J’ai commencé à récolter des témoignages de séances en février 2017. N’hésitez pas à m’écrire sur lisellesil@gmail.com pour y contribuer, si nous avons voyagé ensemble! Et un tout grand merci aux quelques personnes qui ont déjà pris le temps de m’envoyer leur expérience par écrit.
ORANGE, VERT ET VIOLET
Les symboles que j’évoque me sont apparus sous forme de couleurs, comment dire que je n’ai rien découvert que je ne savais déjà mais que le fait d’établir un véritable dialogue avec eux m’aide à les faire négocier ensemble ce qui me convient dans le fond ou dans la forme. Je m’explique : mes symboles à moi sont des couleurs. Elles sont « arrivées » sous hypnose directement liées à mon environnement proche. J’ai cherché à faire dialoguer mon ancrage avec ma fantaisie.
Mon ancrage m’est apparu sous la forme d’un pied de vigne qui est dans mon jardin puis d’une violette qui se trouve au pied du pied de vigne ; mon ancrage est violet.
Ma fantaisie, elle, m’est apparue orange, lors de nos premiers échanges, elle prenait beaucoup de place, elle m’a demandé à être matérialisée dans mon environnement entre une vierge orange en plâtre et une petite statue de Ganesh. Alors je lui ai fait une place, j’ai trouvé chez moi un angelot que j’ai habillé d’une fausse fourrure à poils longs et refermée par un grelot.
Violet, Orange et moi avons donc continué notre travail avec Marie. Après une séance de négociation entre les parties (sic) un négociateur est apparu dont le rôle à l’avenir sera d’être le partenaire diplomate, celui devant lequel violet et orange pourront se taire pour le laisset agir avec justesse. Le diplomate s’est symbolisé en un beau vert céladon. Celui-là même que je venais de trouver pour colorer un petit pot de peinture blanche pour ma cuisine.
Les séances d’hypnose m’ont apporté beaucoup de cohérence entre mon environnement et l’organisation de mon monde intérieur qui rejaillit sur tout ce que je fais.
Avec Marie, j’ai fixé mes symboles dans des parties de mon corps auxquelles je fais appel pour les situations délicates ou sensibles de ma vie.
Depuis que j’ai commencé à cheminer dans mes ressources intérieures avec cette aide précieuse, je n’ai plus jamais éprouvé la peur d’être démunie.
« YES, WE CARE. Sexualité(s) et corps politiques », au FRAC Lorraine à Metz, dans La nuit des idées, du 25 au 26 janvier, s’est terminée par un rêve éveillé fantasmatique: La voix disait à peu près: « Ecarte les plis ».
Performance Participative, voyage singulier, psychique, onirique, érotique, émotionnel, sensoriel grâce à la modification de l’état de conscience, par l’hypnose, le rituel et le son.
Nuit conçue en partenariat avec :
49 Nord 6 Est – Frac Lorraine
LYO Est
Bête Noire
CREM / Université Lorraine–Metz
Fragment
Institut Français – Nuit des idées
Témoignages de participant.e.s
Merci aux participant.e.s qui ont pris le temps et l’énergie de laisser quelques traces dessinées ou écrites après ce voyage fantasmatique!
Qui prend au corps
fait circuler les boules
dans le corps. de la lumière
Chuchoter aux oreilles
partager le bonheur et le plaisir chuchoter ensemble
le fluide, qui prend le corps submerge.
Dans l’atmosphère
c’est me suspendre
léger
fluide
moelleux de la fourrure
beaucoup d’eau c’est chaud
léger
pénétrant
alléchant.
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Il y avait des morceaux d’émeraude laiteux étalés, espacés, et connectés par du fil.
C’était pareil pour mes parties du corps, tout mon corps.
Un losange tissé en fils d’or sertis de petit rubis s’est faufilé dans mon vagin
les pierres sont sorties plus nombreuses partout les pores de ma peau et j’ai été découpée en deux de plaisir.
——————–
J’ai rencontré à travers des filtres-voile éthérés « ma » puissance maritime sur une plage à l’atmosphère mythologique falaise, vent, soleil, sexe chaud et dressé, cheveux bleus, sexe bleu. Mon partenaire ressemble à un chat. Je lui offre du plaisir je lui offre ma puissance…
mon corps avait des démangeaisons
c’était tenu
Maouw – mon partenaire est comme un chat
je fesse toi
j’ai des cornes et des cheveux bleus assorti à mon nouveau sexe bleu.
Régulièrement, des personnes viennent en séance pour (re)trouver leurs rêves.
