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Catégorie : Arts

  • Les séances d’hypnose en musée, centre d’art, galerie

    Je pratique l’hypnose, seule ou en séance individuelle, dans des lieux d’art contemporain, à la rencontre des œuvres ou tout simplement entourée d’elles, qu’elles soient peintures, dessins, sculptures, photographies, installations…

    Pour moi l’hypnose et l’art se marient à bien des niveaux. Je développe d’autres niveaux dans d’autres articles, pour me consacrer ici à la question du lieu entièrement dévolu à l’art, qui consacre dès lors « l’étrangeté », inquiétante ou non et ne la dérange qu’extrêmement rarement.

    UN LIEU QUI POSE QUESTION

    Le public qui se balade dans ces lieux se pose généralement au moins une fois la question du banc (œuvre ou siège ?), du déshumidificateur (œuvre ou déshumidificateur ?), de l’étudiant des Beaux-arts looké qui dessine dans une position particulière (performance ou exercice scolaire ?), de l’abeille posée sur le mur (œuvre ou insecte rentré par la fenêtre ?) et avance avec prudence et respect (voire crainte), de prendre le son d’un radiateur pour une œuvre… ou d’interrompre des performers. Imaginez donc qu’une femme assise ou debout, les yeux ouverts ou fermés, une main en l’air, oscillant légèrement, pendant plus d’un quart-d’heure face à une œuvre ou sur un siège au milieu d’une salle, pourrait être une de ces performeuses qu’il serait insensé de perturber. Le musée ou le centre d’art sont des lieux où je me sens chez moi et où l’on ne me dérange que très rarement. A deux, lorsque je donne une séance, la scène est sensiblement la même. Tino Seghal m’a rendu un sacré service !

    L’oeuvre pose question. L’état hypnotique aussi. L’œuvre appelle à un autre regard. L’état hypnotique aussi. L’œuvre ouvre d’autres possibles… alors imaginez les deux réunis!

    OSER CHERCHER CE QU’IL Y A A VOIR

    Je relève aussi, si je prends l’exemple d’une exposition dans une institution importante (qui accueille entre autres le grand public), que le simple fait de de m’observer (ou de nous observer lorsque je pratique sur quelqu’un) en transe douce, face à l’intérieur d’une coupole d’Anish Kapoor, à un grand tableau bleu d’Yves Klein, au flou d’un Richter, à un mobile de Calder… non seulement pose question (discrètement, sans passage à l’acte), mais aussi permet à certains d’approcher l’oeuvre autrement, d’une façon qu’ils n’auraient sans doute pas envisagée sans la permission que leur donne le fait d’observer la façon de faire de quelqu’un qui a l’air à l’aise, ce faisant. Lorsque je m’éloigne, je remarque souvent qu’une personne s’est placée exactement à la place que je quitte, « pour voir ».

    Car il y a à voir, dans l’œuvre bien sûr mais aussi hors d’elle, à l’intérieur de soi, avec le monde comme miroir.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Wolfgang Laib, “Pollen From Hazelnut”, au MoMA

  • Quel(le) artiste étiez-vous?

    REALITE ET IMAGINAIRE

    La régression dans les vies antérieures est un phénomène qui divise trop souvent les hypnos en « croyants et non croyants ».

    Or, en hypnose, la croyance du praticien est censée être mise de côté le temps de la séance.

    Et en ce qui concerne le sujet qui la reçoit, tout ce qui est vécu par le psychisme sous hypnose est traité comme la réalité par le cerveau. Quel que soit son degré de « réalité », la régression dans les vies antérieures nous emmène dans un autre monde, qui a un rapport profond avec ce que nous sommes et avec ce que nous avons à explorer, à comprendre profondément ou à dépasser. Que cet univers soit une réalité spacio-temporelle parallèle, une trace subjective d’un réel passé ou une symbolisation présente, cela fait-il une différence par rapport aux bénéfices que l’on peut tirer de ce vécu sous hypnose?

