnès Callu (Voir l’article sur la performance privée du 19 mars 2018 et le film sur le site de Fabrice )
Seance de préparation à l’écriture pour une production 2019 du Théâtre de la mesure (séance préparatoire à « Je suis une poule », dans « Animalogies: Les animaux sont partout », mise en scène de Benjamin Abitan, expliqué ici sur France Culture).
2017
Recherche hypnotique sur plateau (2 jours) dans le projet Boundary Games de Léa Drouet (2018, Théâtre Les Tanneurs dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts)
Création sonoreAgogies(16’50s, 2017, co-autrice avec Daniel Martin-Borret, autoproduction, mention au Prix Phonurgia 2017)
Autrice d’un texte dans un catalogue d’artiste, Frictions et cri de soie (2017), de João Vilhena,
2016-2013
Invitée dans l’expositionGoudron Pressage Sillon Tympan(immersion sonore et visuelle, exposition personnelle, Centre Georges Pompidou, Paris 2016), par Stéphane Blanquet, qui a gravé l’une de mes miniatures électroacoustiques sur un vinyle à mixer.
Création sonorebOa (44’33s, 2016, production ACSR, avec l’aide du Fonds d’aide à la création radio de la communauté-française-wallonie-Bruxelles -> FACR)
Différents accompagnements individuels pour des projets artistiques sous le statut de séance individuelle confidentielle, je ne donne pas de nom).
EN QUELQUES MOTS
Maitre praticienne en hypnose éricksonienne, également certifiée en RITMO, hypnose conversationnelle, psychopathologie, à l’Arche et en formation continue dans différents domaines
Pratique en individuel et en groupe, en cabinet, dans la nature, sur plateau de théâtre…
Fondatrice de la méthode REAH (« rêve éveillé augmenté par l’hypnose », que j’enseigne à mes collègues)
Artiste en son et en performance
Exploratrice – du corps, des transes, de la voix, des magies –
L’histoire de l’hypnose a longuement oscillé entre le champ médical et le champ de l’ésotérisme, du magique, du spectaculaire. Aujourd’hui, cette opposition continue à diviser.
L’hypnose a refait son entrée dans les hôpitaux, en tant qu’outil pour gérer l’anxiété et la douleur. Elle est aussi utilisée dans les tribunaux en Belgique. Dans ces deux domaines, de nombreuses cautions – universités, hôpitaux, association de médecins et de dentistes, experts judiciaires, recherche en neurosciences, associations légales, congrès internationaux… valident son sérieux et lui permettent d’être acceptée comme une discipline scientifique maniée par des spécialistes au sein d’institutions.
A l’autre extrême des champs d’application de l’hypnose se trouve le spectacle télévisuel de fascination et de manipulation, mais aussi le développement personnel qui mêle hypnose et croyances ésotériques. En fait tout ce qui pourrait être rassemblé sous le tampon « magie », avec un curseur plus ou moins poussé.
Entre les deux, différentes hypnoses, revendiquant tantôt des croyances spirituelles, tantôt le rapprochement avec l’hypnose institutionnalisée, cherchent leur place.
Ainsi, une grande partie des praticien.ne.s en hypnose éricksonienne se rallient à la tentative de respectabilité d’une hypnose non médicale, par:
l’intégration à des institutions par le biais de collaborations (universités, hôpitaux, recherche scientifique officielle, système pédagogique…)
le développement d’une recherche privée sur l’hypnose : l’hypnologie, en collaboration avec les neurosciences et avec d’autres professionnels institutionnalisés
le développement d’événements qui nourrissent l’institutionnalisation, comme des congrès, avec des invités reconnus par le champ des thérapies. Pour celui de l’Arche en 2017: Giorgio Nardone Directeur du centre de Thérapie Stratégique d’Arezzo / Stanislav Grof Psychiatre, pionnier de la psychologie transpersonnelle / Ernest Rossi Docteur en psychologie, enseignant-chercheur en Neuroscience / Fabrice Midal Philosophe, directeur de l’école occidentale de méditation / Philippe Miras Docteur en chirurgie dentaire, praticien en hypnose ericksonienne / Michel Bitbol Directeur de recherche CNRS aux Archives Husserl, Ecole Normale Supérieure / Mathieu Landry Docteur en neurosciences, chercheur à l’Institut Neurologique, Université McGill, Montréal / Renaud Evrard Maitre de conférence en psychologie clinique / Paul Pyronnet Fondateur et gérant du Paul Pyronnet Institut / David Dupuis Docteur en ethnologie – anthropologie sociale, EHESS. / Valérie Algrain Médecin psychiatre, praticienne en hypnose ericksonienne / Mohamed Aïdi Infirmier, praticien et formateur en hypnose ericksonienne / Denys Coester Médecin anesthésiste-réanimateur formé à l’Hypnose intervenant au bloc opératoire, / Thierry Gallopin Docteur en neurophysiologie, maitre de conférences en Neurophysiologie / Claire Petitmengin Docteur en sciences cognitives, enseignant chercheur sur les méthodes micro-phénoménologiques, / Peter Shuck Médecin psychiatre chef de secteur, praticien en hypnose ericksonienne / Dario Hampi Pakari Psychologue italien, Homme-Médecine de la tradition du Feu Sacré d’Itzachilatlan (FSI) / Hugues Gouzenes Médecin-chercheur, chargé d‘enseignement en psychophysiologie du yoga et de la méditation, chargé d’enseignement en psychomotricité /Alexis Karacostas Psychiatre, Psychothérapeute et Praticien hospitalier.
l’intégration de la PNL à l’hypnose éricksonienne (patterns, vocabulaire), ce qui rapproche la matière hypnotique de la culture d’entreprise et de la culture universitaire
l’adoption des habitus des universités, des entreprises et des laboratoires de recherche (costume, codes de communication « corporate » et/ou universitaires, conceptualisation sur des modèles scientifiques, création d’un vocabulaire propre sur le modèle du vocabulaire scientifique)
mise à distance de tout ce qui peut apparaitre comme ésotérique, magique, mystique… ne pouvant être vérifié
création d’un syndicat des hypnothérapeutes qui vérifie le sérieux de ses membres en demandant des diplômes qui sont reconnus comme valables par les pairs
la mise en place par les réseaux sociaux de systèmes de validation (et d’invalidation) par les pairs (clin d’oeil au groupe Facebook « Hypnose », qui compte plus de 8700 membres)
Peu à peu, un nouveau champ se crée, celui des hypnopraticien.ne.s qui n’ont pas de diplôme médical ni de titre de psychologue, mais qui ont suivi un cursus reconnu comme valable par leurs pairs et par des associations qui sont en voie d’institutionnalisation.
Ce champ tend à se distinguer des écoles d’hypnothérapie et des praticien.ne.s qui donne une place à l’ésotérisme dans leur pratique hypnotique (comme l’hypnose spirituelle, qui permettrait de « contacter les morts« ) et/ou qui pratiquent une hypnose autoritaire.
Ceci est écrit sans jugement… car je fais partie de ce champ de l’hypnose éricksonienne qui cherche la reconnaissance des institutions, étant affiliée au SNH, diplômée par l’Arche, qui enseigne une hypnose éricksonienne PNListe, assidue au cours d’hypnologie, aux colloques, aux rencontres, aux échanges de pratiques et de concepts… et étant défiante à l’égard des croyances mystiques.
Bien sûr, l’utilisation des codes hurluberlus de l’art contemporain, de la connexion avec la nature, voire du néo-chamanisme décalent un peu mon positionnement vers le « pôle magique », même si mes explications sont rationnelles (lisez, par exemple, mon article sur les espaces transitionnels et celui sur les prescriptions de tâche). Comme le fait que travailler en hypnose d’exploration (créer son monde) et en création hypnotique artistique (créer son oeuvre) en plus de l’hypnose pour un mieux être (créer sa vie) colore ma pratique d’un voile de fantaisie… Cela a d’ailleurs été brièvement discuté lors de mon admission au syndicat.
Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:
Longtemps considérée comme un élément à la frontière de la science et de l’occultisme, l’hypnose a mis du temps à se débarrasser des préjugés qui l’entourent pour se refaire une place dans le milieu hospitalier.
L’hypnose à l’hôpital et en cabinet de dentiste permet de réguler l’anxiété et la douleur des patients (par exemple lors des changements de pansement pour les grands brûlés, en cas de douleur chronique, en cas de douleur dentaire…), mais aussi d’opérer sans ou avec moins d’antalgiques.
Certaines opérations se font uniquement sous hypnose, sans anesthésie.
La plupart du temps, l’hypnose est utilisée en combinaison avec une anesthésie locale et éventuellement une légère sédation intraveineuse, pour aider le patient à se détendre sans pour autant le faire dormir. Cette technique est appelée hypnosédation. Pendant l’intervention, l’opéré est surveillé comme pour une anesthésie générale et peut être endormi à tout moment si cela s’avère nécessaire.
Les opérations communes sous hypnosédation sont la chirurgie du sein chez la femme (retrait d’une petite tumeur, amputation du sein, chirurgie esthétique), ablation de la thyroïde, suite d’accident (recoudre une plaie ouverte ou encore enlever une broche placée après la fracture de l’os), chirurgie dentaire… L’opération sous hypnose ne peut pas encore se faire pour un triple pontage.
L’hypnosédation ou l’hypnoalgésie évite les effets secondaires de l’anesthésie classique. Cette méthode est bénéfique à plusieurs niveaux. L’hypnose a pour vocation de calmer l’anxiété due à l’opération et de créer une cohésion entre le patient et le soin apporté. Aussi, lors d’une opération, l’anesthésie peut freiner la circulation sanguine ou encore la cicatrisation. La chirurgie sous hypnose permet de mieux contrôler ces mécanismes et agit même jusqu’au niveau de la salivation. Après l’opération, elle permet aussi une meilleure récupération au patient. Enfin, elle donne un rôle actif au patient.
Notons en effet que le processus hypnotique ne peut se faire sans la collaboration du patient. ll s’agit d’une hypnose permissive et non autoritaire. Marie-Elisabeth Faymonville: « l’hypnose ne remplace pas la médecine classique, mais elle peut être un outil extrêmement utile pour que le patient amène ce qu’il a en lui comme ressources pour améliorer sa situation. Cette participation active, c’est très valorisant pour lui. On lui donne de la force, « empowerment » comme on dit en anglais : on lui donne du pouvoir. Et ça, c’est utile, et peut-être largement sous-estimé dans l’approche classique de la médecine. » Extrait de « Belgique : patients sous hypnose », un reportage diffusé dans « Avenue de l’Europe » le 12 avril 2017.
Le pays en pointe est la Belgique, grâce à Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste pionnière dans le domaine, qui travaille sur l’hypnosédation mais aussi sur le soin par l’hypnose, en apprenant au patient à utiliser au quotidien ses propres ressources, par l’auto-hypnose. Plusieurs hôpitaux français réalisent aussi des opérations sous hypnose.
Un cas spectaculaire: Alama Kanté, chanteuse professionnelle a été opérée sous hypnosédation a chanté tout au long de l’opération. Article de Science et avenir et vidéo de l’opération:
Des recherches s’interrogent également sur l’hypnose comme outil complémentaire pour vaincre certaines maladies, dont le cancer (L’hypnose en oncohématologie ). L’hypnose est aussi utilisée en soins palliatifs, en obstétrique…
Notons que seuls les médecins peuvent soigner par l’hypnose. En accompagnement, chaque praticien.ne en hypnose non médecin permettra à la personne suivie de mieux vivre son traitement médical mais ne se substitue en aucun cas à aux prescriptions du médecin.
Les formations en hypnoanalgésie se multiplient en Europe. Elles sont ouvertes au corps médical. Par exemple, la formation de l’AFEHM, Association française pour l’étude de l’hypnose médicale est ouverte aux médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes et étudiants en fin d’études de médecine. le débat actuel porte notamment sur l’accès aux infirmier.e.s. C’est encore compliqué…
Cependant, des expert.e.s praticien.ne.e.s non médecins, sans titre officiel mais avec une reconnaissance de leurs pairs, sont engagés par des hôpitaux de façon officielle, que ce soit pour gérer le stress des familles de personnes qui viennent de décéder, pour enseigner, superviser…. Par exemple, Pierre-Alain Perez a été nommé, grâce à la grande reconnaissance de la qualité de sa pratique et de son enseignement, « Coordinateur et enseignant principal du diplôme interuniversitaire (DIU) en hypnose Ericksonienne à la faculté de médecine de Paris Est Créteil (UPEC) ». Autre exemple, Yan Vervliet, est engagé comme hypnopraticien à l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay sous Bois, en service de réanimation chirurgicale pour travailler avec le personnel et les patients ainsi que leurs familles (gestion de l’angoisse et recherche médicale sur l’hypnose dans un service de réanimation).
La reconnaissance par les institutions de praticien.ne.s expert.e.s est en route… Il s’agira ensuite, pour l’état, d’inventer de nouveaux statuts des hypnos.
Dans un champ complémentaire au champ médical, la méthode AMPR®(Activation Métaphorique des Processus Régénératifs, par Dominique Espaze et Martine Tual) travaille sur les processus internes au corps qui peuvent être facilités par la mobilisation ouverte de l’imaginaire : cicatrisation, force dusystème immunitaire, réparation osseuse, récupération musculaire et bien d’autres peuvent être renforcés ou accélérés par un travail symbolique ou métaphorique.
