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Catégorie : Hypnose

  • Et si on se connait? Prend-on un.e ami.e, pote, connaissance, collègue, cousin.e, voisin.e, partenaire, élève, professeur.e… en séance?

    De nombreux clients sont des personnes de mon entourage ou amis d’amis ou amis FB, en tout cas de milieux dont je fais partie (art contemporain, musique expérimentale, arts de la scène, écoféminisme, éthologie, hypnose, queer, etc).

    Ce n’est pas un souci.

    En effet, je respecte le secret professionnel et autres codes déontologiques, j’ai un positionnement particulier en séance, inscrit dans un cadre clair et amovible (le temps de la séance est séparé du temps de vernissage, concert, danse, balade, cours, conférences…) et je pratique l’hypnose éricksonienne (pratique très éloignée de la psychanalyse), dans laquelle le transfert/contre-transfert n’est pas un levier principal (heureusement car nous nous arrêtons très souvent avant 10 séances et non après 1000).

    CONDITIONS

    La condition première est que je ne fasse pas suffisamment partie du problème pour être impactée personnellement, car cela pourrait rendre compliqué mon positionnement neutre. Par exemple, je ne pourrais accompagner mon frère sur un travail abordant la famille, car cela risquerait de m’énerver ou de m’attrister ou de me surprendre ou de me remplir d’une joie immense au point d’ébranler mon positionnement d’accompagnante. Idem avec l’accompagnement d’une personne désirant travailler sur le deuil de quelqu’un que je connaissais bien. Idem avec un accompagnement sur la difficulté de garder des relations  longtemps si la personne est un ami. Idem avec l’accompagnement d’une personne sur un noeud sexuel si c’est un.e partenaire. Idem avec l’accompagnement d’une personne sur l’angoisse de l’abandon si c’est déjà compliqué de garder la juste distance avec elle dans le contexte privé. Etc.

    La seconde condition est que la personne qui me demande un accompagnement ne soit pas dans la dépendance affective et aussi qu’elle puisse faire la part des choses entre les temps d’accompagnements et le reste du temps, lorsque l’on est amené.e.s à se croiser ou à se côtoyer. En gros: je peux parler d’hypnose mais je ne bosse pas sur un cas particulier quand je vais voir une pièce de théâtre ou une expo ou un site naturel ou une amie. Respect du cadre 🙂

    Si ces deux conditions sont remplies, bienvenue!

    timiditebuenosaires
    La timidité des cimes

    SECRET PROFESSIONNEL

    Je suis soumise au secret professionnel et j’y suis très attentive.

    Si l’on se voit dans d’autres circonstances que votre séance, vous êtes libre de parler d’hypnose ou de ne pas aborder le sujet. Moi, je suis bouche cousue sur votre cheminement, sauf si vous-même m’invitez à en parler.

    A chacun le choix de son intimité.

    BULLE INTIME

    De la même façon, en tant que créateur.trice de votre vie#oeuvre#monde, vous êtes libre de me proposer une collaboration ou une invitation à voir votre travail. Je serai enchantée d’en parler avec vous si vous initiez la conversation. Et je respecte votre besoin d’intimité, votre bulle si vous ne le désirez pas.

    Je me permettrai juste de vous poser clairement la question si besoin en est de façon à accueillir votre positionnement et à ajuster le mien. En effet, certain.e.s passent tranquillement de la séance à la scène ou expo avec moi alors que d’autres préfèrent cloisonner le temps du travail hypnotique. C’est un choix que vous gérez librement.

    POSITIONNEMENT

    Quand je vous accompagne en séance, Marie en tant que personne qui a des avis (parfois tranchés 😉 ) sur le monde disparait.

    Je me sépare, le temps de la séance, de mes choix, de mes envies, de mes préoccupations, de mes révoltes, de mes croyances en tant que personne pour être entièrement dans votre monde, en immersion, dans l’accueil de vos représentations. C’est cela qui fait la qualité primordiale d’un hypno car c’est l’un de nos outils de travail principaux!

    CADRE

    Le cadre (temps – lieu – rituel) est important pour bien séparer le voyage des autres moments où nous sommes ensemble, si nous sommes amenés à nous côtoyer.

    Sans cela, comme j’échange des séance avec des collègues et que je reçois des personnes faisant partie de ma sociabilité, je me verrais forcée de rester en position d’accompagnante sans arrêt, même hors séance (car l’inverse est absurde: donner une séance en tant que personne qui croit à ses propres vérités est impensable).

    Ne vous étonnez donc pas si je propose des changements de lieux, par exemple, si une séance est suivie d’une discussion de travail.

     

    USAGE

    Enfin, nous sommes nombreux à nous échanger des séances entre hypnos et à recevoir les membres de notre entourage.

    L’hypnose éricksonienne demande un positionnement particulier du /de la praticien.ne. Mais, contrairement à la psychanalyse, elle ne demande pas à ce que la personne de l’accompagnant reste une surface de projection dans la vie en dehors des séances.

    Le truc de « on se connait donc je ne peux pas » n’est donc pas d’usage dans l’hypnose éricksonienne. A chaque praticien de placer son cadre, selon son champ socio-culturel, ses croyances et ses pratiques.

    ***

    Bienvenue en séance!

    © Marie Lisel

  • L’imaginal de Ma Soeur

    Mardi 28 février 2017, j’ai passé mes 2h20 de voyage en belle conversation avec une religieuse, sympathique. Nous avons évoqué… les croyances, rituels, objets consacrés, prières et demandes (à quelque chose en moi ou à quelque chose en dehors de moi), ce qui agit (en moi et hors de moi), le focus, l’hypnose, la foi, le rêve lucide, le rêve éveillé, la délivrance, l’apparition et même le service d’exorcisme officiel de l’Eglise… Fantastique! Surtout que j’étais en route pour Paris, bien à l’heure pour hypnologie, où Cyrille a conclu son cours sur l’imaginal à l’Arche.

     

    SYNCHRONICITE / HASARD / PROVIDENCE

    • Rencontre
    • Hasard – destin – coïncidence – synchronicité – providence – …
    • Régler le degré d’(in)certitude de ses croyances selon les besoins

    L’OBJET ET SON RAPPORT A L’IMAGINAL

    • L’objet et son rapport à l’imaginal
    • Mes représentations internes
    • Projection d’une représentation sur un objet
    • Insight
    • Les filtres
    • L’objet et le rituel utilisés comme support et catalyseur

     

    1) SYNCHRONICITE / HASARD / PROVIDENCE

    Une rencontre surréaliste

    Mardi 28/02/17, vers 15h, ma Soeur et moi, toutes deux munies d’un « billet strapontin » (le billet du pauvre), attendions avec d’autres voyageurs le passage du contrôleur du train IZY Bruxelles-Paris pour recevoir (ou non) la permission de nous asseoir dans le wagon entièrement vide des premières classes (juste à côté) ou bien des instructions pour trouver une place en seconde plus loin ou bien un « non » bien sonné. Chacun.e est un peu stressé.e car certains chefs de trains refusent la moindre concession et le voyage est long sur ces mini-planchettes dans le couloir.

    Les personnes du groupe « strapontin » plaisantent (ben oui, on est encore à Bruxelles!) Un monsieur me demande de l’aider dans ses mots croisés… je tente de comprendre les mots sur sa feuille avant de me rendre compte qu’ils sont en serbe (c’était une blague). Une dame d’origine africaine très opulente se marre en râlant de ne pas pouvoir caler ses deux fesses sur ce « siège-string », etc. L’humeur est belle.

    Finalement, le chef de train arrive et engueule tout le monde en brusseleir, avant d’éclater de rire. Il nous invite en première et fait semblant de prendre les commandes des boissons de façon mondaine (il en fera d’autres, en interpellant un garçon plus loin, à qui il dira que vu sa tête il n’a pas le droit à un tel siège, avant de l’inviter à rejoindre la joyeuse assemblée, etc). Hilarité générale. Les personnes qui ne se connaissaient pas en entrant dans le wagon se rassemblent dans des sièges à 4 ou à 2 et papotent. Moi, je m’assieds en face d’une Bonne Soeur en habit, après lui avoir demandé si elle acceptait un brin de causette. Sourire.

    Et c’est parti pour une rencontre magnifique!

    Hasard – destin – coïncidence – synchronicité – providence – …

    Comment se représente-t-on le fait que quelque chose arrive pile quand et où cela a du sens pour soi-même?

    – Hasard (rien n’a de sens) et destin (tout et écrit) –

    Certains parlent de « pur hasard » ou de « coïncidence » (rencontre aléatoire, fortuite et vide de sens), d’autres de « destin » (je me souviens d’une conversation avec une personne qui m’affirmait que « tout est écrit »).

    – La Providence –

    Ma soeur, elle, appelle cela « La Providence« . Pour elle, ce qui arrive dans un contexte précis est « ce qui est permis par Dieu », comme le fait qu’elle a assisté la veille de notre rencontre au débitage d’un cèdre de la ville de Bruxelles abattu par la tempête, alors qu’elle rêvait d’entamer une sculpture dans ce bois (je précise qu’elle sculpte entre autres à la tronçonneuse! Je suis fan!), avec lequel elle a une longue histoire (elle en a récupéré un beau morceau dans son sac à dos).

    Sa définition « Ce qui est permis par Dieu » (il le permet mais ne le crée pas) est différent de ce que Le Larousse annonce comme Providence: Action par laquelle Dieu conduit les événements et les créatures vers la fin qu’il leur a assignée. Cela ressemble plus au destin. A creuser.