    Pour moi, il n’est pas nécessaire de croire en « les vies antérieures » pour utiliser et pour vivre cette pratique sous hypnose. Ni même de se demander en quoi on croit. Le simple fait d’accepter la vision subjective qui nous est offerte est ouvrant et propice au changement.

    Je vous propose dès lors de quitter ce débat de « vérité des vies antérieures » pour nous recentrer sur la réalité du vécu subjectif en état d’hypnose et de traiter ce vécu comme tout rêve éveillé, c’est à dire avec ouverture, curiosité, enthousiasme et plaisir.

    « Quel artiste étiez-vous? » est l’une des questions qui peut vous emmener  dans votre monde intérieur, quelles que soient vos croyances.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Catarina van Hemessen,- 1528-1587- Peintre flamande Renaissance – Autoportrait.

  • (r)éveiller, écouter, relier

    JOANNE LEIGHTON FAIT DANSER LES HABITANTS

    Depuis 2010, Joanne Leighton invite le public à devenir danseur de sa pièce « Made in Série », présentée dans plusieurs villes, et crée ainsi du lien entre les participants, en transmettant à chacun l’appui sur l’écoute de l’autre, en plus de bases techniques comme  le travail sur le poids, la légèreté, les repères spatiaux-temporels… Aujourd’hui, cette pièce est portée par WLDN http://wldn-joanneleighton.blogspot.fr

    Quelques années auparavant, lorsque j’ai débarqué dans le minuscule studio de Velvet, rue des Tanneurs à Bruxelles, Joanne Leighton donnait déjà de son énergie et de son temps, pour que les habitants du quartier populaire des Marolles et des alentours puissent danser ensemble. Son cours se présentait ainsi: « La pédagogie se concentre sur la prise de conscience du corps par un travail sur la gravité, l’énergie et la fluidité afin de construire un ensemble de mouvements dynamiques et rythmiques. L’élève apprendra à éveiller et écouter son corps à travers l’espace, seul et aussi en interaction avec le groupe. La spécificité du projet est de mêler l’apprentissage de la danse avec la construction d’une forme, la découverte du mouvement avec sa mise en espace. »

    UN TOURNANT

    Cette rencontre a été primordiale pour moi. Après plusieurs années de distance avec mon corps, suite à un arrêt brutal et terriblement triste de l’équitation, puis à des rééducations, puis à des essais divers et ratés pour me remettre dans une activité corporelle, j’en voulais à ce dos qui m’avait lâchée. Je ne reconnaissais plus la solidité de mon tronc. J’avais pris de la distance, quasiment en colère.  Joanne Leighton m’a permis de tâtonner, de me tromper, d’enrager, de réessayer, d’oser, de lâcher, de sentir, de faillir, de recommencer… pour peu à peu reprendre du plaisir à bouger, dans l’espace en 3D (je garde encore en moi ce cube conceptuel qui ouvre incroyablement l’espace par les coordonnées de multiples points vers lesquels diriger une partie du corps), à écouter mon corps jusqu’à le laisser aller dans des positions et transitions que je pensais devenues impossibles pour moi. Elle m’a aussi amenée au mouvement spontané et puis  à danser dans la confiance de l’écoute de l’autre et dans le développement d’un rapport dansé, voire dans une synchronisation du groupe entier. C’est énorme! Pendant quelques temps, avant son départ (pour diriger le centre chorégraphique national de Belfort), j’ai bénéficié de ses conseils, de ses encouragements et de son plaisir de transmettre la danse contemporaine aux non-danseurs comme moi, même abimés.

    Aujourd’hui, j’ai la conviction que cette « réparation » du lien esprit-corps m’a fait avancer non seulement dans mon lien à moi-même en tant que globalité (ou non-dualité), mais aussi dans mon lien à l’autre (lâcher-prise, confiance, écoute) et aussi dans ma pratique de l’hypnose. Mon corps fait partie intégrante de ma pratique hypnotique, même lorsqu’il est quasiment immobile, il me permet de me sentir libre, connectée et de laisser passer mes intuitions aussi bien dans les symboles du rêve éveillé que dans les sensations physiques… sans oublier les mouvements spontanés et la synesthésie, sur lesquels je travaille depuis quelques temps avec l’hypnose. En 2008, j’étais loin de me douter de cette autre façon d’être avec moi-même et de tous les bienfaits que j’en retirerais!