Rêves nocturnes, rêves lucides, rêves éveillés libres ou simples rêveries sont en effet souvent encagés dans le quotidien fait d’agendas, de listes, de conversations repassées, de futurisations répétitives, de ruminations, d’angoisses… ou carrément d’amnésie ou d’espace vide.
Où se cache donc l’imaginaire?!
En expérimentant le rêve éveillé sous hypnose, une fenêtre s’ouvre déjà: le rêve est bien là. Il se déroule, s’ouvre, éclôt, offre des représentations (paysage, personnages, narration…), des cheminements, des transformations et des espaces-temps inédits qu’il est possible de retrouver seul.e par la suite (avec une porte, un ancrage, un appel…).
En apprenant à jouer avec l’imagination volontaire (c’est-à-dire imaginer volontairement un élément, respirer pour aller vers tel espace temps, demander « + de… », etc.) et l’imagination active (laisser faire le rêve), chacun.e s’ approprie un outil magique d’entrainement, surtout au rêve éveillé et au rêve lucide.
Et puis, en allant à la recherche du rêve comme une quête au trésor dans l’imaginal, des transformations s’opèrent, des éléments se dénouent, se nettoient, se ressourcent… et les personnages-représentations responsables des rêves négocient leurs besoins et désirs et se concilient pour « un rêver » à la fois agréable, ouvrant et libérateur.
Personnellement, « le rêver » m’est indispensable, que ce soit seule ou en groupe. Car créer sa vie son oeuvre son monde permet non seulement de transformer sa propre réalité, mais aussi de transcender les peurs pour construire des représentations, des intentions, des idéaux collectifs, ensemble (comme exemple, voyez le « Rêvez l’obscur », Starhawk)
Je cogite un stage sur le rêve nocturne, lucide, éveillé libre, éveillé dirigé (RED de Robert Desoille et adaptations), rêverie, rêve de groupe…
En attendant, voyez mes articles sur le rêve lucide et sur le rêve éveillé, ainsi que les séances, workshops et performances participatives déjà mis en place.
C’est dans le cadre de paix et de beauté du Monastère Sainte-Marie que Katia Feltrin, professeur de yoga, et Marie Lisel, Maitre Praticienne en hypnose éricksonienne, vous proposent une immersion dans le yoga, la nature et la pratique de l’hypnose.
Marie Lisel utilise l’outil hypnotique pour accompagner dans le changement des personnes qui désirent se libérer d’une addiction, d’angoisses ou autres symptômes, mais aussi pour explorer et/ou créer des mondes en connivence avec d’autres disciplines, comme l’art, la performance, le cheval-miroir, le massage et, ici, le yoga.
Le yoga est une pratique millénaire, née en Inde, qui opère à la fois sur le corps et la conscience. Pour les yogis, toutes les manifestations de l’univers seraient issues de cette conscience, qu’ils appellent le « Soi ». L’un des objectifs du yoga serait de s’unifier avec cette conscience. « Sat Chit Ananda » « Etre, Conscience et béatitude » serait la définition de l’état du « Soi », ce « Soi » qui réside en chacun de nous.
Pour parvenir à cet état, il existe des techniques, notamment de nettoyage interne, avec les kriyas, d’une part, les exercices de nettoyage des nadis (méridiens en sanskrit), des techniques de respiration (le pranayama en sanskrit, la discipline du souffle), d’autre part, des postures (asanas en sanskrit), des techniques de méditation (dhyana en sanskrit) que nous aborderont le matin lors du stage, et le jeudi après-midi après le déjeuner et la digestion.
L’après midi, à la place du yoga nidra (le yoga du sommeil), pratiqué l’an dernier à cette période, nous explorerons les ateliers hypnotiques de Marie Lisel.
Katia Feltrin débute le Hatha yoga avec Pierre Courtejoie à Versailles en 1990, puis étudie la danse (classique, contemporaine, moderne, africaine, orientale, buto) et explore divers arts martiaux (aïkido, taï chichuan, karaté, kung fu Pei Mei jusqu’en 2009). En 2009, Katia Feltrin se perfectionne en Ashtanga yoga auprès de Caroline Boulinguez au Samastithi Studio à Paris. Depuis 2013, elle se forme au vinyasa yoga auprès de Gérard Arnaud et suis en janvier 2016 une formation de professeur de yoga en Inde, puis
en août 2016 en Bretagne, diplôme 200h. En 2014 et 2017, elle se forme au yoga nidra au Satyanandashram (Paris) et à l’école Akhanda (Paris). Depuis septembre 2009, elle enseigne un yoga dynamique mêlant les techniques de l’Ashtanga yoga, du Vinyasa yoga et du Kundalini yoga, dans les écoles élémentaires (école Lacordaire Paris 15e, à l’Ecole Château des Rentiers, Paris 13e, dans les entreprises (Axa, EDF, CNAM), à l’UCPA, à la MJC du Vésinet, aux Cercles de la forme…
Depuis 2012, Katia Feltrin étudie en parallèle, pour connaître les nadis (les méridiens) et le corps énergétique, le massage shiatsu, le Qi Cong et la médecine chinoise, à l’E.S.T (Paris), l’école de shiatsu thérapeutique de Bernard Bouheret.