    – synchronicité par agents internes –

    Moi je parle de « synchronicité », d’abord sans aucune notion de mysticisme, « occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit ».

    Percevoir ces signes et leur mise en lien me met toujours en joie (même quand le signe indique une impasse), car cela signifie que ma sensibilité est ouverte, que mon système sensoriel est réglé sur un fonctionnement incluant la 3ème dimension (l’imaginal) en plus du monde sensible et du domaine conceptuel. Lorsque cela survient plusieurs fois d’affilée, je sais que « je vois », je suis capable de prendre en compte la partie du réel qui fait écho à un questionnement ou à une préoccupation interne, mais aussi à des représentations de mon monde intérieur. Cela se passe alors dans le champ de l’attention (« consciemment », je me rends compte que je suis sur ce mode) et hors de ce champ (le signe « surgit », de façon étonnante, capté par une partie de moi hors du champ de mon attention et prend un signification importante pour moi et difficile à transmettre à autrui).

    Par exemple, je cherche à comprendre les différents archétypes (représentations animales, personnes décédées qui ont compté pour moi, lieux…) rencontrés dans mon imaginal et notamment les signes catholiques que mon imaginal conserve et développe, malgré le fait que je ne ressente aucune « foi » et que les religions ne sont vraiment pas ma tasse de thé (notamment en rapport avec la place que la plupart accordent aux femmes). J’ai fini par accepter ces deux archétypes catholiques internes et par leur permettre de prendre leur juste place, en testant différents positionnements. Ma dernière autoprescription de tâche (reçue en voyage dans l’imaginal par quelque chose en moi qui n’est pas « je ») est de jouer avec les représentations dans l’imaginal mais aussi dans le monde sensible: symboles tangibles, objets, noms, rituels… d’expérimenter dans la vie de tous les jours, d’expérimenter dans l’imaginal et d’analyser tout cela (mettre en concepts)…

    Juste avant de prendre le train, je venais de dénicher sur la Place du Jeu de Balle, une icône qui me plaisait (ce qui n’est franchement pas évident!), une heure avant de me retrouver face à une personne qui la connaissait très bien. C’est ainsi que mon immaculée rencontra les mains de Ma Soeur!

    La notion de synchronicité peut donc être envisagée « en interne »: quelque chose à l’intérieur de moi communique par ce filtre, cette attention et cette projection sur l’événement extérieur. Quelque chose me préoccupe (dans la réalité sensible, l’imaginal, la construction conceptuelle), ce qui oriente mes capteurs sensoriels, consciemment ou non, vers les éléments intérieurs (discours intérieur…) et extérieurs (je vois, j’entends…) en relation directe ou indirecte avec ce thème (dans le réseau complexe des influences dans nos processus psychiques) et je projette alors sur ces éléments mes représentations internes. Ils m’apparaissent dès lors comme profondément porteurs de sens, s’intégrant dans un réseau de significations et passent par mon corps (impression d’expansion, d’alignement…).

    Finalement, c’est une sorte de surgissement de mon imaginal dans le quotidien, dans le monde sensible, à travers des objets extérieurs, d’où l’impression d’étrangeté voire de magie. C’est une impression étonnante, que j’aime ressentir! Il suffit pour cela de la laisser monter sans la contredire par un discours « rationnel », d’accueillir la fluidité, de laisser faire, laisser s’imprégner l’être entier sans privilégier le mental.

    – synchronicité interne ET connectée à “quelque chose de plus grand que moi” –

    Du coup, cette notion peut aussi être vécue et interprétée de façon plus mystique: ma version est « Je fais partie du grand tout, à l’intérieur duquel les éléments se connectent et communiquent » (j’en ai parlé dans les articles sur les rêves lucides, notamment le dernier).

    Pour d’autres, ce “quelque chose à l’extérieur de moi qui m’envoie un signe à travers les synchronicités” peut-être la Providence du dieu catholique comme bien d’autres croyances, du polythéisme aux extraterrestres.

    Régler le degré d’(in)certitude de ses croyances selon les besoins

    Personnellement, il m’arrive de laisser mes croyances flotter. Autrement dit, je laisse les deux se cotoyer. La synchronicité interne est de toute façon “vraie pour moi” et l’agentivité externe “je fais partie des connexions du grand tout” peut s’y ajouter ou non, à des degrés variables. Cet état fluctuant de flottement de croyances non tranchées permet d’accéder à un état, si riche et agréable, de ce que j’appelle la fluidité de la vie, en ouverture et en connexion.

    A certains moments, il est préférable pour moi de privilégier la notion “d’interne” et de laisser de côté la partie externe (pour faire de l’hypnose et PNL en entreprise, par exemple).

    A d’autres moments, il est intéressant de laisser la partie externe prendre une très large place, pour accéder à des expériences et les vivre pleinement (avec la capacité semblable à celle des enfants qui intègrent des croyances “on disait que…” et qui vivent dans un autre monde le temps d’un jeu). Pour comprendre de l’intérieur, pour entrer dans l’expérience, l’intégration de la croyance est essentielle.

    S’il s’agit de pousser à fond une croyance qui n’est pas du tout la mienne, alors c’est un jeu, toujours honnête et respectueux (assister à une cérémonie, interviewer une personne en entrant dans son univers).

    S’il s’agit de pousser à fond le curseur de l’une de mes croyances, c’est facile mais cela peut être un piège car il faut pouvoir s’en détacher, “revenir” et fonctionner à nouveau en rue. Car prendre le métro lorsque l’on est “ouvert et connecté” peut être très très fatigant!

    Encore faut-il pouvoir reprendre de la distance, de la hauteur, de la liberté, rendre possible le “passage” entre les croyances. C’est pour cela qu’il est important d’installer en amont les conditions d’une “connexion et d’une déconnexion”, avec un système de vigies et de fusibles, car s’il est simple de déconnecter cette croyance externe après une balade en forêt ou une rencontre magique (comme celle que je raconte ici, avec Ma Soeur qui me parle de l’Immaculée dans un train), cela l’est moins après un trip de plusieurs jours, comme un voyage à l’étranger ou un stage en immersion. Ainsi, la croyance « mystique » (je reçois des signes de l’extérieur) et la croyance plus carrée d’un fonctionnement de processus internes (mes préoccupations agissent sur mes filtres de perception et sur mes projections sur des éléments extérieurs) peuvent intervenir selon les besoins que demande mon positionnement, mon alignement, mon ancrage, différents dans chaque contexte, dans chaque « ici et maintenant ».

    Cela demande évidemment une pratique progressive dans les 3 domaines (sensible, qui implique le corps! / imaginal / intelligible): un véritable entrainement pratique dans la vie courante et dans les rêves éveillés et/ou lucides ainsi qu’une réflexion sur les concepts (merci aux lectures diverses et aussi au cours de Cyrille)… Cela en vaut la peine, surtout pour les hypnopraticien.ne.s 🙂

     

    2) L’OBJET ET SON RAPPORT A L’IMAGINAL

    Comment un objet extérieur peut-il jouer un rôle dans nos processus psychiques internes, en rapport avec la notion d’imaginal?

    Me voilà donc avec mon objet dans le train: une vierge avec enfant, de 15 cm environ, avec une couronne discrète, entièrement blanche… dans les mains de Ma Soeur, qui l’inspecte avec tendresse et m’explique les détails de la version « Marie Reine immaculée » de la Vierge Marie (car, je ne le savais pas, il y a plusieurs versions de la Vierge, avec des noms et des accessoires différents) et leurs significations.

    Mes représentations internes

    Dans mon imaginal, quelque chose s’impose à moi. Des représentations apparaissent en dehors de ma volonté et interagissent avec d’autres représentations. J’apprends au fil du temps à les connaitre. Si je ressens le besoin d’une transformation, je cherche de l’aide pour le faire en toute bienveillance (je ne force rien, je discute, interroge, cherche, demande, accueille ce qu’il est nécessaire que je traverse…), de façon à ce que les représentations de mon imaginal correspondent à mon alignement. Il peut s’agir par exemple de “la boule noire dans la gorge”, d’une terre dévastée par le feu, d’un animal guide, de la figure de ma sagesse, d’une chaine lourde qui me relie au rocher familial, de l’Immaculée… C’est un équilibre à trouver entre l’acceptation des découvertes de l’exploration et le travail de transformation des processus psychiques.

    En séance, l’hypnothérapeute se positionne en guide pour que la personne qu’iel accompagne explore et transforme ses représentations, avec les techniques d’hypnose éricksonienne et de PNL (la boule noire pâteuse devient de plus en plus claire, plus molle…) et avec d’autres techniques dont le rêve éveillé dirigé (rencontre d’une fée qui applique un onguent, discussion avec des ancêtres…).

    Projection d’une représentation sur un objet

    Dans la vie courante, je rencontre un objet avec lequel il se passe quelque chose de particulier. Il m’attire. Je le ressens comme mien. Quelque chose en moi dont je connais plus ou moins la représentation imaginale se projette dans un objet extérieur. J’accepte cet objet comme objet de transition et je peux dès lors m’adresser à une partie de moi à travers lui.

    Ce qui est plus étonnant, c’est qu’une personne extérieure puisse par un discours qui n’est pas le mien (dogme catholique), me donner des clés de lecture qui se révèlent non seulement intellectuelles (domaine intelligible) mais aussi reliées au domaine de mon imaginal. D’où l’insight!