    CHANGEMENT DE CROYANCES ET DE COMPORTEMENT

    Là, encore, une situation vécue comme horrible et sans issue (je ne pouvais plus travailler à pieds ni monter des chevaux vifs ni…) a débouché sur un élargissement du cadre, ce qui a permis l’émergence d’une autre façon de voir ma situation, d’autres croyances, d’autres comportements, d’autres pratiques et  d’autres lumières.

    J’ai eu de la chance! Ce changement dans ma subjectivité s’est opéré grâce à l’accompagnement dans la danse le plus plus idéal pour moi: à la fois chorégraphe conceptuelle et danseuse contemporaine d’une grande rigueur,  accompagnatrice généreuse, attentive sans mièvrerie ni autorité ni connotation de danse-thérapie, dans la position de celle qui est là, favorise les conditions d’écoute, rassure…

    ACCOMPAGNER POUR UN CHANGEMENT

    Je ne peux aujourd’hui que faire le lien: l’hypnotiste que je suis devenue accompagne également le participant à acquérir des outils (exploration et transformation par l’hypnose) et à mettre en place les conditions les plus idéales possible de son changement.

    Et j’ai la croyance que l’on peut transmettre ce que l’on a intégré, car les expériences singulières et les accompagnements reçus dans des contextes et disciplines divers se rejoignent pour tisser la trame de notre position d’accompagnant.

    Merci Joanne.

    Image: « Made in Série« , Joanne Leighton 

    © Marie Lisel

    Bienvenue en séance

    PS: Après le départ de Bruxelles de Joanne Leighton (qui allait diriger le centre chorégraphique national de Belfort), j’ai poursuivi au Grand Studio, avec Nora Alberti et Laida Aldaz Arrieta (que je salue au passage: sourire et merci à vous deux!) et dans quelques cours de contact, impro… Puis mon corps a de nouveau fatigué et j’ai lâché la danse au profit d’autres explorations. Aujourd’hui, je cherche, à Paris cette fois-ci, un cours de danse contemporaine pour amateurs, basé sur l’intuition, le rapport, l’espace, le mouvement… et pas trop sur une chorégraphie compliquée. Qui a une piste? 🙂

  • Ecoute synesthésique de l’art acousmatique par l’hypnose

    TRANSFORMER LES SONS

    Cet atelier de 3h invite les participants à transformer les sons en formes et couleurs, en sensations et en mouvements.

    Il se fait debout et/ou couché et nécessite une salle confortable et une sono de qualité en 4.1. et une table de mixage.

    SYNESTHESIE

    La synesthésie (du grec sunaisthêsis : perception simultanée) est une expérience subjective, dans laquelle des perceptions relevant d’une modalité sensorielle (ici : les sons écoutés) sont accompagnées de sensations relevant d’une autre modalité (ici : les sensations kinesthésiques et le mouvement intuitif), en l’absence de stimulation de cette dernière.

    Dans ce workshop, grâce à l’outil hypnotique, nous créerons les conditions propices à l’expérience de la synesthésie, dans le sens où la musique électroacoustique fera éclore, dans un premier temps, des sensations physiques et, dans un second temps, des mouvements spontanés.

    Autrement dit, en écoutant un objet sonore, puis un montage d’objets sonores, chacun développera ses facultés à transformer cette matière en sensation de température, en tremblement, en expansion, en passage intérieur, en picotement agréable, en flottement… et laissera le corps bouger sans intervention de la volonté et sans le support « mélodie et rythme », habituel dans la danse.

    En savoir plus sur la synesthésie, voir le projet Synesthéorie de Vincent Mignerot

    L’HYPNOSE COMME OUTIL POUR LA SYNESTHESIE

    L’hypnose éricksonienne est un outil formidable pour expérimenter les sensations. En entrant en contact avec les parts non volontaires de nous-même, il est possible de créer des images, odeurs, goûts, sensations, sons, mais aussi de relier un stimulus (ici les objets sonores) à une réaction (ici les sensations corporelles). Le développement de la synesthésie par l’hypnose repose sur la base de ressources présentes en chacun de nous, qui sont rendues disponibles et amplifiées, jusqu’à jouer avec l’état que connaissent les synesthètes spontanés.