Alessandro Donaggio – fine art photography
Association française pour l’étude de l’hypnose médicale: AFEHM
Revue « hypnose et thérapie« , numéro sur la douleur (plusieurs articles intéressants)
Caducée: La relaxation permet de réduire la douleur et l’anxiété des patients durant une opération: L’hypnose et une écoute attentive du patient durant une intervention chirurgicale percutanée diminue la douleur, réduit l’anxiété du malade et assure une bonne stabilité hémodynamique. Des médecins américains publient dans le Lancet les résultats encourageants d’une étude réalisée auprès de 241 patients.
Caducée: L’hypno analgésie. : Sous sa forme la plus simple, c’est l’hypnose dite conversationnelle que l’on utilise. Il s’agit de dialoguer avec le patient pendant que l’on intervient, de manière à détourner son attention vers des sujets qui l’intéressent. Cela marche particulièrement bien avec les enfants. Sous une forme plus élaborée, on aura recours à une véritable transe hypnotique, qui permet de réaliser sous hypno analgésie des gestes qui, sans cela, nécessiteraient une anesthésie générale. Cette technique est de plus en plus utilisée, notamment dans la chirurgie thyroïdienne. Quels que soient les artifices utilisés, la clé du succès de l’anesthésie locale est la mise en confiance du patient ; il convient également d’avoir des gestes très doux, et, surtout, de savoir attendre que la technique anesthésique choisie ait atteint son efficacité maximale.
Voici un article clair et très complet sur L’hypnose judiciaireen Belgique, par Evelyne Josse, expert en hypnose judiciaire. Voici le sommaire et la conclusion:
« Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. Les faux-souvenirs et le risque d’induire des erreurs par suggestion les incitent à vouloir réformer la méthode. Or, ces biais, inhérents au fonctionnement de notre mémoire, existent pour tout recueil des témoignages.
Les entretiens en hypnose judiciaire doivent être menés par des hypnotistes conscients de ces biais. Ils ne devraient être confiés qu’à des experts rompus à l’usage spécifique de cette technique dans le cadre judiciaire.
En conclusion, l’hypnose est sans conteste une méthode utile dans les enquêtes judiciaires si elle est utilisée avec les précautions nécessaires. Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. »
Contrairement à la Belgique, aucun « expert judiciaire » n’est mandaté pour pratiquer l’hypnose en France. Elle n’est utilisée que dans les cas où cela ne change rien au jugement, comme dans l’affaire Fiona: L’audition potentielle de Cécile Bourgeon ne changera rien à la procédure judiciaire, la mère de Fiona ayant déjà été condamnée en appel. « Notre cliente souhaite simplement apporter une sépulture décente à sa fille », affirment ses avocats au quotidien. « Si notre cliente livre sous hypnose des infos précises, nous les transmettrons au parquet général » pour d’éventuelles recherches, ajoutent-ils. Europe 1: L’hypnose peut-elle servir dans les enquêtes criminelles?
Evelyne Josse, experte en hypnose pour les tribunaux, psychologue, hypnothérapeute et formatrice http://www.resilience-psy.com
L’hypnose dans le champ de la thérapie
En nous connectant avec nous-mêmes, en apprenant à nous servir avec souplesse, sécurité et efficacité de nos potentiels (ressources, création de de solutions), nous allons ailleurs que là où nous mènent les habitudes et les peurs, sortons des schémas répétitifs et améliorons notre existence.
Nos problèmes, s’ils ne sont pas la conséquence d’un contexte présent extérieur grave (foyer violent, maladie incurable, etc.) sont les fruits de notre discours intérieur sur le monde, de notre carte personnelle de ce qui nous entoure, de notre façon d’envisager les choses qui nous semble naturelle, universelle et immuable alors qu’elle est personnelle et peut être modifiée.
En laissant nos affects prendre des formes imaginaires, nous les rencontrons, les transformons, les apprivoisons, les dépassons, les libérons… car chaque peur, joie, honte, etc est le fruit de nos représentations et donc de notre façon de concevoir les choses, orientée par notre imagination.
Quelques applications de l’hypnose thérapeutique:
Gestions des addictions: cigarettes, boulimie, alcool, jeu, FB, sexe…
Gestion du stress, de l’anxiété
gestion de la confiance en soi
Traitement des phobies
Préparation mentale: un casting, examen, compétition, permis de conduire, concert, enregistrement en studio…
Accompagnement pour un changement de vie (retraite, changement de poste…)
Perte de poids, image de soi
Amélioration de la sexualité
Gestion des dépendances affectives
Changement de comportement (mauvaises habitudes, réactions irrationnelles, répétition de schémas destructeurs, colères…)
Troubles du sommeil, gestion de la fatigue
Soulagement de la douleur, des acouphènes, des somatisations
Acceptation de la maladie et travail sur le stress et l’optimisme et/ou sur le confort durant la maladie (car le moral et le stress jouent sur l’amélioration de l’état du corps)
Transformation des liens (deuil, relation toxique, corps transformé par un accident, déménagement, divorce, autonomie…)
Accélération de l’apprentissage d’une langue
Gestion de la procrastination, développement de la réactivité ou proactivité, de la maitrise de soi, de la concentration
La préparation mentale sportive utilise l’hypnose, pour la confiance en soi, la flexibilité mentale, la capacité à apprendre un geste, l’état idéal pour une épreuve, le dépassement d’un blocage, la correction d’un automatisme handicapant, la gestion des réactions émotionnelles, la manière de penser l’épreuve…
Par exemple Jonathan Belgroux, coach sportif de haut niveau et auteur de l’ouvrage Autohypnose et performance sportiveraconte sur son blog qu’il est possible de se servir des altérations sensorielles (voir le trou de golf plus grand, ressentir la balle au ralenti…), ou du silence mental. Dans le pdf en ligne « Mental sport », il explique comment fonctionne la préparation mentale hypnotique pour les sportifs.
Voici un article de la revue « Hypnose et thérapie » sur l’optimisation des performances des sportifs de haut niveau par l’hypnose.
Comme l’accompagnement d’artistes est la plupart du temps réalisé par des praticien.ne.s qui ont iels-mêmes une pratique artistique professionnelle, les praticien.ne.s en préparation mentale sportive sont la plupart du temps des hypnos qui ont pratiqué ou qui pratiquent le sport à haut niveau.
Bénédicte Kolnik, cavalière et préparatrice sportive (des chevaux et des cavalier.e.s) http://equi-mental.fr
L’accompagnement hypnotique dans le champ des arts contemporains
Aujourd’hui, certain.e.s hypnopraticien.ne.s, qui sont la plupart du temps aussi artistes, accompagnent d’autres artistes dans leur création.
L‘hypnose de préparation mentale artistique optimise les performances de l’artiste, surtout en live (comme pour le sportif). Des instrumentistes, acteurs, danseurs, performers… peuvent ainsi venir en séance pour gérer leur rapport au public, au trac, à la scène, à la mémoire, à la fluidité, à la concentration…
L’hypnose pour la création, quant à elle, travaille sur la créativité, l’inventivité, l’exploration de matériaux, la création d’outils, pour construire un monde à offrir à l’extérieur sous une forme matérielle (film, livre, exposition, pièce de théâtre ou de danse, performance, création sonore…).
Catherine Contour est chorégraphe et danseuse, elle a été la première à développer ce qu’elle a parfaitement nommé « l’outil hypnotique pour la création », au service des créateurs, dans le champ de la danse contemporaine. Son travail personnel de chorégraphe est également en lien avec l’hypnose. Je vous conseille son livre « Une plongée avec Catherine Contour » et les vidéos proposées par Mathieu Bouvier sur les plongées.
John Kino est chorégraphe, comédien et pédagogue, il enseigne également l’hypnose.
Marie Lisel (autrice de cet article): hypnopraticienne, pédagogue et artiste, j’accompagne également des artistes (arts sonores, arts visuels, arts de la scène, cinéma, littérature, arts & sciences…) par l’hypnose, en séances individuelles, sur plateau, en atelier, sur banc de montage, en école d’art…, ou directement en performance. Mon travail de création personnel intègre aussi l’hypnose, en création radiophonique, installation sonore et performance participative et en collaboration avec d’autres artistes.
En création, citons encore le travail de Joris Lacoste, pionnier en ce domaine, avec son magnifique « Au musée du sommeil » (2010), ainsi que les films de Gurwann Tran Van Gie, et le travail de Violaine Lochu.
Nina Santes photographiée par Mathieu Bouvier Cycle de « plongées » de Catherine Contour, à la Gaîté Lyrique – 2014
L’hypnose éricksonienne dans le champ du spectacle tout public
Certains spectacles mettent le public sous hypnose. Dans ce concept, les concerts sous hypnose (éricksonienne) ont été lancés par Geoffrey Secco et sont repris par d’autres praticien.ne.s.
Les concerts sous hypnose sont une invitation à amplifier ses sens dans un seul et même objectif : ressentir la musique et en apprécier chaque vibration. Le praticien en hypnose et musicien alterne les suggestions et les sons, dans un voyage qui utilise les mêmes techniques éricksoniennes que celles pratiquées en cabinet public par Kevin Finel. Geoffrey Secco et Kevin Finel ont d’ailleurs collaboré dans plusieurs concerts et dans un cabinet public.
Antoine Bioy, professeur d’université, chercheur en hypnose et praticien, explique que « L’hypnose est un état d’éveil paradoxal. L’individu est plongé dans deux activités très distantes : l’absorption de l’attention dans une tâche de travail, et la détente. Et ce paradoxe accroît notre concentration et notre capacité de réception de l’art. »
D’autres pratiques, comme les cabinets publics par Kevin Finel, font la démonstration d’une séance devant un auditoire qui n’est pas – complètement – en transe (oui, c’est contagieux! 😉 ).
Concert sous hypnose de Geoffrey Secco
L’hypnose directive dans le champ du spectacle tout public: les fascinateurs
A l’opposé des concerts sous hypnose, les shows des hypnos de spectacle utilisent une hypnose autoritaire et déploient l’armada du fascinateur.
La liste des vidéos montrant des célébrités hypnotisées par Messmer est impressionnante.
Hallucinations, perte de connaissance, oubli du prénom ou de la langue… ses effets hypnotiques sont au service de l’audimat, qui aime le spectaculaire, la peur, la magie.
Les hypnos qui font de la scène ont bien sûr des éthiques différentes selon les personnes. Il existe des hypnos faisant des spectacles tout en veillant au bien-être de leurs sujets. Entre les éricksonien.ne.s et Messmer, il y a une large palette d’hypnose permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…
A l’extrême du pôle « fascination », Messmer utilise l’hypnose autoritaire pour obtenir des effets servant uniquement son succès. Ces effets ne sont pas « ce qui convient au sujet » mais « ce qui convient au spectacle ». Il peut donc y avoir des conséquences négatives sur le sujet, comme un trauma d’accident de la route vécu en hallucination, une angoisse suite à la perte d’identité par une amnésie, un problème musculaire suite à une utilisation du corps au delà de ses possibilités, une honte qui perdure d’avoir réalisé un acte filmé difficile à assumer une fois sortie.e de scène, etc. En ce qui me concerne, je vous déconseille fortement de vous livrer à cette activité qui consiste à laisser un fascinateur vous manipuler en hypnose profonde avec des techniques autoritaires et sans tenir compte de ce qui vous convient. De plus, la sortie de transe est bâclée, certain.e.s ne sont pas réassocié.e.s en sortant de salle.
« Tapez dans google « Messmer accident », il y a quelques récits, dont celui-ci (un homme reste « calé » en transe) ou celui-là (un policier est hypnotisé en gardant son arme)
Sous hypnose, nous faisons l’expérience de l’accident (d’avion, de voiture ou autre), ce qui peut laisser un trauma
Comment ça marche?
Des tests de suggestibilité poussés pour sélectionner les sujets les plus enclins à jouer le jeu
Une préparation en hypnose profonde, avant la scène, pour poser des ancrages (« quand je te serrerai la main comme ça tu tomberas dans un sommeil profond »)
L’autorité du fascinateur (ancrage sur sa personne, son regard, sa voix), vu partout à la télé, avec des émissions montrant des « preuves » de son efficacité et avec une position haute (le Maitre qui n’a qu’à poser le regard ou la main pour que…)
Un accompagnement audio-visuel qui appelle le grandiose et le suspens: décor, musique, lumières et des commentaires appelant les croyances magiques
Et… le désir des sujets de faire partie d’une chronique qui va faire des vues sur Youtube ou le désir de vivre « un truc de ouf » ou le désir de réaliser un truc socialement inacceptable sans en endosser la responsabilité (laissée à l’hypno plutôt qu’à l’alcool).
L’hypnose de rue
La street hypnose ou hypnose de rue recèle le meilleur comme le pire.
Le site français de référence relève autant les questions techniques qu’éthiques. Le responsable du site Street Hypnose, Jean-Emmanuel Combe, s’est d’ailleurs formé à la PNL (Programmation Neuro Linguistique), l’hypnose thérapeutique et l’hypnose médicale. Il prône la bienveillance et le respect au détriment du spectacle.