    Insight

    L’éclairage de Ma Soeur sur mon objet a provoqué une série d’insight. Autrement dit, les explications liées au dogme catholique (que je connais peu) m’ont éclairée de façon profonde sur la fonction que cet archétype précis remplit dans mon imaginal personnel, permettant un état de compréhension profonde.

    Si cette représentation en tant qu’objet sur le marché aux puces m’a attirée et pas une autre (a attiré quelque chose en moi que j’ai laissé faire, disons… sur le mode flottant dont j’ai parlé plus haut), c’est qu’elle correspond à ma représentation intérieure et à sa fonction. Pourtant, cette correspondance n’était pas consciente pour moi. Je me demandais vaguement pourquoi un archétype catho dont je porte le prénom… et j’avais ignoré des détails (couronne, blanche…). Simplement, j’avais « senti » l’adéquation entre l’objet et ma représentation intérieure et la possibilité donc d’expérimenter des processus liés à l’imaginal avec cet objet.

    L’exploration de mes représentations interne s’enrichit donc de certaines explications extérieures, triées par mon filtre qui laisse passer ce qui correspond à cette représentation, consciemment ou non et qui s’intègre en provoquant l’insight. Les autres glissent au loin.

    Les filtres

    Outre le filtre interne qui trie les connexions, mon “je” a le pouvoir de refuser d’intégrer certaines connotations. Le “Ca, je ne prends pas”, des hypnos, entrainés à ne laisser passer que les suggestions positives, s’applique aussi à la construction des représentations.

    Par exemple, dans l’explication de la blancheur, j’ai retenu l’idée de “laver” de l’immaculée. Dans celle de la couronne, le “Marie Reine” a provoqué un insight (ma filleule m’appelle Marierraine: Marie + marraine) mais “la vierge reine qui règne sur le monde avec l’enfant” n’entre pas dans mon archétype personnel. Je l’ai donc laissé de côté. Il ne me concerne pas. J’ai carrément oublié une bonne part des explications car elles n’entraient pas en résonnance avec la représentation de mon archétype interne. Mes filtres conscients et inconscients font le tri de façon à ce qu’elle corresponde d’une part à ce que j’ai exploré dans mon imaginal (entité rencontrée lors de mes voyages), d’autre part à ce que je désire mettre en place avec une intention (ici, un processus qui me permet de ne garder que ce qui est à moi après un travail avec mes clients). Le “je” a donc aussi son mot à dire!

    Sans cela, les suggestions extérieures pourraient construire une représentation négative, qui transformerait les processus psychiques de façon inadéquate pour la personne ou carrément néfaste. L’intention (ce que je désire mettre en place), l’attention (focus) et l’entrainement sont des ingrédients incontournables.

    L’objet et le rituel utilisés comme support et catalyseur

    Parmi les processus qui permettent la transformation de la subjectivité (dont les techniques hypnotiques), le recours à l’objet et au rituel est utilisé comme un support et un catalyseur.

    En hypnose, les objets et rituels sont présentés comme supports de nos processus internes. Il n’y a rien de “magique”, spirituel ou religieux dans leur utilisation. Ils facilitent simplement notre exploration par des actes, des paroles, des objets… ce qui permet de passer par le corps, par le sensible, par les sensations, les impressions, le concret. Erickson utilisait d’ailleurs beaucoup les prescriptions de tâches pour favoriser et intégrer les transformations internes. D’autres praticien.ne.s utilisent des figurines, dessins, chansons, danses…

    Dans certaines pratiques, les objets et rituels sont présentés comme porteurs en soi de pouvoirs de transformation (qui viennent alors de l’extérieur de soi). Pierre, bourse de médecine, tisane, ascension d’une montagne, prière, autel, grigri, doudou d’enfant, slip porte-bonheur du footballeur, icônes, imposition des mains…

    Dans des pratiques intermédiaires, il est possible de donner un pouvoir à un objet ou à un rituel, en poussant le curseur de la croyance à fond, tout en gardant la possibilité, en sortant de l’expérience, de “remettre l’objet à sa place d’objet” et d’intérioriser complètement le processus. Pour reprendre l’exemple précédent, si le footballeur perd son slip avant un match, il peut alors concentrer ce qu’il y mettait dans un autre objet transitionnel ou s’adresser directement à sa représentation interne du “victorieux”. Alors que s’il a la croyance que seul ce slip a le pouvoir de lui donner la victoire, il se retrouve en état d’insécurité ou carrément de “prédiction d’échec” lors de la perte de l’objet, ce qui influence immanquablement sa performance (visualisation négative > modification des processus internes vers l’échec). Idem avec un rituel proposé dans un stage: si chacun reçoit de la part d’un guide, en positionnement d’accompagnant qui propose sans imposer ni interpréter, le pouvoir d’utiliser à sa manière le rituel et les objets, le changement peut se faire en toute autonomie et liberté. Si le gourou se présente comme seul porteur d’une transformation, avec son pouvoir et ses objets magiques, les participants deviennent dépendants. Il est alors facile pour un escroc de faire émerger des peurs et des problèmes pour vendre ensuite la solution que lui seul détient.

    En conclusion, comme l’interprétation des synchronicités, l’utilisation de l’objet et du rituel sont porteurs de liberté et de changements en autonomie si la personne qui les utilise les reconnait comme outils. Ils peuvent devenir sources de superstition, d’angoisse, d’échec et de gouroutisation si un élément extérieur en limite l’accès.

    Mon immaculée amplifie ma fonction interne de purification (pour laisser partir ce qui ne m’appartient pas après une séance). Si elle se brise, j’ai la liberté de passer par mes représentations internes et/ou de chercher un nouvel objet transitionnel. Je m’en servirai de temps en temps, pour l’expérimentation des processus de transformation de ma subjectivité. Mais j’ai l’habitude de travailler sans elle. La perte de l’objet ne peut entrainer la perte de la fonction.

    L’accompagnant (de soi-même ou de l’autre) n’est pas un gourou.

    Vive les hypnotiques!

    Et un très grand merci à Soeur Ezechielle!

    © Marie Lisel

     

  • Elargir le champ de sa liberté

    L’hypnose éricksonienne saisit la personne dans son environnement, dans et par rapport à son monde. En arrêtant la perception ordinaire, en mettant de côté les stimuli afférents, en rendant le regard « intérieur », elle installe un focus qui met à jour la totalité des paramètres de l’existence, les déterminations habituelles, les représentations, les appartenances, le réseau d’influences (bref, ce qui agit sur ce que je considère comme « moi »), qu’il est alors possible de faire évoluer.

    Grâce au passage vers l’état modifié de conscience de l’hyperéveil, l’imagination devient véritablement active et créatrice. La puissance du rêve révèle les relations qui nous constituent, sous la forme de films intérieurs multisensoriels fantastiques… et nous offre le pouvoir d’explorer notre monde par tous nos sens, de le développer, de le cartographier, de l’ordonnancer de le transformer à la manière qui nous est propre.

    Les témoignages proposent une explication concrète de ces processus. Mes articles en déclinent différentes facettes. Vous pouvez également consulter les présentations des séances et des ateliers.

    Loin de pousser à « sortir de la zone de confort » l’hypnose éricksonienne permet d’élargir les limites de notre liberté!

    Quelques exemples:

    • négocier avec des parties de soi-même de façon à recouvrer une paix intérieure, prendre une décision, oser agir avec la retenue appropriée (qui assure la sécurité sans brider)
    • demander à une/des parties intérieures une co-création d’œuvre (j’entends une musique en moi, ma main écrit, j’observe un mouvement, ça chante en moi…)
    • réparer des blessures, tranquilliser des peurs, de façon à ce qu’elles ne soient plus des obstacles
    • vivre une situation une fois l’obstacle dépassé, le problème réglé (je suis parfaitement à l’aise en donnant ma conférence en auditoire) et ramener avec soi ce vécu et cette expérience
    • approcher son symptôme (réaction, sensation, émotion, addiction…) pour en comprendre le fonctionnement et générer un comportement ou une émotion constructive, en accord avec les fonctions occupées par le symptôme gênant, qui devient dès lors inutile
    • rencontrer des parties de soi et les amplifier, expérimenter leurs ressentis, leurs ressources, leurs différences et apprendre à les gérer selon les situations (ex : enfant intérieur, sagesse, aventurier, défenseur, ado foufou…)
    • récupérer des ressources enfouies, les rendre disponibles, leur permettre de s’accorder entre elles et de sans cesse s’améliorer
    • se rencontrer « en mieux » et modéliser ce moi idéal
    • lâcher du lest, enterrer des regrets, se libérer d’influences insoupçonnées
    • réconforter l’enfant que l’on a en soi de façon à lui permettre de grandir en s’épanouissant (et donc de vivre mieux les situations où cette part de nous avait mal ou peur)
    • améliorer un processus ou un pouvoir (récupération d’énergie, position méta, communication intuitive, résonances artistiques…)
    • traverser une zone d’ombre, la dépasser, la sublimer
    • vivre des expériences transformatrices (peak experience, compréhensions profondes, épiphanies…)
    • mettre en lien des stimuli et des réactions de façon inhabituelle (synesthésie, érotisme de zones dites neutres…)
    • entrer dans la musique, dans un tableau, dans un arbre… et se laisser aller dans l’expérience

    Je conçois l’hypnose comme un outil à (apprendre à) utiliser au quotidien, autant avec parcimonie qu’avec intensité, pour créer sa vie vers un mieux être, créer son travail artistique et créer son monde intérieur, chacun à son rythme, selon ses intentions propres et en toute sécurité.