    Lorsque vous lisez une bande dessinée, des sons apparaissent dans votre esprit alors que le livre en lui-même n’est qu’un stimulus visuel. Idem lorsque vous entendez la fraise du dentiste en étant encore dans la salle d’attente… l’odeur, le goût et les sensations corporelles apparaissent très naturellement. Cette faculté est inscrite en nous mais s’est perdue chez bon nombre d’adultes. Elle ne demande qu’à être réactivée, ce qui est possible grâce à l’hypnose.

    UNE EXPERIENCE SINGULIERE

    Bien sûr, ce jeu hypnotique, en transe légère, ne donne pas les mêmes effets chez tout le monde. Selon les ressources de chacun, selon les métaprogrammes (façon habituelle de fonctionner), selon l’état du jour, selon le rapport entretenu avec la musique électroacoustique, selon le degré de suggestibilité, selon l’entrainement à la transe et selon le rapport au corps et à la danse… les réponses sont variables en intensité et diverses par leurs formes.

    En outre, ce travail avec l’outil hypnotique respecte les limites de chacun. Et toutes les conditions techniques sont mises en place afin que l’état de transe soit orienté vers une synesthésie kinesthésique positive, épanouissante, ouvrante (de nombreuses balises empêchent le « bad trip » 😉 )

    LA MUSIQUE ELECTROACOUSTIQUE

    La musique électroacoustique est la musique idéale pour ce projet. Tout d’abord, elle repose sur “le son pour le son”, l’objet sonore étant écouté pour ses qualités sonores et non en rapport avec sa source et ses connotations. Ensuite, elle ne donne pas la solution habituelle pour bouger en musique, c’est-à-dire la mélodie et le tempo régulier. Enfin, elle propose des univers singuliers et cohérents, mis en espaces, pour une immersion en 3 dimensions.

    Le workshop se cloture sur l’écoute d’une pièce de 10-15 minutes, sans intervention de l’hypnotiste ni coupure sonore, de façon à ce que chacun puisse expérimenter ses découvertes dans une immersion complète. Ensuite, nous débriderons joyeusement 🙂

    PREMIERE MUSICIENNE INVITEE: VALERIE VIVANCOS

    Dans cette proposition, Valérie Vivancos joue des sons tirés de son projet en cours, “Releasing the Spirit of Objects”, qui explore le rapport primal du corps à l’objet sonnant. Le premier volet de cette série, commande du GRM et de Radio France sera créé en février 2017 au studio 105 de la Maison de la Radio dans le cadre du festival Présences.

    Depuis la fin des années 90, Valérie Vivancos (Ocean Viva Silver) explore les modalités du son à la croisée de recherches artistiques et musicales. Après avoir étudié aux Beaux Arts de Londres (Chelsea College of Arts) et San Francisco (SFAI) et navigué 11 ans dans les arts sonores anglo-saxons, elle rejoint Paris et initie des projets éditoriaux et de performance (Double Entendre et OttoannA, avec Rodolphe Alexis), travaillant ponctuellement pour des structures de recherche musicale dont le GRM. Son corpus évolutif débute par une table rase, l’expérience relative du silence (Em direção ao silêncio – Rio, 2001), pour s’acheminer vers les rythmes naturels du corps (Sleep in Opera – Copenhague, 2002 / Stockholm 2016) jusqu’aux timbres communicants (Echolalia – Paris, 2014). La série en cours,“Releasing the Spirit of Objects” explore le rapport primal du corps à l’objet sonnant. Le premier volet de cette série, commande du GRM et de Radio France sera créé en février 2017 au studio 105 de la Maison de la Radio dans le cadre du festival Présences.

    Cliquez ici pour le  site web de Valérie Vivancos

    CONDITIONS PRATIQUES

    Cet atelier de 3h (possible en 2h) invite les participants, au nombre de 8 à 50, à transformer les sons en sensations et en mouvements spontanés. Il se fait debout et/ou couché.