Contact : katiafelt@gmail.com, Tél. +33 (0)666667562, facebook : chakras yoga
Maitre Praticienne en hypnose éricksonienne certifiée par l’Arche, artiste sonore, exploratrice sensorielle, Marie Lisel décline l’outil hypnotique en cabinet, mais aussi avec des artistes, dans la nature, avec les chevaux et en collaboration avec d’autres professionnels.
Loin de tout dogmatisme, l’hypnose pour créer sa vie (s’émanciper, s’épanouir, se centrer…), créer son oeuvre (réaliser, proposer, faire oeuvre…) et créer son monde (s’explorer, s’amplifier, se connecter…) est conçue comme une série d’expériences et d’outils que chacun.e s’approprie à sa manière pour être utilisée de façon ajustée et autonome. (https://marielisel.wordpress.com)
Nous explorerons le rêve éveillé dirigé, l’initiation à l’autohypnose, l’exploration hypnotique, en rapport avec les thématiques du yoga (ouverture, circulation, élévation, ancrage…), la balade hypnotique et connexion avec la nature…
Le Monastère Sainte Marie est situé à 5 km de la mer, de la forêt, et de Dieppe. Il dispose de chambres spacieuses et confortables, d’une belle salle de yoga et d’un grand parc.
La synesthésie est l’aptitude à associer spontanément et involontairement des sens de nature différente, comme par exemple «voir la musique», «goûter la rugosité d’une surface» ou «voir les chiffres en couleurs». Vécues à l’âge adulte seulement par certains, les correspondances sensorielles seraient pourtant présentes chez tout le monde dès la naissance. Cette définition vient du projet de Vincent Mignerot, Synesthéorie, qui rassemble les articles et liens sur la synesthésie.
Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Baudelaire (extrait de Correspondances, in Les Fleurs du Mal, 1857) est souvent cité pour illustrer la synesthésie.
De nombreux autre artistes sont connus pour cette capacité à traduire les sons en couleurs ou les couleurs en sons, par exemple. Pour explorer ces univers, Synesthéorie comporte des liens surL’art et la synesthésie
Il y a de nombreux articles et émissions sur ce sujet. Par exemple, la synesthésie de Paul Klee, qui entend les couleurs, a fait l’objet d’une émission sur France Culture.
En me basant sur le potentiel plus ou moins enfoui de chacun.e – car nous avons tou.te.s été synesthète enfant, à un degré variable – , je travaille sur la synesthésie amplifiée sous hypnose.
La synesthésie ne peut que me passionner, vu mon travail hypnose-création-art-sensorialité. Je cherche à ouvrir des passages entre les différents sens (il y en a bien plus que 5!) et l’imaginaire, à mobiliser ensemble le corps et le psychisme, pour élargir nos possibles et… créer nos vies, nos oeuvres, nos mondes!
Je démarre par ce que je connais le mieux: le rapport sonore-kinesthésique. Pour le moment, dans mes recherches, les mouvements spontanés et/ou les sensations physiques (chaleur, picotement, vague d’énergie, excitation, expansion, compression, chatouillis…) sont reliés à des sons, soit en collaboration avec un.e musicien.ne électroacoustique ou expérimental.le, soit en relation avec les voix des participants.
Ainsi que mon intervention dans « Acoustique de l’érotisme », création radiophonique de Franck Thoraval, à laquelle j’ai participé en tant que performeuse synesthète-kinesthésique, qui est en écoute sur le site de France Culture
« Le caractère clos des œuvres d’art, leur effet hypnotique reposent sur le fait qu’elles réclament et accaparent un maximum d’énergie. Cela donne au contemplateur la force de briser la continuité du monde à l’aide de la figure totalisée et d’échapper pour un temps à l’angoisse de mort. Chaque totalisation crée des états de discontinuité, et c’est en cela que réside une chance pour la liberté humaine » Carl Einstein, Georges Braque, Bruxelles, La Part de l’Œil, 2003 (1932), traduction de Jean-Loup Korzilius, p. 53.