Des thérapeutes se forment aussi en street hypnose pour acquérir des outils rapides de l’hypnose classique ou font de la street hypnose pour promouvoir une association comme les hypnos du coeur.
La street hypnose peut donc être éthique et même devenir un outil pour les thérapeutes.
A l’inverse, certains streeteux sont des brutes sans scrupules qui ont appris des « trucs d’hypnose » sur youtube et qui aiment faire littéralement tomber les filles… C’est une pratique qui peut dégénérer. En Picardie, une lycéenne a par exemple fait des malaises sur la voie publique après une séance mal maîtrisée.
Entre les deux… il y a les maladresses… car l’hypnose est un outil puissant et l’utiliser sans connaissance approfondie n’est pas sans danger.
Autre réflexion : j’ai cherché longtemps une photo de femme street-hypno et je n’en n’ai pas trouvé…
Une émission d’Envoyé Spécial est un éclairage intéressant.
Autres champs?
L’hypnose éricksonienne permet de déployer son potentiel et de vivre une expérience autrement… de nombreux champs gagnent dès lors à faire alliance avec elle.
A nouveau, il est important de déceler de quelle hypnose il s’agit: permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…
Exploration queer (avec un.e représentant.e de la communauté queer et moi)
Fantasme (voyez ma création radiophonique Fantasmes et projet d’installation sonore fantasmatique)
Image: Dominique Goblet
Sexualité: dans ce domaine, l’on trouve autant des fascinateurs autoritaires (majoritairement des hommes qui hypnotisent des femmes qui acceptent d’être manipulées pour le show, notamment dans les clubs libertins, cette discipline est bien plus développée en Allemagne qu’en France) que des accompagnant.e.s éricksonnien.e.s (là, ça se passe en cabinet, avec l’hypnose permissive pour un mieux être et en séance de préparation, pas en action).
Je termine par le pire: la drague (toujours des hommes qui hypnotisent des femmes, cette fois sans les prévenir). Les propos et les formations des Pick-Up-Artists sont au summum de l’utilisation perverse des outils PNL et hypnose. VOMIR!
Le témoignage d’une personne inflitrée chez les machos: https://lisefeeministe.wordpress.com/2013/09/12/temoignage-jai-infiltre-les-pua/
…de nombreux champs sont ouverts… il suffit d’oser… et de bien se renseigner!
Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:
L’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet (entre autres) d’approcher certaines compétences que des atypiques présentent naturellement. Pour les atypiques, elle permet (entre autres) de comprendre en profondeur à piloter ces compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde. Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur nos compréhensions mutuelles. Youhou!
Quand j’étais petite…
(ma marmite d’Obélix)
Pour pas mal de NA (neuroatypiques) de ma génération (né.e dans les 70′), l’enfance-adolescence a été un moment compliqué.
Pour ma part, en pleine campagne de l’Ardenne belge, j’ai apprécié les longues plages de lecture (j’étais boulimiques de mots, avec le bibliobus itinérant, j’ai vraiment pris mon pied), les balades dans les forêts, les expéditions à l’aveugle dans les prés enneigés baignés de brumes, l’omniprésence de la nature, la liberté de plonger dans des rêveries solitaires en compagnie des veaux ou des abeilles, l’apprentissage du chant accompagné à la guitare (autre rêverie, cette fois à partager!), le tourne-disque du salon et la place pour danser, la contemplation et l’exploration libre (plein de temps à soi – seule ou en bande mais surtout sans adulte – pour simplement être là, pour tester des trucs, pour oser, pour se raconter des théories fantastiques… les enfants d’aujourd’hui en manquent tellement, sans cesse sollicités, surveillés, commentés, limités, rationalisés…).
Ce fut notamment propice au développement de ma communication animale, de mon intuition et aussi de mon adaptation sociale: chercher comment être intégrée et appréciée par les gens de mon âge, tout en restant moi-même, c’est-à-dire en étant jugée « carrément bizarre » mais aussi « super attachante » et digne de construire des cabanes secrètes ou de faire des soirées à l’étang avec iels… un joli labo d’explorations sous la forme de sociétés d’enfants puis d’ados, autonomes dans certains espaces-temps.
En revanche, même si les bandes d’enfants puis d’ados m’ont incluse de bon gré, avec leur coaching maladroit permanent (« mais enfin Marie, c’est pas compliqué, si tu voulais… il suffirait… »), je me suis souvent sentie « toute seule » dans ma façon d’être au monde. Difficile de trouver des interlocuteurisses pour des discussions complexes et profondes. Aujourd’hui, ça a bien changé…
Du côté des adultes, tout en appréciant mon calme, on me reprochait mon côté « inquiétante étrangeté », et puis d’être « dans la lune », d’être atteinte de « sensiblerie », de « faire semblant de ne pas comprendre », de ne pas adhérer aux codes (des convenances, du féminin, des blagues, de l’autorité…), de ne pas sentir les limites, de ne pas faire d’efforts (cette injonction de devoir sourire et papoter de tout et de rien et aussi de carrément mentir pour faire plaisir, sans parler des bises obligatoires… argh!). Je passais pas mal de temps à essayer de capter comment réfléchissaient-réagissaient les adultes pour anticiper leurs comportements de façon à délimiter mes plages de liberté totale relativement sécures (certaines sanctions ou réactions ne me faisaient ni chaud ni froid en comparaison avec les bénéfices que je prenais avec le « je m’en fous ») et pour me barrer à temps quand les contextes me mettaient en insécurité (contact physique trash « pour rigoler », apprentissage de la dureté pour me guérir de ma « sensiblerie », recadrage brutal à propos de règles que je n’avais pas captée car implicites et évidentes pour les autres…).
Je n’étais pas la seule neuroatypique mais personne ne savait même que cela existait. Quand je repasse au crible les réactions et réflexions des adultes, je me dis que mon père a dû se sentir vraiment perdu, amoureux de littérature et de philosophie dans ce monde rural rude. Tous les soirs de mon enfance, il venait me lire des poèmes. Il ne jubilait qu’en m’amenant un nouveau livre ou en me montrant du doigt un détail caché dans une BD ou dans le paysage, au cours d’une balade (il commençait souvent par « c’est quand même marrant… » sans finir sa phrase et pointait le doigt vers l’oreille en signe qu’il fallait écouter ou vers un point à chercher du regard. Moments magiques!). A ses temps libres, il dévorait les romans et écoutait France Culture. Pourtant, selon lui, « il n’y connaissait rien » et refusait de soutenir la moindre discussion intello. Chacun.e à sa place. Et pour lui, sa place était dans sa bulle (ou dans sa caverne d’ours, en vieillissant), avec un strict minimum d’adaptation sociale et professionnelle, mais réalisée avec beaucoup d’exigence et d’application. La philo, c’était en catimini, uniquement en tête à tête, quasiment en silence, pendant la vaisselle… Il y a quelques années seulement, il m’a téléphoné et m’a annoncé comme une révolution que j’étais hypersensible, suite à l’écoute d’une émission de radio. Il était tellement abasourdi de me reconnaitre dans le propos de l’émission! Ce fut un doux moment. Oui papa… toi aussi. Et puis…
A la campagne dans les années 80, personne ne parlait de trouble ou de divergence ou de diversité et internet n’existait pas. Il était juste proposé « d’arrêter de faire son intéressant.e, de revenir les pieds sur terre et de faire comme tout le monde ». Contrairement à moi, qui suis devenue hypno et artiste (deux activités rêvées pour un.e NA!), le NA de la génération des années 50 à la campagne avait vraiment peu de chance de comprendre, d’assumer et de faire fructifier ses différences. La fuite ou bien l’adaptation et la bulle étaient les seules solutions.
Puis, j’ai migré vers la ville pour faire des études. Ce n’est qu’à 18 ans que j’ai rencontré une personne avec qui parler de cet univers qui était le mien. Une révélation: je n’étais donc pas la seule extraterrestre sur cette planète! Son univers était autre mais aussi étrange. Il assistait lui aussi à la vie sociale avec beaucoup de décalage, d’insécurité, le tout baigné de synesthésies incroyables. Je n’étais plus seule. Mais nous ne savions absolument pas que nous étions plus de deux ni comment mettre des mots, comprendre…
Milieu de la vingtaine, j’ai commencé une psychanalyse, ma première véritable thérapie: 45 minutes 3X/semaine, pendant 7 ans, chez ma psychanalyste freudienne orthodoxe, qui était aussi neuropsychiatre en hôpital à d’autres heures. Après quelques mois de cure, je n’en pouvais plus des remontées de rêves épuisants et d’un début de somnambulisme. Ma psychanalyste me disait de « laisser faire le travail » mais les effets étaient vraiment trop violents. Je suis donc allée voir un hypnothérapeute… en cachette (ouille, le transfert!).
Nous avons travaillé seulement en trois séances, avec des outils très simples (safe place, ancrage, sous-modalités…). Et là, seconde révélation: il était non seulement possible d’explorer mes process, mais aussi de diriger volontairement ces états qui me « tombaient dessus » sans que je puisse rien y faire. Yeah! Cet hypno pédopsychiatre m’avait fait une fleur en me prenant en consultation juste le temps de résoudre ce souci précis de sommeil, mais n’avait pas de place pour une adulte. J’ai donc interrompu mes expériences hypnotiques, en gardant bien à l’esprit qu’il faudrait y revenir après la cure.
Et je suis en effet retournée vers l’hypnose à la fin de mon analyse, mais sans succès car l’hypno disponible à ce moment là était dirigiste et fan de scripts. L’hypnose ne s’est développée que ces dernières années, il y avait peu de praticien.ne.s à cette époque. Et celle-là ne me convenait vraiment pas.
Puis, bien après, quand j’ai eu l’envie de réaliser une création radio hypnotique, j’ai suivi des cours dans une école d’hypnose à Bruxelles (INH), en tant qu’artiste (pas en tant qu’accompagnante de séances) au milieu du corps médical, pour m’immerger à fond. Et là, outre mes débuts d’hypnose artistique, j’ai vraiment exploré comment l’autohypnose pouvait m’offrir des outils pour valoriser tout mon matériel intérieur, si encombrant à l’état sauvage. J’évoque notamment ce que j’ai longtemps appelé « l’aquarium », mais aussi le voyage (rêve éveillé profond), l’hyperacousie, la synesthésie, l’hypersensibilité, le fait de ne pas arriver à rentrer dans des conduites de lissage social, la recherche de compréhension profonde permanente des leviers des comportements normés qui me semblaient si absurdes, le moulinage en arborescence…
En école d’hypnose parisienne (ARCHE), nouveau but (accompagner en séance), nouvelle méthode (beaucoup de pratique) et nouveau choc: oui, certain.e.s hypnos sont NA, mais non, pas toustes, loin de là! Car il est possible, quand on n’est pas « tombé.e dedans » à la naissance, de s’initier aux voyages qui me semblent tellement ressembler à ce que nous (moi et les NA de mon entourage) partageons de nos expériences. J’ai donc appris, en tant qu’accompagnant.e, à adapter mon accompagnement pour toustes, sans présupposer que c’était évident, puisque beaucoup découvraient tout juste leurs nageoires multidimensionnelles. Là, c’était un peu le monde à l’envers pour moi. A mon tour de me dire « m’enfin, iels font exprès, c’est pourtant si facile! ».
J’ai assisté à la transformation personnelle (tout le monde est sujet de séance, ça brasse sec! Pour moi aussi…) et à l’apprentissage de la position d’accompagnant.e de beaucoup d’hypnos sans « base sauvage ». J’ai aussi expérimenté le fait d’être un sujet vraiment compliqué à accompagner pour iels, sans pouvoir leur simplifier la tâche (non, je ne fais pas exprès de ne pas proposer la réponse ou la réaction attendue ni de piloter mon vaisseau différemment que le ou la copilote).
Nous avons donc toustes appris les un.e.s des autres. Chouette!
Aujourd’hui je poursuis à la fois mes explorations hypnotiques (artistiques, expérientielles…) et mon travail thérapeutique personnel (pour moi, tout.e accompagnant.e se doit de continuer à être accompagné.e pour avancer, nettoyer, aligner…) et je partage mes découvertes en recevant en séances, en enseignant le REAH et la aussi créativité hypnotique dans divers stages et ateliers, pour mes collègues hypnos, pour mes collègues artistes et pour tout public.
Je précise que la créativité, inventivité, liberté a de nombreuses sources et que, donc, celle que j’évoque ici n’est pas la seule ni l’indispensable. Elle est simplement la mienne. Celle que je partage avec des NA. Et aussi celle que je reconnais à l’hypnose. Et elle est transmissible. Ca suffit pour que j’en fasse un article!
Finalement, l’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet d’approcher certaines compétences que des atypiques ont naturellement (et qui ne sont évidemment pas toutes les compétences de l’hypno, loin de là). Pour les atypiques, elle permet de comprendre en profondeur à piloter leurs compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde.
Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur la compréhension mutuelle!
Photo de Camille Schweickhardt Avec Couscous.