    Il nécessite une salle confortable, un micro-casque sans fil, une table de mixage et une sono de qualité en 4.1.

    PUBLIC

    Il s’adresse d’abord aux musiciens, aux danseurs et aux autres artistes du champ des arts contemporains, ainsi qu’aux chercheurs, professionnels et amateurs, en synesthésie, en hypnologie, en arts…

    ADAPTATION POSSIBLE

    Pour une initiation avec un public plus large, c’est-à-dire pour un groupe non initié à l’acousmatique, la musique électroacoustique peut être remplacée par une musique présentant un tempo et une mélodie, sans aller toutefois vers une musique trop familière, qui risquerait d’emporter les participants vers ce qu’ils connaissent déjà (la danse sur une musique dansante avec un rythme régulier, un refrain, des attentes comblées…).

    Il suffit d’oser!

    © Marie Lisel

    Image: Beatriz Ferreyra

    « Ecoute synesthésique de l’art acousmatique par l’hypnose » peut aussi se décliner en séance. Bienvenue

     

  • Eliane Radigue: des musiques hypnotiques

    ELIANE RADIGUE

    Eliane Radigue (née en 1932) utilise des sons continus, créés selon des techniques complexes, qui invitent à une écoute active, mais aussi à la méditation ou à l’hypnose.

    Elle est l’une des compositrices les plus influentes de ces 50 dernières années et l’une des références quasi unanimes des créateurs de musique électroacoustique. Je ne suis donc pas très originale en la présentant comme l’une de mes écoutes favorites.

    UN ETAT D’OUVERTURE DE CONSCIENCE

    La dernière fois que je me suis laissée aller à une écoute de son oeuvre, plusieurs heures d’affilée, en autohypnose, j’ai atteint cet état incroyable d’impression de faire partie du grand tout, cet état de sérénité parfaite, si précieux. Mais étrangement, ce n’était pas cette fois sous la forme de mollécules d’eau parmi les mollécules d’eau (mon « corps » dilué dans tout ce qui contient de l’H2O), existant indistinctement en mollécules entremêlées, mais sous la forme de grains de sables d’une colline ronronnante, un puma de sable immense. Comme d’autres musiques de transe minimalistes, la musique d’Eliane Radigue peut mener à cet état d’ici et maintenant, en harmonie, en paix, en lien avec le monde. Un des états de bonheur qui vaut bien de s’exercer un peu 🙂

    Je vous invite à vous laisser guider par sa musique – ou plutôt à laisser « vos autres » (voir l’article « Mon autre/Mes autres) projeter leurs rêves, émotions ou intentions dans ses sons, si subtils, riches et éclairants. Et peut-être un jour, à prolonger un état d’autohypnose préparé en séance dans ses sons pour vivre des expériences.

    Je me contenterai  ici d’une transcription d’une citation (tirée de son portrait), d’un portrait par Maxime Guitton, d’un autre par Jean-Claude Fraicher, d’un lien pour écouter Arthesis, et Geelriandre et de la description de la « Trilogie de la Mort ».

    Cette citation correspond à au moins un processus que l’on utilise en hypnose: créer son propre réel par le choix de ce sur quoi nous portons notre attention : « On peut très bien dans la rumeur de cette ville avec une certaine attention d’écoute, entendre des fréquences et créer sa propre musique. Quand j’étais jeune je faisais ça dans les avions, par exemple. Il y en avait certains qui étaient extrêmement musicaux, d’autres moins… mais on écoute toutes les fréquences et on crée… l’oreille se balade dans tout ça et crée sa propre musique ».