Différents prétextes pour approcher l’art avec l’outil hypnotique
Lorsque je me balade dans une exposition, il m’arrive de me laisser flotter dans la salle et de dériver jusqu’à l’univers qui dégage la plus intense force d’attraction. Ou bien de rester perplexe face à une oeuvre censée m’interpeller (dixit l’ami(e) ou le/la spécialiste qui m’accompagne) et de me concentrer pour tenter une connexion. Ou bien de passer le temps, en jouant avec la transe et les matières, formes, couleurs, sons. Ou bien de laisser s’inventer une histoire en relation avec l’oeuvre, pour un texte à joindre pour un catalogue. Ou bien…
Une porte vers un voyage
Les prétextes pour explorer une oeuvre avec l’outil hypnotique sont légion. Pour être honnête, c’est surtout… une porte vers un voyage encore vierge car réalisé à partir d’une création inconnue et, aussi, un voyage bien plus reposant qu’en autonomie complète.
Lorsque l’on part uniquement de sa propre imagination pour entrer dans l’imaginal (lieu ou se déploient les productions de l’imagination), le voyage est souvent surprenant. Il demande néanmoins à être accompagné, voire guidé. En autohypnose, c’est possible (je le fais souvent) mais avec pas mal d’entrainement et d’attention.
Lorsque l’on se projette dans/en miroir d’une oeuvre créée par un artiste, l’état propice est plus facile à atteindre et l’interaction entre les imaginaires donne lieu à des échappées ouvrantes.
Les oeuvres de Pieter Vermeersch
Par exemple, les peintures de Pieter Vermeersch m’ont interpellée il y a quelques années, à Barcelone. Je suis restée un très long moment immobile, oscillant à peine, en voyage au coeur de ses détails de ciels agrandis en grands formats. Quelle richesse!
Plus tard, j’ai eu l’occasion de visiter son atelier à Bruxelles. Puis j’ai retrouvé d’autres oeuvres, à Paris, en janvier 2017. A la Galerie Perrotin, ce sont deux petits formats de peinture sur marbre qui ont capté/capturé mon attention.
L’expo est visible jusqu’au 18 février.
Se sentir libre de projeter, de transformer, d’entrer, de jouer…
Explorer une oeuvre d’art par l’outil hypnotique est un moyen de transformer nos expériences subjectives, de modifier la perception de l’espace et du temps, de permettre à des idées, des sensations, des émotions, des images multisensorielles de se déployer, de créer du sens autrement que par la rationalité, de faire une expérience sensible enrichissante, de pousser les limites de l’expérience de la compréhension de soi, de la nature, de la société, du monde, de se laisser « embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux » (Lygia Clark), de voyager, de créer des ouvertures, d’atteindre un pan de clairvoyance, une épiphanie, un éveil, une compréhension profonde, un déclic…
Evidemment, il ne s’agit pas de découvrir « ce que l’artiste a voulu dire » (il suffit de le lui demander ou de lire les commentaires de ceux qui l’ont fait), mais bien de se permettre de projeter librement son propre univers intérieur pour rendre visible ce qui restait caché, dans et à travers l’oeuvre.
L’hypnose comme outil pour l’exploration artistique
L’hypnose est pour cela l’outil idéal, car la mise en veille de notre rationalité donne l’occasion à notre monde intérieur de s’activer en s’appuyant sur le support qu’est l’oeuvre et de devenir, lui aussi, créateur!
« Des rêves éveillés fantasmatiques » est le thème d’une création sonore radiophonique, sur laquelle je travaille actuellement, produite par Halolalune Production et l’ACSR et pour laquelle j’ai reçu une aide du FACR (Fonds d’Aide à la création Radiophonique) de la CFWB (Communauté Française Wallonie Bruxelles).
CONTRIBUTIONS
Vous êtes invitéEs à y contribuer, par envoi et par enregistrement sur rdv.
Pour la première étape, je rassemble des témoignages de fantasmes, en état expansé de conscience ou non. Chacun peut m’adresser un enregistrement audio ou un message écrit, sur la boite mail revesfantasmatiques AT gmail.com, avec « contribution au projet radiophonique » en objet de mail. Ces matériaux seront utilisés (ou non, car je choisis librement), soit en intégrant une réécriture littéraire enregistrée ultérieurement par un(e) acteur/actrice en studio, soit pour un approfondissement sous la forme d’une interview enregistrée de l’auteur(e) de l’envoi, soit sous la forme d’une séance d’exploration par l’hypnose enregistrée. Il est évidemment possible de modifier les voix de façon à conserver l’anonymat des personnes qui le souhaitent (vive la technique, c’est bluffant!). Vous ne serez cité/reconnaissable que si vous le désirez. La création sonore finale fera environ 50 minutes et mêlera de nombreux rêves fantasmatiques, des textes poétiques, de la musique électroacoustique et des techniques hypnotiques.