    Bienvenue en séance et en atelier.

    © Marie Lisel

  • S’entendre avec son symptôme

    Lorsque l’on établit une communication valable avec son symptôme, il n’est plus obligé de « gueuler de douleur ou de gêne » pour se faire entendre.

    Ca peut paraitre simpliste mais… ça fonctionne!

    DE L’ECOUTE ET DE LA CONSIDERATION POUR SOI-MEME

    En se connectant avec ce qui nous gêne, nous fait mal, nous handicape… en le considérant, en lui faisant ressentir la complicité et l’amour que l’on peut avoir pour toutes les parties de soi y compris lui, il est possible de donner envie à ce qui est en soi « plus fort que soi » de communiquer autrement que par la douleur, l’angoisse, la gêne… Le regarder, écouter ce qu’il a à dire, établir un accord avec lui de façon à mieux vivre… cohabiter?

    ROLE DU SYMPTOME

    Il est bon de rappeler que chaque gêne physique (acouphènes, nausée, migraine…) doit d’abord être analysée chez un médecin, avant d’envisager d’améliorer le bien-être par un travail sur le fonctionnement psychique.

    Parfois, le rôle que remplit le symptôme est de prévenir de ce que l’on se représente à raison ou à tort comme un élément à éviter. Je me souviens des crises d’éternuements au contact des chats, développées subitement par une personne qui, après une énième dispute familiale, ne voulait plus du tout voir sa belle-mère, laquelle vivait avec trois persans.

    Parfois, ce rôle est très important pour l’équilibre général de la personne. A partir du moment où elle se rend compte qu’il lui faut d’abord commencer par  transformer un lien ou autre modification essentielle avant de se séparer de son symptôme, le travail vers le mieux être est déjà entamé.

    Par exemple, une personne désirait se « débarrasser » d’un acouphène. Après la séance, elle a décidé au contraire le garder et a commencé à apprivoiser avec tendresse ce rempart qu’elle utilisait avant – inconsciemment – contre la dureté du monde qu’elle ressentait souvent. Elle sait que son rapport aux autres est compliqué. Mais elle n’a pas envie d’entamer ce chantier maintenant car ça ne la gêne guère, elle aime la solitude. Elle a donc décidé de devenir complice avec son acouphène et a très vite réussi à le « commander » lorsqu’elle en a besoin (comme avec un potentiomètre qui amène une barrière ou un doudou, selon la fréquence) et à l’interpréter (comme une alarme d’angoisse qui menace). L’accord est parfait, selon elle. Quant au chantier de la relation au monde, elle l’entamera quand et si elle le désire. A chacun son confort et ses décisions!

    Un autre client, lui, venait pour la cigarette. En découvrant le rôle d’une dizaine de ses cigarettes quotidiennes (les autres étaient purement comportementales), il a décidé de régler d’abord le problème sous-jacent (rituel de fidélité à une tradition familiale), avant d’essayer d’arrêter de fumer. Et… l’arrêt s’est fait tout seul, naturellement, dès l’intégration de la transformation au lien familial.

    SE FAIRE CONFIANCE

    Ces transformations peuvent se faire en rêve éveillé mais aussi, simplement, en faisant confiance à ce qui travaille en nous sans que nous le maitrisions.

    Bien sûr, il n’y a pas de baguette magique! Il faut compter sur les séances d’hypnose, mais aussi sur la volonté et la ténacité (le fait de vouloir régler le problème et de s’y atteler!), la répétition (qui est un des ingrédients du changement) et sur un travail hypnotique en rapport avec la complexité des processus. En effet, pour certain(e)s, cela peut prendre une séance alors que pour d’autres, il peut en falloir cinq, selon ce qui a déjà été travaillé avec d’autres techniques, selon le réseau de liens, etc.

    En séance individuelle ou en atelier « établir une communication confortable avec son symptôme », chacun découvre, à son rythme, comment s’écouter et comment créer une entente nouvelle avec ce qui cherche à s’exprimer.

    Il suffit d’oser 🙂

    © Marie Lisel

    Lire aussi:

  • Explorer une oeuvre d’art par l’hypnose

    Briser la continuité du monde

    « Le caractère clos des œuvres d’art, leur effet hypnotique reposent sur le fait qu’elles réclament et accaparent un maximum d’énergie. Cela donne au contemplateur la force de briser la continuité du monde à l’aide de la figure totalisée et d’échapper pour un temps à l’angoisse de mort. Chaque totalisation crée des états de discontinuité, et c’est en cela que réside une chance pour la liberté humaine » Carl Einstein, Georges Braque, Bruxelles, La Part de l’Œil, 2003 (1932), traduction de Jean-Loup Korzilius, p. 53.

    Différents prétextes pour approcher l’art avec l’outil hypnotique

    Lorsque je me balade dans une exposition, il m’arrive de me laisser flotter dans la salle et de dériver jusqu’à l’univers qui dégage la plus intense force d’attraction. Ou bien de rester perplexe face à une oeuvre censée m’interpeller (dixit l’ami(e) ou le/la spécialiste qui m’accompagne) et de me concentrer pour tenter une connexion. Ou bien de passer le temps, en jouant avec la transe et les matières, formes, couleurs, sons. Ou bien de laisser s’inventer une histoire en relation avec l’oeuvre, pour un texte à joindre pour un catalogue. Ou bien…

    Une porte vers un voyage

    Les prétextes pour explorer une oeuvre avec l’outil hypnotique sont légion. Pour être honnête, c’est surtout… une porte vers un voyage encore vierge car réalisé à partir d’une création inconnue et, aussi, un voyage bien plus reposant qu’en autonomie complète.

    Lorsque l’on part uniquement de sa propre imagination pour entrer dans l’imaginal (lieu ou se déploient les productions de l’imagination), le voyage est souvent surprenant. Il demande néanmoins à être accompagné, voire guidé. En autohypnose, c’est possible (je le fais souvent) mais avec pas mal d’entrainement et d’attention.

    Lorsque l’on se projette dans/en miroir d’une oeuvre créée par un artiste, l’état propice est plus facile à atteindre et l’interaction entre les imaginaires donne lieu à des échappées ouvrantes.

    Les oeuvres de Pieter Vermeersch

    Par exemple, les peintures de Pieter Vermeersch m’ont interpellée il y a quelques années, à Barcelone. Je suis restée un très long moment immobile, oscillant à peine, en voyage au coeur de ses détails de ciels agrandis en grands formats. Quelle richesse!

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    Plus tard, j’ai eu l’occasion de visiter son atelier à Bruxelles. Puis j’ai retrouvé d’autres oeuvres, à Paris, en janvier 2017. A la Galerie Perrotin, ce sont deux petits formats de peinture sur marbre qui ont capté/capturé mon attention.

    L’expo est visible jusqu’au 18 février.

    Se sentir libre de projeter, de transformer, d’entrer, de jouer…

    Explorer une oeuvre d’art par l’outil hypnotique est un moyen de transformer nos expériences subjectives, de modifier la perception de l’espace et du temps, de permettre à des idées, des sensations, des émotions, des images multisensorielles de se déployer, de créer du sens autrement que par la rationalité, de faire une expérience sensible enrichissante, de pousser les limites de l’expérience de la compréhension de soi, de la nature, de la société, du monde, de se laisser « embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux » (Lygia Clark), de voyager, de créer des ouvertures, d’atteindre un pan de clairvoyance, une épiphanie, un éveil, une compréhension profonde, un déclic…

    Evidemment, il ne s’agit pas de découvrir « ce que l’artiste a voulu dire » (il suffit de le lui demander ou de lire les commentaires de ceux qui l’ont fait), mais bien de se permettre de projeter librement son propre univers intérieur pour rendre visible ce qui restait caché, dans et à travers l’oeuvre.

    L’hypnose comme outil pour l’exploration artistique

    L’hypnose est pour cela l’outil idéal, car la mise en veille de notre rationalité donne l’occasion à notre monde intérieur de s’activer en s’appuyant sur le support qu’est l’oeuvre et de devenir, lui aussi, créateur!

    Bienvenue en séance ou en atelier d’exploration d’une oeuvre!

     © Marie Lisel
  • Rêve lucide programmé par l’hypnose

    Lorsque l’on est en contact intime avec son fonctionnement intérieur, il est possible de faire des demandes à ce que l’on peut se représenter (de façon archétypale ou allégorique) comme une sous-personnalité. Personnellement, après m’être connectée avec lui, en autohypnose, je m’adresse à mon « pilote intérieur » plus ou moins de cette façon (c’est un exemple) : «Je me sens anxieuse, je désire vivre un rêve lucide qui m’aide à débloquer la situation. Ceci dit, j’accueille ce qui vient, que cela corresponde à mon désir ou à une autre solution car je te fais confiance. Merci».

    Parfois, je pressens qu’un rêve lucide pourrait me faire avancer sur une question qui tourne en rond et je me concentre, avant de dormir, sur cette intuition.
    Mon archétype « pilote automatique » entend (ou pas) mon souhait de « rêver de façon lucide et de m’en souvenir au réveil ».

    Cette nuit, il l’a exaucé… Je me suis réveillée en paix. Ravie d’avoir vécu, en plus, un précieux moment de peak experience intense!