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

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    « La musique d’Éliane Radigue est une expérience envoûtante du temps et de l’espace. Composée d’amples flux de vibrations, elle est à la fois monumentale et infiniment discrète. Tel un miroir pour l’esprit, elle dévoile “ces étranges rivages de nos paix ignorées”, comme l’a écrit Gérard Fremy. Dès ses premières compositions à la fin des années 60, elle a développé une œuvre unique en son genre, en toute indépendance des esthétiques en vogue. Pionnière des musiques électroniques, elle a exclusivement travaillé avec ce médium jusqu’en 2000. Elle travaille aujourd’hui avec les sons acoustiques d’instruments classiques.« 

    Extrait du texte Un portrait d’Eliane Radigue par Emmanuel Holterbach

    « TRILOGIE DE LA MORT » D’ÉLIANE RADIGUE / MUSIQUE POUR ARP SYNTHESIZER

    CHAPITRE I (61’22) KYEMA
    États intermédiaires … À mon fils, Yves Arman Inspiré du texte-racine du Bardö-Thödol (Le Livre des Morts Tibétains), cette œuvre évoque les six états intermédiaires qui constituent la « continuité existentielle » de l’être.

    I – Kyene – Naissance

    II – Milam – Rêve

    III – Samten – Contemplation – Méditation

    IV – Chikaï – Mort

    V – Chönye – Claire Lumière

    VI – Sippaï – Traversée et Retour

    Achevé au studio de l’auteur, Paris, en octobre 1988. Kyema a été créé en décembre de cette même année au New Langton Arts à San Francisco.

    CHAPITRE II (56’08) KAILASHA
    La double source d’inspiration de cette pièce évoque le paradoxe de certains dessins d’Albers ou d’Escher dans lesquels un élément des volumes devient le sas ou l’interface/interphase qui livre l’accès à un autre espace volumétrique à la fois logique et paradoxal. D’abord intitulé « Hereafter », KAILASHA en réfère à une expérience puisée dans le réel vécu, mais est également la transposition d’un parcours imaginaire autour de la montagne la plus sacrée des Himalayas, le Mont Kailash, considéré comme l’une des voies d’accès à une autre sphère d’existence.

    Achevé en 1991 au studio de l’auteur, Paris, en 1991. Créé à l’Experimental Intermedia Foundation, New York, le 16 mars 1991.

    CHAPITRE III (51’17) KOUME
    « Ô Mort,où est ta victoire ? » (Corynthiens XV) Œuvre de cendres – Des cendres de l’illusion devenue lumière Des-cendres au plus profond des sources de la vie. Là où naît la Mort, où Mort devient Naissance. Activement re-commencement – Eternité d’un perpétuel de-venir.

    I – « Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’est que l’apparence » (Psaumes XXXIV#7)

    II – « Qua resurget ex favilla judicandus homo reus » (Messe de Requiem)

    III – “Have lightning and thunders their fury forgotten” (Passion selon Saint Mathieu)

    IV – « Ô Mort, où est ta victoire ? » (Corynthiens XV)

    Commande réalisée au Studio CIRM à Nice en 1993. Création au MANCA, Nice, le 14 novembre 1993.

    Sa discographie:

    • E = A = B = A + B (2 x 7″ limited edition) (Galerie Yvon Lambert, 1969 reprise par Povertech Industries, 2000)
    • Songs of Milarepa (single disc) (Lovely Music, 1983)
    • Jetsun Mila (Lovely Music, 1987)
    • Kyema, Intermediate States (Experimental Intermedia, 1992)
    • Mila’s Journey Inspired by a Dream (Lovely Music, 1992)
    • Biogenesis (Metamkine, 1996)
    • Trilogie de la Mort (Experimental Intermedia, 1998)
    • Songs of Milarepa (two discs) (Lovely Music, 1998)
    • Adnos I-III (Table of the Elements, 2002)
    • Geelriandre / Arthesis (Fringes Archive, 2003)
    • Elemental II (Records of Sleaze Art, 2004)
    • L’Ile Re-sonante (Golden Nica, Ars Electronica 2006, Shiin, 2005)
    • Chry-ptus (Schoolmap, 2007)
    • Naldjorlak pour Charles Curtis, (Shiin, 2008)
    • Ψ 847 (Oral, 2013)
  • Jérome Bel: laisser faire le désir