Envisager sous plusieurs angles, analyser,
inventer, détourner, reprogrammer…
L’hypnose exerce différentes capacités, notamment celles de ressentir autrement (hyperesthésie, synesthésie, hyperfocus…), d’atteindre un hyperéveil, de découvrir la psyché (que François Roustang décrivait comme recouverte d’un voile en état ordinaire), d’envisager les choses habituelles différemment, de s’émerveiller devant « l’ordinaire », de jouer concrètement avec des process, de développer l’introspection et l’intelligence intra-personnelle (comprendre de façon à la fois fine et profonde ce qui se passe dans l’esprit de l’autre), de développer la sensibilité, la créativité, l’empathique, d’expérimenter en « dé et re-cablant » ses propres automatismes psychiques, émotionnels et physiques, de créer du nouveau, de déclencher des rêves inouïs et même de sortir de soi…
Les personnes vivant de façon différente de la norme, autant dans leur façon de se représenter soi-même, sa relation à l’autre, sa position dans la société, son rapport au monde… – plongent dès lors naturellement dans son univers d’exploration et de création.
(((Oui, je parle de certain.e.s artistes, de personnes ayant conservé une belle part d’enfance et, spécialement ici… des neuroatypiques))).
Ceci expliquerait cela… les neuroatypiques (personnes qui présentent un fonctionnement cérébral particulier), dits « NA », voyagent comme des poissons dans l’eau hypnotique, à condition que l’accompagnant.e ne tente ni de leur faire suivre un chemin prédéterminé dans la séance (protocoles et scripts) ni de les faire rentrer dans ses normes (« vous êtes une femme, donc… ») ni d’interpréter leur façon de procéder au coeur du rêve (laisser entrer l’araignée dans l’oreille = beurk! >< hébénon pas du tout c’est super elle nettoie), ni d’inventer des métaphores à leur place, ni de projeter leurs propres émotions ou solutions sur leurs situations… La position d’accompagnement ultrabasse est nécessaire (pour ma part, ça m’a conduite à développer le REAH).
Le fonctionnement NA de façon générale reprend des caractéristiques comme « pensée en arborescence », « hypersensibilité »… (suivez les liens en bas de page pour en savoir plus). Cependant, il existe d’innombrables façons d’être atypique dans sa façon de percevoir et de ressentir le monde, de traiter les informations, de trouver des possibilités de fonctionnement social, de créer… Chaque NA est singulier.e.
Un point commun est que les NA, confronté.e.s sans cesse aux normes de la société dominante, qui ne leur correspondent pas ou peu, connaissent bien le mouvement de comparer leurs représentations à ce qu’iels perçoivent de celles des autres, de chercher leur positionnement et leur moyen de communiquer (ce qui est appelé « habiletés sociales« ), de se sentir en décalage avec les codes, les règles, les habitudes et… d’inventer des solutions!
Outre cela, les réactions des autres, la sensation d’être agressé par un environnement censé être « normal » (avec toutes ses lumières, ses sons, sa foule, ses règles illogiques, ses exclusions…) peuvent créer, en plus de la difficulté d’appréhension de la situation, un malaise, une angoisse, un sentiment d’injustice, d’insécurité, de désintérêt…
Certain.e.s en souffrent et se barricadent, se sentant seul.e.s au monde, d’autres apprennent les normes sociales et s’y adaptent par des compensations (recherche de consensus, invisibilisation de la différence) et/ou s’organisent en affirmant leurs complexités par des associations. Notons aussi qu’une personne peut basculer de l’un à l’autre de ces possibles ou les combiner, selon les contextes. Bref, toujours pas de généralités.
En ville et sur le web, des familles se forment. Ainsi, iels sont en nombre dans des champs comme le queer (qui réinvente les représentations de genres), le polyamour (qui réinvente les représentations de la relation amoureuse et même de la famille), le sexpositif (qui réinventent la façon de vivre la sexualité), les jeux de rôles (qui invente des mondes), les métiers de niche (ultraspécialité technique, recherche scientifique, recherche indépendante…), les arts contemporains (d’aujourd’hui donc, car l’historien.ne de l’art a déjà classé-étiqueté-normalisé les oeuvres précédentes), la programmation informatique, la création de réalités virtuelles…
Pour résumer, je dirais donc que, premièrement, les neuroatypiques nagent comme des poissons (toustes différent.e.s) dans l’océan hypnotique, tant qu’iels sont accompagné.e.s en liberté, ce qui demande un positionnement sans mailles de filet et que, deuxièmement, nombre de personnes fréquentant des champs « hors normes » sont atypiques (!j’ai pas dit toustes, hein, vraiment bien loin de là!).
Je termine cette partie par une conclusion personnelle: l’une des raisons principales pour lesquelles mes collègues m’adressent des accompagné.e.s est simple: je fais partie de la famille des poisson.ne.s libres créateurisses. J’accompagne donc bon nombre d’artistes, de zèbres, de licornes, de chercheurs indépendants, de thésard.e.s, de thérapeutes… et bien autres… pour en savoir plus, relisez donc mon texte de bienvenue.
A côté de cela, mon fonctionnement emmène tranquillement mes accompagné.e.s plus normés, neurotypiques, à la découverte de leur imaginaire, de leur créativité et de leur liberté… comme une stagiaire l’a si bien résumé dans la page des témoignages d’hypnos« Avec son sérieux et sa folie, Marie nous ouvre les portes du rêve qui permet d’avancer. »
Voilà pour répondre aux questions (qui me sont) fréquemment posées.
Après, on peut aller un peu plus loin… notamment dans la réflexion sur la richesse des différents fonctionnements et sur leurs revendications à exister tels qu’ils sont dans toute leur diversité, VERSUS la volonté de normalisation, c’est à dire que, pour être un sujet déclaré sain, normal, intégré, heureux… il faudrait correspondre à ce qui est édicté comme « normal » et que ce qui n’y correspondrait pas serait traité comme un trouble (psychiatrique, psychopathologique, médical, social…) qui provoque le rejet et/ou le traitement thérapeutique. Là aussi, les zèbres et les licornes ont des points communs!
Cet oiseau très rare est mi-mâle mi-femelle Ce phénomène est appelé le gynandromorphisme.
Neuroatypique, Aspi, Zèbre…
Les mots sont souvent confondus ou employés de travers. De nombreux sites et blogs permettent de s’en faire une idée claire. Voici mon résumé du résumé.
Pour ma part, je me ressens comme neuroatypique, inscrite dans le large spectre des zèbres. Car – pour moi – la zébritude n’est pas binaire mais spectrale aussi. Il y a tant de singularités zébrées! Le truc étrange, c’est que l’on se reconnait souvent instinctivement vite entre zèbres, même de types très différents, sans pouvoir expliquer comment. Il y a donc – tout de même – des points communs ressentis comme évidents.
Pour répondre à la sacrosainte question: non, je n’ai pas passé le test. Je n’en vois pas l’intérêt. Les traits sont présents, mais je subodore qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux et intenses chez moi pour que ce soit qualifiable de TSA sur le plan médical.
Chloe Finch, par Peter Hujar, 1981
Neuroatypique
Il n’y a pas de limitation en matière de droit à se revendiquer « neuroatypique ». L’exigence tacite est que la personne éprouve, dans la vie quotidienne, une sensation de distance avec l’ensemble de la société dite “neurotypique”, reliée à des particularités de nature cognitive, perceptive, sensorielle et / ou neurologique.
Le terme s’est construit par opposition au terme « neurotypie » (norme dominante en ce qui concerne le fonctionnement neurologique) ou aux « neurotypiques » mot désignant toutes les personnes sans différence neurologique)
Ces termes sont reliés à la lutte pour la neurodiversité, contre le fait de transformer un comportement humain viable en trouble mental, comme l’ont déjà été l’homosexualité, le genre non-binaire, et comme le subissent encore les autistes avec le TSA (troubles du spectre de l’autisme).
L’apparence fantasmagorique de ce mammifère pondant des œufs, à la mâchoire cornée ressemblant au bec d’un canard, à queue évoquant un castor, qui lui sert à la fois de gouvernail dans l’eau et de réserve de graisse, et à pattes de loutre a fortement surpris les premiers explorateurs qui l’ont découvert. En outre, c’est l’un des rares mammifères venimeux: le mâle porte sur les pattes postérieures un aiguillon qui peut libérer du venin capable de paralyser une jambe humaine ou même de tuer un chien.
Syndrome d’Asperger: diagnostique médical d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA = troubles du spectre de l’autisme).
Notons qu’il y a débat sur l’appartenance des Asperger au spectre de l’autisme.
Certain.e.s rejettent aussi le classement TSA au nom de la lutte pour la neurodiversité (c’est un fonctionnement différent de la norme, pas une pathologie) et du désir de se débarrasser des étiquettes (qui enferment et reforment une nouvelle norme).
D’autres ont soulagé.e.s de mettre un nom sur leurs difficultés, d’échanger avec d’autres aspis, mais aussi de pouvoir partager cette explication officielle (diagnostique médical du syndrome d’Asperger) avec leur entourage. « La reconnaissance du syndrome peut être une étape libératrice qui permet à la personne Asperger de mieux se comprendre, de s’accepter et de pouvoir mettre clairement des limites aux attentes des autres, sans dévalorisation ni culpabilité. » (blog de Philosophine)
Les personnes autistes Asperger sont qualifiées d’autistes de haut niveauen opposition à l’autisme sévère (également nommé autisme de Kanner). Haut niveau et Haut Potentiel n’ont rien à voir. Les médias confondent souvent.
Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme définie cliniquement en 1981 par Lorna Wing, à partir de la « psychopathie autistique » décrite en 1944 par Hans Asperger. Ainsi distingué d’autres formes d’autisme, le syndrome d’Asperger intègre le DSM en 1994. Il est remplacé au cours des années 2010 par une approche plus évolutive: TSA.
Anna Pélut: « Syndrome d’Asperger (SA) T. Attwood et C. Gray (2010) proposent des critères diagnostics “positifs” du SA comparativement à la représentation sociale de l’autisme plutôt négative. Les personnes avec SA auraient des compétences cognitives élevées. Un second critère renvoie à l’utilisation d’un langage social (l’«Aspergerois»), caractérisé par une volonté de recherche de la vérité, et d’une conversation sincère sans motivation dissimulée. Ces auteurs ajoutent que leurs interactions sociales sont marquées par une grande loyauté, en raison d’un optimisme dans sa recherche de l’amitié véritable. Cet aspect relationnel et social tend à être problématique pour les personnes Asperger. Toutefois, selon Gena (2001), elles sont désireuses de créer des relations avec les autres, mais se retrouvent en difficulté une fois qu’il est question d’aborder une personne ou de maintenir une conversation avec elle. »
Aujourd’hui, en France, le diagnostic de TSA est établi par un docteur en médecine pour une reconnaissance de la MDPH (pour Maison Départementale des Personnes Handicapées).
Les diasgnostiques reconnus par la MDMH permettent de commencer des démarches pour recevoir des aides de l’état. La reconnaissance de « travailleur·se handicapé·e » est quasi automatique, dès lors que le dossier MDPH est dûment rempli par un médecin. Cependant, obtenir des aides de l’état (AAH, PCH, etc) est bien plus difficile, surtout pour les personnes autistes. En effet, l’autisme est trop peu / très mal connu des services de la MDPH, si bien que les répercussions du TSA dans la vie courante ne sont pas ou très difficilement reconnues. Ainsi l’ouverture de droits à l’AAH pour les personnes autistes, surtout pour les autistes type Asperger, est un parcours du combattant menant à des recours de décision au tribunal.
L’ADOS (Autistim Diagnostic Observation Schedule), créé par Catherine Lord en 1989 aux Etats-Unis, permet l’évaluation de la communication, de l’interaction sociale et du jeu ou de l’utilisation imaginative d’un matériel dans le cadre d’un dépistage de l’autisme. Ce test est dans la plupart des cas utilisé pour confirmer un diagnostic d’autisme, pour évaluer aussi l’impact du TSA dans la vie courante. Les résultats de ce test permettront aussi d’étayer le dossier auprès de la MDPH.
Le test de QI utilisé pour les grand ados & les adultes est le WAIS (pour Wechsler Adult Intelligence Scale). Notons que ce test est remis en question à bien des égards.
Selon les résultats de QI, les tests permettent d’intégrer MENSA, une association de personnes surdouées.
Cocon de papillon de nuit sur ma porte de yourte, Lozère, aout 2019.
Zèbre
Le « drôle de zèbre » est l’un des seuls animaux sauvages que l’homme n’a pu domestiquer. Son pelage rayé joue avec les ombres et la lumière.
Le Zèbre est le nom usuel du HPI.
Il y a aussi des THPI et des TTHPI, des TTTHPI… (T = très).
Attention, il y a des personnes au QI élevé et neuroatypiques (Zèbres), des personnes à QI dans la norme et neuroatypiques, des personnes au QI élevé neurotypiques et des personnes au QI dans la norme neurotypiques!
Le zèbre peut s’autoproclamer (en se reconnaissant à travers des lectures, par exemple, c’est souvent un début!), ou être désigné comme tel par des pairs, ou être validé par des batteries de tests. Ou les deux ou les trois!