Seconde étape: je commence les enregistrements de fantasmes qui me parlent (selon les écrits et audios reçus) à Paris et à Bruxelles en cette rentrée 2016 (septembre-novembre).
FANTASMES
Les fantasmes sont relatif au désir, au plaisir, à l’émotion et surtout à l’imaginaire. Comme dans le dessin de Mirka Lugosi qui illustre cet article, dans un rêve, tout est possible car aucune limite de « faisabilité » (ni dans le réel, ni dans une réalisation cinématographique) n’entrave le récit. Les personnages peuvent n’être qu’énergie sans corps, se transformer, vivre l’ubiquité, être purs concepts ou habitants d’un lieu qui n’existe que dans une tête. La communication peut passer par d’innombrables canaux… Tout est à inventer! Après, il ne reste plus qu’à traduire le voyage en mots, avec autant d’hésitation, de poésie, de trouble, voire d’incohérence qu’il sera nécessaire.
Les critères des fantasmes de l’étape 1 qui m’intéressent de prime abord:
entre 30 secondes et 10 minutes d’enregistrement ou entre 3 lignes et 2 page A4
avec la forme, le langage qui vous correspond (c’est une base de travail, que nous pouvons éventuellement développer dans l’interview ou l’exploration hypnotique)
singulier, inédit, original, décalé, poétique, bizarre, saugrenu… en tout cas pas extrait des films, magazines, pubs et autres lieux communs
étroitement lié audésir
lié au plaisir (par soulagement de la tension)
ce plaisir semble étrange (voire étranger), décalé, à quelqu’un d’autre
chargé (important pour le/la participant(e), puissant, amenant une émotion chez celui/celle qui le raconte)
avec une mise en scène, une ambiance, même résumée en une ligne
avec un scénario, une action, même résumé en une ligne
dans lequel le/la participant(e) est présent(e), en tant qu’humain, seul ou pluriel, ou animal ou oeil ou énergie ou eau ou métempsychose…)
se suffisant à lui-même, en tant que rêverie éveillée. Il s’agit d’un film intérieur lié au désir qui soulage une tension et donne du plaisir en tant que matière imaginaire. Donc, sans véritable possible de passage à l’acte.
réalisteou oniriqueou symbolique ou fantastique ou…
contenant des détails sensoriels (vue, audition, sensation kinesthésique, odorat, goût), des impressions, des associations libres (« ça me fait penser à… »), des comparaisons ou métaphores…
Lygia Clark définissait l’artiste « comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux ».
L’hypnotiste pourrait également être défini en ces termes, n’est-ce pas? Comme la pratique artistique, la pratique de l’hypnose et d’autres expérimentations sensorielles donnent des accès éclairés à soi et au monde.
Y voir plus clair, créer des ouvertures, atteindre un pan de clairvoyance, une épiphanie, un éveil, une compréhension profonde, un déclic… engage à ajuster précisément sa position propre, à laisser de la place pour l’inédit, à libérer son existence mais aussi sa créativité, son écriture, son mouvement, son souffle, sa voix, son trait… en dépassant les habitudes et les anciennes croyances limitantes.
Pour moi, l’une des façons primordiales d’atteindre la connaissance vient de la simpleexpérience spontanée d’une situation décalée par rapport à mes situations de conditionnement,ce que l’on peut appeler « recadrage, surprise, décalage, saisissement, déroute ». Si j’accueille cette expérience, dans l’ici et maintenant, en étant simplement là, si je garde le focus sur ce qui se passe pour ne pas me laisser distraire ni embrumer par des éléments de circonstance, si je pose une intention sans rien forcer, sans préciser mes attentes ni présumer d’un résultat, si je prends de la distance en hauteur sans rester calée dans une position de recul conceptuel mais bien en plongeant dans l’expérience… alors j’accède à des pans qui m’étaient jusque-là inaccessibles et j’agrandis le champ de ma liberté. Et plus j’expérimente de situations hors pistes en posant des intentions sans anticiper ce qui est par définition inaccessible avant l’expérience ouvrante, plus j’ajoute des couleurs à ma palette, des degrés à mon élargissement, des possibilités de positionnement, des outils de gestion de troubles intenses, de décalages puissants, jusqu’à inverser le refus-réflexe et transcender l’inquiétude et même l’effroi avec confiance, en toute sécurité, pour en ressortir plus juste et mieux ancrée, moins entravée, plus disponible à soi, à l’invention, à la création, à la relation, à l’autre, au monde.