    Je suis derrière une vitre sans tain, dans une pièce dont la baie vitrée donne directement sur le coeur de la forêt. J’observe un gros nid, à la hauteur de mon nombril, où un oisillon coloré, qui ne tardera pas à s’envoler dans quelques jours selon l’état avancé de son plumage, attend le bec ouvert de recevoir sa nourriture.

    Un renard aux traits juvéniles arrive timidement. Il le regarde, curieux et gourmand, immobile car se demandant visiblement comment s’y prendre. Les deux animaux sont tout autant magnifiques l’un que l’autre.

    Mon réflexe est de contourner la vitre très longue qui nous sépare, pour intervenir et empêcher le sang de couler. Mais, en pleine course, mon pas se suspend (arrêt sur image, la scène sur pause, en véritable suspension dans l’air), le temps de me permettre de réaliser que le renard a aussi le droit de vivre et de se nourrir. L’oiseau, lui, mange bien des insectes et des vers… Je choisis de m’éloigner.

    Je vais alors me mettre en position de méditation dans une clairière, pour pleurer la vie qui part, mais aussi accueillir la vie qui grandit… pour laisser circuler les cycles à travers moi, les ressentir et accepter la mort de l’oisillon.

    Une temps incertain passe. L’oiseau-mère (je le suppose, je le sens) vole vers moi, autour de moi, de plus en plus près, me frôle en piqué. Je suis un canal. Je ressens sa colère (je n’ai pas sauvé son petit). Je ne protège pas mon visage de son bec ni de ses pattes. Les bras ouverts, j’accueille.

    Elle se transforme alors en femme et vient se blottir contre moi, le dos agité par les spasmes des pleurs. Sans un mot, elle lâche. La tempête se calme progressivement. Apaisée, elle s’endort. Je n’ai toujours pas bougé. Je (mon corps, ma chaleur, mon acceptation, mon accueil) suis un réconfort pour elle. Mais je continue à me laisser traverser, à ne rien faire, ni mots ni geste ni changement de position. Juste être.

    Je fais partie de l’univers, du grand tout, macrocosme et microcosme, anecdote et cycle long, aiguille de mélèze et étoile polaire, rosée, pierre, oiseau, renard, mouvement lunaire… Le ressenti est si puissant, l’équilibre est si juste, que je me sens pleinement centrée, sereine, connectée, traversée des mouvements du monde, de tout ce qui existe dans les « ici et maintenant » (avec la certitude qu’il y en a plusieurs, mais sans discerner comment cela procède).

    Après un temps impossible à mesurer vu le réseau de distorsions temporelles imbriquées les unes dans les autres, des oiseaux commencent à chanter.  La femme dans mes bras se réveille, s’étire, s’ébroue et s’élance vers le ciel, en petit oiseau coloré, vive.

    Je me réveille moi aussi, je remercie mon pilote intérieur d’avoir permis à ce rêve de se déployer et je rêvasse dans mon lit… c’est dimanche matin… cet après-midi, j’irai me balader au bois de Vincennes. Je souris.

    Il suffit d’oser… et de s’entrainer 😉

    © Marie Lisel

    Image: C. A. Vaucher (naturaliste)
    PS: mes autres articles sur les rêves lucides sont ici.

  • Explorer l’imaginal grâce au pouvoir animal

    Comme l’hypnose libère du choix radical imposé d’une représentation qui serait LA vérité de notre fonctionnement psychique… je peux me représenter ma discipline favorite de différentes façons et l’utiliser efficacement selon des paradigmes variés.

    Je vous propose ici d’adopter la croyance de votre animalité et des pouvoirs incroyables qu’elle vous donne! Si vous étiez un animal…?

    Je n’affirme pas que cette croyance doit être imposée et en éliminer d’autres. Elle peut être adaptée et adoptée temporairement ou à long terme, seule ou en juxtaposition avec d’autres.

    Je suis (entre autres) un chat. Et vous?

    Se rendre sensible à son animalité par l’hypnose

    L’animal est guidé dans ses choix par des réflexes comportementaux et par son instinct. L’humain vit sa très grande liberté de choix au risque de se perdre, de s’angoisser, de regretter…

    L’hypnose permet l’expérience d’un autre mode de perception que le mode habituel, un mode « animal », qui met l’accent sur l’intuition, la lecture de la position, des mouvements, des microgestes, du ton de la voix, de la respiration, des odeurs, des vibrations, de la lueur dans le regard, du rougissement de la peau, du hérissement des poils, du tonus musculaire, de la chaleur corporelle, des tensions… L’animalité de l’humain est ainsi mise en éveil.

    Même la personne la plus passive provoque des réactions (le plus souvent inconscientes, c’est-à-dire hors du champ de l’attention) chez ceux qui s’en approchent. Ces réactions provoquent des réactions et ainsi de suite. Toutes nos interactions sont teintées d’influences réciproques. Un exemple évident : dans un même champ socio-culturel et avec un look semblable, pourquoi une personne inconnue nous apparaît-elle sympathique et une autre antipathique, sans avoir interagi ni avec une ni avec l’autre ? L’influence est une action secrète d’un être sur un autre. Et nous en sommes sans cesse traversés.

    L’attitude d’un animal vis-à-vis d’un humain est souvent révélatrice de ces influences dont nous ne soupçonnons pas l’existence. D’ailleurs, les animaux réagissent fortement à l’état de transe, même très léger. Pour illustrer cela de façon personnelle, je pourrais raconter un grand nombre d’histoires à propos de chats qui se collent à moi « alors que d’habitude ils se cachent quand un étranger entre dans la maison » dixit leur humain ou bien qui déboulent en début de séance…

    Explorer nos réseaux d’influence grâce à cet état d’animalité

    L’humain est régi par un réseau d’influence dont il n’a en grande partie pas conscience. Nous vivons au sein d’une multitudes de relations!

    En les explorant, en les traversant, en les transformant selon nos intentions, nous « mettons à jour » (dans les deux sens du terme) ce qui nous constitue.

    Grâce à l’état hypnotique, il est possible de focaliser l’attention sur ces perceptions infimes qui échappent à notre attention et de parcourir ce réseau d’influences qui guide nos pensées, émotions, réactions, actions, préférences, répétitions…

    Ainsi, ce qui engendre le symptôme n’est pas « effacé » mais relié autrement, en portant l’attention nécessaire à son réseau de déterminations relationnelles.

    En envisageant l’hypnose de cette manière, la peur de la perte de contrôle est renversée. Il n’est en effet pas question de perdre sa maîtrise (illusoire) mais bien de s’approprier les liens de dépendance et d’influence pour davantage de liberté et de responsabilité.

    Récupérer des ressources grâce à l’imagination active

    Chez Erickson, fondateur de l’hypnose qui porte son nom, « l’inconscient » n’est pas, comme en psychanalyse, un réservoir de refoulé générateur de pulsions menaçantes, mais bien un réservoir de ressources aidantes. Erickson proposait à ses patients de découvrir et d’activer ces ressources ignorées pour établir une modification dans leur fonctionnement. Il offrait les conditions à chacun de s’approprier librement (transformer, détourner…) le système des forces inconscientes. (Alors que les hypnotiseurs du temps de Freud plaçaient leurs patients sous hypnose pour leur suggérer l’abandon de leurs symptomes. Seul le praticien était actif dans l’opération).

    La recherche du « pourquoi le trouble est-il apparu? », à la manière psychanalytique, de même que l’interprétation des symboles, la compréhension rationnelle, la prise de conscience, ne font pas partie de ses outils. Au contraire, il privilégiait les métaphores, les actes symboliques, la confusion, pour aller vers le « comment améliorer l’existence? ».

    J’ajoute, sans développer, qu’Erickson a habité dans une ferme, dans le Wisconsin, non loin d’indiens hommes médecines, et qu’il a inclus des animaux dans le relationnel avec certains patients.

    Accéder au monde intérieur : « l’imaginal »

    Depuis le début de l’humanité, des humains se mettent en condition de diverses manière impliquant la transe, pour recevoir des présages, pour se mettre en lien avec la nature, pour deviner le bon choix… en orientant l’attention vers le ressenti intérieur, en suspendant les facultés volontaires.

    Ainsi, en focalisant sur les sensations, l’humain peut obtenir un grossissement de ce qui le parcourt sans être détecté en état de veille ordinaire.

    Pour permettre l’apparition de ce monde intérieur, la « conscience » (attention portée à des éléments habituels, volonté…) est limitée. Personnellement, je ne travaille pas en « perte de conscience » car je préfère les séances où une partie de la personne a conscience d’être en séance, observe ce qui se passe sans juger, accueille les informations délivrées, pose ses choix, reste vigilante, me parle… côtoie une autre partie qui explore son pays intérieur, comme dans un rêve. Ce double état ressemble d’ailleurs à celui du rêveur lucide.

    Dans ce monde, que nous nommons en hypnologie « imaginal », des images multisensorielles (ce que j’entends, vois, ressens, sens, goûte, etc) se déploient, engendrant des émotions et des compréhensions profondes (différentes des compréhensions intellectuelles). L’approche se fait donc par la présence au corps. Au présent.

    Les sensations opposées peuvent cohabiter de façon compatible. Les doubles sensations (lourd-léger, chaud-froid, doux-dur, agréable-désagréable, serré-ouvert, proche-lointain, sombre-lumineux, chuchoté-assourdissant…) sont d’ailleurs caractéristiques de l’état d’hypnose où la rationalité habituelle ne règne plus en maitre et où il ne nous reste plus qu’à goûter à ces mélanges, avec tous nos sens.