    LAISSER FAIRE LE DESIR

    Le chorégraphe français Jérome Bel dit dans une interview à propos de Gala: « On ne peut pas travailler puisque ce ne sont pas des outils performants, donc il s’agit de faire autre chose, de ne pas travailler, de laisser faire leur désir. Le principe du spectacle, c’est le désir ». Voir:  extrait de Gala

    Marie-José Malis présente le spectacle ainsi: « Envisager autrement la danse. Ouvrir le théâtre à ceux qu’il ne représente jamais. Se demander : comment l’art met en commun ? Artiste majeur de la scène contemporaine, Jérôme Bel revient avec une proposition qui s’est imposée durant un atelier mené avec des amateurs en Seine-Saint-Denis. Le gala, forme festive et collective, mêle ici professionnels de la danse et amateurs issus de divers horizons. Sans jamais appeler au jugement, les différents numéros révèlent la manière dont le répertoire culturel de chacun engage un rapport singulier au désir d’autre chose, de joie, de perfection, de transfiguration, et de partage politique, qu’est la danse. Et l’inventaire de cette « danse sans qualité » ne révèle pas seulement la multiplicité des modèles esthétiques. Il œuvre dans un désir partagé. »

    MOUVEMENTS SPONTANES DESHINIBES

    Quel rapport avec ce site?

    Outre le recadrage opéré par l’artiste (encore une fois), l’idée du « désir partagé dans une danse sans qualité » est un thème à développer sous hypnose.
    Le mouvement et le son spontanés en état d’hypnose m’intéressent depuis bien longtemps.
    Sans compter que le joyeux côté désinhibiteur de l’hypnose facilite l’expérience de bouger simplement ensemble, sans jugement ni inhibition. Yeah!

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

  • Tino Sehgal et ses performances hypnotiques

    J’avais déjà croisé des performeurs de l’artiste germanobritanique Tino Sehgal dans des collections de musées et à Kassel et je m’étais arrêtée, interpellée, mais sans y passer deux heures.

    Il en a été tout autrement lorsque je suis entrée chez Jan Mot à Bruxelles l’an dernier, où trois personnes se relayaient pour prolonger mouvements et voix spontanés le temps de l’expo (c’est à dire non stop pendant les heures d’ouverture de la galerie), puis au Martin-Gropius-Bau de Berlin cet été, où il avait une grande expo solo, avec plusieurs pièces. Dans ces deux contextes, j’ai ressenti la transe monter très vite et très fort et je me suis vraiment installée pour profiter de chaque expérience, si singulière dans un lieu d’art contemporain: flotter, bouger intuitivement, me sentir intensément connectée, arrêter le temps, confondre la vie, l’art, l’espace de performance et mon espace intérieur, qui s’est ouvert jusqu’à l’impression de fusion avec l’extérieur

    Plus tard, j’ai eu l’occasion de demander directement à l’artiste quel était son rapport à l’hypnose, ou du moins aux techniques en rapport avec la transe . Selon lui, tout cela serait intuitif, il n’aurait utilisé aucune méthode ni connaissance particulière. Préservant son mystère habituel, en répondant aux questions par d’autres questions, l’artiste couronné du « Golden Lion for Best Artist at the 2013 Venice Biennale », est resté fort aimable mais volontairement hermétique.

    Si vous avez l’occasion de vivre l’une de ses performances, lâchez-prise. Et faites-moi part de vos expériences hypnotiques 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

  • Recadrage par courant d’air

    LE RECADRAGE, UN POINT COMMUN ENTRE ART ET HYPNOSE

    Documenta de Kassel 2012: des courants d’air provoqués par des souffleries invisibles traversent un énorme espace vide, accueillant ainsi le visiteur dans le bâtiment principal, le Fridericianum. L’oeuvre de Ryan Gander, sélectionnée par l’une des plus importantes manifestations d’art contemporain au monde, est en fait… de l’air.

    L’art interroge nos croyances, nos attentes, nos évidences, nos paradigmes, nos représentations, nos théories (le mot dépend des champs). Un événement aussi pointu que la Documenta peut, dès lors, se permettre un immense espace a priori vide, qui devient totalement plein, dès que/si le spectateur comprend qu’il respire l’oeuvre et se fait caresser par elle.