Le zèbre (neuroatypique HPI) est doté de « surefficience mentale », de « douance ». Cela signifie qu’iel fonctionne avec descapacités naturelles,un mode de pensée, une structure de raisonnement différents. C’est en cela qu’iel est appelé « un.e surdoué.e ».
L’intelligence du zèbre et sa façon de penser le monde sont donc atypiques. C’est cette particularité qui rend, dans certains cas, difficile son adaptation scolaire mais aussi son adaptation sociale. L’expression de « surefficience mentale », illustre bien l’existence d’un potentiel, qui peut parfois se révéler encombrant et qui n’est pas nécessairement source d’efficacité relationnelle ni de bien-être existentiel.
Rappelons encore que, quel que soit sont QI, chaque NA est singulier.e. Pas de généralisations ici non plus.
Zèbre à pois blancs Image: Frank Liu
Pour en savoir plus sur la neurodiversité
En plus des sites d’encyclopédies et d’associations, beaucoup d’NA écrivent des blogs.
Des livres : Le Syndrome d’asperger (Tony Attwood), Différence invisible (Julie Dachez), Tribulations d’une aspergirl (Alexandra Reynaud), …
En ce qui concerne les licornes…
Pour éviter les amalgames, un mot sur les licornes!
(j’aurais pu le faire aussi sur les artistes, mais pas mal de pages leur sont déjà consacrées sur ce blog).
NA & Queer ont souvent bien des convergences (mais pas toujours, j’aurai assez insisté je crois ^^).
Certaines licornes sont aussi des zèbres. Et d’autres sont neurotypiques.
Par exemple, vivre une transition, c’est remettre en question la norme dominante genrée, donc être « atypique en terme de genre ». Mais ce n’est pas – nécessairement – relié à la neuroatypie.
Pour plonger dans l’univers des licornes, voyez les nombreux liens en bas de ma page de présentation queer. Et si vous êtes hypnologue ou sophrologue ou praticien.ne PNL, je vous invite sur le groupe FB « Les représentations de genres dans le champ hypnotique« , où l’on partage des liens, des questionnements et des réflexions autour de la question des genres dans nos pratiques. Désolée, il est réservé aux accompagnant.e.s, je filtre à l’entrée.
L’addiction se définit comme la dépendanced’une personne à une substance ou à une activité génératrice de plaisir, dont elle ne peut plus se passer en dépit de sa propre volonté.
La compulsion peut se définir comme uneimpulsion irrésistible d’accomplir un acte irrationnel.
En y cédant, nous vivons une expérience qui modifie l’humeur, mais qui peut aussi avoir des conséquences graves. Le paradoxe est que la personne croit nécessaire à sa (sur)vie une substance ou une conduite qui peut mettre sa vie ou son équilibre en danger.
Evidemment, nous ne travaillons que sur les addictions-compulsions toxiques. Si une dépendance, un comportement ne vous apporte que du bien-être, foutez-lui la paix 🙂
Part of documenta 14, Brigitte Polemis presents “#iFollow” at the Bouziani Museum
Il en existe de nombreuses formes : alcool, tabac, nourriture, drogues, médicaments, dépendance affective, travail, sexe, jeux-vidéos, jeux en ligne, achats, jeu…
L’hypnose permet de comprendre les processus psychiques et comportementaux et de les transformer pour vivre librement.
Il existe de nombreuses façons d’aborder les addictions et compulsions par l’hypnose.
Dans cet article, je vous expose ma façon actuelle d’envisager ce travail hypnotique en 4 axes principaux:
1: Différencier l’identité (qui je suis) du le comportement (ce que je fais) pour dépasser le figement et mettre mes processus en mouvement
2: Décaler l’automatisme pour ouvrir le champ des possibles
3: Parler le langage intérieur pour communiquer avec moi-même en profondeur
4: Différencier l’intention positive (remplir un besoin) du comportement pour négocier des réparations, transformations, libérations, modérations…
Ces différents axes ne sont pas nécessairement envisagés dans l’ordre ni chacun dans une séance. Parfois, le travail se fait étape par étape et parfois de façon tellement symbolique qu’il est difficile de savoir exactement ce que les parties intérieures ont réalisé pour permettre le mouvement, la transformation et l’émancipation.
C’est un chemin à chaque fois différent puisqu’ajusté à chacun.e.
Une fois que ce mouvement est initié, la transformation est possible. Oui, il est possible de changer la façon dont nous fonctionnons, nous pensons, nous réagissons, nous fuyons, nous nous cachons, nous nous papouillons, nous nous donnons du courage, nous nous défendons, nous cherchons à être accepté, nous affirmons notre loyauté…
Or, la croyance confuse qu’une personne, une action ou un objet fait partie intégrante de notre identité ou de notre survie empêche ce mouvement.
Etre dépendant à l’alcool, à la cigarette, au sport, au porno, au shopping, au sucré… ne définit pas l’identité de la personne. Le « je » est différent de la dépendance. L’individu n’est pas le comportement qu’il a.
En différenciant « qui je suis » du comportement, le changement peut commencer. Ca a déjà bougé!
A la maison, faites l’exercice plusieurs fois, des jours différents, les yeux fermés et téléphone éteint et notez ce qui vous est venu sans trier:
Si mon « je » d’aujourd’hui rencontrait le « je » du dernier jour de ma vie, qu’est-ce que ce « je » qui se prépare à mourir désirerait que le « je » d’aujourd’hui change, là, maintenant?
Imaginez votre double débarrassé de ce comportement, observez-le dans vos différents cercles sociaux, votre famille, votre vie sentimentale, votre boulot, vos passions, vos conversations… Qu’est-ce que cela modifierait dans votre vie?
En séance d’hypnose, de nombreuses techniques peuvent être envisagées si nécessaire pour valider cette étape. Un exemple parmi d’autres: la personne visite ses différents niveaux (technique de Robert Dilts) : son environnement, ses comportements, capacités, croyances et valeurs, son identité et ce qui la relie plus largement au monde ou à l’univers, que l’on peut appeler sa spiritualité.
Shame, film réalisé par Steve McQueen en 2011 dont le personnage principal est addict au sexe
AXE 2: DECALER L’AUTOMATISME
Quand un petit changement est opéré volontairement, le comportement automatique est légèrement décalé, ce qui ouvre d’autre possibles.
A la maison, au quotidien, forcez-vous à décaler votre façon de vous livrer à ce comportement. Accumulez les décalages jour après jour. Par exemple:
fumez de l’autre main, changez de marque de produit, commencez par un aliment salé alors que vous grignotez sucré, changez la position de l’ordinateur et votre siège, votre propre position…
attendez 3 minutes en regardant la cigarette, la bouteille, le gâteau le téléphone, la page d’accueil du site sur l’écran…, sans rien faire d’autre que d’observer ce qui se passe en vous
triplez le comportement (si je fume, j’en fume 3, si je mange ce gâteau, j’en mange 3…)
faites autre chose avant, comme boire un grand verre d’eau très lentement et laisser monter les images ou prendre des notes dans le carnet ou fermer les yeux et respirer à fond 6 fois ou…
Les façons de décaler les automatismes sont innombrables. Inventez-en, accumulez-les! Commencez une semaine avant votre rendez-vous et notez les effets dans votre carnet de l’axe 2. Ca a déjà commencé à changer…
En séance d’hypnose, ces légers changements seront amplifiés en accord avec les parties de vous qui réclament ce comportement pour l’intention positive (voir l’axe 4).
Coffee and cigarette, film de Jim Jarmusch, sorti en 2003.
AXE 3: PARLER LE LANGAGE INTERIEUR
Notre façon d’envisager le monde est en très grande partie hors de portée de notre attention. Nous croyons « maitriser par la raison » ce que nous pensons, comment nous réagissons, alors que nous sommes constamment entrainés dans des patterns dont nous n’avons pas conscience (le fameux « c’est plus fort que moi »).
Et puisque nous projetons nos patterns sur le monde plutôt que de capturer « la vérité », autant le savoir et le faire exprès 🙂
Il est temps de parler le langage de l’imaginal pour communiquer avec notre monde intérieur, nos processus internes, ce qui définit notre subjectivité (ce que je pense, comment je juge, comment je réagis, mes dé-goûts, mes désirs, mes peurs…) et lui demander de se modifier.
Son langage est comparable à celui du rêve: images, sons, sensations corporelles, impressions, voix intérieure, lumière, chaleur-fraicheur, lourdeur-légèreté, représentations oniriques de personnages…
Un tramway nommé Désir (ici: Vivien Leigh), film d’Elia Kazan, 1951.
Si j’apprends à sentir le tout premier signe précurseur de ma compulsion arriver, il est encore temps de négocier, pendant que la spirale est encore trop menue pour m’emporter. Sinon, après, ce sera le grand huit…
Si j’établis peu à peu une communication fluide, mes dividus n’auront même plus besoin de mettre en marche la vrille, spirale ou aspirateur… Cela m’est d’ailleurs arrivé à de nombreuses reprises de travailler sur autre chose avec la personne accompagnée et de voir la compulsion s’arrêter toute seule.
A la maison, au coucher et au réveil du matin et/ou de sieste (avec prise de notes a posteriori des éléments principaux):
gardez les yeux fermés et faites le tour de votre corps, en visitant sensoriellement les orteils, les pieds, les jambes… jusqu’au crâne. respirez amplement et laissez venir les images, sons, impressions, sensations, émotions tandis que votre attention reste fixée sur le corps, étape par étape. Si votre blabla intérieur de rumination ou d’analyse se met en route, baissez le son (avec le mouvement d’un doigt) et recentrez votre attention sur le corps, ici et maintenant. Lorsque le premier tour de visite, recommencez, cette fois en inspirant de l’amour et en l’expirant à l’intérieur. laissez les couleurs, les sensations agréable s’amplifier avec amour.
regardez avec attention et précision (la fixation, avec corps immobile et concentration maximale est importante) un objet qui symbolise votre compulsion et posez-lui des questions comme « que désires-tu? », « as-tu quelque chose à m’envoyer comme message? », « de quoi as-tu besoin pour me libérer de ce qui me fait du mal? », « quand as-tu appris que c’était bien pour moi de faire ça? », « de quoi as-tu peur? » et laissez venir les images, sensations, émotions, souvenirs, voix… accueillez sans trier (et notez ensuite ce qui est venu).
En séance d’hypnose, vous aurez moultes occasions de communiquer avec votre imaginal. Vous verrez, on s’y fait très vite, c’est fantastique! Et cette communication peut être utile à de nombreuses occasions en dehors de ce que vous travaillez ici.
L’addiction au sport peut parfois provoquer des dégâts (et parfois pas)
AXE 4: DIFFERENCIER L’INTENTION POSITIVE ET LE COMPORTEMENT
Pour Milton Erickson, qui a donné son nom à l’hypnose éricksonienne, il y a une intention positive derrière chaque partie qui nous constitue, partie que j’appelle « dividu« .
Le dividu, ce « quelque chose en moi », ce « c’est plus fort que moi », me pousse à fumer alors que je suis malade, à surfer sur le web pendant des heures alors que j’ai du travail, à engloutir des plaques de chocolat alors que j’aimerais perdre du poids, à me ronger les ongles alors que la vue de mes moignons me fait honte, à rester en relation avec une personne qui m’est toxique alors que je sais que je ne la/le changerai pas, à boire alors que plusieurs personnes dans ma famille sont mortes par l’alcool…
Le dividu a appris par l’expérience à réagir pour gérer les besoins, parfois de façon constructive, en phase avec ce que je désire vivre, et parfois en causant des dégâts . Dès lors, des comportements sont générés, qui ne sont pas toujours adaptés à la situation présente. Quand l’apprentissage est très précoce, sa logique est étonnante à découvrir.
Des exemples découverts sous hypnose? Un enfant (intérieur) prétendait être allergique aux passages cloutés car il avait éternué violemment en s’approchant de l’un d’eux (l’adulte, lui, faisait des tests d’allergie à la pollution, ne comprenant pas les réactions de son corps à différents trajets)… un autre voyait dans les sucreries le câlin maternel car la mère, très occupée par son magasin, donnait un bonbon à chaque manifestation de sa fille (l’adulte s’enfilait des tonnes de produits sucrés à la moindre contrariété)… un autre associait la cigarette au câlin car sa mère l’accueillait contre elle « le temps de sa clope »… un homme courrait tous les jours (sinon il se sentait super mal) pour évacuer l’angoisse mais aussi pour être prêt à échapper au danger lié à un trauma caché… une personne sex addict se protégeait d’établir une relation par peur de l’abandon.
Imaginez les liens surréalistes que vos dividus ont pu mettre en place comme des « solutions sûres », depuis toutes ces années sans vous mettre au courant consciemment!
De quoi avez-vous besoin? A quelles peurs ces besoins répondent-ils?
En état d’hypnose, il est possible de dialoguer avec les dividus et de négocier des transformations, tout d’abord en différenciant l’intention positive et le comportement.
Pour un même comportement, différentes intentions positives inconscientes peuvent être répertoriées. Il peut s’agir, par exemple, de trouver du réconfort, de se rassurer, de se concentrer, de vider une tension, d’appartenir à un groupe (loyauté familiale, appartenance au clan des fumeurs du bureau, ou à un groupe de potes…), de projeter une protection, de lâcher prise, de garder un positionnement (re)connu (« sans ce comportement, je ne me reconnais pas »), d’avoir de l’assurance, d’opérer une transition dans la journée, de rester fidèle à une personne avec qui une symbolique autour du comportement s’est créée ou tout simplement de faire une autre activité (association café-clope ou association after-coke, par exemple).