    Et, en traversant l’imaginal, en expérimentant ce qu’il y a à expérimenter, les changements s’opèrent…

    En hypnose éricksonienne, l’exploration ne se double pas fréquemment d’une symbolisation animale, contrairement au shamanisme, au néo-chamanisme ou à des propositions intermédiaires comme celle de S. Gallegos (dont vous pouvez consulter la conférence donnée à l’Arche, dans le cadre du cours d’hypnologie.)

    Sans généraliser pour autant cette pratique, pourquoi s’en priver ? Parcourir l’imaginal avec des capacités animales est autant efficace qu’exaltant 🙂

    Parcourir l’imaginal, avec nos pouvoirs sensoriels animaux, par l’hypnose

    Chez trop d’hypnotiseurs (que je ne cautionne pas), ces voyages sont dirigés, dans un monde imaginaire simpliste et imposé, selon des scripts (lecture de scenarios préécrits). Par exemple : « Vous êtes sur une plage de sable blanc. Le ciel est bleu. Il y a quelques nuages. Vous entendez les mouettes. Vous sentez le vent léger et l’air iodé. Avancez vers le rivage et écrivez avec l’index c-i-g-a-r-e-t-t-e sur le sable, puis regardez les vagues effacer le c, le i, le g… il ne reste plus que le mot…  arrête ». Argh !

    La variante est le script souple (préécrit, appris et non lu), qui s’adapte plus ou moins au sujet.

    En création sonore hypnotique fixée sur support, cette méthode devient un « rêve éveillé dirigé », qui peut être un parti pris artistique intéressant (que j’ai d’ailleurs appliquée à bOa), même si ce n’est pas la seule possibilité. En atelier avec des groupes, je m’oriente davantage vers la méthode « intermédiaire », plus ou moins libre selon les objectifs, le contexte et ce que je ressens du groupe. Parfois, l’atelier peut aussi être accompagné sur un mode libre, avec quelques balises et un travail préparatoire.

    En atelier ou en séance, une façon de faire intermédiaire est de passer l’entrée de l’imaginal avec une intention, comme fil conducteur de « ce qu’il y a à faire » dans le voyage. L’accompagnant, ici, laisse la personne en transe libre de ses choix et de ses actions, il n’impose pas le « paysage », mais il oriente le voyage selon un axe déterminé au départ (« se couper d’une relation toxique », par ex) et utilise des protocoles (structures de leviers de changement) qu’il adapte au plus près de l’accompagné. Il m’arrive souvent de travailler dans ce sens à un moment donné de la séance, en suggérant, par exemple, une réunion avec « tout ce qui et tous ceux qui » qui sont impliquées dans la résolution de l’intention, de façon à travailler en négociation de parties, ou encore une transformation du lien symbolisé par les sous-modalités, ou une RHV ou une modélisation ou… Quand? Lorsque je « sens » que c’est le moment.

    Une autre façon de travailler propose d’entrer dans l’imaginal avec une intention et de visiter différentes contrées spécifiques, apportant différents bienfaits, tout en laissant advenir les situations et les rencontres (les leviers de changement sont alors non-protocolaires).

    Une autre est d’entrer dans l’imaginal avec une intention et d’appeler des guides, les uns après les autres, pour avancer avec eux étape par étape.

    Une autre encore, propose d’entrer dans l’imaginal avec une intention puis de laisser advenir les situations et les rencontres.

    Les variantes sont innombrables. Voyez l’article sur le REAH

    Enfin, il est également possible d’entrer sans intention ni direction et d’accueillir ce qui vient. Le seul fait de se connecter avec ce qui, en nous, crée des liens, des ressources, des énergies nouvelles… permet de réparer, de transformer vers un mieux-être.

    Les scripts préécrits imposés sont pour moi rédhibitoires en séance. En ce qui concerne les autres façons de faire, je m’adapte à chaque fonctionnement et intention, sans forcer mais sans lâcher non plus, en accompagnant de façon plus ou moins affirmée, selon ce qui émerge pas à pas, de façon à ce que la personne jouisse d’un maximum de liberté tout en se sentant en sécurité, à l’aise. Parfois, une séance accompagnée « de plus près » est plus rassurante pour une personne peu habituée à prendre des initiatives. Parfois, il est intéressant de désigner un chemin pour faire un exercice d’écolage sympathique (apprendre à garder l’attitude accueillante et confiante, sans jugement, se servir de la « boite à outils », parler en transe, laisser le mouvement intuitif se faire, jouer…) avant d’emprunter une voie plus chaotique. Parfois, surtout pour les personnes bien ancrées qui préfèrent l’autonomie complète, je reste simplement là, disponible, attentive, connectée des coussinets aux vibrisses 😉

    Il suffit d’oser!                =^_^=

    © Marie Lisel

  • Hypnologie

    Par quels moyens peut-on avoir accès à la transformation de la subjectivité?

    L’hypnologie – recherche interdisciplinaire sur les processus hypnotiques et les dynamiques de l’expérience subjective, menée par Cyrille Champagne- tente de répondre précisément à cette question.

    « Les cours d’hypnologie présentent des éléments de connaissances gravitant autour de l’hypnose : phénoménologie, sciences cognitives, psychologie, voies introspectives, anthropologie … Ils sont présentés sous un angle interdisciplinaire issu du département Recherches de l’Arche. Ces cours servent l’approfondissement théorique de l’hypnose, et sont orientés vers des grilles de lecture et des aspects concrètement applicables en accompagnement. Ils sont ouverts à tous, gratuitement les mardi soirs à Paris, où ils sont suivis d’un temps d’échange avec le public. » Arche Hypnose

    A consulter en ligne:

    Le cycle 2017/2018

    Cette année nous vous proposons :
    4 conférences d’invités spécialisés (retranscrites intégralement en vidéo)
    5 modules thématiques de 2 à 3 cours chacun (retranscrits en vidéo sauf questions-réponses) ,
    1 module de cours pratique (hors-vidéo)
    1 module participatif (hors-vidéo)

    Programme général 

      • Cours : L’expérience subjective du corps : corps vécu, représentations du corps, corps imaginal. // Septembre & Octobre 2017 // 
      • Cours : L’expérience subjective du temps : temporalité, agents et identité. // Novembre & Décembre 2017 // 
      • Cours : Les aprioris du mieux-être. // Janvier & Février 2018 // 
      • Cours : L’attribution d’agents : agentivités, moteurs d’actions, identité. // Mars & Avril 2018 //
      • Cours : Les suggestibilités internes et externes : un modèle hypnologique. // Mai 2018 //
      • Conférences : Raphael Milliere, Bernard Frit, Olivier Piedfort, et James Morley
      • Pratique du Reve Eveillé Dirigé , niveau 2, réservé aux étudiants du niveau 1. // Novembre 2017 à Février 2018 //
      • Module participatif expérimental : Séquençage de structures hypnotiques. // Juin 2018 //

     

    Modalités 

    Tous les cours sont gratuits, ouverts à tout public, en portes ouvertes à :
    ARCHE, 40 rue Louis Blanc à Paris 10ème, métro Louis Blanc
    (attention, le lieu est susceptible de changer en cours d’année) 

    Durée : 1h00 de cours + 1h00 de questions-réponses et de partage avec le public.
    Ouverture des portes : 19h00 . Le cours commence à 19h30 précises.

    Les annonces, modifications ou annulations éventuelles etc , sont exclusivement sur le groupe Facebook Hypnologie
    https://www.facebook.com/groups/hypnologie/.
    Les vidéos sont en ligne sur notre chaine Youtube et sont relayées sur ce même groupe Facebook.

    Pour les soirées « Invités » : une réservation weez-event est mise en place , l’entrée reste gratuite.
    Les informations de réservations de ces soirées sont également uniquement sur ce groupe Facebook.

     

    Programme et planning détaillé

     

    Cours : L’expérience subjective du corps : corps vécu, représentations du corps, corps imaginal. 

    Sensorialité, motricité, cartes somatosensorielles, proprioception, schémas corporels, énergie, représentation spatiale, … issues de disciplines différentes, de nombreuses approches du corps se complètent .
    Nous étudierons différentes dimensions de l’expérience du corps et leurs liens au domaine imaginal, des perspectives modernes pour accompagner les thématiques liées au corps, et des techniqes hypnotiques incluant le corps.

    – 12 Septembre : ! ATTENTION ! SOIREE ANNULEE ( Pour cause de grèves annoncées )  
    – 26 Septembre : L’expérience subjective du corps 1/2
    – 10 Octobre : L’expérience subjective du corps 2/2
    – 17 Octobre : Invité : Raphael Milliere, enseignant en philosophie à Oxford et affilié au Center for Subjectivity Research de Copenhague, il présentera un modèle en 3 variables de l’expérience subjective, établi depuis la phénoménologie des états modifiés de conscience.

     

    Cours : L’expérience subjective du temps : temporalité, agents et identité.

    Nous étudierons quelques modèles modernes sur les liens passé-identité-agentivité, intégrant régressions I-positions et stades de développement, dans la continuité du module de cours « La construction de l’identité » (Mai 2017) .
    Nous étudierons les rapports entre identité-présent et anticipations du futur, étayant l’intérêt des accompagnements « orientés vers la construction du futur ».
    Nous présenterons enfin un modèle synthétique de l’expérience subjective des 3 temps, mettant à jour les approches en « ligne du temps », pour des perspectives approfondies en accompagnement.