D’une autre façon, mon travail decréation sonore offre, à sa modeste mesure, des expériences transformatrices à l’auditeur, dans le sens où il permet l’émergence d’une autre représentation (dans le cas du documentaire de création Merci Madame), d’un état modifié de conscience qui ouvre à un rêve dirigé par l’hypnose dans lequel les sensations étranges se succèdent (dans le cas de bOa) ou encore de la participation spontanée à un puzzle fantasmagorique collectif (dans Fantasmes)…
Je propose également des séances d’hypnose éricksonnienne individuelles oeuvrant dans cette direction (voir les articles traitant de ce sujet).
Et aussi des workshops (groupes de 4 à 30 personnes), mêlant hypnose, intuition, connexion, exploration sensorielle (notamment la synesthésie ou le questionnement queer) et création artistique, autant en école d’art qu’en académie de développement personnel.
Mes recherches théoriques et pratiques sur les états modifiés de conscience, sur les effets des sons, sur les passages d’un sens à un autre, sur l’intuition, sur la connexion… rejoignent ce désir d’ouverture, de dépassement des réflexes et habitudes, par l’appréhension de processus divers et variés.
Vous pouvez avoir un aperçu de mon laboratoire dans des articles ou à travers la création sonore de Franck Thoraval, à laquelle j’ai participé: ici
Ce travail de déconditionnement et d’exploration est pour moi relié à la nature, aux sens (il y en a bien plus que 5 !) et notamment à notre perception des ondes sonores, aux arts et, enfin, aux pratiques singulières, notamment en matière de genres et de sensorialité ou sensualités. Je désire dès lors développer un travail dans la nature (collaboration: architecte paysagiste? gestionnaire de forêt? botaniste? ), un travail dans les lieux d’art contemporain (collaboration: avec des artistes mais aussi avec des écoles d’art, des galeries), un travail dans les micromondes où s’expérimentent d’autres façons d’être avec son corps, son intuition, ses canaux de communications.
Entre mon labo privé, les séances d’exploration individuelles, les workshops en groupe, les écoutes en ligne, les collaborations avec des créateurs… je cherche à développer et à partager les richesses de ces pratiques et à jouer avec ma position aux croisées de différents champs: l’hypnose éricksonienne, l’art contemporain, la création sonore acousmatique, l’exploration sensorielle, les études sur le genre…
L’hypnose stimule la créativité et nous permet d’apprendre à nous en servir pour modeler un rapport au réel satisfaisant nos besoins et désirs profonds. Elle est aussi un outil de création artistique, comme si l’art était « augmenté » par l’hypnose (l’expression est de Catherine Contour et fait référence à la réalité augmentée par superposition d’un modèle virtuel).
Dans la vie courante, les créatifs inventent des concepts, des machines, des histoires, des façons de traverser la ville, de s’habiller, de communiquer, d’être avec l’autre, de gérer le temps, d’accorder des aliments, de se jouer des vicissitudes… car la créativité est un état d’esprit : à chaque fois que nous prenons du recul par rapport à nos croyances, nos habitudes, nos conventions, nos réflexes, que nous ruons dans les brancards du conformisme et que nous faisons une proposition positive de dépassement de la routine, nous enclenchons un processus créateur.
La créativité n’est pas l’apanage des artistes, même si certains artistes vouent leur vie entière à l’expression de cette attitude intérieure et la pousse donc à son paroxysme.
Pas mal de magazines et webzines se sont interrogés dernièrement sur ce qui démarquerait les personnes créatives de celles qui se disent non créatives.
En dressant la liste des caractéristiques relevées dans différents articles grand public, je me suis dit que l’onn’aurait pas parlé des bénéfices de l’hypnose autrement.
Donc j’ai continué la liste commune (à poursuivre dans les mois qui viennent au gré de mes lectures et de vos propositions), en me restreignant dans mes allusions aux textes de John Cage, l’un de mes « maîtres es créativité », d’où sa photo, en pleine cueillette de champignons, comme illustration de cet article.
Voilà : cqfd 🙂
John Cage
Le goût de l’aléatoire ? Le fait de se servir du hasard ? Les opérations fortuites ?
Le goût de l’inquiétante étrangeté ?
La curiosité ?
L’invention de réponses, solutions, réactions, représentations du réel, face à une situation nouvelle?
La capacité à laisser (ad)venir ? à accueillir ce qui vient ? La capacité à laisser faire, à ne pas vouloir tout maitriser ?