Ces bénéfices comblent des besoins, avant, pendant et/ou après, liés à des peurs. En les distinguant de la compulsion, une nouvelle étape est franchie: les besoins peuvent désormais être envisagés autrement.
Y a-t-il un problème de fond à régler (confiance en soi, stress, anxiété, peur du rejet, transformation d’un lien, ouverture à l’autre, rapport à l’appartenance familiale…) de façon à calmer ces besoins et ces peurs?
De nouveaux comportements peuvent-ils être adaptés à la fois aux besoins et au bien-être? Lorsque des alternatives qui peuvent satisfaire ces intentions sont installés, les comportements problématiques sont alors transformés en ressources puissantes.
A la maison, avant la première séance, écrivez un bilan personnel pendant au moins une semaine. Pour chaque occurrence du comportement dont vous désirez vous libérer (à chaque cigarette, crise de goinfrerie…).
Heure, contexte, comportement (durée, intensité…)
Qu’y a-t-il juste AVANT que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
Qu’y a-t-il juste PENDANT que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
Qu’y a-t-il juste APRES que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
Consciemment, qu’est-ce que ça m’apporte de positif? De quoi serais-je privé.e si je ne le faisais pas?
Respirez très profondément 3X, les yeux fermés et accueillez sans trier les images, les mots, les sensations, les émotions… quand vous évoquez un comportement précis (ex: « j’ai avalé, jeudi soir, 3 tablettes de chocolat et deux paquets de gâteaux devant une série / 3 respirations très profondes / accueillir ce qui vient sur la dernière expire)
En séance d’hypnose, nous accueillerons les représentations de ce qui réclame à l’intérieur. A nouveau, de nombreuses techniques sont envisageables. Par exemple, celle de la négociation entre parties ou du rêve éveillé dirigé ou…
Le journal de bridget jones, film de Sharon Maguire, sorti en 2001.
ET ALORS?
Certains hypnos vous proposeront des « protocoles », lus ou récités, qui travaillent sur le symptôme, en effaçant un mot dans le sable (le classique « cig – arrête »), en associant le dégoût et le comportement à éradiquer (pas de conciliation, là c’est du déblayage au bazooka), en insistant, sous hypnose, sur les dangers que vous fait courir votre comportement, etc. Je suis totalement opposée à ce genre de pratiques et ce pour différentes raisons:
« l’effacement » du symptôme est violent pour vos parties intérieures car il est un signal et donc au lieu d’écouter vous le torpillez!
si un signal est effacé, un autre va sans doute se mettre en place. Bâillonnez un être dans le besoin, il trouvera un autre moyens de se faire entendre et avec davantage de rage ou de désespoir. La prise de poids lors des arrêts du tabac en est un exemple habituel.
une séance d’hypnose, c’est pour moi un accompagnement sur mesure, car je m’adapte instant après instant à ce qu’il se passe à l’intérieur de vous. Il m’est impossible de prévoir le temps et les techniques pour la simple raison que cela dépend de votre moi profond. C’est votre cheminement à vous et je vous accompagne, avec ma boite à outil bien remplie 🙂
Bref, nous travaillons, ensemble à dénouer, libérer, réorganiser, bouger, concilier vos représentations intérieures de façon à ce que votre façon de concevoir et de ressentir la vie soit constructive, en accord avec ce que vous désirez être.
Il n’y aura pas de baguette magique, mais bien une compréhension profonde (physique plus qu’intellectuelle) de la façon dont vous fonctionnez et des transformations à mettre en mouvement, selon vos objectifs.
« Je ne fumais plus depuis 10 ans, un jour de novembre, sans réfléchir, je suis entrée dans un bureau de tabac, j’ai acheté un paquet et j’ai recommencé comme si je n’avais jamais arrêté. Les mêmes habitudes, les mêmes gestes, les mêmes moments, un paquet par jour immédiatement.
C’était un désespoir, c’était incompréhensible. Je ressentais cela comme une terrible trahison à l’égard d’une personne que j’aime et qui m’avait convaincu d’arrêter, mais aussi à l’égard de moi-même.
Lors des deux séances que j’ai réalisées avec Marie, je n’ai pratiquement pas parlé de cigarettes. Arrêté de fumer était le cadre de départ mais c’est de toutes autres choses dont il a été question, de ma vie, des êtres que j’aime, de ceux qui ont disparu. J’ai parcouru en hypnose une ancienne imprimerie abandonnée remplie de meubles en bois avec des casiers. J’en ai ouvert quelques-uns, j’y ai trouvé les photos de ces personnes qui comptent ou ont compté pour moi. Derrière chaque photo un message.
Ce qui est formidable c’est qu’après cette séance, dans les jours qui ont suivi, tous ces symboles, ces rencontres en hypnose ont trouvé une signification. J’ai pu me réapproprier l’arrêt du tabac, réaffirmer en tant que femme adulte et indépendante mon choix de ne plus fumer au-delà de la promesse que j’avais pu prononcer 10 ans auparavant.
Et puis des évènements plus profonds, enfouis très loin, ont émergés. J’ai pu clore symboliquement une relation qui continuait de m’empoisonner l’esprit sans que je m’en rende compte, j’ai pu exprimer ma colère, soutenir et consoler la jeune femme de l’époque qui avait dû fuir et continuait de se sentir honteuse de n’avoir pu faire face.
Je suis sorti apaisée de ces deux séances, ne plus fumer était à nouveau une chose évidente. Avec l’aide de Marie, j’ai ouvert de nouveaux horizons, réinterprété le passé, fait connaissance aussi avec une de mes entités qu’il allait falloir apprivoiser… mais ça c’est une autre histoire. »
En échangeant avec plusieurs accompagné.e.s artistes ravi.e.s d’explorer leurs champs de recherche en séance individuelle, ainsi qu’avec le public lors des présentations de mes propres créations, l’idée a germé de proposer des ateliers d’exploration artistiques de groupe.
Danse, performance, cirque, arts visuels, arts sonores, littérature, cinéma… ouvrent le champ de leurs possibles grâce à l’auto-hypnose, à l’hypnose, au REAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose) et autres outils
Après, il ne reste qu’à tisser ensemble les modalités…
Bruxelles, Paris et ailleurs, vous êtes minimum 10 et/ou vous avez une salle? Construisons ce partage ensemble.
MODALITES
Prérequis
Pour la cohérence du groupe, une pratique artistique professionnelle est un prérequis.
En revanche, aucune expérience hypnotique n’est demandée.
Minimum 3h – maximum 2X3h (+ débrief) sur une journée – plusieurs journées d’affilée possibles.
Donc cela va de 3h/ mois, à un stage de 3 jours de 2X3h en passant par une journée… discutons-en.
3h = 1 thématique à explorer
Prix
15 euros par personne pour 3h à Bruxelles (10 personnes minimum).
Paris et ailleurs, ça dépend si la salle est mise à dispo ou hors de prix…
Pour les journées et stages, voyons ensemble.
Salle
Studio de danse ou de yoga.
Ou salle avec de l’espace pour bouger (y compris au sol)
En belle saison, j’aime aussi travailler dehors.
Quelques thématiques parmi d’autres
jouer avec la synesthésie (son > sensation et mouvement, par exemple)
augmenter et transformer la sensorialité (synesthésie mais pas seulement…), avec soi et avec l’autre
explorer la concentration-expansion dans différentes parties de l’espace interne-externe
ressentir (plurisensorialité) les axes, vertical, horizontal, autres?
rendre les limites entre soi, l’autre et le monde poreuses et/ou mouvantes
devenir une poule
entrer dans une case de BD, en sortir, chercher une autre case…
parcourir le monde d’un début de scénario de cinéma
laisser une partie du corps ou un.e dividu.e écrire, dessiner, chanter… sans que « la partie qui dit je » intervienne
chanter pour l’oreille (l’organe étant alors représenté en tant qu’auditrice et territoire d’exploration)
jouer avec ses dividus incorporés (exemple: partie droite du corps: la liberté / partie gauche sécurité ou droite la baleine et gauche la puce ou droite le fimalent et gauche le torrent…)
parcourir l’univers caché derrière un tableau, une photo (« porte »)
devenir la prolongation d’un objet (et vice-et-versa)
danser le doré, l’arbre, l’intersection, la pomme, la constellation, la rate
ressentir les territoires (à moi, à nous, à toi, à vous, à eux-elles… mais aussi à certaines parties de moi et de toi, etc)
rencontrer sa puissance créative (REAH)
cartographier et explorer le territoire du lien, de l’attachement, du délitement, de l’abandon, du détachement, de la rupture…
transférer ses dividus dans des objets et les faire interagir entre eux pour explorer les sensations, émotions, impressions, conceptions du monde
… (ma mémoire flanche)
Thématiques au sein de votre projet (solo, compagnie, école d’art…)
Février 2020: Production/ la Biennale des arts numérique Némo / Coproduction / du label phonographique Labelle69/ Avec le soutien du Centre d’art contemporain de la Maréchalerie et du Phonomuseum de Paris.
Cette expérience artistique immersive s’est déroulée le samedi 8 février 2020, 14h30-16h30, Théâtre Berthelot, dans le cadre de la biennale d’arts numériques NEMO.
Une proposition ouverte à un public participatif pour une aventure hypnotique et collective d’un REAH (Rêve Eveillé Augmenté par l’hypnose) sous la conduite de l’artiste hypnologue Marie Lisel et la composition lumière et musicale de Jérôme Poret. Annonce sur Sonore Visuel
Cette proposition peut se renouveler sur invitation.
Témoignages des participant.e.s
I experienced a wonderful performance by Jérôme Poret, a future guest artist of Mayeur Projects Residency and Marie Lisel artist and hypnologist. We spent more than one hour in a collective hypnosis experience in Berthelot Theater in Montreuil, thanks to Marie’s texts and voice and Jérôme’s music. We opened large valleys and tiny houses inside of our minds and bodies. Hypnosis brought me to a flowered valley like the valleys you can follow near Mora, in our beloved Northern New Mexico. After that, my intimate journey made me meet a big wall of a grey massive building as you can find them in Berlin. I went inside and walked through large rooms with some dark corners, but no fear. It was more silent and intimate than scary. Suddenly I felt a big rock cliff moving to me and hurting me. It was the result of a sudden change. Marie’s low voice had been replaced by loud recordings of Jerome’s students telling the story of their dreams under hypnosis. One had become an elk refusing to enter a little house (his Self), another one had travelled in his mouth, squeezing between his teeth, then climbing into his nose… Fantastic experience. Thank you Jerome and Marie. (Mayeur Projects)
***
“L’allée est étoilée, dans les étoiles, éclairée en son centre…
le bleu dense de l’univers tout autour, aérien, infini.
L’allée mène à une villa romaine baroque, empesée d’ornements.
Aucun angle
Les pièces sont des grottes, des couronnes retournées
Entre or et indigo
Dans le boudoir
Les corps de marbre-cire du Bernin, entrelacés.
L’architecture est un archétype
Au cœur de ma maison charnelle, profonde vérité”
***
Merci pour ce voyage en profondeur poétique, cette ouverture intérieure. Bienvenue en soi, en son habitation. Ouverture aux immenses chemins d’un pays infini. Bravo à vous deux!
***
Quand il était question de chemin, j’ai imaginé une foret. Puis quand vous avez évoqué un édifice, j’ai tout de suite vu une grande maison entourée de forêt. Une grande demeure blanche de maître avec quelques marches pour rentrer. je me suis rendu compte que j’étais nue en rentrant. Le sol était en carrelages noirs et blancs, à damiers. il y avait un grand escalier. Et sur les murs des tapisseries anciennes et sombres.
J’ai vu un orifice anatomique, de chair, mais à une très grande échelle de la taille d’une porte. je suis entrée dedans, ça tournait en rond comme un manège (une roue tournante). Je ne pouvais plus en sortir, alors je me suis laissée aller dans le conduit. C’était comme un intestin, un long tuyau de chair serpentant. Ca a duré longtemps.
Je voyais des portes sur les côtés, le long des parois mais je n’avais pas le temps de les ouvrir.
Au bout du tunnel, les parois étaient recouvertes de piquants. Ils m’ont blessée. cela ne me faisait pas mal. Je suis arrivée dans une pièce sombre. j’étais en sang.
D’autres personnes nues étaient là, dans une sorte de creux d’arbre. Les contours ressemblaient à ceux d’une grotte mais de couler et de texture d’écorce.
je suis entrée dans une armoire en bois, le seul meuble de l’espace. je sentais son odeur de vernis et mes doigts touchaient la surface lisse du bois. J’ai vu une ouverture en haut de l’armoire. Je suis montée. Au dessus, il y avait une échelle. Mon corps volait à côté de l’échelle, je montais sans me tenir aux barreaux.
A ce moment, vous avez parlé de sortir du recoin alors que j’en étais déjà sortie. Alors j’ai essayé de redescendre dans l’armoire. Puis quand vous avez parlé de voler je n’y arrivais plus.