    – 21 Novembre : L’expérience subjective du temps 1/2
    – 05 Décembre : L’expérience subjective du temps 2/2
    – 19 Décembre : Invité : Bernard Frit , hypnothérapeute et gestaltiste, directeur de l’école La Tempérance, formateur en hypnose et PNL et auteur de « Transe Personnelle » , il présentera son modèle pratique de « Thérapie des Etats Dissociés » .

     

    Cours : Les aprioris du mieux-être

    Les chemins vers le bien-être et le mieux-être sont-ils des aprioris culturels et sociaux ? Quels étaient les modèles de bien-être dans le passé occidental ?
    Aujourd’hui, de nombreuses approches du bien-être s’opposent : performatives, contemplatives, individualistes, spiritualistes, pragmatiques, orientées réussite matérielle, orientées détachement émotionnel …
    Quelles en sont les racines historiques, éthiques et philosophiques ? Comment s’y situent les praticiens et comment évaluer les demandes des clients, leurs perspectives et leur écologie systémique ?
    Par une revue historique, philosophique et sociologique, nous traiterons ces différentes questions et prendrons des temps d’échange avec le public pour en soulever les paradoxes.

    – 16 Janvier : Les aprioris du mieux-être 1/3
    – 30 Janvier : Les aprioris du mieux-être 2/3
    – 13 Février : Les aprioris du mieux-être 3/3

     

    Cours : L’attribution d’agents: agentivités, moteurs d’actions, identité.

    Dans ce module, nous développons notre modèle cognitif en 3 processus distincts : attention, volition et attribution d’agents, modèle appliqué à l’hypnose d’accompagnement. Nous y montrerons cette année l’importance de « l’attribution d’agents » , et son utilisation en accompagnement.
    Ce cours poursuit et reprend les notions introduites dans les modules de cours « Un esprit dialogique dans la psychologie occidentale » (automne 2015) , « Psychosynthèse et psychodynamiques comparées » (automne 2016) et « Vers une imagination agente ? » (hiver 2017) . Il reste accessible à tout public : nous reprendrons les bases théoriques avant un approfondissement et des exemples concrêts.

    – 13 Mars : L’attribution d’agents 1/2
    – 27 Mars : Invité : Olivier Piedfort Marin, directeur de l’Institut Romand de Psychotraumatologie de Lausanne, co-auteur de « Psychothérapie des traumatismes complexes : Une approche intégrative basée sur la théorie des états du moi et des techniques hypno-imaginatives » 
    – 10 Avril : L’attribution d’agents 2/2

     

    Cours : Les suggestibilités internes et externes : un modèle hypnologique

    Ce module développera la notion de suggestibilité. Qu’appelons-nous suggestion, que recouvre ce terme ? Qu’est-ce que la suggestibilité et quelles sont ses dynamiques ? Nous présenterons un nouveau modèle des suggestibilités, basé sur un concept original de Kevin Finel, et appuyé par nos recherches en hypnologie.

    – 15 Mai : Les suggestibilités 1/2
    – 29 Mai : Les suggestibilités 2/2

     

    Module de pratique : Reve Eveillé Dirigé & Imaginal : niveau 2 

    !! Attention !! Ce module de pratique est exclusivement réservé :
    – aux étudiants en présentiel du module de cours « Vers une imagination agente ? » (hiver 2017) (à partir d’une participation pratique à ce précédent module au moins)
    – aux personnes ayant intégralement suivi le module « Vers une imagination agente ? » en vidéo , ET ayant mis en pratique les exercices des cours : « Entrainements à la visualisation » et « Imagery : le cas du Reve Eveillé Dirigé ».
    !! Attention !! Les personnes n’ayant pas ces pré-requis ne seront pas admises à ces soirées. Nous contacter pour toute précision.

    R.E.D. & Imaginal Niveau 2 : suite des pratiques réalisées en groupe à l’hiver 2017.

    – 14 Novembre : R.E.D Niveau 2 – 1/4
    – 12 Décembre : R.E.D Niveau 2 – 2/4
    – 9 Janvier : R.E.D Niveau 2 – 3/4
    – 6 Février : R.E.D Niveau 2 – 4/4

     

    Module participatif expérimental : Séquençages de Structures Hypnotiques 

    Dans ce module, nous étudions les ressorts hypnotiques de pratiques traditionnelles ou modernes.
    Les étudiants des cycles Hypnologie, accompagnés par Cyrille Champagne, sont invités à venir y présenter leurs travaux.

    – Tous les mardis du mois de Juin, selon travaux proposés par les étudiants.

     

    Invité : James Morley 

    James Morley est psychothérapeute, phénoménologue, et professeur de psychologie clinique à l’Université Ramapo du New-Jersey.
    Il présentera l’impact de la phénoménologie moderne et de l’imaginaire dans l’évolution de la psychothérapie aux Etats-Unis,
    et les échanges philosophiques incessants entre Europe et Amérique du Nord dans les évolutions historiques de la psychologie.

    Date à préciser dans le courant du printemps 2018 .

  • Lâcher-prise / Se prendre en main

    L’un des nombreux choix à opérer pour le praticien en hypnose est de permettre la passivité du sujet qui profite alors d’un trip qui se présente sans effort ou de le rendre actif ou de mêler les deux en laissant le choix au sujet ou de mêler les deux en énonçant un contrat avant la transe ou…

    L’hypnose est un outil qui s’utilise de façons différentes selon les possibilités de la personne, selon son objectif (thérapie, développement personnel, exploration et jeu, spectacle…), selon les obédiences (« règles » enseignées dans chaque école, pratique d’anciens que l’on admire…) et aussi, selon le praticien (qui l’on est, avec notre vécu et nos représentations).

    ***

    L’hypnose peut offrir une expérience où l’on se laisse-aller complètement. Je ne parlerai pas ici de l’hypnose de spectacle, en scène ou à la télé, ni de l’hypnose de rue, ni de l’hypnose anesthésique en hôpital (opérations sous hypnose), que je ne pratique pas.

    L’hypnotisé peut aussi être sollicité en tant que participant actif à son propre voyage, en parlant, en bougeant, en prenant des décisions, en se dépassant. Cette sollicitation peut être une simple invitation à une éventuelle participation selon l’envie ou faire partie du cadre. Elle est alors un accord pris entre le praticien et son sujet avant la transe.

    Je ne prétends pas énoncer de règles. La seule règle, pour moi, est de réfléchir, de chercher auprès de praticiens confirmés en hypnose et dans d’autres pratiques de transe, d’être à l’écoute, de se positionner, de remettre en question sa position selon les expériences.

    ***

    Commençons par le trip sans efforts. Dans des sessions d’hypnose d’exploration – en rêve éveillé dirigé, par exemple – , il m’arrive de proposer des expériences où le sujet se laisse aller complètement, au fil du courant doux de ma voix, qui l’emmène à la découverte d’un paysage intérieur.

    De toute manière, la partie consciente, volontaire, reste présente en état d’hypnose. Une partie du sujet observe et commente le trip, avec plus ou moins d’insistance alors qu’une autre partie le vit. C’est un peu comme lorsque l’on regarde un film et que l’on est « pris dedans » au point de vivre intensément les aventures du héros, puis distrait, suivant le film et en même temps commentant une coiffure ou réarrangeant un coussin. On sait que l’on est sous hypnose, en séance. On ne l’oublie pas. Pourtant, on est plongé dans le trip. La tâche du « conscient » peut être simplement d’observer ce qui survient sans intervenir et en tâchant de ne pas envahir l’espace par des réflexions, rationalisations, anticipations…

    La partie volontaire n’a qu’une tâche à accomplir : rester dans « l’ici et maintenant du rêve », laisser l’espace intérieur libre, désencombré, pour accueillir avec bienveillance, ce qui survient. Cela constitue déjà un travail pour bon nombre de personnes, qui apprennent progressivement comment déblayer les pensées du quotidien (agenda, rumination, projection, essai d’anticipation, recherche de sens de type psychanalytique, tentative de maitrise par la rationalisation, volontarisme), comment rester pleinement présent à leur paysage intérieur, comment ne rien vouloir sinon être là, comment avancer dans un terrain inconnu en se faisant confiance (ce dernier point est facilité par l’acquisition d’outils simples, comme le focus ou la mise à distance).

    Loin du conscient, la/les parties intérieures, quant à elle(s), travaille(nt) en profondeur pour permettre aux images, sons, sensations, goûts, odeurs, impressions, paroles… d’être captés par la partie volontaire. Car le fil de ma voix et des sons environnants ne donne qu’une direction. Si je dis « vous êtes debout face à un arbre. Plus vous tendez l’oreille et plus vous percevez les sons de l’arbre, de plus en plus distinctement », chacun vivra une scène singulière.

    Chaque hypno a sa propre position sur le sujet. Moi je privilégie la passivité du sujet dans les séances (individuelles ou de groupes) d’exploration, de découverte de parts inconnues de soi, de voyage et de jeu dans l’intention de passer un beau moment et de se connaître davantage soi-même, d’ouvrir son propre champ des possibles, et ce sans objectif précis de changement (même si ce genre de voyage est par définition transformateur, puisqu’il est ouvrant).