L’adaptabilité ? La capacité à surfer sur la situation qui se présente, même inconnue ou impromptue ? A être comme l’eau vive ?
La capacité à zigzaguer ? Le fait de privilégier les bifurcations aux chemins présentés comme évidents ? Le fait de ne pas « aller droit » selon la croyance dominante du « droit chemin » ?
La capacité àrebondir de façon ludique sur les mille et un petits tracas ?
L’acceptation du risque ?
La sérendipité – capacité à utiliser des éléments trouvés alors qu’on cherchait autre chose ?
L’audace ? oser s’ouvrir à l’inconnu, au jamais vu, au jamais pensé
Le fait de se permettre des tâtonnements, les coups pour rien, des erreurs, plutôt que d’attendre d’être parfaitement prêt pour créer (ce qui n’arrive jamais) ?
L’utilisation des insatisfactions vers un dépassement ?
Le fait de rester aux aguets, en recherche d’un au-delà de soi-même ?
Le fait de se poser sans cesse des questions ?
La capacité à discuter l’ordre apparemment naturel des choses, à ne pas se satisfaire des conventions, de la routine… de ne pas respecter scrupuleusement des modèles (écoles, parents, médias, croyances des proches)
La déshinibition (et désobéissance non pas par principe d’être contre mais au cas par cas, pour suivre ses intuitions) ?
La positivité (critique ET proposition positive) ?
L’espace-temps désencombré accordé à ce qui pourrait se passer ? L’acceptation du vide vécu et non subi ou fuit?
L’acceptation d’un temps de latence, où l’on reste en « jachère » sans forcer
L’état de réceptivité et de sensibilité ? La captation d’éléments a priori cachés, l’amplification des sensations, l’intensification des émotions ?
La confiance en soi ? L’estime de soi ? le fait de prendre ses décisions par soi-même ?
L’empathie ? être en connexion avec l’autre, avec son for intérieur (rêverie, fantasmes, intuitions), avec chaque environnement (nature, conversation singulière entendue dans le métro, famille, musique…), comme une éponge qui donne et absorbe des informations très diverses.
La transformation des éléments captés, leur mélange et leur association entre eux, pour en extraire une création personnelle nouvelle ?
La capacité à réagir dans l’ici et maintenant, identifié à l’instant présent, sans la restriction du souvenir et de la projection (qui activent des peurs) ?
La capacité à la rêverie active, au rêve éveillé, aux constructions imaginaires ?
La connexion à soi ? L’écoute de l’intuition, du sentiment d’évidence, des impressions ? La prise en compte du « regard intérieur » ?
La levée des contrôles intellectuels et rationnels, vers une sorte de « débranchement » des connexions habituelles, pour laisser émerger des connexions nouvelles qui sont habituellement censurées ?
L’ouverture aux émotions ?
L’aptitude à la prise de conscience, à l’épiphanie, au déclic mental, qui révèle ce qui restait caché ?
La capacité au flottement, à la rêverie floue, à la dérive ?
Le dépassement ou détournement des limites, des cadres, des codes, des conventions, des habitudes ?
L’exaltation face à l’ouverture du champ des possibles ?
Le goût du jeu ?
L’observation de ce qui semble a priori peu important et qui révèle pourtant un monde ?
L’originalité dans la manière de faire des liens, des connexions, des imbrications ?
La faculté de vivre une infinité d’expériences, dans le cinéma intérieur (ce que je me raconte en mots, images, sensations), pour en tirer des réponses, des émotions nouvelles, des apprentissages, des essais… par l’imagination ?
La capacité à laisser venir le chaos, pour laisser émerger par la suite un nouvel ordre, une nouvelle représentation, construite sur une autre logique que celle qui présidait ?
La possibilité de changer de façon de fonctionner volontairement (programme personnel de précision, efficacité et confiance pour une tâche, puis lâcher-prise, puis créativité, par exemple)?
La possibilité de transformer volontairement la représentation subjective d’un événement et l’état émotionnel qui l’accompagne (autrement dit, de changer l’histoire habituelle que l’on se raconte face à tel événement) pour en tirer une nouvelle expérience, découvrir une nouvelle partie du monde et de soi-même?
L’expression « se faire un film » désigne une réaction que l’entourage juge décalée face au réel. La recevoir déclenche souvent un sentiment d’incompréhension et de révolte.
Pourtant… le film intérieur qui accompagne nos perceptions du monde fait immanquablement naître l’émotion et crée dès lors « notre réel ».