Je me suis éveillée. J’étais complètement éveillée quand les étudiants racontaient leurs visions.
Petit voyage où tout est laissé de côté pour passer un moment en totale déconnexion. C’est assez étrange. Quelque chose d’utile dans ce monde de brutes.
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Merci ! C’était une très belle expérience..et qui a bien fonctionné pour moi !
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Quel beau voyage, fabuleux et surprenant. Pensées conduites par les voix et les sons. Parfois déviées par des rêves annexes et des sensations corporelles. Quelle est la limite avant l’endormissement?
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J’ai assisté à votre performance avec Jérôme Poret samedi au théâtre Berthelot et elle m’a énormément marquée. Je voudrais vous remercier de tout coeur pour cette expérience magnifique.
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Je suis la maison corps. voyage intérieur, organique, dans des tons grisés, noirs. Les tissus sont durs au toucher. Le corps devient architecture. Je ne sais pas exactement le rapport aux sons. a un moment donné, je suis sortie de la maison et je pouvais la voir de très haut, petite comme une mue abandonnée. je voyageais très vite, dans le cosmos.
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L’allée était un couloir. C’était tout droit et finalement, il y avait d’autres chemins. des portes ouvertes partout sur des couloirs. Je tombais dans chacun d’entre eux. Il y avait une gravité changeante. Je ne savais pas ce qui était sol ou plafond. je cherchais ce qui était appelé « façade ».
Finalement, c’était moi la façade. J’étais immense et inerte. Pleine de fenêtres. je tombais dans ma gorge, un tunnel violet sans fond, mou, étroit. je tombais ou j’étais aspire, aucune idée. Pendant longtemps. jusqu’à me retrouver sur mon siège pour écouter les récits des étudiants.
***
Merci pour ce beau voyage!
Tout d’abord, l’allée s’est matérialisée par un splendide chêne qui découvrait une allée dorée, enluminée, bordée de bambous nimbés d’un halo de lumière jaune, flottant entredeux mondes.
Je m’attends à voir une facade de maison en bois. Quelle n’est pas ma surprise! L’allée deveint un tunnel de vitraux qui débouche sur une façade gigantesque, e cristal qui scintille tout en me révélant la pureté de sa vibration.
Le porche n’en est pas un. ce n’est pas une entrée classique. je ne coprends pas ce que je vois, comme des alvéoles, des pièces, des colonnes qui changent de luminosité sans arrêt. je m’avance jusqu’à un fauteuil trône. Je m’y asseois et je ressens toute ma puissance intérieure. C’est mon palais. Il n’y a pas de toit. Je flotte dans l’espace, connectée par des fils énergétiques à la terre, les planètes, l’univers, les autres…
Tout à coup, je comprends, je suis le commandant de mon vaisseau. mon palais intérieur est un vaisseau qui me permet de ressentir toute ma puissance intérieure. Mille merci pour ce très beau voyage!
J’ai vécu un moment d’une rare intensité. C’était une première pour moi et je peux dire que ma curiosité a été satisfaite.
Durant ce temps, je me trouvais dans la cour intérieure d’un chateau. Seul. Je levai les yeux et vis un couloir. Dans ce couloir, je ressentis un décalage par rapport à l’extérieur. Il semblait infini à l’intérieur alors que j’arrivais à en voir les deux extrémités à l’intérieur.
J’ignore ce que cela signifie. En tout cas, j’en ressors parfaitement relaxé. Un grand merci!
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J’ai survolé la mer, je suis devenue un chouca. ce fut un merveilleux voyage. un grand merci!
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Le noir. Un oeuf. des fils. l’arborescence des branches. L’épaisseur de la vapeur blanche. Et le saut. un flot d’étoiles. la paix. l’orgasme. un voyage.
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Beau voyage. Je suis entré lentement dans un état second.
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Se mettre en vision. Prolonger la vallée des songes. L’ensemencer et l’enrichir. Et se laisser envelopper par elle.
Le couloir communique avec de nombreux mondes, ouvrant sur la façade noble.
La crypte est blanche et anguleuse.
Le recoin se joint au sol et aux arches. Il me défracte et me laisse pantois, flottant dans des sons qui faisaient mots.
L’accepte l’aphasie, la perte et le flot.
Puisqu’il est sûr que magies et merveilles tissent la trame des mondes!
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Expérience intéressante.
Mais l’enfermement dans ma maison ne m’a pas plu du tout! Encore moins dans le coin et le pli. La blatte m’est alors apparue, le « cafard », dans tous les sens du terme!
J’ai adoré la musique et le troisième oeil. Les bruits qui m’évoquaient la liberté.
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Merci pour cette expérience collective, il me semble que c’était un bon moyen de s’initier à la découverte des états de conscience modifiés. je ne crois pas avoir été hypnotisé mais je serais curieux de renouveler l’expérience dans un cadre plus préparé.
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Je suis navré de vous dire que votre performance m’a surtout permis de faire une des meilleures siestes de ma vie. Elle avait sans doute plus de potentiel mais dans mon sommeil, un tiers éveillé, j’ai eu le temps d’apprécier votre set-up et les récits.
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J’ai bien aimé ce moment très relaxant, surtout la première partie où j’étais dans un état méditatif. Mais je ne m’attendais pas à être dans un état encore plus « modifié ».
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Expérience douce et riche. Si dans un premier temps j’ai gardé un état de veille développant un vif imaginaire, je me suis à l’entrée des voix off, plongé dans un vrai sommeil. Merci vivement pour ce moment.
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Navré, mais je me suis reposé. Je n’ai pas réussi à voyager.
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C’était super. Un très beau moment bien accompagné. je ne m’attendais pas à voir des images aussi précises! Merci.
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Une expérience formidable à point nommé. Méditation. Sérénité. recharge d’énergie comme après 8h de sommeil profond. Restructurée. Regénérée.
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J’ai fini par ressentir une forte hallucination: j’ai vu un dragon me raconter des concepts éloignés et incohérents, avec une intention de lourdeur, comme si elle me racontait un traumatisme.
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Sommeil profond et calme. Maison familière avec inquiétude jusqu’au coin. puis noir complet. Réveil par les voix des étudiants. trou temporel, spacial. Quand Marie est-elle partie? lanterne magique.
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Merci pour ce beau voyage. J’étais dans un lieu secret, mon antre baobab sous la terre, avec ses racines. Souvenir de l’allée de bougies du 31 décembre, au sortir de la hutte de sudation. Une courbe dans la demi-foret par temps glacial.
Le coin m’a amenée à la chouette, au musée de la chasse et de la nature.
Expansion, condensation et repos profond.
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Une tente, en Iran, avec son sable chaud et ses tissus colorés.
Elle s’ancre quelque part, mais l’environnement disparaît, petit à petit. Bientôt, il ne reste que cette balançoire, dans le vide. Elle se déforme. Les cordes tendues qui relient l’assise à la poutre semblent avoir un second point d’accroche. Petit à petit, le mouvement s’amplifie, comme deux pendules qui seraient accrochés ensemble. Alors je m’assois sur cette balançoire étrange. Je me balance. Le mouvement s’amplifie, jusqu’à ce que je puisse faire un tour complet. Tout s’amplifie. J’entre en transe, de plus en plus profondément. Je suis fasciné par cet étrange mouvement.
C’est le schéma particulier des attracteurs de Rössler.
Le principe du chaos, comme des vagues, qui semblent identiques, mais qui sont pourtant toute différentes, uniques. Un rythme qui peut être paisible ou déchaîné, et qui évolue lentement, ou subitement, d’un état à l’autre.Je ne suis plus sur la balançoire. J’ai pris de la hauteur et contemple le mouvement d’orbite qui a suivi la balancement, qui évolue, toujours.C’est un schéma, comme un graphique en deux dimensions, qui s’anime. Je l’intègre et des couleurs commencent à défiler. C’est un peu comme dans un tunnel ou les flashs de couleurs persistent sur la rétine.Je vis l’orbite. Je suis l’orbite.Mais subitement, ou peut être lentement, je suis rattrapé par la pesanteur, aspiré dans un tourbillon.Je prends conscience de la lourdeur de mon corps. C’est dense, dur, immobile. C’est comme être un morceau de conscience, coincé dans une enveloppe de pierre. Je sens que je dois lâcher prise, mais la tête ne veut pas. De quoi as-tu besoin ?
Dans l’enveloppe, la conscience se divise. Tandis que le côté gauche semble stable, le côté droit commence à couler. Lentement, comme de la glace qui fond.Mais ce n’est pas de la glace, c’est une sorte de boue, très dense.
Elle coule lentement, je sens ce côté droit qui se déconstruit. Elle glisse le long de mon front, sur mes joues, puis goutte en pâte épaisse sur mes mains.C’est une sensation inconfortable, pesante. Je me transforme en tas de boue. C’est une matière brute, première, qui soit servir à ma reconstruction.
Mais comment sculpter quand on est à la fois la matière et l’artiste ? Je me sens maladroit, comment sculpter ?Qui peut t’aider ?Le poisson est là. Nous l’entendons gargouiller. Comme d’habitude, il est dans le ventre.C’est difficile, mais je sculpte, nous sculptons. Il est là pour moi. Après plusieurs essais, un objet prend forme, il grandit. La sculpture est en fait un bâtiment.En sculptant, je me construis.
Je suis un architecte en train d’ériger une cathédrale intérieure. C’est un travail de fond. Cela va prendre du temps.
Des mots s’inscrivent. Comme des règles à suivre, un processus de construction. DETERMINE, RADICAL, ORGANISE Intérieurement, je suis épuisé, mais quelque chose s’est mis en route. Y-a-t-il quelque chose d’autre à régler ? Il y a des nœuds, à différents endroits, dans l’épaule, le genou. Ils ont des choses à dire, ils veulent être écoutés.
Besoin de repos, il y a de la fatigue accumulée. Ils jouent avec moi. Ils se cachent mais ne s’apaisent pas. Il faut leurs donner du temps.
Il est temps de remonter. Remercier les événements, les personnages, les matières.
Respire profondément, et quand tu es prêt, ouvre les yeux.
—
(((L’attracteur de Rössler est l’attracteur associé au système dynamique de Rössler, un système de 3 équations différentielles non-linéaires.
Ces équations différentielles définissent un système dynamique continu et tridimensionnel qui présente des caractéristiques chaotiques. L’ensemble des trajectoires à long terme de ce système définissent un attracteur étrange aux propriétés fractales. )))
Stage de REAH pour les praticien.ne.s en hypnose, sophrologues…
Je réponds aux invitations avec plaisir. Je n’aime pas me charger de l’organisation. Vous avez un lieu et une dizaine de participant.e.s? Contactez-moi et inventons ensemble!
Certains stages sont reprogrammés d’année en année, en co-création, comme les traversées avec les chevaux au Centre Imala. D’autres changent chaque année.
Pour l’aspect financier, j’envisage différemment la transmission d’outils professionnels à des hypnologues et sophrologues, les interventions tout public, les interventions en institutions et les partages d’outils en lieux alternatifs, autogérés. Parlons-en…
Stages de 1 à 4 jours
Pour hypnologues et sophrologues
Formation en REAH pour hypnologues et sophrologues (rêve éveillé augmenté par l’hypnose, appellation personnelle), pour praticien.ne.s en hypnose. Deux stages de niveau 1 et 1 stage de niveau 2 sont prévus (dates en négociation). D’autres peuvent être organisés dans votre région (contactez-moi pour en parler). En 2018-2019, j’ai donné ces stages à Brenaz,et à Marseille. Lisez les retours des stagiaires. Je réfléchis à d’autres formations pour hypnologues et sophrologues, comme «Pour une hypnose créative» (plusieurs modules possibles, de 2 ou 3 jours chacun: prescription de tâche par les ego-states, voix et chant spontané en séance, utilisation d’objets transitionnels, séance d’hypnose en balade, médiation animale hypnotique…).
Deux stages d’été en nature (3 et 4 jours) Se connecter à soi, au cheval, au monde, en août 2020, à Azinières (Florac). Ces traversées existent depuis 2017 (2 stages chaque année depuis 3 saisons), avec Nathalie Bletterie.
J’ai aussi envie de créer un stage « Intuition et connexion en nature ». Un autre « Exploration des genres par l’hypnose et le REAH ». Un autre encore « Explorer sa créativité » (tout public) et un autre « Hypnose et pensée magique, sorcières, chamanisme et autres bizarreries » (2 ou 3 jours) J’ai plein d’idées… tout dépend de mon planning déjà bien chargé et des invitations qui me sont lancées.
Le stage hypnoyoga donné en mai 2019 n’aura lieu qu’en 2021. Nous n’avons plus de lieu pour le moment.
Mais je programme aussi des stages en hypnose & mind-bodywork, en Espagne et en Allemagne, en mai et juin 2020. Ecrivez-moi si cela vous intéresse.
Ateliers de 2 à 6h
J’ai pas mal d’ateliers queer que j’aimerais réinventer et partager. Je viens dans votre lieu, à la demande. L’an dernier, l’Atelier « Questions Queer » d’EFiGiES, m’a accueillie pour une présentation intitulée : « Exploration queer sous hypnose », à Paris, en décembre. En 2017, j’en ai organisé 4 à Bruxelles.