    Certaines de mes séances vers une amélioration de l’existence (douleur, phobies, confiance, acouphènes, vertiges, cigarette…), peuvent aussi passer momentanément par la passivité du sujet. Il peut s’agir de personnes très faibles ou très apeurées, pour lesquelles une séance où elles se laissent agréablement transporter vers un changement acceptable est profitable, avant un travail plus actif, comme un apprivoisement de l’état de transe. Il peut s’agir aussi de personnes qui ne parviennent pas à entrer dans leur espace intérieur à part en transe très très profonde, état dans lequel elles se laissent guider sans pouvoir répondre. Il peut s’agir d’un protocole qui ne s’adresse qu’aux parties intérieures et laisse totalement le conscient de côté (c’est bien plus rare, mais pourquoi pas, si cela correspond au cas qui se présente), etc.

    ***

    Dans les séances orientées vers le changement, je demande la plupart du temps au sujet d’être actif, de fournir les efforts nécessaires au travail à accomplir pour aller vers le changement qu’il désire.

    Cette demande fait l’objet d’un contrat, après la clarification de l’objectif à atteindre et avant la transe.

    Pendant la transe, je rappelle les consignes lorsqu’il y en a besoin, de façon à faciliter la tâche au sujet. Et je le fais la plupart du temps avec humour (parce que j’aime le jeu et que le travail d’équipe, chez moi, ça passe par la complicité du rire !). Quand le cadre est clair, ça aide 🙂

    Sa première action est à nouveau de faire ce qu’il faut pour être disponible: rester sur le fil du voyage même s’il est sinueux et saute d’un événement à un autre, comme un rêve), débarrasser l’espace intérieur de toute dérive quotidienne (rationalisation, liste de courses, volontarisme…), laisser le fil se dérouler sans tenter de le maitriser, accueillir ce qui survient avec bienveillance. Il s’agit donc de « vouloir ne rien vouloir sinon être hyperprésent à ce qui survient ».

    La seconde est de communiquer volontairement, même si cela demande un effort. Car sous hypnose, les croyances de certaines personnes les poussent au mutisme et à l’immobilité complète. Répondre à mes questions. Me dire les difficultés rencontrées (peur, enlisement, impuissance) de façon à ce que je puisse donner ou simplement rappeler les outils pour les dépasser ou les contourner (j’adore les trucs comme le potentiomètre, simple et efficace!). Me transmettre les informations importantes (pas les explications de contenu mais bien les éléments essentiels à la poursuite de la narration (Exemple : « ma mère console Moi-petite, à propos d’un truc qu’elle a fait à 5 ans » ; il n’y a pas besoin de savoir ce que la mère dit exactement ni ce qu’est « le truc » ni comment elle console la petite fille). Négocier à haute voix avec les dividus (parties intérieures), qui eux, répondent par des mouvements involontaires du corps à mes côtés ou par des mots, des images dans l’esprit du sujet, qui devra alors les transmettre s’ils sont utiles à l’avancée.

    La troisième est d’envisager les séances comme un travail vers le changement mais aussi comme un apprentissage du voyage intérieur autonome et donc d’oser essayer par soi-même les outils que je propose, de se les approprier, de les adapter, d’en inventer de nouveaux.

    La quatrième est de prendre ses responsabilités face à des résistances (la peur du changement est évidente) et de se booster au besoin, de prendre de l’élan et d’y aller, lorsque le cadre sécurisant est posé.

    Evidemment, tout cela se fait dans la douceur et la connivence et au rythme qui convient à la personne qui désire changer.

    ***

    Quoi qu’il en soit, chaque cas est différent et demande au praticien de s’adapter pour mettre en place une relation de partenaires avec la personne qu’il accompagne, en accord avec son objectif de la séance et avec ses possibles au moment de la séance.

    Dernièrement, mon attention a été attirée plusieurs fois par ce sujet. Une cliente (déjà bien autonome) s’est étirée en se frottant les muscles en sortant de la transe, en souriant avec un « Waw, quel boulot je viens encore de faire, là! ». Une autre (en première séance) calait dans son trip avant que je lui propose ma main pour la sécuriser, ce qui lui a permis de dépasser ses peurs de « prendre des murs de verre » et de s’engager pleinement dans le paysage qui s’offrait à elle. Une autre avait peur de tomber, avant que je lui demande ce qu’elle risquait à tomber. « Mourir ». « Et alors ? On peut mourir en rêve et se lever après la séance en pleine forme ». « Bon, ok… ». Et le travail a commencé, sans aucun incident, pour aboutir par une rencontre magnifique qui l’a aidée à se libérer d’un lien limitant. Un autre a vécu un parcours plein d’aventures qui l’exaltaient et ce à partir du moment où il a appelé, à chaque problème, sa partie intérieure qui pouvait le résoudre (ce qui a fini par donner une joyeuse équipe de dividus en quête de « trésors » selon la carte sortie de son objectif). Un autre était tétanisé de voir apparaître une personne qui lui a fait beaucoup de mal dans le passé. Après un exercice pour se centrer dans sa puissance bienveillante, il a pu lui parler et en sortir apaisé. Un autre passe toutes ses séances à discuter avec ses parties intérieures et s’habitue à parler à voix haute et à recevoir des réponses avec des doigts qui bougent tout seuls ou avec des images qui s’imposent. Aujourd’hui, c’est devenu normal et hyper rapide de résoudre un conflit intérieur. Il ne ne se fait accompagner que pour les « gros trucs »et gère le reste touS seulS 😉

    Outre le travail que ces personnes accomplissent en visitant de nouveaux paysages intérieurs, en rencontrant différentes parties d’elles-mêmes (qui vont parfois les accompagner longtemps), en se transformant, en réparant, en dénouant, en se libérant, en négociant… il y a le plaisir de l’exploration, du jeu, de se sentir de plus en plus à l’aise, de plus en plus en accord avec soi-même, de plus en plus centré, de plus plus en sécurité dans l’inconnu et le changement. De plus en plus libre, en somme.

    J’aime mon job!

    © Marie Lisel

    Photographies: Joel Sternfeld

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  • Apprendre l’autohypnose

    La plupart de mes clients utilisent rapidement des techniques d’autohypnose et ce, sans que je leur en donne les bases formellement. Je suis épatée de la façon dont ils apprennent juste en pratiquant, s’autonomisent et inventent des solutions inédites, en séance et en-dehors, dans la vie quotidienne.

    Il est évidemment possible de prendre des cours d’autohypnose (il y en a le jeudi soir à l’Arche, notamment). Moi je préfère la méthode d’une pierre deux coups: apprendre en pratiquant avec un accompagnant et s’autonomiser peu à peu. C’est tellement agréable de  se rendre compte que l’on est capable de prolonger une partie du travail tout seul!

    Ce qui suit est technique et s’adresse plutôt à mes collègues:
    En séance,
    -1- j’évoque la permission : « au fur et à mesure vous allez apprendre consciemment et inconsciemment à vous servir par vous-même de cet outil, à votre rythme, qui est différent pour chacun-e. Ce que vous en ferez sera bon pour vous car votre partie profonde vous veut du bien » + fusibles de base (à décliner au besoin surtout pour les personnes qui ont tendance à se dévaloriser ou pour les fonceurs)
    – 2- quand il y a une demande (in)directe d’un truc concret (c’est trop ceci ou je ne peux pas, ce serait plus facile si…) en transe, j’essaye le « faites-le vous même, vous pouvez le faire, souvenez-vous du ciel de la dernière fois, facile, demandez-vous! », si début de panique, j’ajoute le « comment allez-vous vous y prendre? » et si je vois que le challenge plait, je tente carrément le « je reviens, vous le faites pendant que je ferme la fenêtre? » Quand c’est fait je n’insiste pas sur le comment, c’est normal, ils sont capables, c’est tout, on continue. Ca marche bien notamment avec les sous-modalité: au début, je pose les sous-questions, puis de moins en moins, jusqu’à ce qu’ils me disent « attendez, je transforment le port-l’arbre-le pont-…, il pourrait être mieux, j’arrive »). Pour cela, une ambiance ludique (même dans un travail douloureux), aide à avoir confiance et à oser dans le plaisir du jeu.
    -3- j’évoque la prolongation du travail et aussi des apprentissages : « tout cela va continuer sans que vous vous en préoccupiez, la nuit, par exemple »
    -4- je pose un ancrage lié à un geste et à des respirations particulières, sur la connexion à une/des ressource(s) avant l’éveil : « à n’importe quel moment, vous pourrez retrouver… ». Tout cela se fait discrètement, dans le flux et non dans une partie de « cours d’autohypnose »
    -5- je demande des nouvelles en début de séance, de ce que la personne a réussi à changer, volontairement et/ou inconsciemment et/ou en demandant volontairement à son inconscient. De ce qu’elle a tenté de changer, V, I ou par demande de V à I et ce qui s’est passé. Etc.
    Parfois, les personnes me rapportent juste un exercice de relaxation pour dormir ou pour sortir d’un état désagréable (angoisse, douleur, acouphène, envie de clope…) ou pour créer artistiquement.
    Il peut également s’agir d’une connexion avec les parties intérieures que nous avons fait dialoguer en transe (« j’ai dû négocier avec la fofolle pour faire ça, on a rit »-> l’ambiance de la séance où les discussions entre parties sont teintées d’humour allègent les négociations en autohypnose, sans accompagnement), et certain(e)s, le font avec les mains qui « répondent » et trouvent ça naturel.
    Une cliente a aussi bercé la fillette qu’elle a été/est avant de s’endormir et a trouvé là un joli moyen de passer de douces nuits.
    D’autres inventent des ancrages « j’ai ma touche là, c’est cool ».
    J’aime mon job  🙂

    © Marie Lisel

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