    C’est pour moi l’un des points de rencontre les plus fort entre l’art et l’hypnose: le recadrage. Car s’ils le permettent de façon différente, l’intention reste en partie la même: bousculer les certitudes, faire évoluer notre façon de voir le monde, nous sortir de nos zones de confort, de nos habitudes de percevoir, de ressentir, de penser, de fonctionner… pour permettre de se construire une réalité libérée.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

     

     

     

  • Rêve lucide: en équilibre

     

    Le rêve nocturne lucide suggéré par l’hypnose est magique et parfois même thérapeutique. Il se caractérise par la conscience d’être en train de rêver (« lucide ») et par la sensation de compréhension profonde d’une problématique par le fait de la vivre et de la résoudre symboliquement.

    Même s’il n’est pas évident de provoquer des rêves lucides, que ce soit par des techniques de jeu (les passionnés des rêves lucides ludiques ont monté des forums très complets et actifs) ou par l’hypnose, j’y parviens de temps à autre (en tant que sujet autohypnotisé et aussi en tant qu’hypno) et cela me ravit! Par exemple, dernièrement, un noeud bien serré s’est dénoué par un rêve lucide fort présent, qui me disait distinctement que ce rêve était important et qu’il allait changer ma vie. Au réveil, j’avais en effet pardonné: je ne ressentais plus aucune peur ni colère en pensant à l’adulte irresponsable qui avait provoqué une panique en moi quand j’étais enfant. En rêve, je lui avais parlé, j’avais bercé sa folie et sa détresse et je les avais acceptées, en tant qu’adulte forte et ancrée qui ne risquait plus rien. J’étais libérée d’un sacré poids! D’autres rêves sont plus énigmatiques ou moins radicaux. Mais tous sont précieux et mémorables. En voici un auquel je repense encore avec le sourire.

    En mai 2015, je me suis arrêtée un long moment dans l’exposition « Le bord des mondes », lorsque Bridget Polk a tranquillement réagencé ses sculptures de pierres (qui restent ensuite en équilibre, pour quelques minutes ou quelques heures, puis s’écroulent devant les spectateurs). La performance était bien sûr incroyable. Mais ce qui m’a le plus fascinée, c’est de sentir à quel point cette artiste était ancrée.

    Depuis longtemps, je demande à « Mon autre », en autohypnose, de jouer dans le théâtre des rêves nocturnes les questions importantes que je rencontre au quotidien. Si cela est bon pour moi, j’aime que le rêve soit lucide. Sinon, simplement présent au réveil (mémoire narrative mais aussi sensorielle et émotionnelle). Regarder Bridget Polk chercher l’équilibre m’a beaucoup touchée. Il était donc logique qu’un rêve survienne.
    Le lendemain, je suis retournée au Palais de Tokyo pour capter un son qui m’avait plu, dans une autre expo, alors que je n’avais pas de matériel. J’ai croisé Bridget Polk, par hasard, dans le hall, je l’ai remerciée et je lui ai raconté mon rêve :
    « Je suis une pierre d’une de vos sculptures, encore mouvante entre vos mains, oscillant pendant un très long moment, vous laissant chercher l’équilibre parfait par des micromouvements, me laissant faire, rassemblée sur moi-même, extrêmement concentrée sur mes sensations de pierre aérienne, connectée à vos mains et à la pierre sur laquelle deux cm2 de ma surface sont posés, comme « branchée » sur ces ancrages, que je prolonge. Quand le moment arrive – ce moment où vous reculez pour ne plus garder qu’un contact visuel et une intention si forte -, j’ai ressenti une immense liberté! En étant pleinement plongée dans ce rêve, je suis clairement consciente que cette expérience onirique ajuste encore mes possibles en terme de recherche d’équilibre. c’est aussi intense, présent, ouvrant que le meilleur workshop sensoriel »

    Merci Bridget ! Vive l’art contemporain!

    © Marie Lisel

    PS: mes autres articles sur les rêves lucides sont ici.

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    http://www.palaisdetokyo.com/fr/exposition/bridget-polk

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