Certains films intérieurs sont accessibles au conscient, comme la rumination d’une engueulade, la projection fantasmatique dans une soirée amoureuse, la madeleine suggérée par une odeur, l’imaginaire anxieux face à une dispute de rue que l’on « comprend » car les séances sur divan ont souligné l’empreinte des disputes des grands dans notre enfance, l’aménagement mental d’une pièce pour un événement (alors que l’on est assis dans le métro), la crainte de tomber en prenant un ascenseur pourtant neuf, la rêverie qui précède ou prolonge un voyage…
D’autres films intérieurs passent inaperçus et agissent donc comme des prismes/filtres inconnus et inaccessibles sur notre vie, déclenchant des joies mais aussi des phobies ou des blocages. Notre mémoire traite continuellement les informations, crée des associations entre des éléments synchroniques (son de mastication des chevaux+tranquillité de la sieste, panique dans le bain enfant+forme du jouet présent à ce moment-là) et réalise des liens nouveaux à chaque instant. Les événements puissants de notre passé sont ainsi raccordés les uns aux autres et avec d’autres événements plus récents, relus à leur lumière (et vice-versa). Cet agglomérat est à nouveau relié et relu à la lumière d’un nouvel arrivant dont la perception a elle-même été influencée par des liens etc.
UN RESEAU DE DISCOURS INTERIEURS, D’IMAGES, DE RESSENTIS, D’EMOTIONS
Bref, ce que nous avons vécu à différents moments de notre vie et qui nous a marqué, ce que nous avons ressenti lors de ces moments et en les évoquant, ce que nous nous sommes raconté comme histoire, tout cela nourrit nos films qui nous font réagir et agir au présent, qu’ils soient accessibles ou non au conscient. Un immense filtre continue sans cesse de se tisser, entre nous et ce que nous percevons. Le désir et la peur, tournés vers l’avenir (désir ou peur que le passé se reproduise), portent aussi la charge de ce réseau d’émotions, de ressentis et de pensées passés. La résilience est un exemple positif de la façon de regarder le film du passé.
LA TRANSFORMATION
Pour sortir de ce réseau de liens, d’habitudes, de croyances limitantes et pour permettre l’ouverture à d’autres champs des possibles, l’hypnotiste propose de faire émerger le film intérieur, de l’observer en le mettant sur pause, de le comprendre en profondeur, d’adapter son contenu, ses liens et les émotions qui l’accompagnent à l’objectif de séance, c’est à dire à ce que désire vraiment la personne sous hypnose.
SCENARISTE ET REALISATEUR DE SON PROPRE FILM
Une séance d’hypnose pourrait être comparée à une séance de cinéma, dans laquelle le spectateur serait aussi scénariste, réalisateur, acteur, chef op, décorateur…, alors que l’hypnotiste serait la personne qui offre les conditions de cette réalisation et qui guide l’apprenti réalisateur dans sa création singulière (techniques d’écriture, de mise en scène, de prise de vue et de sons, de montage…), en proposant différentes options, comme un guide propose des destinations et des itinéraires pour s’y rendre, s’arrête à des points de vue, fait remarquer un paysage…
UN DEPASSEMENT DE SES LIMITATIONS PAR L’EXPERIENCE
Lorsque l’on va voir un film d’un réalisateur que l’on apprécie au cinéma, après en avoir vu la bande-annonce ou lu des critiques, une partie de nous sait qu’elle est assise dans une salle face à un écran et laisse l’ambiance sonore et visuelle l’envahir jusqu’à ce que l’imaginaire prenne le pas sur le réel, jusqu’à découvrir le personnage et rire, pleurer, espérer, aimer, courir avec lui. Le corps ne bouge plus. La notion du temps se tord. Le mal de tête s’évapore. Et, en accompagnant ce personnage dans le dépassement d’un problème, on en sort enrichit d’une nouvelle expérience.
Le cerveau ne fait pas la différence entre l’imaginaire et le réel. Le film intérieur et les émotions qui l’accompagnent, que ce soit dans un voyage imaginaire ou dans une interaction réelle, est encodé comme vécu. En travaillant sur le film et sur notre façon de le percevoir, nous transformons notre existence.
EXPLORATION DES SENS, CREATIVITE ARTISTIQUE, OUVERTURE DE CONSCIENCE
Ce processus est efficace pour dépasser des blocages (impression de tourner en boucle sans pouvoir en sortir) ou résoudre des problèmes (voir « Applications de l’hypnose », dans « Hypnose éricksonienne »), mais il peut aussi tout simplement générer l’exploration des sens, la créativité artistique, la compréhension profonde de soi, l’ouverture de conscience.