J’en ai aussi organisé pas mal d’autres, en mieux-être et en connexion nature, mais ça me prend trop de temps. Si vous organisez vous-même, je veux bien les donner.
Pour le reste, je travaille en laboratoire, en petits groupes privés… ça mijote!
Workshops en école supérieure d’art
J’aime beaucoup travailler avec les étudiants en art. Contactez-moi et inventons votre workshop sur mesure.
L’an dernier:
Workshop en école supérieure d’art, ENSAPC Ecole Nationale Supérieure d’Art de Paris Cergy (3 jours, semaine du 14 au 18 janvier 2019)
Interventions en tant qu’artiste pour une collaboration ou performance
Cette année commence avec deux collaborations artistiques: avec Jérôme Poret à la Maréchalerie et Violaine Lochu aux Ateliers Vortex. (septembre-décembre et octobre 2019).
Je vais également participer à une exposition de 2020 à 2022 (Toulouse et Lyon), en tant qu’artiste. Plus d’infos plus tard.
Pour les années précédentes, regardez la page Co-créations.
Interventions en tant qu’hypnologue pour une conférence ou une table ronde
J’adore parler en public. Je peux mêler exposé et exercices pratiques ou rester dans la théorie + questions-réponses.
L’an dernier, j’ai fait une intervention « La transe hypnotique : pratiques et questions de recherche », lors de l’atelier « Etats-limites de l’humain » du jeudi 18 octobre, pour l’IHEST, l’Institut des Hautes Etudes pour la science et la technologie (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation).
Intervention « La transe hypnotique : pratiques et questions de recherche », lors de l’atelier « Etats-limites de l’humain » du jeudi 18 octobre, pour l’IHEST, l’Institut des Hautes Etudes pour la science et la technologie (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)
N’hésitez pas à me proposer des lieux et des dates.
Nous rédigerons le contenu selon mes possibles et selon vos attentes.
CONVERSATION
À l’occasion du dernier jour d’ouverture de l’exposition, Les Ateliers Vortex invitent Violaine Lochu à témoigner de sa pratique artistique lors d’un moment de discussion, gratuit et ouvert à tous. Elle échangera avec Marie Lisel, hypnothérapeute, sur les thématiques du ressenti corporel et de la sensation d’intériorité.
Ce moment de discussion sera l’occasion de mieux comprendre comment l’artiste développe sa démarche.
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Violaine Lochu
Le travail de Violaine Lochu est une exploration du langage et de la voix. Dans ses performances, vidéos, pièces radiophoniques, elle croise ses propres recherches vocales avec une relecture libre de différentes traditions écrites ou orales (mythes, contes, chansons populaires…), des réflexions théoriques (nourries de psychanalyse, de linguistique, de sociologie…), et un matériau sonore recueilli lors des nombreuses rencontres auxquelles sa pratique donne lieu. A chacune de ses interventions, Violaine Lochu explore tout le spectre et toutes les possibilités esthétiques de sa voix, y compris les plus inattendues, pour tenter de l’emmener vers un au-delà du dicible.
Marie Lisel
Maitre Praticienne en hypnose éricksonienne, Marie Lisel est également exploratrice sensorielle et artiste (création sonore, installation, performance).
Sa pratique met l’accent sur le potentiel de chacun.e à trouver ses propres solutions et à se mettre en mouvement, que ce soit pour s’autoriser à transformer sa vie, augmenter ses possibles… ou pour libérer sa création.
Elle travaille autant en séance, qu’en worshop, qu’en stage… en cabinet nomade et hors piste: sur les plateaux de danse/théâtre, dans les ateliers, au sein d’expositions, en master class d’école d’art ou de compagnie d’arts vivants, en entreprise éthique, en hamac dans un parc, au fond des bois, dans un cours de yoga, dans le pré des chevaux, sur un bateau…
Elle collabore aussi avec des créatrices/créateurs au coeur de leur projet selon différents positionnements, comme coach hypnotique et artiste associée.
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Cet évènement est la troisième proposition d’une série de discussions qui visent à porter un regard nouveau sur la pratique des artistes et leurs questionnements. Notre volonté est de susciter des rencontres entre des professionnels de différents domaines et permettre à tous les publics de partager leurs réflexions, leurs savoirs et leurs interrogations.
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PERFORMANCE SONORE
Ce moment d’échange sera suivi par une exploration improvisée des partitions de travail de Violaine Lochu. La Générale d’expérimentation, collectif musical propulsé par Why Note, interviendra dans la salle d’exposition lors d’une performance sonore en deux temps.
Pendant une vingtaine de minutes, les musiciens réinterprèteront librement une partition dessinée de Violaine Lochu. L’artiste proposera à son tour une traduction chantée de la performance des musiciens.
La soirée se terminera autour d’un moment convivial accompagné d’un verre, pour prolonger la discussion avec les différent•e•s invité•e•s de la soirée.
La jauge de l’événement est limitée.
Événement gratuit, sur réservation : contact@lesateliersvortex.com
En tant que cliente-patiente des professionnel.le.s de la santé et du développement personnel, j’ai souvent dû faire un effort pour être simplement entendue dans le respect de mes propres habitus. En tant que praticienne, ce qui m’importe, c’est le rapport: entrer en connexion avec l’univers de l’autre, quelles que soient ses normes, des plus dissidentes aux plus traditionnelles, pour accueillir et accompagner.
Licorne?
Mon entourage est joyeusement peuplé d’êtres extra-ordinaires… qui existent pleinement, mais que les normes de la société dominante maintiennent dans l’obscurité médiatique ou dans la caricature grotesque (ce qui revient de toute façon à en masquer la réalité).
Les artistes expérimentaux, chercheur.euses au-delà des évidences et transformateur.trices de sociétés, en font évidemment partie. Certain.e.s s’identifient d’ailleurs comme « licornes ».
Mais j’évoque plus spécifiquement ici les êtres à paillettes, qui ne se situent pas nécessairement dans le champ des arts contemporains de recherche. Bref, ces ensembles ont des intersections communes mais leurs champs (licornes, fées… / art de recherche) ne correspondent pas complètement.
Etant inconnu.e.s, iels peuvent déclencherde fortesréactions d’incompréhension (je pense, par exemple, à un artiste expérimental auquel la famille réclame continuellement de « trouver un vrai métier » et à une copine queer que la famille ne lâche pas sur son look depuis des années: « tu pourrais au moins t’arranger un peu, te maquiller »…), de la curiosité (et de questionnement hyper-intime, sans respect de la pudeur), de la peur (de la contamination, entre autres), de l’agressivité même indirecte (« pédé », « putain » sont des insultes ordinaires), des discriminations (certain.e.s les accumulent… trans + peau foncée + formes très généreuses + polyamour + handicap + zèbre + travailleur.euse du sexe + pansexualité + performer…), de violence morale et physique, d’incompréhension agressive (« ben quoi, si t’es poly, un de plus ou de moins, hein, pourquoi pas moi?!), en plus de l’invisibilité ordinaire (ex: dire « les hommes » pour désigner les humains ou ne pas se rendre compte de la non-représentation de certaines catégories de personnes racisées dans une large audience) et de lanégation de la personne (ex: mégenrer en utilisant un pronom (il/elle) en accord avec le sexe biologique et non en accord avec le genre)…
Ces licornes et autres êtres fantastiques évanescents qui ne rentrent pas dans les modèles des magazines-webzines, chaînes télés-radio et familles traditionnelles, se rassemblent souvent (pas toujours et pas seulement) dans des alter-groupes, par singularités et/ou activités fédératrices (quelques-uns en vrac: zèbres, bears, féministes queer, poly, sexe-positifs…), où chacun reconnait l’existence et le merveilleux de l’autre. Ces espaces « safe », de sécurité et de liberté (mais aussi de défense aux miradors bien gardés), sont « inclusifs » et font la chasse – parfois de façon extrême – aux -phobes de tout poil, selon des normes libertaires basées sur le respect et la tolérance de chacun.e, en réaction contre la violence des normes de la société dominante édictées par l’abominable-homme-cis-hétéronormé (dont l’un des stéréotypes pourrait être le « chef de famille » qui fait des blagues « pour rire hein! » sur les blondes, les tarlouzes et les putes, en allumant le barbecue à saucisses). Parfois, le protectionnisme donne lieu à de nouvelles restrictions de la liberté, à des « règles » paradoxales par rapport aux intentions de la communauté première… Et c’est reparti… Il y a de quoi réinventer sans cesse!
En tant que cliente-patiente des professionnel.le.s de la santé et du développement personnel (du.de la gyné à l’hypno en passant par le.a psy, avec de nombreux intermédiaires), j’ai souvent dûfaire un effort pour être simplemententendue et accompagnée dans le respect de mes propres habitus.
Au pire, ceux-ci étaient classés directement dans la case « symptôme ». Consulter pour un problème de sommeil et devoir batailler pour ne pas être « traitée » pour un « problème » qui n’en est pas un pour moi m’est arrivé pas mal de fois (certains osent carrément le: « vraiment? vous êtes sûre de ne pas vouloir vous dépêcher pour tomber enceinte là maintenant? après ce sera trop tard et vous le regretterez… je connais plusieurs femmes qui… » Si si!).
Au mieux, la.e praticien.ne évite la projection et entre tranquillement dans mon univers sans utiliser ses propres filtres, pour entendre ma demande et non ses malaises personnels. Youpi merci!
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Entre les deux… il y a la maladresse du style « garçon, fille, il faut choisir » de l’énergéticien en questionnement sur mon ventre ou bien le – très-trop-long – temps de l’explication (comment payer une séance qui est en fait un cours donné à l’opérateur.trice sur une « question qui l’intéresse », comme la fluidité du genre ou les polyrelations, et qui l’entraîne, malgré mes efforts pour recentrer le propos, dans un état de fascination qui l’éloigne de sa fonction d’accompagnant.e), ou le malaise de l’incompréhension (car pas de cases à cocher), ou l’interprétation psychanalytique de comptoir, ou le rappel vers ce qui l’interpelle personnellement (moi pas), alors que je paie pour avancer sur une intention claire… ou l’énervement du bon, là, Marie, tu le fais exprès hein?! en recevant une réponse différente de celle qui semblait a priori évidente (je me souviens notamment d’un exercice entre collègues où mon opératrice était soulagée de trouver une certitude imparable pour son exercice: Tu es une femme, ça c’est certain! et a été gentiment exaspérée par mon euh… ben non, c’est pas clair à cent pourcents en fait).
Bref…
Et ce n’est pas prêt de se terminer, vu la façon dont certaines formations en sexo ou psychopatho sont orientées.
Voilà pourquoi la question m’intéresse!
Ce qui m’importe, c’est le rapport: entrer en connexion avec l’univers de l’autre, quelles que soient ses normes, des plus alternatives aux plus traditionnelles, pour accueillir et accompagner.
En résumé, en écoutant ce que vous avez à dire ou à taire, je n’ouvrirai pas de grands yeux fascinés, je ne froncerai pas les sourcils, je ne plisserai pas le nez, je ne chercherai pas à vous ramener à la m.raison…
Car il s’agit – ayant désactivé mes propres filtres -, d’entrer en contact profond, de voir et d’être vue, pour vous accompagner simplement vers la création de votre vie, votre oeuvre, votre monde.
Vous pouvez saluer Jeanneke-Pis, dans l’Impasse de la Fidélité à Bruxelles. Zinneke-Pis, lui, vous attend à l’angle de la rue des Chartreux et de la rue du Vieux-Marché-aux-Grains. Manneken, vous le connaissez…
« A côtoyer des licornes et des artistes expérimentaux, es-tu toujours capable de t’adapter à l’univers d’une personne plus traditionnelle? »
…me demande-t-on de temps en temps.
Je répondrai que je ne vis pas dans une secte, mais bien en immersion dans différents univers, reliés ou non. Membres de ma famille belge, amis d’enfance, collègues hypnos, collègues artistes, entourage de divers cercles et horizons géographiques… forment un monde où la diversité des habitus est une richesse.
En outre, en tant qu’accompagnatrice, je privilégie la connexion (rapport, complicité, fluidité, adhésion, immersion…) et non la compréhension au sens rationnel, intellectuel du terme.
C’est un peu comme ce que je pratique avec les chats, chevaux, oiseaux… en me connectant avec mes ressources les plus profondes, je « suis », en immersion, les ressentis et réactions des êtres que je rencontre, sans interroger mon système d’organisation du monde pour voir si ces ressentis et réactions correspondent aux miens et à quelles conditions. Juste dans l’ici et maintenant.
Et j’ai du plaisir à le faire, quel que soit l’univers des êtres qui me font confiance, car chaque fonctionnement recèle des paysages singuliers et des lumières inouïes.
Les Chlorophtalmus agassizi vivent en symbiose avec des bactéries luminescentes logées dans leurs yeux à lentille (là, on voit les yeux de cette bande de petits poissons)
En séance, ce que je suis, mes valeurs, mes représentations n’ont pas lieu d’être. Il m’est possible de trouver la beauté chez toute personne que j’accompagne, qu’elle soit colibri ou dealeuse de chasse au lion.